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Au début de Tannée, l’usage de la presse nous autorise à vous
offrir nos souhaits ; mais Thorizon est trop sombre, la situation
trop pénible, pour qu’il convienne de parler de bonheur. En ces
jours difficiles et mauvais, le seul vœu digne de personnes aussi
honorables que vous, c’est de bien comprendre toujours, et d’ac¬
complir avec énergie, les devoirs de bon Français et de fidèle
chrétien : c’est à vous, respectables agrégés, qu’il appartient de
montrer que l’élite de la nation française n’a pas désappris la
fière devise de nos pères : Fais ce que dois , advienne que pourrai
Et ce souhait, nous savons qu’il sera exaucé, car vous avez bien
voulu répondre, avec un admirable empressement, au premier
appel que nous avons pris la confiance de vous adresser.
A l’occasion de la réorganisation de l’armée, nous avons promis
votre concours, pour appbyer une pétition des pères de famille
réclamant une aumônerie militaire; et par votre influence et
votre zèle, nous sommes arrivés & recueillir, dans soixante et onze
départements, 22,569 signatures, dont 17,687 légalisées.
Et ce résultat, qui parait si grand, n’est qu’une faible expres¬
sion de ce que nous pouvons faire, par votre puissant patronage;
car un cinquième à peine des agrégés ont pu répondre & notre
appel : bien que nous ayons fait la dépense d’adresser & chacun,
sous forme de lettres régulièrement affranchies, un exemplaire
de la pétition avec un mot d’accompagnement, il parait qu’un
grand nombre de ces lettres n’est pas parvenu (1).
(1) Pour ceux de nos agrégés qui ne l'auraient pas reçue, et aussi pour garder le sou¬
venir de cette première manifestation de votre puissance, nous reproduisons ici, en
forme de note, le texte de notre circulaire et la pétition elle-même :
Circulaire adressé* à nos agrégés le 10 août 1871.
AIessieur8. Pénétré de l’idée que chacun, dans les circonstances actuelles, doit ap¬
porter à la régénération sociale l’appoint des forces dont il peut disposer, j’ai oru devoir
vous adresser la pétition ci-jointe.
Veuillez, je vous prie, la lire aveo attention ; et si, après œtte lecture, vous croyez
T. VII. 1
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o°gl
^ r.
Voyez donc, respectables agrégés, ce que vous pourrez obtenir
le jour où vous réunirez tous vos efforts pour provoquer, par votre
légitime influence, une manifestation de la pensée, de la volonté
de cette partie saine de la population dont la voix reste étouffée,
parce que, trop souvent, on ne lui fournit pas l’occasion et le
moyen de se faire entendre.
Pour nous personnellement, nous nous mettons au service de
quiconque voudra notre concoure pour une manifestation en
faveur de la religion, de la morale et des principes d’ordre et
de conservation.
comme nous qu’il y a dans ta situation de notre armée 1 un mal qu’il faut combattre,
notre, cause sera à moitié gagnée.
Chacun de vous reçoit la même pétition ; s’il veut prendre la peine de la faire signer
par dix pères de fiamille autour de lui, nous réunissons immédiatement plus de vingt
mille* signatures, et combien d’entre vous pourront en trouver plua de dix. 11 serait utile
que ces signatures fussent légalisées, lorsque cette formalité n’occasfonnera pas trop de
dérangement, et nous vous prions de no pas garder cette pétition plus de huit jours.
Nous sommes forcés de laisser à chacun de vous la charge d’affranchir le retour de
cette pétition, nous n'avons que les ressources nécessaires à son envoi dans les conditions
de prudence qui en assure le succès.
IL ne m’appartient pas d'insister pour vous faire remarquer le magnifique faisœau
que produira l’action individuelle de chacun de vous, et quel beau résulta? chaque abs¬
tention peut compromettre.
11 me suffit de voua offrir un moyen de faire le bien que vous désirez, et de vous
assurer que pour son accomplissement, Messieurs et honorables agrégés, je resterai tou¬
jours
Votre très-humble et tout dévoué serviteur.
F. Wattelier,
Æministrateur de l’QRkwre de r Agrégations.
Pétition lÉfet Pères de famille , afin d’obtenir une aumônerie dans Varmée.
Messieurs les Représentants,
La réorganisation de l’armée préoccupe tous le» esprit» en Francer, mai» elle est pour
nous, pères de famille , l’objet de préoccupations plus vives : elle alarme nos cœurs, elle
alarme plus encore nos consciences par la perspective des dangers moraux que la reli¬
gion seule peut conjurer et que dans tous les cas elle damnât être appelée* i* combattre.
C’est an prix de seins et da sacrifices incessante que nous élevons nos familles k l’abri
du vice et de l'irréligion; l’Etat doit continuer notre œuvre, dès qu’il substitue son au¬
torité à la nôtre en nous prenant nos enfants ;■ il doit nous accorder pour eux des ga¬
ranties morales et religieuses. Ces garanties n’existent pas aujourd’hui ; c’est à vous,
Messieurs, de nous les préparer et de nous les assurer par une loi spéciale .
Dans l’organisation militaire; tout est réglé, pour la service-matériel, mais lee intérêts
moraux et religieux semblent systématiquement oubliés : personne dans l’armée n’ost
chargé de les. représenter et de les défendre. Seule en Europe, la France ne tient nuj
compte de la oonaoienoa du soldai, seule elle priva sae troupes d’tim Aumônerie régulière
en temps ordinaire..
Aussi que deviennent nos soldats?...
Enlevés à la sollicitude de leurs parent» à P&ge ofrla violon*» des passions rendrait
si nécessaire la sauvegarde de la famille, jeté» au milieu des désordres des camps et des
garnisons, privés de l’enseignement et des secours religieux, ils s’usent trop souvent dans
la débauche et ne rapportent à leur retour que l’habitude et la contagion du vice.
SLlaloi aoureUe ne* tient/paa*compte de cette situation, la jeunesse française appelée
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— » —
Bans ecttc latte de l’intelligence, lés fraie de guerre sont mo¬
dérés : il est facile d’apprécier le total du Coût dé l'impression
et de l’affranchissement : quant aux embarras et an travail de
l’expédition, c’est une charge que nous sommes heuretfx et fiers
d’accomplir avec notre famille, afin d’avoir quelque part, devant
Dieu, à tout le bien qui se fera par cette action eommane de tant
de personnes, pins distinguées eneore par l'élévation de leurs
pensées et la générosité de leur cœur, qne par l’illustration de la
naissance et leur haute position socialé.
NÉCROLOGIE
’ La rédaction de notre Revue Bibliographique vient de faire
une perte bien sensible dans la personne de M. Estienne, un de
nos collaborateurs les pins assidus. Cet homme de bien, ce
Chrétien aussi instruit que zélé, avait coutume de partager ses
loisirs entre notre œuvre et celle de Saint-François de Sales.
Nous empruntons, au dernier bulletin de cette Œuvre, l’article
nécrologique suivant :
« Avant de commencer les nouvelles dé l’Œuvre pendant le
• mois qui vient de s’écouler, nous devons remplir un devoir de
justice et de reconnaissance envers la mémoire de celui qui les a
presque Constamment rédigées jusqu’au mois dernier, et qne là
mort ViCUt de nous enlever. H. Casimir Estienne, membre
dd Conseil général de l’Association de Saint-François de Sales
tout entière sons les drapeaux, sera en grande partie perdue de mœurs et de santé, et
l'armée, an liVa d’être le salut du pays, sera sa perte inévitable.
Vous êtes anse» intéressé» que nous, Messieurs les Représentants, à prévenir de
malheur; faites une loi protectrice qui assure l’exereioe de la liberté religieuse de nos
soldats, en organisant un service d'Aumônerie à poste fixe en tempe de paix et mobilisable
en temps de guerre , et établissez ce service dans les conditions et ave# l’appui, le crédit
et la proteotion nécessaires à son efficacité dans tonte l’armée.
Cette loi, nous la réclamons comme pères de famille, nous la réclamons ait nom do
la liberté religieuse de nos enfants, au nom do nos devoirs de pûtes, a* nota de la jus¬
tice et de l’intérêt du pays.
la France humiliée, mutilée, adroit à de grands sacrifices; nous sommes prêts à les
faire ; nous sommes prêts, s'ils le faut, à donner le sang de nos en (buts et notre
Î ropre sang ; mais il est un sacrifice que le pays ne peut pis demander et qne nul n’a
e droit d’accorder, c’est le sacrifioe de la conscience et de la foi*
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depuis plus de dix ans, a rendu son àme & Dieu le 3 décembre,
après une côurte maladie qui a achevé de le purifier par la
souffrance. Il était jeune encore, mais il avait assez souffert et
assez travaillé pour mériter le ciel. Une santé perdue depuis bien
des années et des infirmités toujours croissantes faisaient de sa
vie un sacrifice perpétuel. Hais elles ne pouvaient altérer sa
sérénité, chasser le doux sourire qui régnait toujours sur son
visage, ni ralentir son zèle pour la gloire de Dieu et le salut des
âmes. Il venait assidûment au Conseil, assistait chaque semaine
à ses séances, à moins qu’un redoublement de souffrances ne le
retint forcément chez lui, et il y remplissait un rôle aussi impor¬
tant qu’il était modeste et caché.
c( Ancien professeur de l’Université, il possédait une instruc¬
tion considérable, écrivait avec élégance, et donnait tous ses
soins à la rédaction du Bulletin, qui fut pendant dix ans son
œuvre plus que celle d’aucun d’entre nous. 11 se chargeait aussi
de la mission délicate d’examiner les livres qui étaient proposés
au Conseil, en rendait compte quand il les avait lus, et nous
avions une telle confiance dans son goût et dans son jugement,
que nous pouvions compter en toute sécurité comme ouvrages de
propagande ceux qu’il nous proposait d’adopter.
« Quoiqu’il fût dans une position de fortune plus que modeste,
il avait la générosité que donne aux chrétiens l’amour de Dieu et
des âmes, et nous avons lieu de croire qu’il fut l’auteur d’un don
anonyme de 3,000 francs que notre Association reçut vers
l’époque de sa fondation. Son humilité ne nous a jamais permis
d’éclaircir à fond ce mystère. Quoi qu’il en soit d’ailleurs de
cette libéralité, il avait l’àme assez grande pour qu’on l’ait
supposé l’avoir faite, et, à défaut d’aumône matérielle, il a pro¬
digué pendant dix ans à notre chère Œuvre l’aumône plus belle
encore de son dévouement, de ses prières, de sa plume, en un
mot ce don de soi-mème qui est le propre des vrais chrétiens,
imitateurs de Celui qui s’est donné pour nous jusqu’à la mort
et jusqu’à la mort de la croix.
<( Mgr de Ségur, président de notre Association, a dit la messe
pour le repos de l’âme de notre bien-aimé confrère, et les
membres du Conseil général ont uni leurs prières à celles du
pieux prélat. Quoique nous ayons lieu d’espérer que cette âme
si chrétienne et si charitable a trouvé grâce au tribunal de Dieu,
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— 5 —
nous la recommandons instamment aux prières de tous nos
associés, et nous demandons pour elle un De profundis à chacun
des lecteurs du Bulletin que H. Estienne a si longtemps rédigé,
et un Memento spécial pendant la messe à tous les prêtres qui
veulent bien s’occuper de notre Œuvre. »
PREMIÈRE PARTIE
OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOUS AVONS ACCEPTÉ
LA PROPAGATION SPÉCIALE.
i
Nous sommes heureux d’enrichir notre catalogue d’une série
considérable de volumes honorés des suffrages les plus compé¬
tents et les plus flatteurs. Le nom seul de l’auteur est déjà une
recommandation : M. l’abbé Henry est un de nos écrivains les
plus connus et les plus estimés par le public sérieux qui sait
encore apprécier la vraie science et le talent littéraire. Nous nous
bornons aujourd’hui à faire connaître l’ensemble de l’œuvre de
M. l’abbé Henry, et à citer quelques-unes des nombreuses appro¬
bations qu’il a déjà reçues.
LES MAGNIFICENCES DE LA BELIGION, recueil de ce qui a été écrit
de plus remarquable sur le dogme, sur la morale, sur le culte divin, etc.,
ou répertoire, de la prédication, par M. l’abbé À. Henry, chanoine honoraire
de Saint-Dié, directeur du pensionnat et de l’orphelinat agricoles de la Tri¬
nité à la Marche (Vosges). Les personnes qui souscrivent aux 21 volumes
parus à 5 fr., reçoivent la suite de l'ouvrage à 3 fr. 50 c. l'exemplaire.
Pour nos agrégés, les souscriptions sont reçues & raison de 3 fr. le volume.
Les Magnificences de la religion sont un recueil de ce qu’on a écrit de
plus remarquable sur le dogme, sur la morale, sur le culte divin, etc. ;
un Répertoire de la prédication devant fournir aux ecclésiastiques des
connaissances utiles pour eux-mêmes et des instructions nombreuses
et variées sur tous les sujets importants, avec un grand nombre de
traits d’histoire, des textes de l’Ecriture sainte (le latin et le français
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çn regard), des textes de? ?*ints Pères (Je latin et le français en regard),
et des extraits pies étendus traduits en français#
L'ouvrage est partagé an plusieurs séries. Première série. Le
symbole pu le dogme. Deuxième série, Les commandements de
Dieu et de TÉglise, ou la morale, »— Troisième série. La prière et les
sacrements. Les fêtes de Notre-Seigneur. Les fêtes de la sainte Vierge.
Les panégyriques des saints. — Quatrième série. Sujets divers et de
circonstances. Instructions sur la vie religieuse. Retraites. — Cin¬
quième série. Homélies et prônes sur les évangiles de Tannée. Indi¬
cation des sujets qui dans les autres séries, se rapportent aux évan¬
giles.
Vingt volumes sont en vente sous ces titres :
Première série . — I. L'indifférence en matière religieuse. L’instruc¬
tion religieuse. La parole de Dieu. — II. L’existence et les attributs
de Dieu. —III. Les attributs de Dieu (suite). La Trinité. Les anges.
— IV. La création. — V. L’homme. — VI. Le péché originel. La
jgvéjatioo, k— VU, La réyélation (suite). La divinité de Jésus-Christ.
-t» VIII. La divinité de Jésus^Christ {suite), w IX, La divinité de
JésusrCbrist (deuxième suita)- «- X. L‘Église. XL L’Église (suite).
**- XIL Ia Papauté»
Deuxième série, 1. Excellence de la morale chrétienne. Loi divine :
loi naturelle, loi écrite, loi évangélique.— If. La foi et l'incrédulité. —
III. L’espérance et 1a charité envers Dieu. — IV. La charité envers
le prochain en général, et envers les pauvres en particulier. — V. La
charité envers les ennemis. La vertu de religion. — VI. La vertu de
religion (suite). Le culte des saints. Le culte de la croix. Sujets divers.
La dimanche, -rrr vu, La vertu de religion (deuxième suite). Le du
planche (suite). La famille.
Troisième série. L La prière et l’Oraison dominicale.
Sous presse le 21* volume, sous le titre de la Propriété. — Le 22* vo¬
lume : la Hièrarçhie catholique, l’Église enseignante dispersée, l’Église
enseignante réunie, ou le Concile œcuménique. U Infaillibilité du Pape.
Réfutation de§ objections.
jÇbaque volume contient 600 pages et pins, tonne moyen.
Le dernier volume contiendra deux tables: l'une, pour un plan d’ins*
|ructiens; l'autre, par ordre alphabétique. Ainsi, lorsqu’on voudra
prêcher sur un sujet quelconque, il aéra facile de trouver i mmé diate#
pœottout c$qeo TQn.pawm désirer. Oe volume renfermera en outre.
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par ordre alphabétique, des notices biographiques des auteurs dont on
aura fait des citations dans l’ouvrage.
L’auteur donnera aussi, pour ceux qui le désireront, un volume de
plans sur tous les sujets qui peuvent être traités dans la chaire. Il les
puisera dans divers auteurs, et surtout dans la Bibliothèque des Prédis
catews du Père Houdry. Il lui doit déjà, en partie, les textes de l'ɬ
criture sainte, les exemples de l’Ancien et du Nouveau Testament et
les pensées des saints Pères. Avec le6 plans de sermons, c’était toutoe
qu’il pouvait emprunter à un ouvrage qui date du dix-septième siècle.
Le reste , dans le Père Houdry , est suranné . Les citations tirées des au¬
teurs qui lont précédé seulement, ne sont que des lambeaux et ne res¬
semblent en rien aux Magnificences de la Religion .
Cette publication peut dispenser de tout autre ouvrage ou recueil de
prédication ; elle est d’une immense utilité, non-seulement pour tous
les prêtres qui exercent le saint ministère dans les paroisses, pour tous
les directeurs et professeurs dans les grands et les petits séminaires;
mais encore pour les séminaristes eux-mêmes, parce qu’ils y trouveront,
< présentées sous la forme oratoire, les matières qui font l’objet de leurs
études dans les cours de philosophie et de théologie. Elle est aussi d’un
grand secours à tous les aumôniers des collèges catholiques, des
lycées, des pensionnats de jeunes gens et de demoiselles, parce qu’elle
leur donne le moyen de rendre [plus intéressants les cours d’instruction
qu’ils font à là jeunesse.
Les vingt volumes parus traitent, avec une grande richesse de ma¬
tériaux, de manière à satisfaire tous les goûts, les sujets les plus im¬
portants du dogme et de la morale et les questions les plus intéres¬
santes de l’apologétique chrétienne. Cependant il reste encore une vaste
carrière à parcourir, pour les séries commencées et pour celles qui
n’ont pas encore été abordées. Or, il convient de les traiter toutes dans
la même proportion, en tenant compte de l’importance des diverses
matières. Par conséquent, les volumes dépasseront le chiffre 30, qui
avait été annoncé au début de la publication. Les souscripteurs n’au¬
ront pas lieu de s’en plaindre, parce qu’ils auront le plus riche réper¬
toire de prédication qui ait encore paru.
Il n’y a pas à craindre que la publication ne se termine pas. Comme
tous les matériaux sont choisis et classés, la publication continnemit
même après la mort de l’auteur. Mais, quand bien même elle resterait
inachevée, oe qui est fait offrirait toujours un intérêt très-considérable.
Tous les volumes parus sont complets sur les sujets traités. Ces vo-
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— 8 —
lûmes resteront les mêmes dans les éditions qui pourront suivre. Lors¬
qu’il sera nécessaire, pour les nouveaux chefs-d’œuvre que l’éloquence
chrétienne ne manquera pas de produire, on publiera quelques volumes
de supplément, en sorte que la publication aura toujours la même va¬
leur. Nous insistons sur toutes ces considérations, parce que la publica¬
tion de M. l’abbé Henry ne ressemble en rien à celles qui ont été faites
jusqu’à ce jour. Lui seul a eu l’idée de cette magnifique collection, et,
lorsqu'elle sera terminée, elle trouvera sa place d’honneur dans toutes
les bibliothèques des prêtres qui s’occupent du ministère de la prédi¬
cation.
Les attestations rapportées ci-dessous donnent une idée de l’œuvre.
Lettre de Monseigneur l'évêque de Saint-Dié.
Mon cher abbé,
Vous me demandez ce que je pense de votre ouvrage intitulé : les
Magnificences de la Religion, J’applaudis au plan que vous m’avez com¬
muniqué, et j’estime qu’un semblable recueil fait avec goût, discerne¬
ment, et une sage sobriété, peut grandement servir au clergé, à qui il
tiendra lieu de toute une bibliothèque, et aux séculiers qui y trouveront
réunis les éléments les plus propres à éclairer leur foi, à les affermir
dans la croyance aux vérités saintes, et à leur donner des idées justes
et é’evées sur la religion que beaucoup, hélas ! n’aiment que par habi¬
tude et ne pratiquent guère que par routine. Je vous engage donc à
continuer, et je forme les vœux les plus sincères pour le succès de cette
publication, qui est plus qu’un ouvrage, et qui, bien dirigée, peut s’é¬
lever, et s’élèvera, je l’espère, à la hauteur d’une œuvre.
Recevez, mon cher abbé, l’assurance de mes sentiments les plus
affectueux.
f Louis-Marie, Évêque de Saint-Dié.
Lettre de Monseigneur Dupanloup, évêque d'Orléans,
Monsieur l’Abbé,
J'ai sous les yeux divers ouvrages de piété publiés par vous, ainsi
que plusieurs volumes de votre grand travail intitulé : Magnificences de
la Religion, Je n’ai pu lire en entier tous ces volumes, mais je suis heu¬
reux de vous dire que ce que j’ai pu en voir jusqu’à présent m’a suffi
pleinement pour apprécier le caractère et le mérite de vos travaux ; je
les ai trouvés pleins d’édification et de piété; et j’admire vraiment
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— 9 —
beaucoup, monsieur l’abbé, votre dévouement pour la jeunesse, votre
zèle, votre labeur infatigable, et je ne saurais trop vous encourager à
persévérer dans de si utiles travaux. Je fais des vœux pour que de si
bons livres soient appréciés comme ils le méritent.
Agréez, monsieur l'abbé, tous mes bien dévoués hommages en Notre-
Seigneur.
f F., Evêque d'Orléans.
M. Giorgi, vicaire de Monticello, par l'Ile-Rousse (Corse), 20 oc¬
tobre 1866 :
- Cet excellent recueil, Monsieur le Directeur, occupera désormais la
première place dans la bibliothèque du prêtre. On y trouve tout ce qui
. a trait à sa mission et une connaissance approfondie de notre sainte
Religion. Le flambeau de la révélation et celui de la science y sont
souvent et tour à tour agités; à leurs rayonnements on voit l'accord et
l'harmonie de ces deux sœurs, et le rationalisme confondu et terrassé.
Le ciel sourit sans doute à votre inestimable publication, puisque le
clergé français le reçoit avec les marques de la plus vive reconnais¬
sance. *
M. l'abbé Géhanno du séminaire du Saint-Esprit. Paris, le 19 jan¬
vier 1870 : « Je saisis cette occasion pour vous faire mon appréciation
particulière sur ce précieux trésor, dont vous enrichissez l'Église. C'est
une véritable mine d'or que vos Magnificences, où le prêtre peut puiser
la pureté de la doctrine sainte qn'il a mission d'enseigner. Je ne crains
point de l'affirmer, vous rendrez, par votre publication, un service
immense à notre religion, service qui provoque mon admiration. Je
vous en félicite très-cordialement. »
*
Le R. Père Plady, religieux rédemptoriste. Le 24 janvier 1870 :
« Je ne vous ai point dit assez combien j'apprécie vos travaux, tous
vos travaux d'ascétisme, de littérature et d’apologétique. Vos Magni¬
ficences sont magnifiques. Il n'y a rien de vous et tout est de vous. Je
suis surtout partisan de tout ce que vous nous donnez sur les questions
actuelles. Moi qui n’ai pas toutes ces publications, je ne saurais rien
des travaux de certains savants si vous ne me les donniez pas dans
vos Magnificences . »
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— 10 —
LES MÈNES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES, pendant la guerre de
1870-1871, par J. d'Arsac. 1 vol. in-8° xvi-556 p. avec 16 grandes gra¬
vures sur bois. Paris 1872. — Prix : 8 francs ; pour nos agrégés, 6 francs.
Voilà un livre qui tranche sur toutes les publications relatives à la
même époque : il a son caractère tout spécial, caractère noble et con¬
solant; Tâme se rafraîchit et se relève en parcourant ces pages si
éloquentes dans leur simplicité ; il n'y a que ces faits et des documents
historiques, mais quels faits ! Ils ont arraché à un esprit bien prévenu
contre les Frères ce cri d’admiration irrésistible : « Ces choses-là ne
se louent pas ; on les raconte : cela suffit (1). *
Oui, cela suffit : car ces faits nous montrent que les Français restés
chrétiens sont dignes de leurs pères, aux plus beaux jours de notre
histoire. Dans ce gros volume, presque à chaque page, on trouve des
actes d’héroïsme, des paroles sublimes qui feraient honneur aux barons
de saint Louis et aux compagnons du Chevalier sans peur et sans
reproche.
A peine le vénérable supérieur de cette humble congrégation a-t-il
fait appel au dévouement patriotique de ses Frères (le 15 août 1870), que
de tous côtés on répond avec autant de zèle que d’intelligence à cette voix
bien-aimée ; plusieurs des supérieurs locaux avaient devancé cet appel,
pour se mettre, eux et leurs Frères, au service delà patrie rentre autres
ce zélé directeur du pensionnat de Dijon dont nous citerons plus loin,
si l’espace nous le permet, la noble et spirituelle réponse auxjournaux
anti-religieux de la localité. A partir du mois d’août, c’est-à-dire dès le
commencement de la guerre, les Frères se présentent mêlés à toutes
les péripéties de ce drame sanglant, jusqu'aux deux catastrophes de
la prise de Paris et des saturnales de la Commune.
Partout ils font honneur à la France comme à la Religion : ils
arrachent des cris d’admiration aux protestants anglais et réduisent
l’orgueil prussien à s’incliner avec respect. Tout cela sans forfanterie,
en agissant tout simplement, en faisant au grand jour, malgré eux, ce
qu’ils ont toujours fait dans l’obscurité de leurs écoles : abnégation
d'eux-mêmes, pour obéir au double précepte de l’amour de Dieu et du
prochain.
Ils vont, avec la même sérénité, dans les bureaux des intendances et
des mairies, travailler aux écritures; dans leurs ambulances, panser les
(1) M. Jezierski, rédacteur de l'Opinion nationale.
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— 11 —
plaies les plus hideuses, soigner les pestiférés; dans les citadelles,
fabriquer des cartouches ; sur les champs de bataille, au milieu des
obus, relever les blessés et consoler les mourants.
Pieu les récompense en appelant à lui plusieurs de ces dignes reli¬
gieux, de ces bons Français; que ce soit la fatigue, la peste ou la
mitraille qui les abatte, comme nos pères, les vieux Gaulois, ils
tombent en souriant à la mort, et le courage de leurs Frères s'accroît;
chacun porte envie à ceux qui ont eu le bonheur de mourir pour Dieu
et la patrie. En vérité, M. Jezierski a eu raison de le dire : « Ces
choses-là ne se louent pas; on les raconte : cela suffit. *
L'auteur a eu le bon esprit de le comprendre ; aussi ce gros volume
n’offre-t-il qu'une suite de récits, entremêlés de citations, de lettres,
d'entretiens avec nos chefs ou avec les ennemis; tout cela rompt l'urii-
formité de la narration : je ne dis pas la monotonie, car presque chaque
page a son cachet particulier; on a généralement conservé à tous ces
documents leur caractère primitif : en les fondant, on pourrait com¬
poser une œuvre plus littéraire, mais assurément on ne ferait pas un
livre d'une lecture plus attrayante ni plu6 entraînante.
Chacun de nos lecteurs nous remerciera de l'avoir engagé à repasser
encore une fois, dans ce magnifique volume, la lamentable histoire
de Wissembourg, de Reischoffen, de Forbach, de Gravelotte, de
Sedan, de Coulmiers, de Loigny, de Champigny, du Bourget, de
Peronne, de Nuits, du Mans, de Buzenval, etc.
Ici nos malheurs apparaissent moins désespérants ; on les voit sous
leur véritable jour : ils sont le châtiment de l'égoïsme, du matérialisme
des classes dirigeantes, et de l'infidélité du gouvernement à la grande
mission de civilisation chrétienne, qui est la raison d’être de la France.
Or la piété pratique de nos soldats dans les ambulances atteste que,
ai la foi s'est éteinte dans une certaine classe de la société, si l'on est
parvenu à rendre impies quelques agglomérations d'ouvriers, en les
abrutissant, la religion cependant vit encore dans le cœur de la grande
majorité des Français; le jour où partira d'en haut une impulsion fran¬
chement chrétienne, la France se relèvera promptement, et son épée ne
rentrera au fourreau qu’après la victoire.
L'héroïsme calme et sans,emphase, non pas de quelques Frères, mai?
de toute la congrégation; ce généreux élan des supérieurs et l'empres^
sement tout aussi généreux de leur» sujets, encore une fois, non pas de
quelques-uns, mais de tous et dans toute l’étendue de k France; oe
mouvement spontané, ce concert admirable de grandes pensées, de
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— 12 —
sublimes sentiments; tout cela indique l’influence puissante de l’esprit
qui anime le corps et donne la même vigueur à chacun de ses membres.
Ces humbles religieux sont les enfants du peuple, de tous les points
de la France ; ils appartiennent à cette génération qui compte des héros
il est vrai, mais qui a eu, dans les masses, de lamentables défaillances;
comment se fait-il qu’il n’y en ait point eu parmi eux, et que partout ils
se soient immédiatement trouvés, tous, à la hauteur du péril, des souf¬
frances et des sacrifices? Qu'avaient-ils de plus que les autres? — L’ha¬
bitude d’une vie de foi pratique, l’habitude du respect, de l’obéissance;
la conviction que le mérite devant Dieu, comme le véritable honneur
devant les hommes, est toujours dans l’accomplissement du devoir.
Au nom de la religion comme au nom de la patrie, merci à ces hommes
généreux qu’on ne connaîtra jamais que sous le doux nom de Frères;
l’ensemble harmonieux de leur conduite nous fait espérer un avenir
moins humiliant et moins désastreux; oui, quand nous aurons une
armée de soldats chrétiens pratiquants, guidée par un pouvoir ca¬
tholique, notre histoire racontera, au lieu des défaites, de brillantes
et utiles victoires, et elle pourra s’intituler encore : Gesta Dei per
Francos. A. Conàri.
VIE DU COMTE ROSTOPCHINE, gouverneur général de Moscou en 1812,
par M. le comte Anatole de Ségur. 1 volume in-8°, de v-336 p. —
Prix : 6 fr.
Dans les grands événements il surgit parfois tout à coup un homme
dont le nom, à peu près ignoré jusque-là, acquiert une éclatante re¬
nommée et retombe ensuite, si non dans l’obscurité, au moins dans
l’ombre. L’histoire même la plus abrégée nommera toujours le comte
Rostopchine à cause de l’incendie de Moscou, marquant 1 heure fatale
où devait s’arrêter la fortune de ce Napoléon, dont la gloire militaire fût
demeurée sans rivale s’il eût su mettre un terme à son ambition. Ce
fut là le commencement de cette chute aussi étonnante par sa rapidité
que l’avait été son élévation, et où le doigt de Dieu se voit marqué de
la manière la plus irrécusable. Les bulletins de l’armée de cet homme
qui avait entraîné à sa suite les contingents de toute l’Europe, en ac¬
cusant Rostopchine d’avoir fait allumer l’incendie et détruit cette ville
immense toujours considérée par les Russes comme la ville sainte, la
véritable capitale de leur empire, tâchèrent de flétrir sa conduite. Ils
l’accusèrent de barbarie. L’opinion publique se partagea à son égard, et
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— 13 —
le plus grand nombre considéra cet incendie comme un acte de patrio¬
tisme ne pouvant avoir lieu que chez des peuples à demi sauvages. Le
comte Rostopchine, en venant se fixer en France pour plusieurs années,
crut devoir décliner la responsabilité qui pesait sur lui, et il publia une
brochure où il déclarait positivement n'avoir donné aucun ordre à cet
égard.
Dans notre siècle d'agitations effrénées et de révolutions multipliées,
on vit bien vite. Cinquante-neuf ans écoulés depuis l'incendie de Moscou
et l'anéantissement de notre grande armée ensevelie sous les neiges
d'un hiver rigoureux, commençaient à nous apparaître dans un lointain
inappréciable. La seconde fille du comte Rostopchine, devenue comtesse
de Ségur, faisait par ses nombreux petits volumes le bonheur de
tous nos enfants, mais le nom de son père commençait à s'oublier. Son
fils, le comte Anatole de Ségur, a entrepris de le faire revivre et surtout
de justifier sa mémoire. Sous sa plume élégante et facile, le comte Ros¬
topchine nous a été présenté sous son véritable jour. Ce favori de Paul I #r
n'avait pu se résigner à paraître à la cour de son fils entouré des assas¬
sins de son père et avait vécu pendant douze ans dans la retraite,
faisant le bonheur d’une famille qu’il chérissait et dont il était tendre¬
ment aimé.Cet homme, que les bulletins de notre grande armée dépei¬
gnaient comme digne de figurer dans les bandes de Gengis-Kan, son
ancêtre, était bon, doux, aimable, spirituel. Lorsque toute la noblesse
du gouvernement de Moscou, où il vivait, le désigna comme le plus
digne d'être nommé gouverneur général de Moscou, il fallut faire une
véritable violence à l'empereur Alexandre pour le décider à signer sa
nomination, et il se montra tout de suite à la hauteur de ces importantes
fonctions. Dès la prise de Smolens, il engagea les vieillards, les femmes
et les enfants à s'éloigner avec tout ce qu'ils avaient de plus précieux.
Il envoya dans l’Est les objets d'art. Le général en chef des Russes,
Kutusow, avait donné comme une victoire la sanglante bataille de la
Moskova, mais sa retraite assez précipitée, son arrivée sur les hauteurs
qui dominent Moscou, détrompèrent bientôt. Rostopchine, avec tout
ce qu'il avait de forces, évacua lui-même la ville. Il avait envoyé assez
loin tous les criminels enfermés dans les prisons , ne voulant ni les
mettre en liberté ni les laisser à la disposition des Français. Il partit à
la suite de l'arrière-garde de Kutusow.
L’incendie se dé,clara sur plusieurs points à la fois le lendemain de
l’entrée des Français. Rostopchine avait fait partir toutes les pompes.
Dès que les Français étaient parvenus à l'éteindre sur un point, il écla-
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— 14 —
tait de nouveau à peu de distance, toujours de manière à être propagé
par le vent qui soufflait avec violence. Il paraît peu probable que les
douze à quinze mille individus des classes tout à fait inférieures de*
meurés à Moscou aient mis le feu, au lieu de se mettre à piller les riches
palais abandonnés par les propriétaires, en suivant un plan aussi bien
conçu, si dans le nombre il n’y eût eu un certain nombre obéissant à une
volonté supérieure. Telle est du moins l'opinion du comte de Ségur,
malgré la dénégation de son aïeul.
Immédiatement après la guerre, l'empereur Alexandre, qui avait
nommé Rostopchine malgré ses propres préventions, accepta volontiers
la démission qu'il offrait. Le gouverneur général rentra dans la vie
privée, mais sa santé profondément altérée l'obligea à prendre les eaux
de Tœplitz d'abord, puis de Karslbad, et enfin à se fixer pour quelque#
années en France, quoique à son premier voyage à Paris la curiosité
générale dont il était l'objet lui eût paru bien pénible. Mais cette cu¬
riosité n'eut qu'une durée assez limitée. Il put enfin y appeler sa fa¬
mille, dont les voyages nécessités par sa santé l'avaient éloigné depuis
trois ans. Ce dernier séjour en France fut, selon lui, une des époques
les plus heureuses de sa vie. Il retourna enfin en Russie, laissant ici
sa seconde fille, la comtesse de Ségur, dont le nom est si aimé par nos
enfants toujours empressés de lire ses charmants ouvrages. Il survécut
peu à l'empereur Alexandre, mort subitement à Tangearaget s'éteignit
doucement en 1826 le 30 janvier, âgé de près de soixante et un ans.
Le livre de M. le comte de Ségur, tout en se bornant à ce qui con¬
cerne particulièrement son aïeul, donne des détails instructifs et pleins
d'intérêt sur les quatre années du règne de Paul I er dont Rostopchine
avait été ministre et favori. Dans les nombreux emprunts faits aux notes
laissées par son grand-père, on en trouve de curieux sur l’administra¬
tion intérieure de la Russie, sur l'existence qu'y menaient les grands
seigneurs et les riches propriétaires. Nous n'avons point à faire l'éloge
du style de l'auteur : ses ouvrages sont assez nombreux et trop ré¬
pandus pour que tous nos lecteurs ne sachent parfaitement combien
il est élégant et harmonieux. Quelques très-rares incorrections seront
certainement corrigées dans une seconde édition, et il ne laissera alors
rien à désirer.
Nous demandons cependant à M. le comte de Ségur la permission
de lui signaler une importante correction à faire. A la page 291, il parle
de )a guerre civile dans le midi de la France* Il n'y a pas eu de guerre
civile, mais des assassinats. Au commencement des Cent Jours, l'abbé
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— 15 —
d’Esgrigny et plusieurs autres catholiques furent tués dans les C&-
vennes par les protestants; les volontaires royalistes revenant de
Farinée du duc d’Angouleme après sa capitulation étaient massacrés
à Arpaillargues avec des circonstances atroces. Après les Cent Jours, il
y eut naturellement réaction. Les vengeances se produisirent. La plus
signalée fut celle de l’homme connu sous le sobriquet de Tresaillort *
Onze protestants, après l’avoir attaché à un arbre, brûlèrent sa maison
avec le bois dfe ses oliviers qu’ils avaient coupés, et outragèrent indi¬
gnement sa femme et sa fille» Il les tua tous jusqu’au dernier. Au: point
de vue religieux il était certainement coupable, mais quel jury eût pu
le condamner. U ne fut point jugé à Nîmes, mais à Riom, et acquitté à
l’unanimité. On peut consulter à cet égard les mémoires du baron
d’Hauney, que M. Decases avait nommé préfet du Gard. Ces tristes at¬
tentats se balancèrent à une nnité près dans les deux partis, et la to¬
talité n’a guère dépassé une centaine. Mais les révolutionnaires ont
fait sonner bien haut ce qu’ils nommaient la Terreur blanche du Midi;
et nous voyons avec regret que M. le comte dfe Ségur n’ait point cherché
à s’assurer de la vérité des faits. Marquis de Roys.
LA FRANGE ARMÉE, le soldat, sa condition, ses devoirs, par l’auteur de
Y Armée nouvelle. 1 volume in-12, de 306 p. Paris 1872.— Prix: 3 fr.; net
pour nos agrégés, 2 fr. 25 c.
Qu’il soit nécessaire de réorganiser notre armée, c’est ce que per¬
sonne ne niera» » Les Allemandsy dit l’auteur de 1 m Frcmec armée,
ont mesuré l’étendue de nos richesses, et le butin de 1871 n’est pour
eux que la première prise du loup qui a trouvé le chemin d’une berge¬
rie. » Si nous voulons pouvoir opposer dans l’avenir une armée
invincible aux incursions des barbares germains r nous devons réformer
notre organisation militaire, en profitant des leçons de l'expérience*
et non-seulement nous approprier ce qu’il peut y avoir de bon chez
nos voisins, mais encore chercher à faire mieux, s’il est possible. » On
doit remarquer, a dit Montesquieu, que ce qui a le plus contribué
à rendre les Romains les maîtres du mondes c’est qu’ayant combattu
successivement contre tous les peuples, ils ont toujours renoncé à
leurs usage» sitôt qu’ite en ont trouvé dë meilleurs» *
L’aüteur, officier supérieur de grand mérite, s’est proposé de faire
connaître les conditions de la réforme annoncée et les devoirs du
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VÏ
— 16 —
soldat dans l’armée nouvelle reconstituée sur le principe du service
obligatoire pour tous les Français.
Éclairé par une étude attentive des travaux de M. le Play sur la
Réforme sociale en France, il montre tout d’abord comment notre
régime de succession, abolissant la liberté de tester et prescrivant le
partage égal des biens entre les enfants, a des conséquences aussi
désastreuses pour l’armée que pour la société civile.
Nous ne dirons pas que nos désastres viennent exclusivement de
cette source ; l’affaiblissement du sentiment religieux, et, par suite, de
l’esprit de dévouement et de sacrifice, y est aussi pour une grande
part ; néanmoins, c’est avec juste raison qu’on a dit que cette loi sur
les successions, votée en 1793 sous la Terreur, dans l’unique but
d’empêcher les pères de déshériter ceux de leurs fils qui adoptaient
les principes de la Révolution, nous a plus nui que la perte de cent
batailles.
Les institutions militaires prussiennes sont ensuite analysées avec
une grande perspicacité, et les moyens que nous devons prendre pour
les surpasser signalés avec soin ; mais la partie vaiment neuve de
l’ouvrage est celle qui a trait au service de l’intendance.
L’histoire de ce corps, les services qu’il a rendus, les critiques qu’il
mérite, les transformations qu’il doit subir, et notamment la militarisa¬
tion complète de son haut personnel, tout cela est exposé avec une si
grande compétence et une telle précision, qu’on sort de cette lecture
convaincu de l’impossibilité de laisser subsister plus longtemps l’état
de choses actuel.
Nos lecteurs nous sauront gré de citer quelques pages de l’auteur
sur cette importante question.
« L’institution de l’intendance, à elle seule, est un danger. Pour
exister, pour fonctionner, pour se recruter, elle est obligée de se définir,
et, dans la situation qui lui est faite, elle ne peut donner d’elle-même
d’autre définition que celle-ci : L’intendance est chargée de pourvoir
à tous les besoins du soldat en santé comme en maladie (1).
« De ce coup, la voilà constituée Providence de l'armée, c’est-à-dire
toujours blâmée, jamais remerciée ; c’est le sort commun à toutes les
providences, et l’intendance à d’autant moins de chances d’échapper à
ce sort commun qu’elle touche le soldat (cet homme voué aux souf¬
frances) précisément par ses deux côtés sensibles : le ventre et la
(1) C’est en effet la définition donnée par tons les règlements et les cours d’adminis¬
tration militaire.
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— 17 —
bourse. Mais les providences savent se mettre au-dessus des criailleries
des mortels... passons !
a L'armée a une providence dont il est facile de se plaindre (celle-ci
ne peut ni récompenser ni punir). Pourquoi s’aviserait-on de se mêler
de sa besogne?... Moi! m'occuper d’administration !... N’y a-t-il pas
l’intendance? De là, dans toute l’armée, une tendance des plus fâ¬
cheuses à se désintéresser des premières choses qu’un militaire doit
savoir.
« Il est impossible d’ouvrir un ouvrage sérieux d’art militaire, sans
y rencontrer ce précepte : Le premier devoir d’un général est de
nourrir se& troupes. Cependant, si l’on parcourt le projet du général
Faidherbe sur le Réorganisation d'une armée nationale , on y lit à la
page 8 : « Je n’ai pas touché à l’intendance et aux services administratifs
faute de connaissances suffisantes et d’idées arrêtées à leur sujet. « Or
il est bon de noter que le général Faidherbe a appartenu au corps du
génie, qu’il a été intendant du génie, et, plus tard, gouverneur du
Sénégal ; que, par conséquent, ses études et ses connaissances sont
fort étendues. Le général a donc des idées très-arrêtées et proba¬
blement très-justes en matière d’administration. Moins que tout
autre, il serait embarrassé de l’administration d’une grande armée, et
il lui suffirait certainement de quelques heures de conversation avec un
intendant sans préjugés pour être profondément éclairé. Sur tout
autre sujet, sur une question délicate d’astronomie par exemple, le
général n’eût pas manqué d’interroger un astronome savant et se
serait fait une opinion avant d’écrire ; mais comme il s'agissait de
l’intendance, il ne paraît pas avoir cherché à s’éclairer. Par cet
exemple, dû seulement à la sincérité modeste du général, on peut
juger de l’épaisseur des préjugés qui obscurcissent cette question.
« Est-elle donc si difficile ? Non, si chacun de nos généraux consen¬
tait à dire : « C’est moi qui serai la providence du soldat ; j’entends qu’il
s’en prenne à moi de toutes ses misères ; je ne souffrirai pas plus
longtemps qu’on me couvre d’un plastron ; cet officier modeste et
courageux qui me seconde de toutes ses forces, sur qui pèse une lourde
responsabilité, cet officier, je l’appellerai de son vrai nom : mon second
chef d’état-major.
« Ce mouvement de clairvoyance serait cependant bien naturel, car
les mêmes livres d’art militaire qui enseignent qu’un général doit
prendre sur lui la responsabilité de tout ce qui intéresse ses soldats,
donnent invariablement ce conseil ; — après avoir reconnu l’avantage
▼h. 2
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— là —
de charger un corps militaire de l'approvisionnement deè armes et
munitions de guerre d'une armée, il semble qu'on attrait déjà dû sentir
l'importance de confier aussi l’approvisionnement des vivres et des
fourrages à un Corps tout à fhit militaire; et non pas à une adminis¬
tration séparée, nomme cela s’est pratiqué jusqu'à ce jour (1). *
Les devoirs du soldat sont exposés avec une grande élévation de
pensée dans la seconde partie de l’ouvrage. L’épigraphe « Fais ce que
dois, » que l’auteur a placée en tête du volume, est bien la devise du
soldat français et chrétien. Si elle avait été gravée au fond du coeur
de nos soldats, nous n’aurions pas vu dans la dernière guerre ces
débandades immenses, véritables fuites d'hommes qui n’avaient du
Soldat que Phabit.
Mourir au champ d’honneur frappé en face est le rêve du soldat
Chrétien. C'est le salut assuré, le ciel conquis, et c’est ainsi que la foi
Soutenant le patriotisme rend une nation invincible.
Nous signalerons seulement dans la seconde partie quelques négli¬
gences de style, qu’il sera facile à l’auteur de faire disparaître, et aussi
quelques locutions familières qu’on aimerait à ne point trouver em¬
ployées dans une matière aussi grave.
Nous ne pouvons toutefois que recommander vivement la lecture
de cet ouvrage à tous ceux qui sentent l’importance capitale qu’a pour
nous la question militaire. Houssorr.
SODOME. — NINIVE.— JERUSALEM. Admonestation à Paris, par
Mme la marquise de Godefroy Mknilglaise. 1 vol. in-12 de 70 p. —
Prix : 50 c.
De terribles catastrophes ont pesé sur Paris pendant les deux années
qui viennent de s’écouler. Elles ne semblent point, hélas ! avoir laissé
une impression profonde dans les masses. Mais les âmes élevées, les
esprits attentifs aux voies de la Providence, comprennent les fou¬
droyantes leçons qui en jaillissent, et saisissent la similitude qu’elles
offrent avec les fléaux déchaînés à certaines époques sinistres par la
justice d’en haut. La pensée chrétienne de l'auteur de la Vie du monde
élevée à Dieu (2) est remontée avec effroi dans le passé vers d'autres
(1) Maximes de ÿûerte de tfapoUon, — général ftnmod et général Rnsson.
^(2) Un vol. in-8. Pat», Jouby et Roger, 7, rao des Grands-Augustins. Cet ouvrage,
dont la première édition a paru sous le titre d 'Esquisses religieuses offertes aux gens du
Monde y a été recoitiïnàndé dans nôtre numéro d’àvril 186$.
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— 19 —
grandes cités coupables. Sa plume vient de retracer avec une énergique
brièveté le châtiment de Sodome, de Ninive et de Jérusalem, en cou¬
ronnant ce triple récit par un épilogue qu'on nous saura gré de repro¬
duire.
« Et toi, cité resplendissante des temps modernes ; toi qui, sortie
d’un îlot de la Seine, et nommée d'abord ville de 6oue, t'es développée
sous l'effort des siècles en des proportions colossales; toi dont la vie
circule avec bruit dans tes larges artères; toi dont les vitrines offrent
aux regards toutes les tentations de la convoitise; toi dont les boule¬
vards étalent le temple du plaisir aux obscènes cariatides; toi qui
permets au mal de s’imposer et de corrompre, en saturant tes arts, tes
sciences et tes lettres; toi qui méprises le jour du Seigneur; toi qui,
aux heures de colère, laisses assassiner tes rois et tes prêtres, et
anéantir dans les flammes l'orgueil de tes édifices;.Paris, serais-tu
donc à la fois Sodome, Ninive et Jérusalem?... la ville de boue, la
ville aux insolents trafics, la ville impie qui tue ses prophètes?...
« Si, comme Sodome, tu n'as point été réduite en poudre, c'est que
tu possédais plus de dix justes; si tes vainqueurs t'ont laissée libre,
c’est qu'on priait dans tes églises; s'il reste de toi pierre sur pierre,
c’est que, chrétienne en dépit de toi-même, tu renfermes le bien et la
mal, la pureté et l'ignominie, la famille et le communisme, la charité
et les honteuses dilapidations, la prière et le blasphème, la compassion
et le crime, les victimes et les meurtriers : victimes qui pardonnent,
bénissent et remercient en entrevoyant la palme; c’est qu’il y a en toi
l’amour du pays, paralysé peut-être, mais non anéanti par l'égoïsme et
la lâcheté; c'est que tu renfermes l'âme et la brute, l'esprit et la matière,
et enfin, et surtout, c’est que Jésus Sauveur descend sur tes autels,
malgré Satan et sa malice.
« Mais maintenant qu'on répare tes ruines et qu’on ne châtie point tes
coupables, prends garde à cette impunité; redoute de t’enivrer encore
de tes fausses grandeurs, et ne sois plus la statue d’or, d'argent, de
fer, d’airain, aux pieds d'argile. » M. X.
TROIS REPUBLIQUES, DEUX EMPIRES, TROIS MONARCHIES E^
UN SIÈCLE. Brochure in«18 de 56 p. — Prix : 50 c.,* pour les agrégés,
15 c.
L'auteur n'a pas étalé son nom sur la couverture, et nous respec-
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— 20-
terons son silence; nous n'en serons que plus à Taise pour donner à
cette excellente brochure tous les éloges qu elle mérite.
Ici pas de déclamations, pas de théories nuageuses : des faits, de
l'histoire précise, à traits larges et bien accentués, comme une esquisse
de vieux maître. Pour notre époque si oublieuse, si ignorante des faits
même de ce siècle, rien de plus utile que cette méthode vraiment
scientifique et philosophique. Depuis 89, jusqu'à nos jours, dans ces
pages écrites avec un vrai talent, les faits viennent démontrer, par leur
logique irrésistible, qu'en dehors des principes, on ne fait que tomber
d'abîmes en abîmes.
Nous ne salirions trop engager nos respectables lecteurs, à répandre
cette brochure; le désintéressement de l'auteur nous permet de l'offrir
à si bas prix que tous, nous l’espérons, en prendront au moins dix exem¬
plaires à la fois. C'est une aumône intellectuelle à faire autour de soi,
à tant d'esprits si vides des connaissances historiques nécessaires pour
rectifier les erreurs entretenues par les mensonges de la presse.
Éclairer les esprits c'est une œuvre plus méritoire encore que de nourrir
les corps : on n'y pense peut-être pas assez souvent.
L’auteur a donné un bel exemple en supportant évidemment la
majeure partie des frais d'impression ; c'est faire un aussi noble usage
de sa fortune que de ses loisirs et de son talent. A. Conari.
OPINION DE BISMARCK sur la République, l'Empire et les Bourbons en
France. Lettre attribuée au prince et traduite par Georges Romain. Brochure
petit in-18 de 26 p. — Prix : 20 c. ; pour nos agrégés, 10 c.
Il y a beacoup de bon sens dans cette plaisanterie : l'auteur, en
feignant de traduire une lettre écrite sur la question par le fameux
homme d'État prussien, fait ressortir parfaitement cette vérité que les
Bonapartistes, et encore plus les Républicains, favorisent bon gré mal
gré les intérêts de la Prusse, qui aurait à trembler à son tour si la France
rentrait dans Tordre et reprenait sa place parmi les gouvernements
réguliers, en revenant à la légitimité. On ne saurait trop répandre cet
excellent opuscule.
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— 21 —
OUVRAGES DANGEREUX
LE LENDEMAIN DE LA MORT, par Louis Figuier.
C’est sur la tombe d’un fils tendrement aimé que l’auteur a conçu la
pensée de ce livre, et cette douleur est trop respectable pour ne pas nous
engager à adoucir, autant que possible, dans la forme, le blâme sévère
qu’il mérite. Nous voudrions ne rien dire de pénible, mais la vérité, la
morale doivent être vengées, et c’est le cas de nous souvenir de cet
adage : Amiens Plato, sed magis arnica veritas.
M. Figuier, au nom de la science, parle du dogme chrétien avec l'a¬
plomb d’une profonde ignorance, et il déclare, tout bonnement, que
l’Eglise ne nous donne pas d’autre motif de croire que l’absurde. U
nous prête, à nous tous catholiques, cette stupide formule : Credo quia
absurdum , et, dans la crainte que ses lecteurs ne comprennent pas ce
latin, il ajouté, entre parenthèses : Je le crois, parce que c'est absurde .
Voilà, selon lui, « Vingènieuse et commode fin de non-recevoir par la¬
quelle l’Eglise coupe court à tout examen » (page 301). Ainsi, de par
M. Figuier, l’absurde a suffi au génie des Augustin, des Thomas d'A¬
quin, des Bossuet ; sans compter, de Charlemagne à Turenne, et jus¬
qu’à nos jours, la longue suite d'hommes éminents dans toutes les
branches des sciences, comme dans toutes les plus hautes positions so¬
ciales, qui se sont fait gloire d’être enfants soumis de l’Église. C’est
cette impertinence de M. Figuier qui est évidemment absurde, et tout
homme de bon sens, quelque peu chrétien qu’il soit, doit dire : Je ne
le crois pas, parce que c’est absurde.
Cependant, à la même page, M. Figuier reconnaît que le dogme
catholique est professé par « les esprits honnêtes, nobles, vertueux
et sincères ». — Il reconnaît que ces dogmes « sont encore aujourd’hui
la seule digue que l’on ait à opposer aux odieux principes du matéria¬
lisme ». Voilà donc le dernier mot de la science... de M. Figuier : —
On ne peut opposer aux odieux principes du matérialisme qu’une ab¬
surdité... — La conséquence nécessaire, c’est qu’aux yeux de la
science de ces messieurs, le matérialisme seul est raisonnable.
Savez-vous ce que M. Figuier a découvert pour remplacer le dogme
%
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chrétien? Il n'a pas pris la peine d'inventer; mais, par la méthode du
progrès... à reculons, il nous propose sérieusement la vieille et stupide
erreur de la métempsycose! L’âme humaine, selon lui, commence à
naître dans les forêts où parmi les foins ; et voilà pourquoi tous les
hommes aiment les fleurs et la verdure ! Cela est dit sérieusement à
la page 288.
Après être « éclose une première fois à la lumière du soleil, le puis¬
sant promoteur de la vie, « l'âme de ces messieurs a passé successive¬
ment dans le corps de plusieurs bêtes, et c'est ce qui explique de la
manière la plus simple, la notion innée du principe de causalité. »
(Page 286.) En vérité, on ne peut rien de plus simple , et il faut compter
aussi sur des lecteurs non-seulement ignorants, mais excessivement
Simples, pour imprimer des naïvetés semblables.
Quant à la méthode de la science à l’usage de l’école de M. Figuier,
le procédé est toujours le même : on remplace les axiomes, les prin¬
cipes, par des absurdités présentées, d’abord timidement, sous
forme dubitative: Ne pourrait-on pas... Peut-être... Cela paraîtra
erroné, mais. enfin tout le vocabulaire des formules du doute.
Puis, au chapitre suivant, on vous dit carrément : On a vu... Nous
avons prouvé... Il est établi que... —Comment ne pas s’incliner devant
Une méthode si rigoureusement scientifique? Libre à qui voudra d’ac¬
cepter le Credo de M. Figuier (page 223) et de dire, selon sa formule et
Sa théorie : Je crois fermement que j'ai été d’abord cornichon, puis huître,
ptris écrevisse, puis anguille ou vipère, puis dindon, ensuite chien ou
Chat, et enfin homme, pour m’en aller après la mort, si j’ai été savant
dans les plaines de l'éther, et pour recommencer une série d’exist* nces
purgatives, si je demeure ignorant ou insuffisamment poli. (Pages 213
et 306.) (1)
(1) Comme le vrai pourrait ici ne pas paraître vraisemblable, nous citerons textuel¬
lement le Credo de M. Figuier. Il est dit, on propres termes, à la page 223, dernier pa¬
ragraphe : “ Nous croyons fermement qu’il s’opère une transmigration, une transmission
d’âmes, ou de germes d'âme, à travers toute la série des classes d’animaux. Le germe
filme sensible qui existait dans le zoophyte ou le molhuque passe, à la mort de ees être?,
dans le corps d’un animal articulé. Du corps do l’animal articulé, quand ce rudiment
d’âme sensible arrive chez le poisson ou le reptile , il subit un nouveau degré d’élabora¬
tion, et sa puissance s’accroît. Lorsque, s'échappant du corps du reptile ou du poisson,
elle s’est logée dans l’enveloppe matérielle de l’oûeou, elle reçoit d’autres impressions
qui deviennent l’origine de perfectionnements nouveaux. Enfin l’oiseau transmet au
matnmlfèrs l’élément spirituel, déjà beaucoup agrandi et modifié. Du mammifère l’âme,
ayant vu s’atugmenter le nombre de scs facultés, passe dans le corps de l’homme. « —
Et à la page 225, M. Figuier s’écrie : « Un écrivain de nos jours a appelé le chien : Un
T MMj ft te t d Vkwnmilé, il ne croyait pas parier aussi jaste. n
— 213 —
Nous avouons qu’on dépit do la science, nous proférons conserver le
Credo des chrétiens.
Terminons par une question grave ; comment des gçns sensés peq-
Yônt-ils perdre le temps à lire de pareilles absurdités, qui n'ont même
pas le mérite d’être neuves, mais qui ne sont que la redite des rêve¬
ries déjà ridiculisées du temps des Grecs et dos Romains?
Comment des chrétiens peuvent-ils, en payant de tels livres* encou¬
rager à les publier?
C’est une vérité déplorable, mais qu’il faut avoir le courage de
dire : les livres qui pervertissent l’opinion publique, qui ébranlent la
fqi et même le bon sens, ne trouveraient plus d’éditeurs si les hon¬
nêtes gens sentaient que leur devoir est de ne, pas les acheter. A la
guerre, qui voudrait fournir les munitions à l’ennemi? Ernest aiw &-
L HOMME ET liA BÊTE, par Arthur Mangin.
Voici encore une production de lascimce : elle a naturellement quel¬
que analogie avec l’œuvre précédente- E auteur qui cependant écrit tin
Correspondant, s’attache à ravaler l’homme au-dessous d.e la bête. En
définition de M, deBonald : « l’homme est une intelligence servie par
des organes, » le révolte ; parce que, suivant lui* elle n'est applicable
qu’à l’homme porfeclionm et qu’elle ne convient pas aux AJfourons ni
au* Caraïbes .(page 7),. Qn voit que nous sommes ici sur le terrain de
Rousseau; l’homme, pour l’auteur, a commencé par l'état sauvage, e.t
e’asfc, à son sens, une erreur 4e croire, 4'eprês la Bible, que Pieu a
créé l’homme dans l’état d’innocence et de pleine raison.
On comprend la mauvaise humeur avec laquelle un écrivain imbu de
nés doctrines traite M, de Quatrefages, qui a le grand tort de vouloir
mettre une séparation complète entre l’hommç et les bêtes. Ce n'est
même pas assez de nous confondre avec les êtres sans raison ; on se
moque agréablement de notre vanité, et l’on prétend nous prouver que
l’instinct est supérieur à l’intelligence, et que par conséquent c’est la
bête qui est souvent supérieure à l’homme.
Pour qu’on ne soupçonne pas qu’il y ait quelque exagération dans
notre appréciation, nous allons citer textuellement les phrases qui tom¬
bent sous nos yeux, en feuilletant l’ouvrage que nous avons lu avec
grand'peine, parce que, à chaque page, notre dignité et notre foi étaient
également blessées.
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— 24 —
« Chefc les bêtes l'instinct et Inintelligence se soutiennent et s’éclai¬
rent mutuellement, et tendent de concert à la même fin, d'où Ton peut
conclure que, raisonnant peu ou point, les bêtes ne déraisonnent pas
et qu’en somme elles ont plus que nous la sagesse en partage.
(Page 42.)
« M. de Bonald, au lieu de définir l’homme « une intelligence servie
par des organes, « n'eût-il pas été plus près de la vérité en le définis¬
sant « des passions servies par une intelligence ? »
« Qu’est-ce que le génie, sinon un instinct puissant, irrésistible, un
art inné ?
« Pascal enfant devinait, inventait les problèmes; Mozart, Beetho¬
ven, Haydn improvisaient des symphonies; Bonaparte organisait à
Brienne des armées d’écoliers et gagnait des batailles. Ces futurs grands
hommes, ces enfants prodiges étaient comparables au castor qui
endigue les rivières, à l’araignée qui tisse sa toile, au chien de berger
qui fait la police du troupeau. Comme ces estimables animaux, ils sa¬
vaient sans avoir appris. Qu’on ose dire encore que l’instinct est une
qualité inférieure.
« Presque tous les animaux sont susceptibles de soumission à
l'homme, d’éducation et d'instruction. Toutefois le succès dépend plus
encore de l’intelligence, delà docilité et des heureuses dispositions
de l’élève que de l’habileté du maître. *» (Page 440.)
Les commentaires sur de pareils textes sont superflus. Nous nous
bornerons à dire que nous sommes heureux et fiers de voir que, dans
notre nombreuse et si honorable clientèle, il ne s’est pas trouvé une
seule personne assez mal inspirée pour nous demander un pareil ou¬
vrage.
Comme nous le disions en parlant du livre précédent, il serait à sou¬
haiter que tous les catholiques comprissent leur devoir aussi bien que
nos honorables agrégés. E. A.
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DEUXIÈME PARTIE
REVUE
DES
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
ÉLECTION DE M. LITTRÉ à l’Académie française, par Mgr d’Orléans.
1 vol. in-8°. — Prix : 1 fr.
Nous croyons devoir recommander la lecture de la nouvelle brochure
que vient de publier Tévêque d’Orléans. Après des désastres tels que
l’histoire en rapporte peu de semblables, après une guerre étrangère
poursuivie avec acharnement et une horrible guerre civile, il règne
dans notre pays un tel aveuglement sur les causes de nos malheurs,
qu'on vient de voir le corps qui est la représentation de la littérature
française, couronner le pontife de l’athéisme et du socialisme.
Que chacun donc s’excite à prier avec plus de ferveur, non-seule¬
ment pour soi, mais pour tous les fidèles, car le péril est grand. Nous
sommes à la veille de voir s'ouvrir une université libre ayant pour but
« d’éliminer l’hypothèse divine, >» c’est-à-dire de détruire dans les es- ,
prits cultivés et parmi le peuple toute foi à l’existence de Dieu et à
l’immortalité de lame. « Toutes ces choses qui sont votre dernier bien,
la raison, la philosophie, la société, la base de vos institutions, le prin¬
cipe de vos lois, le fond de vos doctrines, le sujet de vos livres, la pro¬
tection de votre foyer, les mœurs de vos enfants : voilà, dit Mgr Du-
panJoup, ce que je défends. « ( D'après là Semaine religieuse,)
MŒURS PITTORESQUES DES INSECTES par Victor Rendu, inspec¬
teur général de l'agriculture; 1 vol. in-12. Paris. — Prix : 2 fr.
Des insectes, du pittoresque, du populaire, de la vulgarisation , ce n’est
certes pas ce dont on manque pour peu que l’on passe en revue les ou¬
vrages publiés chaque jour.
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— 26 —
Mais, il faut l’avouer, ce dont on ne manque pas non plus, et dont
nos notices doivent quelquefois porter la trace, c’est le perpétuel i.gace-
ment de voir tous ces écrivains se modeler les uns sur les autres pour
gjréconiser des doctrines qui en vérité finissent pas sembler inhérentes
à ce genre de publication. Dès que j'ai aperçu certains titres, avant de
commencer ma lecture il y a deux choses que je m’attends à rencontrer :
l’instinct des animaux égalé à l’intefligence humaine, si bien qu’on finit
par ne pas savoir quelle supériorité l’âme donne à l’homme, et même
si elle lui donne une supériorité ; la Nature , auteur de tout ce que nous
admirons, la Nature à laquelle il faut être reconnaissant.
Remarquez bien, Nature avec une majuscule; quand ces messieurs
ont mis la majuscule, c’est fini, tout est expliqué et nous ne saurions
leur demander sans indiscrétion si, par hasard, la création ne donnerait
pas l’idée d’un créateur.
Or, voici que M. Vietor Rendu nous parle d'insectes, de leurs mœurs
pittoresques, place son volume dans une série de littérature populaire.
Bien sûr, c’est là de la vulgarisation, ou je ne my connais plus. Mais
voilà aussi que tout en nous faisant admirer ses héros comme il en a
bien le droit, il s’empresse de distinguer entre leur « sorte d’intelli¬
gence et la raison humaine *. Et voilà encore que, plus il examine
ses insectes, plus il trouve dans son étude la révélation de Dieu et de
la Providence.
Du reste, quelques lignes de préface indiquent à la fois ce que con¬
tient le livre et dans quel esprit il est écrit
* Le spectacle que présentent les insectes est un des plus attrayants
qu'on puisse offrir à la curiosité studieuse. Quoi de plus merveilleux,
en effet, que leurs instincts, leurs travaux, leurs ruses, leurs combats l
c’est tout un monde en miniature. Les passions qui nous animent
agitent aussi leurs sociétés : parmi eux, guerriers et chasseurs sout
une image de la vie primitive; architectes et sculpteurs, maçons et
tisserands, rappellent l’industrie et les arts de la vie civilisée. Mais
c’est surtout dans le soin de leur propre conservation et la défense de
leur postérité, qu’ils déploient toutes leurs ressources. A voir les com¬
binaisons réfléchies dont leurs actes souvent procèdent, il est impos¬
sible de leur refuser une sorte d’intelligence, bien distincte toutefois
de la raison humaine.
Faire connaître nos insectes les pins vulgaires sous ce jour presque
nouveau, et faire ressortir en même temps la sollicitude providentielle
qui veille sur leur destinée, tel est le but de ee livre. Puisse-t-il con-
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— 27 —
tribuer à développer le goût de l’histoire naturelle, vulgariser les immor¬
tels travaux des Swammerdam, de Réaunaur et des Hubert, et surtout
convaincre le lecteur de cette vérité inscrite dans 1’ Imitation de Jésus -
Christ : - 11 n’est pas de créature si petite et si méprisée qui ne nous
« montre la bonté de Dieu. »»
En deux mots, livre curieux et instructif, en même temps livre chré¬
tien.
Nous nous y sommes arrêtés plus longtemps que sur bien d’autres,
plus importants quant à l’étendue, afin de le recommander spéciale-
meut, et afin de nous dédommager nous-mêmes de tant d’impressions
pénibles dues « à la vulgarisation. »
1ÆS FEMMES PIEUSES DE LA FRANCE, par Mme la comtesse
Drohojowska. 2® édition, contenant une notice écrite par M. Villemaîn, de
l’Académie française, sur Marie-Thérèse-Félicité Binard. 1 vol. in-12 de
280 pages. Paris, 1870. — Prix : 2 fr. 50.
Ces biographies commencent au xvii 0 siècle, époque de civilisation
et de splendeur, continuent au xviii c , époque de dégénération dans les
mœurs, et s’achèvent au xix®, époque où la diffusion du luxe et de la
vanité amène l’affaiblissement de la foi et le relâchement dans lao-
complissement des devoirs.
Les héroïnes-de ces différents récits sont : Mmes Acarie (Marie de
l’Incarnation), Louise de Marillac (dame Le Gras), Sainte Jeanne-Fran¬
çoise de Chantal, Marthe d’Oraison (baronne d’Allemaigne), Mme Mar¬
tin, dite en religion Marie de l’Incarnation (de Québec), Mine de Pol-
lalion, Charlotte-Marguerite de Gondi (marquise de Magnelais),
Madeleine de Vignerod (duchesse d’Aiguillon), Marie-FéliriedesUrsins
(duchesse de Montmorency), Mecthilde du Saint-Sacrement, Armelle-
Nicolas, dite la bonne Armelle, Mlle de Lamoignon, Mlle d’Epernon,
Marie Bonneau (dame Miramion), Mme Héliot, la princesse de Conti,
Mme de Saisseval, Blanche-Agnès Dubost, Marie-Thérèse-Félicité
Binard, Mme Javouhey, Louise-Adélaïde Perrin et la marquise de
Pastoret.
Ce livre peut être répandu avec fruit, même dans les classes popu¬
laires. Il est bon de leur montrer ce que peut la foi pour le renonce¬
ment au plaisir et lia hiens du monde. Il est bon aussi de leur mon¬
trer comment se dévouent à leurs intérêts et à leurs souffrances, les
femmes dont la aobfesee et la richesse sont sanctifiées par la piété.
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— 28 —
HISTOIRE DES PREMIERS SIECLES DU CHRISTIANISME (GRANDS
FAITS DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE, annales illustrées, 4 e série.
1 vol. in-12 de 351 pages, avec 35 gravures sur bois. — Prix : 3 fr.
Cet ouvrage embrasse les années qui s’écoulent depuis la fondation
du christianisme et les temps apostoliques, jusqu’à la fin de l’empire
d’Occident. C’est le récit de rétablissement de l’Église, des persécu¬
tions, du triomphe de la religion chrétienne sous Constantin, et des
principales hérésies qui troublèrent l’Église sous ses successeurs. La
marche est intéressante, l'esprit est bon, sauf une certaine tendance,
assez de mode aujourd’hui, à expliquer les persécutions de telle sorte
qu’en poussant un peu plus loin, on en viendra presque à les excuser .
Du reste cet ouvrage est bon pour les jeunes gens comme pour les
hommes parvenus à la maturité.
LA REINE MARIE LECKZINSKA, par Mme la comtesse d'ÀRMAiLLÉ,
née de Ségur. 2 e édition; i vol. in -12 de 237 pages. 1870. — Prix : 3 fr. 50.
Mme d’Armaillé retrace d’une façon attachante et dans un style élé¬
gant, la vie de la vertueuse épouse de Louis XV : vie de privation au
début, et, plus tard, d’épreuves et de déceptions au milieu des gran¬
deurs.
La politique occupe peu de place dans ce livre, comme elle en occupa
peu dans l’existence de Marie Leckzinska.
Sans chercher à atténuer ou à laisser dans l’oubli les fautes de
Louis XV, l’auteur en a parlé en termes discrets. Il y a cependant quel¬
ques mots qui ne nous paraissent pas assez réservés pour la jeunesse,
ou pour les imaginations vives (spécialement le portrait séduisant de la
duchesse de Châteauroux).
HISTOIRE NATIONALE DES NAUFRAGÉS ET DES AVEN¬
TURES DE MER (période contemporaine), par M. Charles d’HERicAULT;
I vol. in-12 de 388 pages. — Prix î 3 fr. 50.
M. Charles d’Héricault a réuni dans ce volume, suivant l’ordre chro¬
nologique, les récits des principaux naufrages dont nos navires ont été
victimes, ou qui ont eu lieu sur nos côtés depuis le commencement du
siècle jusqu’en 1830. Ce sont, le plus souvent, les acteurs de ces drames
maritimes qui nous racontent toutes les péripéties de leurs luttes hé¬
roïques, leurs souffrances et leur sauvetage providentiel.
C’est ainsi qu’il a réussi à nous donner un livre plus émouvant que
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— 29 —
tous les romans, et qui a en même temps le sérieux d’une œuvre his¬
torique. Nous n’indiquerons ici dautres morceaux qu’un épisode de
la bataille de Trafalgar et le naufrage de la Méduse .
DEUX ANS DANS L'AFRIQUE ORIENTALE, par Émile Jouveaux;
1 vol. in-8° de 384 pages. Illustration par Emile Bayard. 1^71. — Prix : 3fr. 50.
Ce livre contient le récit d’un voyageur, qui traverse l’Afrique orien¬
tale, parcourt l’Abyssinie, assiste à la prise de Magdala par les Anglais
et à la mort du roi Théodoros, et arrive aux deux grands lacs où le Nil
prend sa source si longtemps ignorée.
L’auteur a appris l’histoire et les mœurs des peuples du Haut-Nil,
avec les intrépides savants, précurseurs des grandes découvertes qui
viennent d’illustrer notre siècle, Ferret, et Galinier, Lefèvre, Burton,
Lejean. Il a exploré les sources du Nil avec Speke, Grant, Baker, qui
ont enfin arraché au « fleuve sacré » le secret de sa naissance.
Le récit est intéressant, le style animé. Le lecteur s’initie sans fatigue
aux mœurs, aux gouvernements, aux idées mêmes de peuples si éloi¬
gnés de notre civilisation. Chaque fois que l’occasion se rencontre, l’au¬
teur fait preuve d’un esprit chrétien.
(Pour les ouvrages précédents , d'après le Bulletin pour la propagation
des publications populaires .)
L’ÉGLISE PATRONALE DE SAINTE-GENEVIEVE (PANTHÉON)
pendant le siège et la Commune, 1870-1871, par M. l'abbé Bonnefoy, vice-doyen
de Sainte-Geneviève. Paris, 1871. In-8° de luxe de 46 pages. — Prix : 1 fr.
Notice très-intéressante sur l’histoire du Panthéon pendant le siège
de Paris par les Prussiens, et pendant le règne de la Commune. Elle se
termine par un vœu de l’auteur de faire de l’église un Westminster fran¬
çais, en y recueillant les tombeaux des grands hommes, qui seraient
placés sous la protection de la vierge de Nanterre. Nous nous conten¬
tons de signaler ce vœu, qui n’a sans doute rieu que de légitime dans la
pensée de l’auteur, mais qui, dans la pratique, pourrait amener plus
d’un inconvénient ; il ne faut pas oublier que le Panthéon a été souillé
par les tombeaux de Voltaire et de Jean-Jacques Rousseau.
HEURES DE LOISIR OU MOMENTS PERDUS, fantaisies rhythmi-
ques, par l'abbé Gounelle. Paris, 1872. I vol. in-8° de 192 p. —Prix : 2 fr.
Voici un poète qui ne s’en fait pas accroire; il ne se donne pas comme
tel, il prétend n’offrir au public, parce qu’on l’en a prié, que des rimes
honnêtes, et, précisément parce qu’il a rendu simplement ce qu’il sentait,
Ü a rencontré la poésie. Tout est chanté dans ces modestes fantaisies :
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— 30 —
la religion, la famille, lamifié, et aussi la patrie, dont les malheurs ont
inspiré plus d’un morceau. Lisez le Coin du feu , Si j'étais riche , le Frère
ainèy Je ne veux plus chanter , et cette délicieuse pièce des Boiteux , qui
rappelle le Charme de Vaveugle de M. le comte de Ségur, et vous verrez
que l’auteur a bien fait de céder aux prières qui l’ont forcé de tirer
toutes ces belles fleurs de son herbier. Pour se faire pardonner plus
sûrement, il a voulu que son livre se vendît au profit des victimes de
la guerre : c’est une bonne œuvre ajoutée à ses gracieux vers, et, pour¬
quoi ne le dirions-nous pas, puisque nous le savons? à beaucoup d’au¬
tres bonnes œuvres : ceux qui connaissent le bon abbé ne nous démen¬
tiront pas. (Pour les ouvrages précédents d'apres les Annales catholiques.}
BOURDALOUE disposé en sujets de lecture et de méditation, par M. l’abbé
Herbet, chanoine honoraire d'Amiens, missionnaire apostolique; 2 vol. in-12
de xu-540 pages. — Prix : 5 fr.
Les meilleurs critiques, depuis le temps de Louis XIV jusqu’à nos
jours, sont d’accord pour regarder Bourdaloue, non-seulement comme
un penseur profond et un théologien de premier ordre, mais encore
comme un écrivain accompli, digne d’avoir sa place mar ruée parmi les
premiers dn grand siècle littéraire où il a vécu.
Pour faire lire et goûter par les lecteurs modernes le grand prédi¬
cateur du xv!i e siècle, M. l’abbé Herbet a pris un moyen aussi ingé¬
nieux qu’efficace. Profitant des nombreuse divisions et subdivisions
de ses discours, il a su les découper avec habileté, les distribuer par
parties, et les donner au lecteur pour ainsi dire à petites doses; il a
fait un choix au milieu de tant de richesses, pour n’offrir que celles qui
sont le plus en harmonie avec les besoins généraux des âmes ; chaque
lecture traitant un sujet spécial de dogme ou de morale, n’occupe pas
plus de quatre à cinq pages. C’est un excellent travail qui, en deux
volumes assez restreints, embrasse ce qu’il y a de plus remarquable
dans les sermons de Bourdaloue.
Le premier volume contient la partie dogmatique, où il est traité
de tous les mystères de la vie de Jésus-Christ et de la très-sainte
Vierge. — Le second volume comprend la partie morale, où sont
traités les sujets qui ont rapport aux principaux devoirs de la vie
chrétienne et aux grandes vérités du salut.
Cet ouvrage convient aux hommes instruits et sérieux, aux jeunes
gens qui ont fait d’assez fortes études, et à quelques femmes douées
d’une intelligence cultivée. (D'après la Bibliographie catholique.)
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— 31 —
LES DEUX ORPHELINS, ou Marie pour mire , par Mme de Sainte-Mabih
•I vol. in-i2 de 318 pages, 1869. — Prix : 1 fr. 50.
Laurentio d’Orazi a été obligé de fuir son pays, l’Italie, afin de se
soustraire à la peine de mort qu’il avait encourue pour crimes poli¬
tiques. Il s’est réfugié avec sa femme Angèle et ses deux enfants dans
les montagnes du Dauphiné. Il ne tarde pas à mourir. Angèle, sentant
qu’elle lui survivra peu et quelle va laisser Urbain et Paula sans aucun
appui sur la terre, cherche pour eux un appui dans le ciel; elle les oon-
sacre à la sainte Vierge et leur donne Marie pour mère.
U malheureuse femme meurt en effet; les orphelins ne sont pas
seulement exposés à tous les dangers qui menacent deux pauvres
petits enfants complètement isolés : des intrigues horribles s’ourdissent
autour d'eux. Rupert de Ferolz, le perfide parent qui a entraîné Lau¬
rentio à sa perte, veut à tout prix se défaire d’eux pour avoir leur
héritage. De là des complications dont nous ne pouvons donner le
détail et des situations très-dramatiques dont les deux enfants sortent
toujours sains et saufs, grâce à la protection de leur Mère du ciel; les
orphelins se disent que, protégés si visiblement par le Ciel, ils ne
doivent pas chercher leur félicité sur la terre, et chacun entre dans un
couvent. Ce récit est à la fois pieux et rempli de mouvement.
LE DROIT CHEMIN, souvenirs des enseignements de première communion.
par M. F. Lebabié-Dechamptbhay. .1 vol. in-12 de viu-498 pages, 1866. —
Prix i 3 fr.
Ce livre ne convient pas a l’enfance. Ses points de vue ne sont point
appropriés à cét âge, et certains conseils seraient non-seulement pré¬
maturés, mais d’un fâcheux effet. Mais les jeunes gens et même les
adultes y trouveront de bons enseignements et de précieux souvenirs.
Ce serait beaucoup l’améliorer, suivant nous, que d’en faire disparaître
dans une autre édition ce qui s’adresse aux enfants.
M. Lemarié Dechamptenay s’est attaché à retracer les devoirs d’une
"'me rentrée par la confession et la communion dans lavoie, la vérité et la
vie. Il a voulu surtout demander des arguments au bon sens et à la
raison pratique.
-Ce procédé de démonstration répondra aux désirs d’un assez grand
nombre d’esprits à notre époque. II ne faudrait pas en abuser, parce
qu’il produit une certaine tendance à faire tomber dans le naturel ce
qui est et doit rester surnaturel. L’auteur n’a pas toujours échappé à
cet inconvénient, notamment dans ses chapitres sur Jésus-Christ.
(D’après le Bulletin des publications populaires.)
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BULLETIN SOMMAIRE
DES
PUBLICATIONS RÉCENTES
Almanach de V atelier, in-16 de 120 pngcs.
25 e.
Almanach du laboureur et du vigneron,
in-16 de 120 p. 2o e.
Armée de la Loire (la première), par le
général d’Aurelles de Paladines , in S.°
cavalier avec ! cartes coloriées et le» fac -si
mile d’un ordre du gouvernement de
Tours. 3 ^ r -
Bon sens delà Foi[ le), par le P» Causette,
2 grosin-8°. 1- fr*
Crimes de l'éducation française (les), par
M. Laurentie ; un vol. in-8° de 82 p. 2 fr.
Campagne des zouaves pontificaux en
France, sous les ordres du général baron
de Charette; un vol. in-12. 2 fr. 50.
Fayoum , le Sinaï et Petra, expédition dans
la moyenne Egvpte, sous la direction do
Gerome, par P. Lenoir; un vol. in-12 avec
13 gravures. * fr.
Fleurange. par Mme Craven; 2 vol. in-12.
6 fr.
France armée (la), Je soldat, sa condition,
ses devoirs, par M. la Houssay; un vol.
in-12. 3 fr.
F tires pendant la guerre { les) de 1870-1871,
un fort vol. in 8°, par J. d’Arsac. 8 fr.
Histoire de S. Ambroise , par M. l’abbé
Baunard, chanoine honoraire d'Orléans, un
vol. in 8°. 7 fr. 50
Histoire de S. Paul , apôtre et docteur des
nations ; de ses prédications, de ses mira¬
cles , de ses courses apostoliques, de son
glorieux martyre, divisée en 5 livres, par
M. l’abbé Maistre, un vol. in 8°. 6 fr.
Internationale au ban de VEurope, docu¬
ments par Oscar Testut, un fort vol. in 8°.
V 8 fr.
Livre bleu de V Internationale (le), par Oscar
Testut, un vol. in-12. 3 fr.
Lettres d'un intercepté , par A. de Pont-
martin, un vol. in-12. , 2 fr.
Maison rustique des dames (la), (nouvelle
édition), par Mme Millet-Robinet, 2 forts
vol. in-12 de 1368 p. et 269 gravures.
7 fr. 75
Méditations à l'usdge du clergé et des fidèles,
pour tous les jours de l’année, par M. le
Le Gérant, F. WATTEL1ER.
curé de Saint-Sulpice, 3 vol. in-18 jésus.
9 fr.
M'rurs, usages et costumes au moyen âge,
et à l’époque de la renaissance, par P. La¬
croix, ouvrage illustré de chromolithogra¬
phies et de 440 gravures, un vol. in-4°
broché. 25 c.
Le même, relié, 32 c.
O raison funèbre de Mgr Darboy , par le R. P.
Pcrraud, un vol. in-8®. 1 fr. 50.
Oraison funèbre du R. P. Captier, et des
douze autres martyrs d’Arcueil, par le R.
P. Pcrraud,un vol. in 8®. 1 fr. 50
Opinion de Bismarck sur la République,
l’Empire et les Bourbons en France, lettre
attribuée au prince, et traduite par Georges
Romain, brochure in-32. 25 c.
Paroles de l'heure présente , par le R. P.
Perraud, un vol. in-12. 3 fr. 50
Restauration de la France (la), par M. Am.
de Margerie, un vol. in-12. 3Tr. 50
Rome, notre capitale, par Mlle Z. Fleuriot,
un vol. in-12, orné de 96 gravures. 4 fr.
Rome pendant le concile , 1869-1870, par
M. Louis VeuiUot, 2 vol. in 8°. 12 fr.
Récits évangéliques : unité, préci sion, har¬
monie, des quatre textes, examen critique
et synoptique des faits,par l’abbé Chevalier,
un vol. in-8®. 1 fr»
Une Parisienne sous la foudre, par Mlle Z.
Fleuriot, un vol. in-12. 2 fr. 50
Souvenir des voyages du comte de Cham¬
bord, par le comte de Locmaria, un vol.
in-12. 3 fr * 50
Trois républiques , deux empires, trois
monarchies en un siècle, une brochure in-
24 de 60 p. 50 <*•
Vie de S. Dominique , par le P. Lacordaire,
un vol. in-12, nouvelle édition. 3 fr.
Vie du comte Rostopchine , par M. le comte
de Ségur, un vol. in 8°. 6 fr.
Voyage autour du monde. — La nouvelle
Calédonie , par J. Garnier, un vol. in-18,
avec une carte. 4 fr.
Voyage à la côte orientale d'Afrique,
pendant l’année 1866, parle R. P. Borner,
un vol. in-12, par Mgr Gaume, 3 fr.
PARIS. — IMPRIMERIE ADRIEN LE CLERE, RUE CASSETTE, 29.
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Tome Vil. — N. S.
Février 1811 ,
REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
A NOS RESPECTABLES AGRÉGÉS.
Voici un exemple de ce que nous pouvons faire, par votre bien¬
veillant concours, pour l’œuvre qui nous est la plus spéciale : la
propagation des bons livres.
Nous avons recherché parmi tous les ouvrages inspirés par le
régime odieux de la Commune, celui qui était le plus propre à
exciter la curiosité, et à faire ressortir tout ce qu’il y a d’affreux
et d’anti-social dans ce gouvernement des adeptes de l'Internatio¬
nale.
Pour éclairer les masses, les faits valent bien mieux que les
raisonnements : il faut une intelligence développée par l’étude
pour déméler les sophismes et comprendre les conséquences
nécessaires des fausses théories sociales; quand ces théories sont
mises en action, le simple bon sens et l’équité naturelle se ré¬
voltent à la vue des conséquences nécessaires de leur application.
C’est pour cela que les plus zélés d’entre vous nous ont pressés
de publier, au plus bas prix possible, l’ouvrage qui serait jugé le
plus propre à porter au sein des masses la connaissance du régime
engendré par les gens de l’Internationale.
Hais comme le moyen pratique de cette propagande consiste 4
garantir, à l’avance, le placement d’un nombre considérable
d’exemplaires, ceux qui ont bien voulu nous aider à faire le choix
de l’ouvrage à reproduire, ont eu soin, en même temps, de sou¬
scrire pour mille exemplaires.
Ainsi soutenus efficacement, nous avons montré au respectable
auteur notre but tout désintéressé, et il nous a été facile d’obtenir
de lui non-seulement l’autorisation nécessaire, mais le concours
le plus bienveillant.
Aujourd’hui, nous venons offrir 4 tous nos agrégés la facilité
de répandre un livre excellent, qui coûtait en librairie deux francs
et qu’ils pourront acquérir pour cinquante centimes : c’est le
T. VII. 3
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remarquable ouvrage de l’apôtre de la Chine, le R.P. Perny, qui
a partagé la captivité des otages massacrés à la Roquette.
Nous osons espérer que plusieurs d’entre vous, respectables
agrégés, suivront ce généreux exemple : c’est en assurant le pla¬
cement d’une partie considérable de l’édition, qu’on peut nous
mettre à même de livrer, à prix de revient,les meilleurs ouvrages
pour la propagande.
Il y aurait encore un autre moyen, quand on a jugé un livre
digne d’ètre répandu, et offrant des chances certaines de succès :
on pourrait nous avancer les fraisd’impression, qui, bien entendu,
seraient remboursés par les premiers produits de la vente. Votre
haute position sociale, la culture de votre esprit, votre connais¬
sance des besoins de l’époque, votre contact avec les populations
des diverses provinces de la France, vous mettent à même, res¬
pectables agrégés, de juger, mieux que nous, de l’utilité et des
chances de succès d’un ouvrage ou d’une brochure. 11 nous suffit
d’ètre votre agent et le collaborateur de vos généreuses entre¬
prises.
Si cependant il en était parmi vous qui, faute de temps, ou par
une trop grande défiance de leurs propres lumières, hésitassent
à choisir eux-mêmes, tout en comprenant cependant le mode
d’action que nous exposons, nous sommes à leur disposition pour
leur proposer, d’accord avec notre conseil de rédaction, les ou¬
vrages les plus utiles à propager en ce moment pour la défense
des principes conse* xateurs, religieux et sociaux.
Quand on sait les nombreuses bénédictions aooordées avec tant
d’empressement par l’auguste chef de l’Église à tous ceux qni
défendent la vérité par les journaux on les livres, on comprend
qne ceux auxquels Dieu a donné les dons de la fortune et de l’in¬
telligence soient désireux de prendre la part la plus active à cette
importante propagande. Ce ne sont pas les bons ouvrages qui
manquent : ils existent en éditions trop chères ou en manuscrits :
ce qui fait défaut à leur propagation, ce sont les moyens pécu¬
niaires pour Les mettre en circulation à bas prix, condition indis¬
pensable pour qu’on puisse les donner en grand nombre et
engager l’homme du peuple à les acheter.
Il y a longtemps que nous mûrissons oes idées, mais on a tant
abusé des théories que nons ne . voulions point parler avant de
montrer la chose en action : oe que nous venons d’exposer a
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aujourd’hui la sanction du fait; nos idées sont réalisables, puisque
nous en présentons le premier produit, et nous avons, pour ré¬
pondre à toutes les hésitations, l’axiome irrécusable : ab actu ad
possibile valet conclusio : cela se fait, donc c’est possible; qu’il
nous soit permis d’espérer que cela se fera encore et souvent.
PREMIÈRE PARTIE
OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOUS AVONS ACCEPTÉ
LA PROPAGATION SPÉCIALE.
DEUX MOIS DE FRISON SOUS LA COMMUNE, suivis de détails
authentiques sur l'assassinat de Mgr l’archevêque de Paris, par Paul Pebny,
de la congrégation des Missions étrangères, l’un des otages de la Commune,
condamné à la Roquette. — 1 volume in-i8 de 226 pages. — Prix : 1 fr.
pour nos agrégés, 50 c.
Notre édition, publiée avec le concours et sous la direction du res¬
pectable auteur, ne laisse rien à désirer comme exécution matérielle ;
nous n’avons pas cherché à entasser la matière dans des pages com¬
pactes, en caractères peu lisibles; il nous semble qu’il ne suffit pas,
pour répandre un livre, qu’il soit donné à bon marché, il faut de plus
que par la forme il offre une lecture attrayante et facile. Nous avons
retranché les listes de noms propres, qui n’offrent plus d’intérêt pour
la masse des lecteurs. Du reste on trouvera la suite complète du récit si
émouvant qui a excité l’admiration de toute la presse catholique. Il
est curieux de voir un apôtre de l’extrême Orient, en contact pendant
longtemps avec les mandarins chinois, réduit à reconnaître dans ses
compatriotes des hommes plus pervers, plus profondément dégradés,
que ceux qui sont la honte delà Chine. Il n’est pas jusqu’à la compa¬
raison des prisons chinoises avec notre établissement modèle de Mazas
qui ne tourne au désavantage des progrès de notre civilisation . La
position exceptionnelle du P. Paul Perny, son long séjour en Chine,
sa haute intelligence, ses connaissances variées, l’élévation de son
caractère, tout se réunit pour donner à son journal un attrait irré-
le
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sistible. On peut attendre les plus heureux fruits de la propagande de
cet écrit. Il est dit pour les grands hommes que leurs actions sont
leurs plus belles louanges ; de même pour les types de perversité que
nos révolutions ont mis en relief, il n y a point de flétrissure plus
sanglante que la peinture vive et sincère de leurs méfaits et de leurs
attentats.
JOURNAL DE CE QUI S’EST PASSÉ A LA TOUR DU TEMPLE
pendant la captivité de Louis XVI, par J.-B.-C.-H. Cléry. — Prix, broché :
iO fr. pour nos agrégés, 7 fr. 50. Relié 14 fr. pour nos agrégés, 11 fr.
Cette magnifique édition est un véritable monument historique, qui
a sa place marquée dans toutes les bibliothèques. Elle se distingue de
toutes les autres par la suite de ce journal laissé par Cléry, et une
foule de notes inédites. Elle est illustrée de magnifiques gravures en
taille-douce sur acier, portraits authentiques, scènes, plans, fac-si¬
milé , etc. Enfin elle est enrichie de la vie de l'auteur par M nes de
Gaillard, ses petites-filles. Ces nobles personnes n avaient d autre
patrimoine que leur gloire, et c'est dans la généreuse pensée de leur
venir en aide qu’un homme de convictions généreuses a fait largement
les frais de ce splendide volume.
On voit que tous les motifs se réunissent pour que nous adoptions
cet ouvrage comme notre bien, certains que nos respectables agrégés
nous seront reconnaissants de le leur avoir fait connaître et en même
temps de leur en faciliter l'acquisition.
Voici en quels termes un publiciste, dont le nom est déjà une grande
recommandation, a parlé de cet ouvrage :
« Le Journal du Temple , dit M. de Riancey, est une des meilleures
études à offrir aux générations présentes. Je ne crois pas me tromper
en affirmant que la présente édition a reçu tous les soins qui la doivent
recommander aux suffrages publics.
« Ce. sont les petites-filles de Cléry qui l'ont préparée elles-mêmes.
La gloire de leur aïeul est leur seul patrimoine, et elles le gardent avec
une légitime et fière dignité.
« Dans le trésor de leurs souvenirs de famille elles ont puisé des
richesses inédites : d'abord la suite du Journal du Temple, c'est-à-dire
le récit du temps écoulé depuis le 21 janvier jusqu'à la mise en liberté
de Cléry. Là encore Cléry s'efface entièrement pour ne répéter que ce
qui regarde la Reine, Mme Élisabeth, Mme Royale, l’infortuné
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Louis XVII. C’est un des chapitres les plus touchants de ces douleur s
royales, dont Tamertume ne sera jamais assez dévoilée. Des notes,
presque toutes nouvelles, viennent jeter une vive lumière sur des
particularités intéressantes, indiquées seulement dans le texte. On y
remarquera toute la correspondance, si précieuse pour l’histoire, que
valut à Cléry la publication du Journal du Temple .Les principaux
de ces documents sont reproduits $n fac-similé, avec une perfection
saisissante. De ces temps si féconds en horreur et en héroïsme tout
reparaît, tout revit avec une réalité consolante et terrible.
« Enfin des gravures nombreuses reproduisent, d’après des minia¬
tures authentiques, les portraits du Roi, de la Reine, du Dauphin,
de Mme Royale et de Mme Élisabeth. Ces miniatures sont les der¬
nières qui aient pu être exécutées, puisque l’une d’elles a été achevée
dans la tribune du logographe. Le Temple, les dispositions intérieures
et extérieures, les plans de la tour et du jardin, permettent de suivre
le récit avec un intérêt d’autant plus réel, que les vestiges mêmes de ce
monument, consacré par le martyre, ont disparu. D’autres planches
donnent le dessin de plusieurs objets qui ont appartenu à la famille
royale, qui lui ont servi dans sa captivité, et qui, légués à Cléry comme
souvenirs, sont devenus des reliques inappréciables.
« Tel est ce volume, qu’on a tâché de rendre digne et des infortunes
sans exemple qu’il raconte et de celui sur la tombe de qui l’orpheline
du Temple a voulu qu’on écrivît ce seul mot : Au fidèle Cléry . «
De son côté un écrivain encore plus respectable, M. Laurentie, a dit
en parlant de cette édition du journal de Cléry : - 11 faut que ce livre
entre partout où se conserve le respect de la fidélité : n’y a-t-il pas en
France dix mille familles qui sentent le besoin de se raffermir et de
se consoler par ce noble exemple? Que toute la France achète àl’envi
ce livre ; il est beau, il n’est pas cher; il est instructif et attendrissant ;
en fin de compte, c’est un bon marché que je propose. *
COURS DE LITTÉRATURE POÉTIQUE, par un professeur de littéra¬
ture. 4 vol. in-12 de iv-336 pages. — Prix : 2 fr. 50, pour les agrégés
•I fr. 00 c.
L’auteur a eu pour but de composer un traité vraiment didactique et
élémentaire, il a adopté le système des demandes ou questions dans
texte; il a été approuvé en cela par un ancien inspecteur de l’univer-
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sité qui lui a écrit: « Votre ouvrage me paraît très-heureusement conçu
et parfaitement divisé. Le système des livres élémentaires par de¬
mandes et par réponses n’est plus en vogue ; mais il ma toujours semblé
regrettable pour Futilité pratique qui manque à beaucoup de traités... »
Cette poétique est très-complète, l’auteur adonné aux préceptes un
juste développement qui les fait bien comprendre. Plusieurs prélats
ont écrit des lettres de félicitation^ très-explicites: nous citerons celles
de Mgr l’Evêque de Rodez; elle suffira pour faire sentir à nos lecteurs
toute l'importance et le mérite de cet ouvrage classique.
« Monsieur l’abbé,
« J’ai fait examiner par un homme très-compétent le volume inti¬
tulé : Poétique etc. D’après le rapport qui m’a été adressé, j’ai la satis¬
faction de vous dire que ce livre ne contient rien dé contraire aux prin¬
cipes de la saine doctrine en ce qui touche la foi et les bonnes mœurs.
« Mais il a encore d’autres mérites. En traitant des divers genres
de poésie eten assignant à chacun d’eux ‘e caractère qui lui est propre,
vous n’avez pas manqué, dans l’occasion, de signaler les abus si fré¬
quents qu’on en a faits en détournant ce bel art de son noble but, qui est
d’élever lésâmes au bien suprême et au beau idéal, au lieu de les abais¬
ser vers les inclinations grossières, et de leur faire respirer l’atmos¬
phère impure du vice, comme l’ont pratiqué tant d’écrivains corrupteurs.
n Les auteurs et les ouvrages cités dans votre intéressant volume sont
appréciés comme ils le méritent, une juste part d’éloge et de blâme leur
a été faite, et un légitime hommage est rendu à la divine poésie de nos
livres sacrés, si souvent dédaignés par nos partisans ignares ou fana¬
tiques de l’irréligion contemporaine. Cette nouvelle poétique peut donc
être mise très-avantageusement entre les mains des jeunes humanistes :
car non-seulement elle ne leur offre aucun danger au double point de
vue des croyances et des mœurs, mais elle est encore très-propre à
éclairer leur esprit, à épurer leur goût et à orner leur cœur.
« Je vous félicite, Monsieur Fabbé, d’avoir publié ce travail cons¬
ciencieux qui mérite une place distinguée parmi les livres classiques
édités de nos jours, et je ne puis que vous souhaiter de nombreux lec¬
teurs dans les maisons d’enseignement, ainsi que parmi les gens du
monde amateur de la bonne littérature.
« Louis, Evêque de Rodez. »
Nous n’avons rien à ajouter à une appréciation si explicitement ino-
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tivéeet donnée par un juge très-compétent; il ne nous reste qu'à former
des vœux pour que ce bon livre obtienne tout le succès qu'il mérite.
R. Vicot.
LA RÉGÉNÉRATION RU MONDE, opuscule dédié aux douze tribus
d'Israël, par Joseph de Félicité. 1 roL grand in-S° de 492 p* — Prix ; 3 ûr.
pour les agrégés, 2 fr.
Tous les esprits convaincus,. avec raison, de grandes catastrophes
prochaines, se préoccupent des prophéties publiées à profusion de nos
jours. Nous ne voulons pas entrer dans l’examen de la valeur relative
de ces publications : il est certain que notre époque est destinée à
voir l’accomplissement de plusieurs de ces prophéties, réalisées en
partie sous nos yeux depuis deux ans. L’ouvrage qui nous occupe a
un caractère plus général ; il s’attache, comme l’indique son titre, à la
conséquence dernière des grands faits dont nous paraissons devoir être
témoins. Avec une connaissance rare de nos jours de l'Ecriture
sainte, il s’efforce de démontrer que, après la conversion ou la des¬
truction des impies par un déluge de feu, le monde régénéré verra
sur la terre purifiée le règne temporel de Jésus-Christ et la glorifica¬
tion spéciale de la race juive.
Il y a assurément des opinions peu communes et très-hardies dans
ce livre; mais l’auteur, humble enfant de l’Église, ne s'érige point en
docteur infaillible et recule devant la pensée de contredire une proposi¬
tion définie dogmatiquement par l'Église. Il marche en s'appuyant sur
les textes de l’Écriture sainte commentés par des auteurs graves et
sur les opinions émises par les Pères de l’Église.
Sans nous prononcer sur la valeur doctrinale de cette étude, nous
ferons remarquer que l’interprétation des prophéties a un caractère
consolant qui manque dans la plupart des ouvrages de ce genre. La
lecture de ces pages, en inspirant assurément la crainte de la colère
de Dieu, laisse à ceux qui l’aiment la confiance dans sa tendresse qui
peut encore, dans l’embrasement général, envoyer l’ange qui avait
formé au milieu de la fournaise un vent frais et une douce rosée autour
des compagnons de Daniel, de sorte que le feu ne les atteignit point
et ne leur causa aucun mal.
Les dernières lignes de l'auteur, ( qui écrivait en 1860,) prouveront
qu*il prévoyait le prochain accomplissement des catastrophes mainte¬
nant commencées. On y verra aussi l’expression de sa modestie, gage
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certain de sa parfaite docilité à l'égard de renseignement infaillible
de TÉglise.
« Il n'y a plus de doute que le temps de la bienheureuse rénovation
de toutes choses ne soit proche , et quoique personne ne puisse en
savoir ni l'heure ni le jour, il ne faut pas être prophète pour prévoir la
fin de l'état actuel : Encore y ingt ans, et Dieu aura beau jeu l disait Vol¬
taire. Nous pourrions retourner contre lui ces paroles. Oui! bientôt le
rôle des impies sera joué, Yimpiété sera étouffée dans le feu, et le rideau
de la félicité sera levé! Ce sera le grand fait accompli !
Ainsi il n'y a plus pour personne, quelque âgé qu'il soit, une im¬
possibilité absolue de vivre assez de temps pour jouir delà bienheu¬
reuse régénération du monde.
Pour ce qui nous regarde, loin de nous de vouloir nous donner une mis¬
sion quelconque dans cette grave question; non,loin de là,nous nous pla¬
çons humblement parmi les spectateurs. Dans l'attente de T évènement,
et pour ainsi dire en présence du monument qui se dresse devant nous,
nous poussons avec timidité le cri de Bresca : Mouillez les cordes, au
risque de subir la peine portée contre les imprudents qui rompent le
silence imposé aux inhabiles. »
CRITIQUES ET RÉFUTATIONS. M. Henri Martin et son histoire de
France, par Henri db TÉpinois. i vol. in-12 de xi- 480 p. Prix : 3 fr. 50 c.
Nous ne saurions assez louer et recommander ce volume : il nous
arrive trop tard pour que nous puissions en composer nous-même un
compte rendu digne de son importance, mais nos lecteurs pourront
juger du mérite et de l'opportunité de l’ouvrage par les extraits sui¬
vants de la préface et de la conclusion de l'auteur.
« Je n'ai pu, on le conçoit, ni relever, ni encore moins réfuter toutes
les erreurs. L'essentiel était d'indiquer, par quelques exemples pris au
courant de la plume, quel but l'auteur avait poursuivi, et comment on
pouvait venger la vérité historique déplorablement outragée.
« Des jeunes gens studieux pourront, je l'espère, trouver un pro¬
gramme d'études dans cet aperçu de faits qu'il s’agit d'éclaircir, de
thèses qu'il convient d'élucider, afin de ramener à la vérité des esprits
méfiants ou troublés. Ce travail n'aurait-il d'autre mérite que d’indi¬
quer exactement les positions prises par les rationalistes, que je ne
l'estimerais pas inutile. Il ne faut pas, en effet, égarer ses coups, et
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Ton ne connaîtra jamais assez le but et la tactique de nos adver¬
saires.
Dans une page de son Histoire de France , M. Martin a porté contre
la Révolution la plus forte accusation, lorsqu'il a dit (1) : - Elle a
voulu supprimer le temps et la tradition, il faut renouer l’une et subir
les conditions de l’autre. » C'est fort bien; mais alors pourquoi écrire
seize volumes afin de briser tous les liens qui pourraient nous ratta¬
cher au passé, et flétrir ces traditions catholiques et monarchiques de
notre pays qui ne sont pas sans gloire? Pourquoi écrire seize volumes,
où la physionomie des faits est faussée, où on dissimule les uns, où on
exagère les autres, pour exciter des préjugés haineux, pour flatter les
passions et justifier ainsi ses propres méprises sur les véritables con¬
ditions et les légitimes besoins de notre temps? Telle est cependant
l’œuvre poursuivie par M. Henri Martin, dans son Histoire de France , et
c’est ainsi qu’elle empêche la paix de l’avenir et continue la Révolu¬
tion.
Or les idées, ne l’oublions jamais, marchent toujours en avant des
faits. Si donc nous flétrissons justement les attentats qui viennent
par moments épouvanter le monde, ne devons-nous pas réserver une
large part de notre blâme pour les écrits où sont proclamées les doc¬
trines qui logiquement y conduisent? La sincérité des convictions, la
bonne foi, si l’on veut, de l’auteur, le mélange de certaines idées géné¬
reuses ne font que rendre le mal plus redoutable. Il est immense, car
l’effort du rationalisme révolutionnaire signalé ici se joint à d’autres
efforts.Puissions-nous, pour le prévenir, secouer notre i ndifférence
et ranimer notre ardeur! Puissions-nous engager toujours, sur le
terrain des idées où se préparent les faits qui nous accablent, ces luttes
de l’intelligence, si difficiles à soutenir, je le reconnais, et quoique
moins appréciées, encore plus utiles à la société que les mêlées san¬
glantes où se décident ensuite, et en un jour fatal, les destinées de la
patrie! Que l’on ne s’y trompe pas : pour triompher dans ces luttes, il
faut aussi beaucoup de discipline, beaucoup d’énergie et beaucoup de
travail.
La science, la critique sont partout invoquées : c’est au nom de la
science qu’on attaque : que la science vienne donc à la défense.
• L’œuvre de notre siècle, a dit un ami intime du P. Lacordaire, est de
rétablir la vérité dans l’histoire. Dieu dirige évidemment vers ce but
(1) T. XVI, p. 674.
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les efforts de la science, et ce témoignage suprême de l’histoire sera
encore pour l’Église un triomphe déplus (1). »
Après avoir discuté et mis à néant les sophismes de M. Henri
Martin, dont la conclusion est que « dans l’avenir la monarchie est
impossible et le catholicisme inutile, » M. Henri de PEpinois termine
par les pages suivantes :
« Partant de cette idée que Ja société était mauvaise, on voulut non
9 seulement l’améliorer, — ce qui était juste, — mais la refaire, — ce
qui était absurde, — et pendant quarante ans le monde vécut sur cette
idée. Que devait-elle produire ? « Le xvm® siècle avait rêvé dans les
écrits de ses philosophes un homme nouveau... L’assemblée consti¬
tuante établit une France nouvelle divorçant avec son passé (2). »
Voilà le mal indiqué en deux mots, et M. Guizot a écrit encore ces
graves paroles qu’on ne saurait trop méditer, et que j’oppose avec
confiance aux jugements passionnés, faux et haineux présentés par
M. Henri Martin : « Que fallait-il pour que la France, de concert avec
son roi, accomplît dans ses lois et son gouvernement les réformes et
les progrès dont elle avait besoin? Il fallait précisément ce qui ne se
rencontra point, il fallait que la France ne voulût et ne cherchât que les
réformes et les progrès dont elle avait besoin. » Et M. Guizot ajoute
ces mots, qui sont comme l’arrêt de l’histoire : <c Ce n'est point l’esprit
de justice et de liberté, c’est l’esprit révolutionnaire qui, par violence
et par ruse, s’est dressé devant Louis XVI, et a rendu vaines les
meilleures dispositions et impossible tout concert sincère et efficace
entre le pays et son roi (3) «. Puis il continue : « Ce n’est pas dans
telles ou telles fautes de Louis XVI, fautes de résistance ou fautes de
concessions, qu’il faut chercher le secret de ses infortunes et des
nôtres ; ce secret est tout entier dans la situation radicalement impos¬
sible qu’en 1789 on faisait au roi, en voulant qu’il se fît l’instrument
d’une révolution. Une révolution pour tout détruire et tout reconstruire
au gré des pensées et sous le vent des passions des hommes, c’est un
suicide accompli dans le fol espoir d’accomplir soi-même sa restauration.
C’est pour avoir formé ce dessein, ou pour s’y être laissé entraîner,
que la France s’eât vue conduite à rompre violemment avec son roi,
avec sa dynastie, avec la royauté elle-même, avec sa propre histoire,
et contrainte d’errer en tous sens, cherchant sa place et son cours,
(1) M. Cartier, Lettres de Ste Catherine de Sienne , introduction, p. cxlvii.
(2) M. Anatole des Glageux, art. sur Pascalis. Correspondant , octobre 18bG.
(3) La France et la maison de Bourbon avant 1789, p. 20.
— 43 —
comme un astre qui, jeté hors de son orbite, porterait partout sa propre
perturbation. Jusqu'au jour où la France s'est égarée dans ces espaces
inconnus où l'abîme appelle l’abîme, la maison de Bourbon s’est mon¬
trée digne et capable de la haute mission que la Providence assigne
aux familles royales ; elle a fidèlement, habilement et heureusement
guidé et servi la nation française dans sa carrière de civilisation et de
gloire (1) ».
Méditons ces paroles, peu suspectes dans la bouche de ce grand
écrivain ; elles éclairent plus notre histoire et les causes de nos épreuves
que les dithyrambes ampoulés de M. Henri Martin sur « la foudre qui
a déchiré le nuage, » et la - lumière qui se fait ».
Il ne nous reste plus qu’à nous associer au vœu généreux exprimé
à la dernière page par le savant et respectable auteur.
« Puissent les événements qui s’accomplissent sous nos yeux, et qui
ne sont que la conséquence logique des doctrines rationalistes prônées
par l’auteur de l'Histoire de France , puissent ces événements apporter
quelque lumière dans une âme honnête, sincère, mais aveugle, et à
laquelle manque un rayon d’en haut ! C’est notre vœu le plus cher. »
LES PÈLERINAGES ILLUSTRÉS. Histoire des sanctuaires de la Mère de
Dieu, par J.-M. de Gaulle. Un magnifique vclume grand in-8° de 288 p. de
texte, oirié de 52 gravures en taille-douce sur acier représentant le*
madones, chapelles et églises, telles qu’elles existent actuellement. —
Prix : \o fr.pour nos agrégés : 12 fr.
Les sanctuaires racontent la gloire et la bonté de Dieu, de la sainte
Vierge et des saints. Grâce à ces monuments chrétiens, se transmet¬
tent à la postérité des faits merveilleux ou touchants qui échappent
quelquefois au burin de l’histoire, et dont les peuples comprennent
encore mieux le langage. Par eux se forme une chaîne de traditions
sacrées, commencée dès l’origme du christianisme et qui, reliant
ensemble le passé, le présent et l’avenir, se perpétuera jusqu’aux
générations des derniers âges du monde. La vénération que portaient
nos ancêtres à ces lieux sanctifiés dont ils avaient vu les gloires, est
pour nous un puissant motif de recueillir leurs traditions, pour nous
en édifier et les transmettre à nos descendants. Ces récits ne sont
point de fabulaires légendes, mais bien, pour la plupart, des faits
(1) La France et la maison de Bourbon , p. 21.
— 44 —
attestés par la voix populaire et par des témoignages authentiques ;
évidemment, ils n ont pas l'autorité obligatoire qu’imposent les arti¬
cles de foi, mais leur connaissance ne peut qu’augmenter dans l’âme
le goût des choses divines et lui inspirer des sentiments d’espérance et
de gratitude.
Parmi les sanctuaires érigés par la piété catholique, les plus nom¬
breux et surtout les plus importants ont été consacrés sous l'invocation
de l'auguste Marie, qui fut la coopératrice au grand mystère de la
rédemption, et que l’Église honore comme le canal par lequel Dieu
se plaît à nous transmettre ses grâces. L’origine de la plupart de ces
monuments est effectivement presque toujours une faveur obtenue.
La reconnaissance y ramène et provoque de nouveaux bienfaits. Ainsi
se sont formés les pèlerinages, si fort en vigueur dans les siècles de
foi, et que la rapidité actuelle des communications rend maintenant
plus faciles.
La publication que nous annonçons aujourd’hui sera pour nos lec¬
teurs, soit un souvenir de ces heureux pèlerinages, soit un guide pour
ceux qu’ils voudraient entreprendre, soit encore une consolation pour
les personnes que des empêchements retiennent, et qui pourront de
même accomplir en esprit ces salutaires excursions, si abondantes en
fruits précieux.
Un pèlerinage est d’ordinaire une récréation autant qu’un encoura¬
gement à la piété. Nous espérons atteindre ici ce double but, en nous
attachant à rendre nos descriptions et nos récits aussi attrayants que
substantiels. Les gravures exécutées sur les lieux mêmes par un
artiste habile aideront à l’intelligence du texte.
Les Pèlerinages illustrés sont publiés en 18 livraisons. Chaque
livraison contient, dans une couverture de couleur imprimée, 16 pages
de texte (caractères elzéviriens) et 3 gravures sur acier en taille
douce, représentant les madones miraculeuses, sanctuaires et autels
tels qu’ils existent aujourd’hui; elles formeront un beau volume
grand in-8° raisin. Le texte comprend la légende de chaque pèlerinage,
la description, l’époque, les miracles, etc.
On ne paye rien d’avance; mais les souscripteurs versent un franc à
chacune des livraisons qu’ils reçoivent, jusqu’à concurrence du prix
total. Les dernières livraisons seront fournies gratuitement.
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BÉGITS ÉVANGÉLIQUES. Unité, précision, harmonie des quatre textes.
— Examen critique de l'ordre chronologique et synoptique des faits, par
l'abbé A. Chevallier, du diocèse de Vèrsailles. Avec l’autorisation de l'ordi¬
naire. 1 volume in-8°, de lxxxiv-447 p. — Prix : 7 fr. pour nos agrégés,
3 fr. 50 c.
Pour un ouvrage de cette nature, le premier mérite est l'ortho¬
doxie : nous devons donc prouver qu'il la possède, et pour cela il nous
suffira de reproduire le rapport théologique remarquable qui a déter¬
miné l’approbation épiscopale. Ce rapport donne une idée complète du
plan de l'auteur, de sa science et de son talent (1).
« L’ouvrage de M. l’abbé Chevallier est rédigé sur un plan entiè¬
rement neuf, qui le distingue de tout ce qui a été écrit sur le même
sujet.
«Pourpeu qu'on ait étudié l'Évangile, on est nécessairement frappé
des dissonances qui se rencontrent sous la plume des auteurs sacrés,
principalement en ce qui concerne l'ordre chronologique des faits.
« Déjà, depuis des siècles, de nombreux harmonistes ont travaillé à
faire concorder les quatre récits au moyen de transpositions plus ou
moins plausibles, mais qui, pour la plupart, n’étaient basées que sur
des suppositions arbitraires.
« Parmi les modernes, les uns se sont contentés de juxta poser, en
les morcelant et en les fragmentant, sur quatre colonnes, les paroles
des évangélistes, ce qui rendrait impossible toute lecture suivie. D'au¬
tres, il est vrai, ont préféré avec raison fondre les quatre textes en un
seul récit; mais les uns et les autres ont établi l'ordre des événements
suivant leur appréciation particulière, sans chercher à rendre raison
des divergences du texte sacré.
« M. l’abbé Chevallier a pris une voie plus sûre, parce qu'elle est plus
rationnelle, et il en a obtenu d'heureux résultats. Il a commencé par
étudier individuellement chacun des évangélistes, ce qui l'a amené à
découvrir le plan que chacun d ? eux s'était proposé. De là à trouver la
clef des prétendues divergences, il n'y avait qu'un pas; ce pas, il l'a fait.
« Dans une savante introduction, il expose de la façon la plus lucide
(O H est fâcheux qu’un si bon livre ait été imprimé avec autant de négligence; le
papier, quoique fort, a un aspect désagréable, et très-souvent on trouve des pages où
l’encre est si pâle qu’on les croirait au erayon. Pour éviter toute surprise, nous nous
faisons un devoir d’avertir nos agrégés de ces défauts matériels, amplement rachetés
par le mérite scientifique et littéraire de l’ouvrage. Ce n’est point par notre entremise
que ce volume a été édité; le respectable auteur nous l'a présenté après l’avoir fait im¬
primer lui-même.
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et la plus convaincante que, si l’un d'eux, saint Luc par exemple, s’est
imposé la tâche de suivre l'ordre rigoureusement chronologique,
saint Matthieu, de son côté, n'a pas eu d’autre intention que de
grouper les faits, les miracles et les discours en autant de sections
déterminées, dans lesquelles il insérait, comme sous un même titre, ce
qui se rapportait au même chef.
Non content de faire valoir les preuves intrinsèques qui ressortent de
la confrontation des Evangiles, ainsi que l’ont fait ses devanciers, il tire
un excellent parti des secours extrinsèques que lui fournissent l'his¬
toire profane, les traditions judaïques, la topographie et la climatologie
de la Palestine, les nouvelles découvertes, etc. 11 résout, avec autant
de netteté que de brièveté, des questions relatives à l’époque précise de
la naissance et de la mort du Sauveur. Il fournit d’ingénieux moyens de
solution touchant les difficultés concernant les généalogies, le recense¬
ment de Cyrinus, les apparitions de Jésus-Christ après sa résurrec¬
tion, etc.
« M. l’abbé Chevallier peut être placé, à bon droit, au nombre des
défenseurs de l’authenticité des Évangiles : aux ressources que lui ont
procurées Jes auteurs les plus recommandables, il a ajouté des aperçus
tout à fait neufs et qui lui appartiennent en propre. Son ouvrage est
appelé à faire beaucoup de bien, et ne pourra que faire progresser la
vraie et solide exégèse. En le lisant, on saisit sans effort l’admirable
harmonie qui existe entre ces quatre textes parallèles, qu’un point de
vue superficiel ou des tendances rationalistes s’ingénient à trouver en
désaccord.
« Bertrand,
Chanoine de la cathédrale, examinateur des livres pour le diocèse.
LE TOMBEAU GLORIEUX du serviteur dî Dieu Jean-Marie-Baptiste
Vianney, curé d’Ars, par l'abbé J.-H. Oluvier, docteur en théologie. 1 vol.
in-12 de 216 pages. — Prix : 1 fr. pour les agrégés 50 c.
Il a été déjà publié divers ouvrages en l’honneur du saint curé d’Ars ;
celui-ci a pour but de faire connaître bien des faits ignorés et qui sont
néanmoins d’une grande édification. Le but principal de l’auteur,
comme il le dit lui-même, a été de montrer comment le grand servi¬
teur de Dieu continuait les œuvres qui étaient nées sous le souffle de
son inspiration, celles qu’il avait vivifiées par ses conseils et son ins-
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— 47 —
piration, et celles enfin qu’il avait rendues siennes en les adoptant et
en les bénissant.
Mais en écrivant plus de dix ans après que le serviteur de Dieu est
mort, on devait surtout s’efforcer de prouver que son tombeau est glo¬
rieux par les miracles qui ne cessent de s y opérer ; l’auteur, comme il
est facile de le constater, s’est appliqué avec soin à atteindre ce but.
Tous les saints ont un caractère spécial qui les distingue, et c’est par
là qu’ils présentent un type divers delà sainteté. Le vénéré curé d’Ars
a eu en propre le don de convertir les pécheurs, mais avec cette circons¬
tance que ce n'était point lui qui courait après les brebis égarées. C'é¬
taient les membres du troupeau qui venaient se presser autour de lui
pour être réconciliés. Le grand caractère du serviteur de Dieu a été
d'être l’apôtre vers lequel la multitude n’a cessé d'affluer ; et c'est là,
comme le remarque judicieusement l'auteur, le plus étonnant et leplus
admirable des miracles qui ont été opérés par l’Esprit-Saint, par la
médiation et à la gloire du nouvel apôtre.
Les lecteurs de nos jours désirent des livres qui offrent de l'attrait;
l’auteur a pensé que les récits de cet ouvrage, quoique renfermant un
fonds pieux et édifiant, ne sont pas sans quelque charme. Tout ce que
l’auteur raconte dans cet ouvrage, n’est pas une invention de son
esprit, ce sont des faits dont il peut certifier la parfaite authenticité ;
les personnes elles-mêmes lui ont raconté toutes les faveurs qu’il fait
connaître, ou du moins elles le savent d’une manière sûre.
Les documents de cet ouvrage sont au-dessus de toute discussion, et
nul ne saurait être admis à les révoquer en doute.
L’auteur n’a pas écrit une seule ligne dont il ne puisse être le garant,
parce qu’il avait entre ses mains les pièces authentiques du récit ou il
en avait entendu les témoins irrécusables. Les pieux missionnaires
d’Ars ont daigné aussi lui confier, soit les correspondances particulières
qui lui étaient nécessaires, soit le registre des faits merveilleux qui ont
lieu au tombeau du vénéré curé d’Ars.
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DEUXIÈME PARTIE
REVUE
DBS
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
LES ARTICLES ORGANIQUES DEVANT L'HISTOIRE, LE DROIT
ET LA DISCIPLINE DE L'ÉGLISE, par M. l’abbé Hébrard, archiprêirc,
docteur en théologie et en droit canonique. 1 vol. in-8° de xii-548 p. —
Prix : 6 fr.
Ce titre donne une idée très-juste du livre. Après une histoire
succincte du cSncordat et des articles organiques, l'auteur prouve :
1° qu'ils ne font pas partie du concordat; 2° que le pape n'a pas con¬
couru à leur rédaction ; 3° qu'il ne les a point approuvés. L'auteur
aborde franchement les objections tant de fois répétées : la cour de
Rome n a protesté, dit-on, que contre un bien petit nombre d’articles ;
— elle n’a rien répliqué aux explications données par Portalis en
réponse à la protestation transmise par le cardinal Caprara ; — elle
les a acceptés implicitement jusqu’à trois fois en quatre ans ; et ces
trois objections, il les dissipe à la clarté de l'histoire.
H passe ensuite à la discussion d'abord juridique, puis disciplinaire.
Il prouve que ces articles ne sont ni une loi de l'Eglise, ni une loi de
l’État, et qu’ils n’ont aucune valeur disciplinaire ; il affirme qu’avec eux
il n’y a plus aucune discipline possible, parce qu'ils détruisent la
liberté et l’autorité de l’Eglise. Enfin il montre que les prétendues
libertés de l’Eglise gallicane qui leur ont servi de base, ne sont au
fond qu’un instrument destructif de la liberté de l’Église au profit du
pouvoir absolu de l’État.
DE L’ACTION INDIVIDUELLE DANS L'ÉDUCATION CHRÉTIENNE,
par MM. les abbés François Courtadb et Maurice d’Hulst ; in-8° de 42 p.
— Prix : \ fr.
Par action individuelle il faut entendre ici, non pas l’éducation
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— 49 —
particulière , mais celle qui se répand sur « un groupe restreint de
disciples. * MM. les abbés Courtade et d’Hulst pensent qu'elle est
conforme aux traditions de l'Eglise, et particulièrement nécessaire à
notre époque : c'est la première partie de leur brochure, et, afin de
mieux prouver cette théorie, ils la confirment par les résultats de la
pratique : c'est la seconde partie de leur travail.
Que l'éducation individuelle soit appelée à rendre dans notre siècle
de très-grands services, nous l'admettons encore bien volontiers. Du
reste, le dévouement des deux auteurs peut en offrir la preuve vivante
et palpable. Ces ecclésiastiques ont fondé une pension d'apprentis qui,
en peu de temps, a donné plus que des espérances.
Cette œuvre consiste à recevoir dans une maison spéciale des
enfants de douze à quatorze ans, qu'on place en apprentissage chez
des patrons intelligents et sûrs. Dans la journée, ils travaillent à l’a¬
telier; le soir, ils viennent chercher à la petite pension, non-seulement
le vivre et le couvert, mais l'instruction, l’éducation, la vie de famille
et tout ce qui peut les préparer à devenir des hommes et de solides
chrétiens. L'expérience démontre surabondamment que le ciel a béni
cette pieuse entreprise.
Nous faisons donc des vœux bien sincères pour que MM. Courtade
et d'Hulst aient de nombreux lecteurs, et pour que leur œuvre re¬
cueille, outre les sympathies qui lui sont assurées, tous les secours
matériels dont elle a besoin.
PRÊTRES ET NOBLES, par Mgr de Ségur. 13 e édition; in-18 de 70 p.
(1871). — Prix:25 c.
Le titre du volume de Mgr de Ségur, arrivé déjà à sa treizième
édition, indique la nature de l'écrit. Le prélat se propose de répondre
aux allégations révolutionnaires, dirigées, avec un art maudit, contre
les ministres de Dieu et contre les représentants de l’aristocratie
française. Oui, nous en sommes à ce point qu’il faut offrir à des
hommes civilisés un plaidoyer en faveur du prêtre qui les a baptisés,
qui instruit et conduit au bien leurs enfants, qui console leur vieille
mère sur son lit d’agonie, et qui jettera la dernière bénédiction sur
leur propre tombeau ! Il faut plaider la cause des races de chevaliers
qui ont constitué et agrandi la patrie, et qui, naguère encore, bai¬
gnaient nos champs de bataille de leur sang généreux! L'écrivain
s'est acquitté avec succès de cette facile mais noble tâche. La brochure
T. Y1I. 4
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— 50 —
s'avance d’an pas ferme, saisissant l’une après 1 autre les inepties, les
calomnies, les impiétés, les dénis de justice, et les broyant d'une
main pleine de force et de raison. Ces pages étincellent de mouvement,
de bon sens, de logique élémentaire, invincible.
« Ce que prêchent les curés, c était bon autrefois; maintenant, c est
« autre chose! on ne croit plus à tout cela! * Première niaiserie atta¬
chée au clou, d'où la meilleure volonté ne pourra plus la détacher. —
« Les prêtres ne doivent pas s'occuper des élections : c'est de la poli-
- tique. — N'écoutez point les curés : ce sont les ennemis du peuple!
- — Les républicains, les francs-maçons, à la bonne heure ! voilà les
« vrais amis du peuple! * Trois petits chapitres merveilleusement
propres à redresser les idées boiteuses, et que nous sommes obligés
de signaler seulement, en y ajoutant le suivant, fort piquant en vérité,
et qui a pour titre : « Quelques curieux échantillons de ces illustres
amis du peuple. » On y voit figurer pour la joie de la galerie, les
citoyens Raoul Rigault, Eugène Sue, Havin, Victor-Hugo, Garibaldi,
Gambetta, Crémieux, Glais-Bizoin, Ledru-Rollin, Félix Pyatet C i0 :
de la seule inspection sort immédiatement la leçon désirée. — * Les
« prêtres sont des fainéants qui s'engraissent de la sueur du peuple. «
Vrai, le mets n'est point engageant, et la libre morale aurait pu, ce
nous semble, inventer une formule plus séduisante et plus propre.
La formule, telle quelle, passe ici à la lessive, et de la bonne façon.
— « Nos curés nous parlent toujours du Pape, nous demandent de
« l’argent pour le Pape. Pourquoi le Pape ne se tire-t-il pas d'afïaire
« tout seul? » Autre objection dont le fin mot n'est pas difficile à con¬
quérir. — « Les curés envoient secrètement l'argent de nos quêtes à
* Henri V. — Les prêtres et les nobles s’entendent pour opprimer le
* peuple, on veut rétablir la dîme et les droits féodaux. »» Petite leçon
d'histoire venant très à propos. — « Au tour du peuple d’être maître.
« — Les nobles et les riches sont des propres à rien : ce n’est que
» justice de leur prendre ce qu'ils ont, el de le partager entre les tra-
« veilleurs. Tout ira bien alors... » Oui, sans aucun doute!!
Voilà la brochure. - Je prie tous les gens de bien, dit l'auteur (p. 4),
« de répandre le plus possible cet opuscule essentiellement populaire,
» si toutefois ils le jugent propre à réaliser le but Important que je me
- suis proposé. »
(Pour les articles ci-dessus, d’après la Bibliographie catholique.)
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51 —
CHARLES LE TÉMÉRAIRE, par Walter Scott. Nouvelle édition revue
et augmentée, i vol. iu-12 cLo 323 p, — Prix ; 2 fr.
Charles le Téméraire appartient à une collection dont plusieurs vo¬
lumes ont déjà été analysés dans notre Revue.
Dans « ces éditions revues et corrigées, » on s’est attaché à sup¬
primer tout ce qui offre un caractère passionné.
On trouvera dans ce livre une lecture intéressante, instructive et
exempte de danger.
HISTOIRE D’ANGLETERRE, depuis les origines jusqu'à nos jours, par
G. Chaistrel. 1 vol. in-18 de 444 p. — Prix : 3 fr.
Cette Histoire d’Anglelen'e est divisée, d'une façon très-simple et
très-naturelle, en dix périodes, savoir :
Première période : la Bretagne indépendante;
Deuxième période : la Bretagne romaine;
Troisième période : les Anglo-Saxons;
Quatrième période : les Anglo-Saxons et les Danois;
Cinquième période : les Normands;
Sixième période : les Premiers Plantagenets ;
Septième période : les Derniers Plantagenets;
Huitième période : les Tudor;
Neuvième période : les Stuart;
Dixième période : la Maison de Hanovre.
Sans être fort étendu, cet ouvrage est exempt de sécheresse. La
lecture en est agréable, et d'autant plus attachante que M. Chantrel a
constamment fait ressortir ce qui intéresse la France et le catholicisme.
LE CARDINAL DE ÜÉRULLE, sa vie, ses écrits, son temps, par M. Nour¬
risson, professeur au lycée Napoléon. 1 vol. in-i2 de 259 p. 1869. —
Prix : 3 fr.
Dans une belle introduction, M. Nourrisson établit l’importance des
services que les ordres religieux rendent à la société. — Si la France
est émancipée, dit-il, elle a besoin d’être protégée contre elle-même.
L'égoïsme le plus profond nous dévore : il importe qu'on y oppose un
vivifiant exemple d’obéissance et d’abnégation. La fièvre des jouis¬
sances, la soif de l’or nous travaillent plus qu’elles n’ont fait en aucun
temps; il semble que nous soyons arrivés & cette époque d’abaisse-
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— 52 —
ment que prédisait Bossuet : où Ion tiendrait tout en indifférence,
excepté le plaisir et les affaires. Il importe donc qu’on oppose à ces
symptômes de décadence la salutaire pratique du détachement, de la
pauvreté. Tel est le rôle politique et moral qui paraît dévolu parmi
nous aux ordres religieux.
M. Nourrisson attire ainsi l’intérêt de notre époque sur son héros,
le cardinal de Bérulle, qui figure à deux titres dans l’histoire des
ordres religieux : comme introducteur des Carmélites en France, et
comme fondateur de l’Oratoire français.
Il nous le fait connaître dans l’accomplissement de ces deux grandes
œuvres. Il s’étend beaucoup, en outre, sur son rôle politique, qu’il
oppose à celui de Richelieu, en plaçant le cardinal de Bérulle bien au-
dessus du célébré ministre de Louis XIII.
Ce livre, fort bien fait, sera goûté des amateurs d’études historiques.
Mais c’est à leur point de vue qu’il faut se placer pour le juger, car il
ne satisferait pas les personne qui cherchent, surtout dans la lecture
de la vie des saints et des personnages religieux, un aliment pour
leur piété.
De plus, il ne serait pas sans inconvénients pour les lecteurs insuffi¬
samment éclairés et instruits, qui prendraient en mauvaise part cer¬
tains différends entre Bérulle et plusieurs ordres religieux de son
temps.
L'ANCIENNETÉ DE L’HOMME, par M. le marquis df. Nadaillac. 3 e éd.
1 vol. in-12, Paris. — Prix : 3 fr.
L'ouvrage de M. de Nadaillac est une des plus complètes, et, croyons-
nous, l’une des plus récentes études d’ensemble qui aient été faites de
cette question nouvelle, et d’autant plus passionnément débattue, de
« l'ancienneté de la race humaine. A ce titre, et indépendamment de
ceux que lui donnent un savoir étendu et solide et une saine raison, cet
ouvrage mérite l’attention des hommes qui, comprenant l’importance
du sujet dont il traite, mais qui ne pouvant, faute de temps, l’explorer
en détail, désirent s’en faire à la fois une idée sommaire et exacte.
A ceux d’entre nous que les progrès de la science n’effrayent pas,
parce qu’ils sont convaincus que la religion n’a rien à en redouter, et
qui éprouvent un certain charme à en suivre le mouvement, nous
recommandons en toute confiance le livre de M. de Nadaillac. C’est
l’œuvre d’un écrivain parfaitement au courant des questions dont il
s'occupe, qui les comprend et les aime; mais qu’une intelligence péné-
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/
— 531—
trente, une raison droite et de solides principes chrétiens tiennent en
garde contre l'espèce d'ivresse où la science qui fait l'objet de ses
études jette la plupart de ses adeptes. Toutefois, c’est moins ici une
réfutation des erreurs de l'archéologie préhistorique qu'une exposition,
ou plutôt un inventaire raisonné des découvertes, et, sinous osons ainsi
parler, des documents sur lesquels elle repose ; la réfutation des pré¬
tentions qu'elle affiche s’en dégage presque d'elle-même.
M. de Nadaillac repousse, au nom de la science sur laquelle on veut
la fonder, cette triste et humiliante théorie du transformisme qui fait
venir l’homme du mollusque en passant par le singe. « Les singes,
dit-il, sont restés ce qu’ils étaient à leur première apparition sur la
terre. Les générations ont remplacé les générations : ils ne savent
qu’obéir à leurs appétits brutaux, aux besoins de la vie matérielle,
comme leurs parents le faisaient avant eux. A l'homme seul a été
donné le pouvoir de comprendre ce qu'ont fait leurs devanciers, et de
marcher plus ferme dans la voie où ils tâtonnaient, de prononcer les
paroles qu'ils bégayaient. «
Sur un autre point, l’âge de l’homme, la date de son apparition sur
la terre, l’auteur ne se sépare pas moins nettement de la tourbe des
géologues, qui, de ce que les traces de son industrie et de ses propres
restes se rencontrent dans les dépôts de la période quaternaire et même
de la période tertiaire, concluent intrépidemment que notre espèce est
infiniment plus ancienne que ne le dit la Bible, et la gratifient de
quelques millions d’années. Les chiffres qu'on dresse ainsi avec tant
de libéralité reposent, dit-il, sur des calculs purement hypothétiques
et, partant, ne méritent pas une réfutation sérieuse. La vraie science,
ajoute-t-il, doit se tenir, à cet égard, dans une sage réserve et se gar¬
der prudemment aujourd’hui d’affirmations que les affirmations de
demain peuvent modifier et renverser peut-être. La science préhisto¬
rique ne fait que commencer, elle n’a pas le droit de dogmatiser et
d’articuler des propositions absolues. Les chrétiens n’ont donc pas à
s’inquiéter de ces assertions, quelles qu’elles puissent être, ni à redou¬
ter les travaux qui se font dans cette direction. « Je suis chrétien, dé¬
clare M. Nadaillac, je le proclame hautement, mais ma foi ne s’effraye
d’aucune des découvertes de la science. Chaque progrès intellectuel de
l’humanité, chaque pas qu'elle fait vers la vérité constitue non-seule¬
ment un progrès matériel, mais encore un progrès moral. Soulever
d'ailleurs un coin du voile qui nous dérobe la grandeur des œuvres du
créateur, entrer en quelque sorte dans le secret de ses desseins, n'est-ce
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— ,54 —
pas devenir pins capables de l’admirer et de le comprendre? n’est-ce
pas remplir une des fins pour lesquelles rintelligence nous a été don¬
née ? *
(Pour les ouvrages prècèdenis y d'après le Bulletin
des publications populaires.)
UN MISSIONNAIRE CATHOLIQUE EN ANGLETERRE, SOUS LE
RÈGNE D'ÉLISABETH. Mémoires du P. Gérard; traduction du R. P.
Forbes, de la Compagnie de Jésus. 1 vol. in-12 broché. — Prix : 2 fr. 50 c.
Voilà le plus humble des apôtres qui nous donnera sur le règne d’ɬ
lisabeth des renseignements que l’historien ne peut réfuter, etc est par
cet obscur champion de la foi que nous découvrirons le véritable état
social de cette époque tourmentée qui vit surgir en pleine paix, et sans
motif avouable, la plus effroyable et la plus terrible des persécu¬
tions.
Ce que j’admire le plus dans ces mémoires d’un missionnaire qui
évangélisa l’Angleterre pendant dix-huit ans, avec une gloire et un
succès tel qu’il avait su conquérir même l’estime de ses ennemis les
plus acharnés ; ce que j’admire le plus, dis-je, c’est ce ton de bonhomie,
cet air de candeur et de vérité qui respire dans tout le récit de ce su¬
blime narrateur, et que le R. P. Forbes a su traduire avec une vérité et
un charme extraordinaires.
Les mémoires du P. Gérard forment le meilleur livre de lecture que
l’on puisse mettre entre les mains de la jeunesse. C'est un ouvrage
plein de moralité et d’enseignement, et c’est en même temps l’un des
romans les plus intéressants et les plus dramatiques que nous ayons
jamais lus. (D 9 après la Semaine Religieuse .)
HISTOIRE DTJN OUVRIER. — L'Internationale et la guerre de 1870-1871,
par Th. Desüouits, agrégé de rUhiversité; in-18 de 52 p. — Prix : 40 c.
Jean Pacolet, honnête garçon, plein d’esprit, de courage et de vrai
patriotisme, (parce qu’il est chrétien,) fait la leçon d’abord à ses ca¬
marades d’atelier que les émissaires de l'Internationale excitent à
faire une grève. Appelé par la guerre sous le drapeau, il répond avec
autant d’aplomb que de bonheur à toutes les sottises, à toutes les
récriminations des autres variétés de coquins et d’idiots qui crient
contre les nobles, les curés, etc. ; enfin il revient au pays, où il épouse
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Z.
— 55 —
la fille de son ancien contre-maître et continue à confondre par son
bon sens les orateurs de l'Internationale. — On voit que c’est un
excellent livre à propager. (D’après la Bibliographie catholique .)
LA FRANCE SANS DIEU, par M. F.-M. ; in-24 de 34 p.
Bon petit livre de propagande, dont ce mot : « le mal appelle le
malheur, » est la conclusion, et qui, par conséquent, démontre que la
France ne recouvrera la prospérité qu'en renonçant au mal, aux péchés
qui l'ont perdue. v
NEU3LLY SOUS LA COMMUNE, épisodes intéressants recuillis par les
professeurs de Sainte-Croix, témoins occulaires; in-12 de 184 p. — Prix :
150 c.
Le mot intéressant , qui se trouve dans le titre de ce volume, n'est
pas un mot trompeur; au contraire. Nous n'ayons rien lu de plus
intéressant, en effet, et de plus émouvant parfois, que ces épisodes
recueillis par les dévoués professeurs de Sainte-Croix : ce sont des
tableaux vivants, des récits dramatiques, et c'est la peinture d’admi¬
rables vertus, de traits magnifiques de dévouement, de courage, avec
ces ombres horribles de communards aux figures ignobles, à la con¬
duite grossière et immonde, au langage plus immonde encore; et tout
cela est de l'histoire, c'est de l'histoire d'hier, cela peut devenir Phis-
toire de demain! Le livre se vend au profit des pauvres de Neuilly :
bonne œuvre ajoutée à un travail véritablement beau dans sa simpli¬
cité ; nous recommandons les deux à la fois.
ENTRETIENS THÉOLOGIQUES sur les grandes questions du jour: Concile,
Infaillibilité, traité complet, par le R. P. Marie-Antoine, missionnaire ca¬
pucin; in-12 de 430 p.— Prix :
Ce livre, quoique publié pendant le concile et avant la définition de
l'infaillibilité pontificale, n'a rien perdu de son opportunité et de son
utilité. En même temps qu'il atteste, selon l'expression d'une approba¬
tion, la grande facilité de l'auteur à traiter les questions les plus
ardues de la théologie avec pécision et clarté, il est très - propre à
atteindre le but qu'il s'est proposé, savoir, d'éclairer les fidèles et de
leur apprendre ce qu'ils doivent croire au sujet des questions si impor¬
tantes qui ont été agitées dans ces derniers temps et qui s'agitent
encore. Le traité est sous forme d'entretiens entre un théologien et un
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— 66 —
simple fidèle. lise divise en deux grandes parties : le Concile, l’Infailli¬
bilité. Dans la première, l'auteur expose l'importance du Concile et sa
mission, l'action des évêques, et la conduite qu’ont à tenir les fidèles :
dans la seconde, après avoir combattu le gallicanisme et montré ce
qu’il faut entendre par l'ultramontanisme, il étudie la question de l’in¬
faillibilité au point de vue du bon sens, de l'opportunité et de l’histoire,
et montre, dans un fort bel entretien, les rapports entre l'infaillibilité et
Tlmmaculée Conception. Le tout se termine par un appendice très-
intéressant, dans lequel on trouve de larges citations, quelques mots
sur le P. Hyacinthe, des notions claires et précises sur le hiérarchie de
l’Eglise, etc. L’ensemble offre un grand intérêt; les situations, les
notes, les détails sont de nature à servir grandement à l'histoire du
Concile, et l’on rencontre souvent des considérations très-élevées qui
sortent du domaine de la théologie ordinaire. Nous le répétons, le livre
du R. P. Marie-Antoine n’a rien perdu de son opportunité et de son
utilité.
[Pour les trois ouvrages ci-dessus , d'après les Annales Catholiques .)
MODELES DE CHARITÉ ou VIE DE MADAME DE MÉJANES, par
l'auteur de la Piété rend heureux . i 4 vol. in- 18 de 71 pages, 1868.— Prix : 30 c.
Jeune fille, Victoire Tailleur (plus tard madame de Méjanès), était
déjà un modèle de charité. Femme et privée du bonheur d’être mère,
elle se regarda comme une économe chargée par la Providence d'admi¬
nistrer sa fortune au profit des indigents. Elle eut la consolation de
voir son mari, dont elle avait obtenu la conversion, s'associer active¬
ment à ses bonnes œuvres.
Devenue veuve, elle fonda, au sortir de la tourmente révolutionnaire,
une congrégation destinée à fournir des institutrices aux enfants
pauvres. Et enfin, lorsque les temps le permirent, elle érigea en véri¬
table institut religieux cette congrégation naissante, dont elle fut la
fondatrice et la supérieure; et elle mourut en 1837,après trente années
de vie religieuse. Sa congrégation, dite de Sainte-Chrétienne, dirigeait
alors vingt et une maisons, dans les diocèses de Metz, de Reims et de
Châlons. Cette petite biographie, très-abrégée, conviendra surtout aux
femmes et aux jeunes filles pieuses.
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— 57 —
MAITRE MICHEL LE NOBLETZ, par M. Edouard Perdrigeox dû Vermier,
avocat, auteur de la Vie du P. Mannoir. i vol. iu-12 de 267 pages.— Prix :
1 fr. 50.
Dom Michel le Nobletz, qui ne voulut jamais recevoir d'autre titr e
que celui de Maître Michel donn i C&n s son pays aux pauvres prêtre des
campagnes, fut l'un des régénérateurs de la Basse-Bretagne où ré-
gnahnt de son temps (1577-1652) des mœurs corrompues et presque
barbares. L'exemple de ses vertus, le zèle de son apostolat, l’éloquence
de sa parole, renouvelèrent ces contrées, qui se ressentent encore
de ses bienfaits spirituels.
L’histoire de Maître Michel a été écrite par le P. Verjus, de la Com
pagnie de Jésus. C’est cet ancien ouvrage que M. Perdrigeon du Ver¬
nier a employé, et souvent reproduit textuellement. Il s’est acquitté de
sa tâche avec un très-grand et très-louable esprit de foi. Le récit des
missions de Maître Michel est fort attachant, et ne peut produire
«
qu’une impression très-salutaire.
LE CHOIX D'UN ÉTAT, ou boussole de la vie en exemples. Récils et
souvenirs recueillis et offerts à la jeunesse, par Louis Desormes. \ vol. iu-8,
215 pages, 1869. — Prix 3 fr.
Recueil de récits assez courts, et tendant tous à un but dont chacun
comprendra l’utilité : montrer qu’il n’y a pas de bonheur pour nous e ;
dehors de notre vraie vocation; faire ressortir combien il est important
de céder à l’impulsion donnée par Dieu, et faire connaître les moyens
détournés qu’il emploie quelquefois pour nous indiquer le chemin que
nous devons suivre.
Un certain nombre de traits sont relatifs à des vocations religieuses.
Bons conseils, beaux exemples : telle est la substance de ce livre spé¬
cialement destiné à la jeunesse.
(Pour les ouvrages précédents , d'après le Bulletin des publications
populaires.)
LE JOUR DU SEIGNEUR, par Ernest Hello. Paris, 1872. In-12 de vin-
70 pages. — Prix : 50 c.
M. Hello vient montrer l’utilité et la nécessité individuelle, sociale
et religieuse du repos dominical et de la sanctification du dimanche,
« l’ange gardien de la semaine, » comme il appelle le saint jour. L’état
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— 58 —
actuel de la France, les malheurs qu'elle vient de traverser, ceux qui la
menacent encore, ce sentiment profond de la conscience publique, que
nous devons nons convertir si nous voulons nous relever, montrent
assez la justesse et l'opportunité des idées dontM. Hello se fait le
défenseur. Bon petit livre à lire et à propager.
(D'après les Annales catholiques ;)
DIEU ET L'ESPRIT HUMAIN, ou l'existence de Dieu devant le bon
sens, la philosophie et les sciences aux différentes époques de l'histoire;
conférences de Sainte-Geneviève (1868-1869), par M. l'abbé Fedet, cha¬
pelain de Sainte-Geneviève, chanoine honoraire d'Évrcux, docteur en
théologie. 1 vol. in-12. — Prix : 3 fr. 50.
Le livre que nous annonçons aujourd’hui à nos lecteurs se recom¬
mande assez de lui-même. Il traite du sujet le plus important et aussi le
plus actuel : l'existence de Dieu . Le propre intérêt de l'homme le con¬
duit à rechercher ce qu'il est lui-même, quelle est son origine et quelle
sera sa fin. Or, ces trois questions supposent celle qui a pour objet la
cause première. Les païens même l’ont dit : Tout tient à Jupiter; il est
premier et dernier . M. l'abbé Feret a eu raison de nous rappeler que
tout ce que nous sommes ou que nous pouvons être, part de ce point
unique et y revient. Est-il nécessaire de dire qu’à notre époque cette
grande question est plus que jamais à l’ordre du jour, et que l'audace des
négations appelle des démonstrations de plus en plus convaincantes?
Ces démonstrations, le savant auteur les présente dans toute leur
autorité. L'histoire de l’idée de Dieu n’est pas négligée. Les spéculations
des philosophes tant anciens que modernes sont analysées avec précision.
Mais M. l'abbé Feret se contente partout, et nous l'en félicitons, de
marquer les points capitaux des opinions. A quoi bon en effet disserter
longuement sur le détail des systèmes perdus dans la nuit des temps? Si
nous n'entendons point la pensée de Pÿthagore après des elforts suffi¬
sants, laissons Pÿthagore et étudions la chose en elle-même. C’est ce
qu'a fait notre hauteur, et après avoir présenté la réduction des sys¬
tèmes les plus célèbres, il les a vérifiés par l’étude même des choses.
L'ouvrage est partagé tout naturellement en deux grandes divisions :
l'existence de Dieu prouvée par les arguments ontologiques, et l'exis¬
tence de Dieu prouvée par l*argument des causes finales; c’est tout le
livre. La partie métaphysique de l’ouvrage est soigneusement traitée, et
on y trouvera des développements dignes d'attention. Mais le principal
effort de l’auteur nous parait s’âtre porté sur les preuves ©osmologiques.
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C’ctait justice. Le matérialisme concentre ses coups sur ce point. Il y
met un acharnement et une souplesse extraordinaire. M. l’abbé Feret a
suivi l’adversaire sur le terrain qu’il s’est choisi, et il le combat avec ses
propres armes. La science lui fournit des réponses péremptoires, la
science représentée par les plus grands noms et les plus sérieuses expé¬
riences. C’est une curieuse lecture que celle de la seconde partie du
livre de M. Feret. La nature, mise en demeure de se prononcer sur son
créateur, répond avec un admirable concert. Le travail de M. Feret, s’il
n’est pas neuf dans la conception première, est complètement original
dans l’exécution. Nulle part, à notre avis, on ne rencontrera une plus
grande abondance de faits mieux choisis, et, nous le disons avec assu¬
rance, plus minutieusement contrôlés.
Un mot sur la forme du livre. Il est composé des conférences qui ont
été prêchées par l’auteur à la jeunesse des écoles dans l’église de Sainte-
Geneviève. On ne se plaindra pas que l’écrivain n’ait pas remanié l'œuvre
de l’orateur. Le discours a conservé sans doute quelque chose de vif et
de pénétrant que lui aurait enlevé la forme didactique du traité. Réunies
en volume, les conférences sur l’existence de Dieu n’auront pas un
moindre succès que celui qu’elles ont obtenu auprès de l’intelligent et
sympathique auditoire de Sainte-Geneviève).
(D*après la Semaine catholique de Lyon,)
DE LA FALSIFICATION DES SUBSTANCES SACRAMENTELLES,
par le R. P. Rocard de Cabd. Paris, brochure in-8 de 92 pages. Prix : 1 fr.
La farine et surtout les pains d’autel tout fabriqués, exigent de nos
jours de grandes et sérieuses précautions de la part des prêtres, qui
savent qu’il est absolument défendu de faire usage,pour le saint sacrifice,
d’une matière douteuse.
U y a tant de faits qui établissent la falsification ordinaire, habituelle
et presque universelle des farines, qu’on ne peut plus en faire usage
pour le saint sacrifice qu’après un mur examen, une analyse sérieuse et
éclairée.
Le plus sûr serait de moudre à part et soi-même le blé nécessaire a
la fabrication des hosties, ce qui est facile avec un moulin à café ou à
poivre : un tamis de soie,muni dessus et dessous d’un couvercle en peau,
suffit pour séparer la fleur du son.
Mais en attendant qu’on revienne aux soins minutieux mais conve¬
nables de nos pères, il est urgent qu’un prêtre puisse s’assurer de la
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— 60 —
validité et même delà licéité des matières qu’il emploie. L’ouvrage que
nous annonçons est excellent pour cela.
On trouve aussi tout ce qui concerne les falsifications du vin, de
l’huile et de l’encens.
L’auteur donne, avec détail, l’indication des meilleures expériences
à faire.
Nous reviendrons sur cette brochure, que tous les prêtres liront avec
fruit et plaisir.
BOMBONNEL, LE TUEUR DE PANTHÈRES, ses chasses écrites par
lui-même, i vol. in-12, avec gravures; 2* édition. Prit : 2fr.
Bombonnel a la spécialité de la panthère, comme Jules Gérard a
celle du lion.
M. Bombonnel s’est proposé surtout, en publiant ses chasses
d’instruire les chasseurs et de leur offrir le secours de sa vieille expé¬
rience. Pour le public européen, ce but serait peu pratique. Mais il
reste l’intérêt qui s’attache à des scènes de danger et de courage,
racontées avec un accent de sincérité par leur héros.
En outre, quoiqu’il avoue en un endroit qu’il [n’est pas - dévot, *
notre chasseur laisse plus d’une fois échapper des mouvements louables.
Comme la plupart de ceux qui se sont trouvés en présence de vrais
dangers, il sent qu’il y a au-dessus de lui une puissance providentielle,
il reconnaît que le courage et l’habileté ne surmontent pas tout à eux
tout seuls. Dans plus d’un instant où il se voit en face de la mort, il
n’est nullement fâché de penser que sa pieuse femme fait dire des
messes pour lui. Et, le danger conjuré, il ne fait point de façons pour
assister à la messe d’action de grâces.
Nous regrettons que quelques détails d’histoire naturelle, un peu
trop crûs, ne permettent pas de donner ce livre aux tout jeunes gens.
Cette livraison était sous presse quand nous recevons d’un de nos
honorables agrégés le compte rendu suivant, que nous plaçons ici, afin
de ne pas reculer d’un mois l’annonce d’un ouvrage que nos lecteurs
seront heureux de connaître et qu’ils s’empresseront sans doute de se
procurer.
PAUL SE1GNERET, séminariste de Saint-S ulpice, fusillé à Belleville. No¬
tice rédigée d'après ses lettres, par un directeur du séminaire Saint-Sulpice.
In-i8 jésus de 303 pages. — Prix : 3 fr.
Au lendemain de la Commune, alors que le nom des victimes de la
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— 61 —
Roquette et de la rue Haxo était dans toutes les bouches, les journaux
catholiques exprimèrent le regret de ne pas connaître davantage la vie
du jeune séminariste que Dieu avait distingué parmi ses frères et
associé, dans l'honneur du martyre, aux membres le3 plus éminents du
clergé de Paris. U leur semblait difficile d’admettre qu'une telle mort
ne fût pas la récompense d'une belle vie, et que cette joie de souffrir, si
apparente dès son entrée dans la prison, ne fût pas l’expression spon¬
tanée d'une âme préparée depuis longtemps à se dévouer jusqu'à la
mort. Tous, instruits par l'expérience de la vie, comprenaient qu’une
simplicité si héroïque, un pareil calme, un bonheur si expansif devant
la mort, étaient d'une âme peu commune, et ils souhaitaient dès lors
que cette âme fût révélée au monde et plus connue de tous, si on ne
pouvait la connaître comme Dieu qui la jugea digne de lui.
Ce souhait est enfin réalisé : désormais Paul Seigneret peut être vu
sous son vrai jour dans la notice rédigée, d'après ses lettres, par un
directeur de séminaire, et nous sommes heureux d’annoncer que ce
modeste titre cache un livre du plus touchant intérêt, dont la lecture
ne laisse qu’un regret, celui de s'achever trop vite, tant il y aurait de
plaisir à surpendre plus longtemps les charmantes révélations de ce
jeune homme, et à voyager en pareille compagnie dans un monde si
beau de pensées et de sentiments.
Rien, en effet, de plus agréable que ce récit, qui ne comprend guère
que quelques années, mais nous fait voir dans toute sa beauté une
âme admirablement douée, une noble intelligence, un grand cœur
sympathique à toutes les idées généreuses, et sait nous la montrer
s'élevant par un constant travail à une connaissance plus vraie de ces
pensées et s’appliquant à la poursuite plus ardente de celles qui lui
semblaient plus dignes de toute son affection, jusqu’au jour où cette
âme si généreuse et si pure, détachée de la terre, aspire avec bonheur à
contempler près de Dieu ces idées qui furent la consolation de toute sa
vie, et chante, à la pensée du martyre, le Te Deum, ce cantique de la joie
et de la victoire.
On se plaint quelquefois de ne savoir quels livres donner aux jeunes
gens vivant dans le monde, et quel modèle leur proposer; et il faut
avouer que leur susceptibilité au sujet de certaines idées, ou leur
sévérité pour ce qui n’est pas irréprochable dans sa forme, rend
parfois le choix bien difficile : on né trouve que peu de chose à offrir
à cette classe de la société si avide de tout ce qui est nouveau, si dé¬
daigneuse de tout ce qui n’est pas beau : on redoute de présenter d’ex-
cellents livres qui ont le malheur d etre de bons livres écrits pour ^édifi¬
cation plus encore que pour le plaisir du lecteur, et faits trop visiblement
pour exciter les fidèles à la piété ; mais tel n'est pas le livre dont nous
parlons ; ici, point de préceptes, le conseil n'est même jamais donné,
il serait superflu, tant l’exemple est offert avec candeur, noblesse et
ingénuité. Paul Seigneret parle, raconte, décrit des scènes char¬
mantes et quelquefois poétiques, et l'aspiration au bien, au vrai, au
beau est si naturelle en lui, le sentiment du devoir y paraît si vif, que
malgré soi on sent qu’on doit agir comme lui, et qu’on rougit aussi
malgré soi, si l’on n'est pas assez fort pour l’imiter.
Cet élève du séminaire fut d’ailleurs, et pendant longtemps, un
enfant de l’Université : jusqu'à ses derniers jours, il en a conservé
dans ses pensées la forte empreinte, comme il en avait dans son style
gardé toutes les traditions, et par là il reste vraiment l’ami de tous
les jeunes gens; avec lui, on vit en pays de connaissance, et s’il nous
fait passer dans un monde supérieur, il y met tant de grâce et sait si
bien égayer la route que nul ne saurait se plaindre de l’avoir suivL
Avant d’entrer chez les Bénédictins de Solesmes pour y donner cours
à ses goûts d’étude et de piété, il avait, en effet, aimé ce que nous
avions aimé, il avait admiré ce que nous avions admiré; et plus tard
encore, au milieu de ses chères études d’Écriture sainte et de théo¬
logie, quand on touchait cette corde sensible des souvenirs d’au¬
trefois et des joies goûtées au collège à la lecture des grands auteurs
ou sous la brillante improvisation d’un professeur aimé, Paul Sei¬
gneret se transfigurait soudainement, la jolie rayonnait dans tous ses
traits, sa voix s’animait, et c’était une fête, mais une vraie fête, où
Platon, Virgile, Sophocle, les classiques surtout, et aussi un peu ceux
qui le deviendront, semblaient revivre tour à tour ët nous rendre
joyeux. Platon surtout ravissait Paul Seigneret ; il l’avait lu, relu avec
amour, j’oserais dire avec passion, durant ses premières vacances d’Issy,
et ce n’était jamais sans enthousiasme qu’il en parlait, tant il éprouvait
une sympathie naturelle et profonde pour la pensée, la forme et l’ima¬
gination de ce grand philosophe.
Ce n’était pas là, on en conviendra sans peine, le vulgaire plaisir
d’une intelligence ordinaire ou le seul effet d’une ardente imagination ;
mais en lui il y avait une telle passion pour ces grandes et belles
idées éternelles qu’il s’y donnait tout entier, y consacrant le jour
et la nuit, lorsqu’il les voyait approfondies et discutées par un
auteur qui lui plaisait.
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— €3 —
Il y aurait encore bien d'autres côtés de la vie de M. Seigneret
qu'on pourrait mettre en lumière et qui le rendraient fort sympathique
aux jeunes gens ; mais je me garderai bien de m’y arrêter, car on
pourrait croire que ce livre leur est uniquement adressé, alors que
pour tous, petits et grands, parents et enfants, sa lecture doit offrir
plus d'un charme et plus dun profit, en nous rappelant, et par ses
paroles et par ses exemples, à un sursum corda perpétuel; et à un
choix digne de nos destinées éternelles; par une constante abnégation
de lui-même pour le plaisir des autres et la gloire de Dieu.
Je voudrais d'ailleurs pouvoir en dire davantage sur ce cher martyr,
sur cette aimable victime que le séminaire de Saint-Sulpice eut la
gloire d'offrir à Dieu au moment du sacrifice, mais il est un terme aux
meilleures choses, dit-on ; et je dois m'en souvenir en ce moment,
pour renvoyer les familles chrétiennes avides de détails plus intimes
et plus intéressants au livre si plein et si sage que l'on vient de publier.
Vraiment le portrait est achevé; plusieurs pourront désirer des cou¬
leurs plus vives, des effets de lumière plus prononcés, plus d'art en un
mot, ou plus de brillant ; mais non, c'eût été défigurer, je crois, le ca¬
ractère de la vie si humble et si simple de Paul Seigneret. Aussi
l’auteur, par une suprême convenance, a-t-il mis toutes choses en har¬
monie : le récit est sobre, calme, naturel; mais on sent, à chaque
instant, que le maître qui a tracé ces pages, a bien connu ce jeune
homme, et qui plus est, l'a tendrement aimé. E. L.
i
BULLETIN SOMMAIRE
DES
. PUBLICATIONS RÉCENTES
Amitié (1*). 1 vol.J in-12. Prix : 2 fr. 50
Année scientifique et industrielle, ou
exposé annuel des travaux scientifiques,
par M. L. Figuier. 15 e année 1870-1871,
m-18jésus, 367 pages. Prix : 3 fr. 50 c.
Annuaire de la noblesse de France et
des maisons souveraines de l’Europe, pu¬
blié par M. Borel d’Hauterives. 28* année
1871-1872, 1 vol. in-12 de 462 pages, et
4 planches, 5 fr. Prix : 8 francs, avec
planches coloriées.
Cavalerie légère (la), par le colonel-
baron Daru. Prix : 1 fr.
CÉSARISME DANS L’ANTIQUITÉ (du) «t
dans les temps modernes, par M. Coquille,
2 vol. in-12. Prix : 7 ftp.
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Conférences parisiennes, par Ernest
Legcuvé, ud vol. in-18. Prix : 3 fr.
Cuisine de carême (la), et des jours
d’abstinence, 300 recettes en maigre, par
M. de Latrcille. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr.
Darwinisme (le), par Emile Ferrière, tin
voi. in-18 jcsus, 458 pages. Prix: 4 fr. 50
Diplomates français (les) sous Napo¬
léon III. par B. d’Agreval, un vol. in-18.
Prix : 2 fr.
Espion prussien (P), roman anglais, par
Valmont, un vol. in-12,288 p. Prix : 3 fr. 50
Etude sur l'application h la France de
l'organisation milituiro de l'Allemagne, par
M. tk>rbin, in-8° avec une carte. Prix î 3 fr.
Examen de conscience des femmes
honnêtes de France, in-18 jésus. Prix : 1 fr.
Forêt vierge (la),le désert, par G. Ai-
mard, un vol. in-18, 327 pages. Prix : 3 fr.
France ecclésiastique (la), almanach
du clergé pour les années 1871-1872, un vol.
in-18. Prix : 4 fr.
Gisèle, comtesse de l’Empire, paf
Marlitt traduit de l'allemand, 2 vol. in-18.
Prix î 6fr.
Grandeurs et malheurs de la
France, annoncés par une prophétie ré¬
moise du V e siècle, recueil de 35 prophé¬
ties interprétées dont onze inédites, par
Victor C. de Stonay, un vol. in-18 de
202 pages. 2 fr. 25
Habitation du désert (P), par le ca¬
pitaine Mnync-Reid. traduit de l'anglais.
Prix : 2 fr.
Histoire du règne de Louis XIV, ré¬
cits et tableaux par C. Gaillardin, 1 e partie :
la France sous Mazarin, 2 vol. in-8. Prix :
12 fr.
Histoire du plébiscite, racontée par
un dos 7,500,000 oui, par Érckmann-Cha-
trian, un vol. in-18. Prix: 3 fr.
Isabelle de France, et la cour de
S. Louis, par Mme de la Richardays, un
vol. in-18. 303 pages. Prix; 2 fr.
Jésus-Christ dans le plan divin do
la création, par l'abbé Pin, un vol. in-12
de 480 pages. Prix î 3 fr. 50
Le dernier des Napoléons, un vol.
in- 8\ Prix : 4 fr.
Marine au siège de Paris (la), par
La Roncière le Noury, ouvrage accom¬
pagné d’un atlas contenant 10 grandes
cartes et plans des travaux français et alle¬
mands, un vol. in-8°. Prix : 10 fr.
Monseigneur Darbot ; esquisses fami¬
lières, par A. Pierron, un vol. in-12. Prix :
1 fr. 50
Nationalités mubicales (les) étudiées
dans le drame lyrique par G. Bertrand, un
vol. in-12 aveo 384 pages. Prix : 3 fr. 50
Paris et les Allemands, journal d’un
témoin, juillet 1870 à février 1871, par
A. Dumesnil, 1 vol. in-12 de 353 pages.
Prix : 3 f r . 50
Paris et Londres en 1793, par Ch. Dic¬
kens, traduit par Mme Loreau,un vol.in-12,
352 pages. Prix : 1 fr. 25
Paris pendant le siège et les 65 jours
de la Commune, par A. J, Dalrème, un
vol. in-18, 420 pages. Prix : 3 fr.
Paul Seigneret, fusillé à Belleville;
notice rédigée par un directeur du sémi¬
naire de Saint* Sulpice, un vol. in-18,
303 pages. Prix : 3 fr.
Principe d’autorité (du) et de son ré¬
tablissement en France, par Grimaud de
Gaux, 3 e édition, revue et augmentée, in-8°
de 32 pages. Prix : 1 fr.
Quelques mots sur l’instruction
primaire en Prusse, par Mgr l’évêque
d’Orléans, in-8*. Prix : 1 fr.
Rapports sur les opérations du
2 e corps de l’armée du Rhin avec 2 cartes,
I e partie, depuis la déolaration de guerre
jusqu'au blocus de Metz, par le général
Frossard, in-8°. Prix: 4 fr.
Service obligatoire (le) et l’inscrip-
tion maritime, réponse à M. Thiers par le
Vte Hocquart, ex-capitaine do frégate.
in-8°.
Traité pratique des empêchements
ET DES DISPENSES DE MARIAGE , par
l’abbéBrillaud,chanoine de Moulin», un vol.
in-8* de 400 pages. Prix î 4 fr. 60
Vrai coupable (le) et ses victimes, par
M. l’abbé OdonDignat, un des otages de la
Commune, in-18 do 138 pages. Prix :
1 fr. 50
Le Gérant , F. WATTEL1ER.
TiLP.TS. — IMPRIMERIE ADRIEN lk clere, rue cassette, 29.
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Tome VII. — H. 3.
Man 1893.
REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
A MOB RESPECTABLES AGRÉGÉS.
A une époque où la probité est un phénomène, il est étrange
d'avoir à se défendre contre un excès de délicatesse. C’est
cependant le cas où nous nous trouvons dans nos relations avec
vous, respectables agrégés, qui avez gardé, dans toute son exquise
pureté, cette loyauté tellement propre au caractère français que la
langue l’avait constaté, en mettant au dictionnaire franchise ,
comme synonyme de parfaite sincérité.
Nous allons donc entrer franchement en explications sur un cas
qui se trouve souvent posé dans notre correspondance.
Les agrégés peuvent-ils nous charger d’acheter des livres pour
leurs amis ou parents qui ne. sont pas agrégés eux-mêmes, en
nous spécifiant que ces demandes, faites pour autrui, n’ont pas
droit aux remises spéciales qui sont le privilège des agrégés?
Nous répondons très-clairement : OUI; et voici l’explication
de notre réponse.
Indépendamment de notre titre et de nos fonctions d’adminis¬
trateur de la Société, nous avons le titre et les droits de tout
libraire.
Nous pouvons donc faire,comme tous nos confrères,la commis¬
sion de librairie dans les conditions ordinaires.
D’un autre côté, cela tourne à l’avantage de l’œuvre : car ces
commissions de librairie sont naturellement productives, et les
bénéfices nous aideraient à donner du développement à nos
publications.
Ce que les statuts défendent, c’est d’acheter pour les autres
avec les avantages réservés aux seuls agrégés : cela n’est permis
que pour donner en cadeau; mais on ne doit pas recéder ùd’autre
au prix fixé pour les agrégés.
Toutefois il y a encore & ceci une restriction, pour les ouvrages
t. vu. 8
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— 66 —
de propagande : il est certain que pour ceux-là l’esprit de l’œuvre
est qu'on ne les recède pas non plus à d’autres personnes ; ils
doivent être donnés.
Hais on peut utilement les donner à des petits marchands ou
colporteurs,qui les revendront à leur profit, à très-bas prix, puis¬
qu’ils les auront eus pour rien. Cela vaut souvent mieux que le
don direct; car c’est un fait reconnu, on lit peu ou avec défiance
ce qui est donné , mais on accueille volontiers ce qui est offert à
bon marché, Nesuanemis le savent et iis mettent en pratique
cette théorie depuis longtemps; les sociétés bibliques ne font pas
autre chose, sauf quelques exceptions exigées par les cir¬
constances.
En résumé, pour les ouvrages de propagande, on doit les
donner, mais’il serait souvent mieux de les foire passer par les
mains de colporteurs que de les donner soi-même directement.
Pour les personnes non agrégées, non-seulement on pent nous
charger de toute espèce de livres, mais encore c'est rendre service
à l’œuvre que d’engager ces personnes à s'adresser à nous de
préférence et leur servir au besoin d’intermédiaire. Par là on leur
épargne les frais de correspondance et on allège les frais de port
en les partageant avee eux; car quelques kilogrammes de plus
ajoutés au poids d’un ballot n’augmentent guère le prix do port;
de ce côté il y aurait donc économie pour nos respectables
agüégés, 4 combiner leurs demandes avec celles de leurs amis ou
voisins, auxquels ils rendraient service, tout en contribuant att
développement de notre œuvre.
PRE* 1ÈRE PARTIE
OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS QU DOKT MOUS AVONS ACCEPTÉ
LA RRÛPAGATION .SPÉCULE.
LE LIBÉRALISME, LA rBANC-MAÇONNEBIE ET L’ÉGLISE
CATHOLIQUE, par le chanoine Labis, professeur de (hëologie; 1 vol.
fa-** de 3t(3 p. — Prix: 3 fr.-; pour nos agrégés, 1 ïr. 7&~,*0exemplaires,
1$ francs.
.Nous sommes heureux de voir que la presse en France commence à
s’occuper de faine connaître cet important ouvrage, dont nous avons
été les premiers à parler».dans la première livraison de notre Revue qui
a paru après les tristes jours de la Commune.
Nos agrégés ont enlevé tout ce qu’il y avait d’exemplaires à notre
disposition. Nous venons de traiter de nouveau pour être à même de
livrer encore» au prix excessivement avantageux qu'on vient de lire, ce
beau volume» dont le prix fort est loin d’être exagéré. Grâce au désin¬
téressement du respectable auteur, nous pouvons, malgré les frais de
port si considérables pour ce qui vient de la Belgique, arriver è donner
*pour 1 fr. 75 un volume de 363 pages grand in-8» sur très-beau papier.
Nous ne saurions trop engager à répandre cet ouvrage, qui combat,
avec l’autorité d’ua enseignement approuvé , 4’indifîérence de tant de
catbpliques pour les questions de la crise actuelle, une des plus graves
que l'Éjglise ait subies.
On sait que deux évêques éminents de la Belgique, et ce qui est bien
plus le Saint-Père lui-même» ont envoyé à l’auteur des témoignages de
reconnaissance pour le service rendu à l’Église pour cette publication.
Le Saint-Père a pris la peine, dans son bref à l’auteur, d’exposer lui-
même tout au long île plan de l’ouvrage, en le Jouant dans les termes
les plus flatteurs.
Voici l’article que nous lisons dans Je numéro du 16 mars des
Annales Catholiques dirigées, comme on Je sait, par un des écrivains
catholiques Jes plus estimés, JH. J. Chantrel :
« Cet ouvrage deM. le chanoine Labis, professeur de théologie au sé¬
minaire de Tournai, se recommande à l'attention et à J’étude de tous les
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— 68 —
esprits droits et amis de la vérité ; écrit et publié avant les événements
de 1870 et de 1871, il en a reçu une telle confirmation, qu’il en acquiert
une plus grande autorité, en montrant la justesse des vues de 1 au»
teur et la rigoureuse logique qui fait sortir les conséquences des prin¬
cipes.
M. l’abbé Labis s’adresse plus spécialement à ces libéraux honnêtes
et par conséquent dupes qui ne s’aperçoivent pas qu’ils sont les
instruments d'un pouvoir occulte travaillant à la ruine de la religion et
de la société. — Le savant professeur de théologie dévoile l’organisa¬
tion de ce pouvoir occulte et lui arrache son masque. Il montre que la
franc-maçonnerie, qui fait sentir partout son action et son influence,
est « la tête du libéralisme en Europe » ; il ne se contente pas d’affir¬
mer, il prouve et de la façon la plus concluante, en rappelant, par
exemple, les aveux des organes les plus autorisés de la secte maçon¬
nique, du F* Ragon, appelé l 'auteur sacré; du F* .Grisar, qui disait,
en 1845 : « Le libéralisme sera nous, nous serons sa pensée, son âme,
sa vie, nous serons lui, enfin!; » du F* Yerhaegen, qui s’écriait en
1848: - Nous avons atteint notre but; je dis [notre but, car si l’opi¬
nion libérale a triomphé en Belgique, c’est à la maçonnerie qu’elle doit
ce triomphe. » N’est-il pas clair, d’après cela, que le libéralisme n’est
autre chose que le maçonnisme, dont il reçoit l'impulsion ! -r- Après
avoir établi ce premier point, l’auteur s’attache à éclairer ceux des
libéraux qui se laissent mener sans le savoir. Pour cela il expose les
doctrines impies et immorales professées par la franc-maçonnerie. Il
montre cette secte puissante se servant de tous les moyens pour ino¬
culer ses principes délétères à l’enfance, à l’adolescence, à l’homme, à
la femme, à la classe ouvrière et à la classe bourgeoise. La conclusion
est facile à tirer de ces enseignements. C’est, dit l’auteur, le devoir de
tout honnête homme, à plus forte raison de tout chrétien, non-seulement
de ne pas prêter concours et appui à cette ennemie formidable, même
sous la dénomination de libéralisme, mais de la démasquer et de la
combattre de toutes ses forcés. » En regard de celte immense conjura¬
tion, l’auteur expose les droits imprescriptibles dè l’Église catholique.
Il montre ces droits chaque jour niés, attaqués et violés par le pou¬
voir civil et le parti soi-disant libéral. Puis il ajoute : « Vous devez
convenir une seconde fois que vous né pouvez pas vous faire les sup¬
pôts ou les complices de ce parti, sans renier votre christianisme ; vous
devez reconnaître que, si l’Église ne fait que remplir une mission divine,
c’est notre devoir, c’est le devoir de tout homme de l’écouter et de lui
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— 69 —
obéir. — Le peu que nous avons dit du livre de M. le chanoine Labis
en indique l'importance ; si Ton pouvait encore y voir quelque exagéra¬
tion en 1869, est-il possible que les événements accomplis depuis
n’aient pas ouvert les yeux? Ce livre, lu à la lumière des faits, doit
porter la conviction dans les esprits ; notre désir est qu’il soit lu, parce
que nous ne pensons pas qu’on puisse le lire sans en tirer les plus
grands fruits.
TRAITÉ PRATIQUE DES EMPÊCHEMENTS ET DES DISPENSES
DE MARIAGE, par M. l’abbé P.-J. Brillàud, docteur en théologie,
chanoine honoraire de Moulins, curé-doyen de Saint-Germain-des-Fossés,
. ancien secrétaire général de l'évêché de Moulins. Ouvrage dédié à
Mgr de Dreux-Brézé, évêque de Moulins, et revêtu de son approbation ; i vol.
in-8°de 400 p. — Prix: 4 fr. 50; net pour nos agrégés, 2 fr.75.
Cet ouvrage, rédigé en français et de façon à rendre simples et
familières les questions si complexes qui concernent les dispenses de
mariage, est divisé en trois parties :
La première contient un résumé des empêchements ;
La deuxième traite spécialement des dispenses ;
La troisième renferme quelques autres questions relatives au mariage
et des formules.
Deux tables très-développées terminent le livre* Du reste, un coup
d œil jeté sur la table des matières par chapitres fera aisément com¬
prendre quels services cet ouvrage peut rendre au clergé.
Dans la première partie l’auteur, après avoir vu la question en général,
traite des empêchements prohibants, — du défaut des publications de
bans, — du défaut du consentement des parents.
Puis il parle des empêchements dirimants : — âge; — affinité;
— clandestinité.
Dans la deuxième partie, après les définitions et distinctions néces¬
saires, on trouve tout ce qui concerne ceux qui peuvent accorder des
dispenses : — le Pape; — le saint-office ; — la] congrégation du Con¬
cile; —la Daterie;—la Pénitencerie ; — les évêques; —empêchements
dont ils peuvent dispenser jure ordinario y en vertu du droit ou de la
coutume; — empêchements dont ils peuvent dispenser jure ordinario ,
en vertu du consentement présumé du Pape; — empêchements dont ils
peuvent dispenser, en vertu d’induits apostoliques; — leur pouvoir
relativement à l’exécution des dispenses apostoliques.
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— 70 —
Dans un appendice l'auteur a répondu à trois questions importantes;
— L’évêque peut-il subdéléguer tes pouvoirs qu’il 1 a de droit ordinaire
ou en vertu dé lettres apostoliques? — Le pouvoir de dispenser doit-il
être réputé favorable eu odieux? —• L’évêque pourrait-il encore dis¬
penser si déjà il y a eu recours à Rome ?
On passe ensuite à tout ce qui concerne le vicaire-général-; —
l’official ; — le vice-official ; — le vicaire-général capitulaire ;: — l’afi-
ficial capitulaire ; — le vice-official capitulaire ; — le confesseur sécu¬
lier, régulier; — le curé.
Le chapitre quatrième est consacré aux causes de la dispense ; et
les suivants, c’est-à-dire les chapitres de T à XIV, entrent dans tou»les
détails les plus précis'sur lai manière de demander le» dispense»;: — à
qui il appartient de les dèmander; — à quel supérieur on doit adresser
la supplique ;—la forme de cette supplique; les.frais différents qu’ëlle
peut entraîner; — la forme des dispenses et les principes d’interpré¬
tation des clauses qu’elles renferment dan» les cas si divers qni : se
présentent; les causes qui: peuvent vider la dispense et les régies-
générales et particulières de leur exécution;, tout est élucidé avau:
précision.
Enfin la troisième partie offre- toutes' les notion» désirables sua le
lieu où les publications de bans doivent être faite», dans les diueræs
circonstances ; — le domicile requis pour le mariage ; le choix du domi¬
cile^ si 1 le» partie» en ont plusieurs ; — le mariage secret on de cons¬
cience les mariages nnls à revalider sans dispense; avacmodèles de
toutes les formules des diverses suppliqnes nécessaires-
Un appendice donne les brefs et resorit* de la cour romaine et
quelques renseignements, formules; certifiqats, etc., utiles an cuné.
Voici l’approbation méritée par cet important ouvrage :.
M. Brillaud, curé de Saint-Germain-des-Fossés, ancien secrétaire
général de notre évêché, a soumis à notre examen un travail de s»
composition, intitulé : Traité pratique des empêchements et des.dispenses
du mariage. Le compte qui nous a été rendu de cet ouvrage par des
personnes qui nous inspirent toute confiance; nous permet de le pré¬
senter avec assurance-au clergé de notre diocèse. En. foi de quoi, nous»
avons délivré la présente approbation.
Mbulins, ce 28 décembre 1871, en la fête de saintÉtienne, premier
martyr.
Signé : Fobkhb,
Evôquc de Moulins.
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— 71 —
SAINT JOSEPH, PATRON DE L'EGLISE UNIVERSELLE. Consé¬
quences pratiques et opportunité de cette déclaration ; traduction des actes
du Saâxit-Siége dam lesquels aile est formulée. Brochure de 46 p. —
Prix: 40 c.; pour nas agrégés* 30 c.; 10 exemplaires, 2 fh 5% 100,32 fit.60*
D’après le suffrage de plusieurs personnes très-compétentes, nous
avons mis cette brochure parmi nos livres de propagande.
Comme elle a été imprimée à Versailles,c’est à lautoritédiocésaine
que nous devions demander Yimprimatur ; mais le sayant examina¬
teur a jugé que çet opuscule méritait mieux qu’un simple permis
d’imprimer, et voici en quels termes il l’a approuvé :
« J’ai examiné, par ordre de Mgr l’évêque de Versaillès, un manus¬
crit intitulé : Saint Joseph, patron de l'Église universelle , et je l’ai trouvé
éminemment pratique. L’auteur y démontre que l’acte pontifical, qui
déclare cet illustre Patriarche Protecteur de tous les chrétiens, répond
aux besoins de notre époque et apporte un remède efficace aux maux
qui désolent la société moderne.
« Versailles, 1 er mars 187L
« Bertrand, chanoine. »
Plusieurs journaux graves ont déjà parlé avec éloges de cette bro¬
chure, qui, tout en restant pieuse, s'élève à de hautes considérations
sur la crise sociale que nous traversons*
Ce n'est point du tout un livre de méditations ni de prières, mais,
comme le titre l’indique, c*èst l’explication de l'opportunité et du
bienfait de ce développement extraordinaire du culte de saint Joseph.
Voici comment l’auteur a disposé son travail : l b Profonde sagesse
de l’Église dans les développements des dogmes et des cultes.
2* Excellence de saint Joseph, appuyée sur l’Écriture sainte et la
Tradition. 3° L’honneur insigne du titre de patron de l'Église univers
selle prédît par de pieux auteurs, des siècles précédents. 4? Consér
quences du . patronage de saint Joseph : réhabilitation du principe
d’autorité; —réhabilitation du travail; — de la médiocrité et de là
pauvreté ; — de la famille.
La traduction des actes du Saint-SS^ge qui complète cette brochure
est d’autant plus utile que ceà actes sont généralement peu connus;
nous savons que plusieurs personnes au courant des publications
récentès les ont cherchés en vain pendant assez longtemps.
Pour donner une idée de la manière dont Fauteur envisage la
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— 72 —
question, nous citerons les considérations sur la réhabilitation de la
famille.
Quatrième conséquence du patronage du saint Joseph . — « Les pru¬
dents du siècle s’étonnent de la profondeur de l’abîme où nous sommes
tombés, et comme ils ignorent la vraie cause de la chute., ils sont
impuissants à nous en relever. L'Église connaît la source du mal et
elle indique le remède en nous excitant à prendre pour patron, c’est-
à-dire pour protecteur et modèle, le chef de la sainte Famille. Elle sait
que la société n’est qu’une réunion de familles et que l’ordre et la
paix au foyer domestique constituent la condition nécessaire de l’ordre
et de la paix publique.
« L'écrivain pervers qui a fait oublier aux sages de notre siècle la
doctrine essentielle de la chute de l'homme, en affirmant « qu’il n’y a
point de perversité originelle dans le cœur humain, « a aussi renversé
les bases de la famille en disant : « Les enfants ne restent liés au père
qu’aussi longtemps qu’ils ont besoin de lui pour se conserver. Sitôt
que ce besoin cesse, le lien naturel se dissout; les enfants exempts
de l’obéissance qu'ils devaient au père, le père exempt des soins qu’il
devait aux enfants, rentrent tous dans l'indépendance. »
« Comme ces germes invisibles, qui apportent'l’épidémie avec l’air
qu’on respire, le souffle empoisonné de Rousseau s’est répandu dans
les esprits, et il a pénétré, par les livres et surtout par les journaux,
dans toutes les familles, même les plus chrétiennes.
« L’enseignement de l’Église avait remplacé le pouvoir brutal et
despotique du père selon la législation païenne, par une autorité plus
douce et plus forte tout ensemble parce qu’elle s’appuyait, non sur
une crainte servile, mais sur un respect religieux.
« Dans la moindre famille, le père était entouré d’honneurs, la mère
l’écoutait avec respect et les enfants se tenaient debout attendant sa
permission pour s’asseoir en sa présence ; ils ne parlaient que pour
répondre avec déférence à ses questions : on sentait qu’il y avait pour
l’autorité du père cette vénération qui s’attache exclusivement à ce
qui est revêtu d’un caractère sacré.
« C’est que, dans le chef de maison, la notion chrétienne avait appris
à contempler la manifestation de la puissance divine : l’amour et le
respect portaient les cœurs.et les esprits à accepter avec une soumission
religieuse l’autorité paternelle. Au-dessus du père, même sous le plus
humble toit, il y avait comme une auréole de puissance et de sainteté :
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— 73 —
il commandait au nom de Dieu, et les volontés pliaient aisément devant
lui, parce que les fronts s’inclinaient pour recevoir sa bénédiction.
« L âge n’enlevait rien à ces témoignages d’honneur, et les petits
enfants apprenaient à respecter leur père, en voyant comment lui-
même vénérait leur aïeul. Peu à peu ces grands sentiments se sont
effacés par l’influence délétère de la maxime matérialiste, qui ne voit
d autre lien entre le père et ses enfants que la nécessité de laisser
acquérir à ceux-ci la force suffisante pour subvenir à leurs besoins
matériels.
« Que voyons-nous maintenant dans ce qui s’appelait anciennement
le sanctuaire de la famille ? Le père hésite à commander dès que l'enfant
commence à être capable de répliquer. Si parfois il exige l'obéissance,
c’est plutôt par violence de caractère que par conviction de l’obligation
où il est de faire respecter en lui le dépôt sacré de l’autorité. La mère,
plus faible encore devant ses enfants, n’a plus la notion nette et ferme
de l’obéissance respectueuse qu’elle doit à son époux; il y a aussi
chez elle, souvent à son insu, quelque chose de ces principe d’indé¬
pendance de la femme, autre conséquence de la négation de la chute
originelle en punition de laquelle il lui a été dit : Tu seras sous la
domination de ton mari.
« Ces époux, comme s’ils doutaient de leur autorité et de leur aptitude
à former leurs enfants, se hâtent de les confier à des mains étrangères,
et les habitudes du pensionnat font perdre jusqu’à la notion de la vie
de famille.
« Le père qui ne consacre plus toutes ses préoccupations et ses loisirs
a l’éducation de ses enfants, passe son temps libre, suivant sa position
sociale, dans l’oisiveté des cercles ou des cafés. La mère est toute
absorbée par les futilités du luxe et la vanité des réunions, des visites,
des fêtes, où elle peut regarder et se faire voir.
« Les joies si pures et si douces du foyer domestique ne sont plus
connues : père, mère, enfants tout se répand au dehors le plus possible,
et l’on ne trouve chez soi que l’ennui.
« Si la plupart des traits du tableau que nous venons de tracer s’ap¬
pliquent plus spécialement aux classes aisées, et par conséquent
influentes, ce que nous avons dit, au paragraphe précédent, sur
l’intérieur des familles d’artisans, suffit pour constater que le mal, en
changeant d’aspect, n’est pas moins profond chez les pauvres que dans
les salons des riches*
« Que peut-on attendre des générations pour lesquelles le principe
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divin de i’&utorité a été dégradé et rendu odiéint, en se présentant per-
sonnifié dans le pion de collège ou le contre-maître de l’atetierl En
vain quelques parants comprenant, par les premières foules gravés de
l’adotesoence, l’abîme où leurs enfants vont engloutir leur honneur et
leur fortune, veulent-ils ressaisir l'autorité,. pour contraindra leur fils
à respecter leur nom ou punir leur obstination : la loi, qui les rend
responsables des scandales de leurs enfants, ne leur fournit pas les
moyens de les réprimer, et en les dépouillant du droit de déshériter les
coupables, elle les désarme complètement en préseuce d'un fils défia»
turé et révolté.
» La conviction qu'on ne pourra pas aller jusqu’au bout, et la
crainte d’un plus grand mal, conduisent à de déplorables concessions .
Des parants honnêtes ferment les yeux sur les plus graves désordres;
on pardonne et l’on tolère, paroe qu’alors même qu’on retrouverait
l’énergie pour réprimander et punir, on n’en aurait plus la possi¬
bilité.
« Voilà l’abîme au fond duquel nous sommes descendus. Pour em¬
pêcher ses enfonts d’y rester ensevelis, l’Église fait briller à leurs
yeux une vive lumière; elle exalte la gloire de saint Joseph, die attire
tous les regards sur ce modèle sublime du chef de famille. *
« A tout père chrétien, die rappelle ainsi sa grandeur : aux yeux
de la foi il est, comme saint Joseph, à l’égard de l’enfant et de la
mère, le représentant de Dieu qui partage avec lui œ titre auguste
de père, le plus sublime comme le plus doux des noms dont il se
glorifie.
« Pour le chef de famille chrétien, l’enfant et la mère sont, comme
pour saint Joseph, un dépôt sacré Sur lequel il doit veiller avec la
plus tendre et la plus généreuse sollicitude. A lui de prévoir le*
dangers et de les écarter, à lui de subvenir aux besoinè de ces êtres
chéris.
« En échange de son dévouement, ils l'entourent de leurs témoignages
de respect et de leurs soins affectueux; ils baisent avec reconnaissance
et vénération ces mains pures et laborieuses, doux symbole de la Pro¬
vidence, qui les nourrissent et les bénissent.
« En prenant pour modèle la sainte famille, tout rentre dans l’oTdm.
La mère, se dévouant tout entière à son enfant, lui enseigne par son
exemple le respect et l’obéissance envers leur chef commun, le maître
de la maison. Qui pourra jamais comprendre avec quelle profonde dé¬
férence la sainte Vierge parlait à celui en qui elle vénérait le représen-
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— 75 —
font du Père étemel, cehri qui avait grâce et lumière pour protéger et
conduire son divin Enfant) ki même?
« En Jésus-Christ, vérité^éfornelie incariiée > teot Osé vrai et parfait,
et ce simple mot de l'Évangile : « Il leur était soumis, » renferme toute
la perfection des plus tendres et des plus profonds. témoignages de
respect et d'obéissance que ^imagination humaine pourra jamais con¬
cevoir, Voilé donc l'obéissance, si contraire! à l'orgueil de la nature
déchue, rendue tout aimable è l'enfant chrétien : ptas il s'incline pro¬
fondément devant son père* et sa mère, plus: il s'approche de son divin
et sublime modèle, 1*enfant Jésus, qui a consacré trente ans à noos en-
seigner le respect et l'obéissance au sein de la famille.
«La mère reprend son rang au foyer domestique:die partage l'auto¬
rité du père, tout en hii restant soumise; elle met tous ses soins èi son
bonheur à soulager, récréer son époux; elle n*a phis besoin de diver¬
tissements étrangers: il lui suffit, pour être heureuse, de voir ses en-»
fonts croître en âge et en sagesse sous sa vigilance protection.
« En sortant de ce sanctuaire de la famille peur entrer dans la vie
active, le jeune homme apporte à la société us cœur disposé à aimer et
i respecter l'autorité ; un sentiment profond du devoir et l'habitude
d'y plier sa volonté; enfin l'intelligence des vraiés conditions de la
vie sociale; parce qu'il a la notion saine et la pratique de la vie*de
famille dont toute société chrétienne n'est qu’un vaste épanouisse^
ment(I). »
Nous avons remarqué le chapitre sur la réhabilitation du travail, qui
pour le style est plus brillant que le chapitre cité ci-dessus. H y a
aussi des passages frappants de vérité et d'expression dans le chapitre
qui a pour titre : Réhabilitation de fa médiocrité et de la pauvreté. Mous
ne citerons que la page suivante :
« Saint Joseph n'a jamais songé à s'enrichir. D travaillait pour obéir
(!) Le grand économiste moderne que noos avons déjà cité, dans on de ces derniers
ouvrages (écrits comme les antres sous la seule inspiration de la science et de la raison
humaine, appuyées sur l’étude des faits), confirme oe que nous disons ici, touchant l’im¬
portance sociale de la iamiUe régie par l'esprit chrétien. Voici textuellement ses pa¬
roles :
« La famille chrétienne, aidée par le prêtre, est par excellence l’agent de la loi mo¬
rale. C*eet là qne, par nne faveur insigne de la Providenœ, se conserve l’esprit de
dévouement, lorsqu’il s’est éteint dans les antres groupes sociaux. €Vst au foyer pater¬
nel que se régénèrent sans cesse chez Venfant les vertus du citoyen, celle* qui le
rendent capable d’obéir ou de commander, ou, en d’autres termes, celles qui fécondent
à la fois la liberté et l’autorité. La meilleur» constitution sociale a toujours été-eeüooè
le foyer étant le plus libre, résiste efficacement à la corruption du dehors, où le père,
maître doses actions, mais soumis à Dieu, a le pouvoir de dresser ses enfants \ là
pratique de la vertu. » (M. lh P&at. Organisa Me* du frnvot?, page 342.)
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— 76 —
à la loi de Dieu et pour gagner honorablement son pain, pour nourrir
sa divine épouse et l'Enfant-Dieu qui voulait bien le choisir pour pro¬
tecteur : il bornait ses besoins, pour n’être pas réduit à exagérer son
travail, il se plaisait dans une petite ville où la vie était facile.
« De nos jours, combien d'ouvriers qui auraient pu mener une exis¬
tence commode à la campagne, viennent, par lappât du luxe et du
gain, chercher dans les grandes villes l'esclavage des travaux exagérés?
Et quel sera le profit de ce dur esclavage, pauvre ouvrier! Peut-être ta
femme pourra-t-elle, aux grands jours, balayer la rue avec une longue
robe de soie traînant sur le pavé. Peut-être pourra-t-elle aller, quel¬
ques fois l'an, s'éblouir au théâtre des pompes mensongères d’une
décoration de papiers peints.
** Ouvriers chrétiens, méprisez ce luxe puéril, qui n'est qu’une pa¬
rodie des vanités du riche fastueux: au lieu de chercher inutilement a
l’égaler dans ses folies, élevez-vous au-dessus de lui par vos vertus :
ce sont des diamants qu’il ne pourra acheter et qui sont faciles à
acquérir pour vous, car une vie occupée est aisément une vie vertueuse.
Que votre femme renonce à la robe de soie, mais qu'elle ait le cœur
pur comme l'or; que ses enfants soient tous ses bijoux jet toute sa
parure.
« Alors votre intérieur rappellera la sainte Famille; les enfants
croîtront en grâce et en âge devant Dieu et devant les hommes, sous
l'œil de leur mère, et vous, comme saint Joseph, vous serez entourés
d'honneurs, de respect, d’affection par ces êtres chéris dont vous serez
le protecteur et le chef.
* Les anges descendront du ciel pour présider aux joies de la famille
qui aura su prendre pour modèle l’intérieur du charpentier de Nazareth.
« Ouvriers chrétiens, n’écoutez pas les déclamateurs qui cherchent a
vous captiver par les mots sonores de liberté et de bien-être.
« La vraie liberté, et la seule qui soit possible, c’est la liberté des
enfants de Dieu qui n'obéissent qu'à leur conscience.
« Le véritable bien-être, c’est d’abord d’avoir la paix avec soi-même
et avec Dieu par !la pratique de la religion, et ensuite de goûter les
douceurs des affections et des plaisirs légitimes de la famille.
« Saint Joseph, votre glorieux patron, vous offre le modèle le plus
parfait de cette liberté et de ce bien-être auquel l'ouvrier a droit comme
tous les hommes; voyez donc désormais dans saint Joseph votre mo¬
dèle, afin de chercher à l’imiter, et vous sentirez qu'il est aussi votre
protecteur par l'assistance qu'il vous accordera. »
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— n —
L’auteur aurait pu citer, à l’appui de ses considérations surlaréhabi-
lition du travail par l’exemple de la sainte Famille, cette page admi¬
rable de Bossuet, qui n’est peut-être pas assez connue :
« Je veux un emploi pour faire connaître mes talents qu’il ne faut
pas enfouir. Je l’avoue, quand Jésus t’emploie et te donne de ces utiles
talents, dont il te déclare qu’il te redemandera compte. Mais ce talent
enfoui avec Jésus-Christ et caché en lui n’est-il pas assez beau à ses
yeux? Va, tu es un homme rempli de vanité, et tu cherches dans ton
action, que tu crois pieuse et utile, une pâture à ton amour-
propre.
« Je sèche, je ii’ai rien à faire, où mes emplois trop bas me déplai¬
sent: je m’en veux tirer et en tirer ma famille. Et Marie et Jésus
songent-ils à s’élever î Regarde ce divin charpentier avec la scie, le
rabot, durcissant ces tendres mains dans le maniement d’instruments
si grossiers et si rudes. Ce n’est point un docte pinceau qu’il manie*
il aime mieux l’exercice d’un métier plus humble et plus nécessaire à
la vie : ce n’est point une docte plume qu’il exerce par de beaux écrits :
il s’occupe, il gagne sa vie ; il accomplit, il loue, il bénit la volonté de
Dieu dans son humiliation. »
Nous espérons que l’auteur pourra ajouter en notes cette citation
dans la prochaine édition,qui ne peut tarder à paraître, car le succès de
cette brochure n’est pas douteux ; il suffit qu'elle soit connue pour
que l’on comprenne combien il est utile de la répandre avec profusion.
HISTOIRE COMPLÈTE DE S. PAUL, APOTRE ET DOCTEUR DES
NATIONS, de ses prédications, de ses miracles, de ses courses apostoliques,
de sesEpîtres et de son glorieux martyre, par M. l'abbé Maistre, chanoine ho¬
noraire de Troyes, professeur de théologie, etc. 4 beau vol. in-8 de xxvm-
500 pages. Chez F. Wattelier, libraire-editeur, 19, rue de Sèvres, Paris. —
Prix : 6 fr.; pour les agrégés, 3 fr. 60 c.
Le digne et laborieux auteur de la Grande Christologie, dont nous
avons parlé plusieurs fois ici même, vient d’ajouter un nouveau volume
à cette œuvre savante : c’est Y Histoire de S . Paul, que nous devons
signaler à nos lecteurs.
Indiquons-en d’abord le plan et les principales parties. Elle se di¬
vise en cinq livres, lesquels sont partagés en plusieurs chapitres. L’é¬
ducation, la conversion et l’ordination de S. Paul font la matière du
premier livre (huit chapitres). Dans le second livre, M., l’abbé Maistre
* nous fait connaître la prédication du grand Apôtre en Asie (sept cha-
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pitres). Le troisième livre relate ses travaux pour l'évangélisation de
la Grèce {dix-eept chapitres^. Le livre quatrième est consacré aux
souffrances, aux persécutions et afflictions de S. Paul depuis Jéru¬
salem jusqu a Rome, (treize chapitres). L'évangélisation du monde
romainet le martyre de 1 apôtre des Gentils font l'objet du cinquième
livre (sept chapitres).
Pour remplir ce cadre, qui embrasse toute l'histoire de la vie de
S. Paul, M. l'abbé Maistre a mis habilement en œuvre, partie des
auteurs canoniques, récit divinement inspiré qui devait former, an
effet, la base de cette Histoire, et partie des Traditions primitives ;
mais le tout expliqué, corroboré, par les saints Pères par les Doc¬
teurs et les meilleurs interprètes. Aussi les témoignages que rapporte
l’auteur sont-ils nombreux, et commumquant à san livre une grande
autorité.
La partie qui renferme l'étude et l'analyse des Epitnes de S. Paul
est fort bien faite et très-instructive. Nous la recommandons par¬
ticulièrement à l'attention des fidèles. Remarquons aussi que de l’en¬
semble tdu récit historique, comme des preuves accumulées par l'auteur
et des autorités qu'il invoque, résulte la réfutation la meilleure
et la plus péremptoire des erreurs «de nés prétendus critiques anciens
et modernes, tels que, pour me nommer parmi œu*-ci<que lias plus
bruyants, Strauss et M. Renan.
Une autre partie de l'ouvrage de M. l'abbé Maistre mérite d'être
signalée. C'est celle qui couronne ses cinq liyres et qui est intitulée :
Monument traditionnel concernant le Martyre de Vapàtre S . Paul
(pag. 438 à 472). Ce monument a une valeur historique qu’on ne
peut dédaigner. B n’est autre que le Mémoire traditionnel écrit par
S. lin, disciple des Apôtres et second Pape; on le trouve dans la
grande Bibliothèque des anciens Pfere9.
Sa valeur a été constatée par quantité de Saints et Douteurs de l'ɬ
glise, depuis S. Clément, successeur de S. Pierre, Marcelle, disciple
de S. Pierre et de S, Paul, S. Hégésippe, passant par SL Ambroise,
S. Jean Chrysostome, S. Sophroue, S. Astère, Njicétas le Rhéteur,
et beaucoup d’auires, jusqu’au Bréviaire Romain, fete de S. Lin, etc.,
sans parier des nombreux écrivains eodésàastiqaes plus récents qui
ont tous reconnu l'autorité de ce Document.
U renferme des détails pleins d'intérêt sur l'Apostolat de S. Paul,
sur ses écrits, et spécialement sur son martyre et sur les prodiges qui
ont signalé cet événement et qui proclament la gloire du grand Apôtre.
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— 79 —
Nous ne pouvons donc que remercier M. l'abbé Maistre d'en avoir
enrichi son ouvrage, dont il est le complément précieux.
Notons, enfin, que le volume se termine par le Panégyrique du
Saint, par Bossuet Ce discoure, comme on le 9ait, est une démons¬
tration de la divinité de l'Apostolat de S. Paul ; l’orateur y montre com¬
ment le grand Apôtre, dans ses prédications, dans ses combats, dans
le gouvernement ecclésiastique, a triomphé de tous les obstacles par
ses faiblesses mêmes.
Après cet exposé succinct des matières renfermées dans l'ouvrage
de MI l’abbé Maistre, tout éloge de notre part serait superflu. Chacun
comprendra l'opportunité de cette JJtMtoiro de S . Paul, et nous ne
doutons pas qu'elle ne soit appelée àun réel succès. L. F. Gantent.
LES PROTESTANTS REVENUS A LA FOI CATHOLIQUE. Avec
l’exposé des motifs qui les ont déterminés. Ouvrage propre k instruire et à
édifier les catholiques, à éclairer et à ramener les protestants qui cherchent
la vérité, par M. l'Abbé A. Hehry, chanoine honoraire deSaint-Dié; 2 vol. de
401 et 392 p.—ftria: 3 fr. chaque volume; net pour les agrégés, 1 Cr. 25.
Nous emprunterons à l'introduction quelques fragments qui feront
apprécier l’intérêt et la portée de ce bel ouvrage.
En lisant l’éloquente apologie du R. P. Newmann, disait M. de
Romont il y a quelques années, l'histoire de cette grande âme qui a
servi comme de pilote pour amener au port tant d'esprits flottants à
tout vent de doctrine, nous pensions que Tou composerait un beau
livre en réunissant quelques-unes de ces histoires d'âmes, éparses
maintenant dans des brochures et des revues oubliées ou peu connues.
Ce recueil, utile Aux protestants à moitié convertis, le serait aussi
aux catholiques. Les motifs qui : déterminent les abjurations, les
obstacles qui le* retardent, sont peu connus départ et d’autre. Faute
d'avoir vécu longtemps dans un pays entièrement protestant, nous ne
tenons pas assez compte de tout ce qü'il faut surmonter pour arriver
à la connaissance et à la profession de la vérité; nous ne comprenons
pas la léthargie qui enehàîne le protestant, comme dans un fauteuil
vermoulu, quoique bien neuf encore, et où, tout entouré d'ignorance et
de sécurité, il s’est enfoncé pour n'en plus sortir ; nous n'apprécions
pas mieux les mille entraves dont l'habitude, le respect humain, les
affections les plus saintes enserrent ceux qu'un secret malaise et de
généreuses aspirations semblent prédisposer à entrer dans cette Église
à l'âme de laquelle ils appartiennent déjà.
1 Un livre comme celui dont nous parlions tout à l'heure ne serait
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— 80 —
peut-être pas sans efficacité pour triompher de l'insouciance des uns,
dissiper les épouvantails que se font quelques autres. En suivant pas
à pas dans leur retour au pays catholique les récits de ces exilés, en
se rendant compte des motifs qui les ont poussés à se lever et à mar¬
cher, comme des obstacles qu’ils ont rencontrés, bien des craintes chi¬
mériques s’évanouiraient pour laisser mesurer les dangers d’une tié¬
deur, d une incurie prolongées.
Les protestants indifférents ou décidément hostiles, les catholiques
tolérants, apprécieraient mieux des conversions que les uns mettent sur
le compte d'une exaltation romanesque, et que les autres, jugeant d’a¬
près leurs habitudes de propagande, attribuent à des séductions jésui¬
tiques ; ceux-ci verraient combien il est injuste de se défier de nous,
combien il est rare que nous allions au-devant des vagues velléités de
changement que nos frères séparés peuvent concevoir; tandis que le
prédicant ou l’évangélisateur méthodique colporte ses bibles et ses
traités, tandis qu’il les lance dans les wagons ou les distribue à table
d'hôte, tandis qu’il apostrophe le passant et le voyageur et se met en
embuscade pour détourner les enfants des écoles catholiques, nous
attendons ceux qui veulent venir à nous.
Et quand la grâce divine a fait vibrer la corde particulière qui doit
réveiller ou ramener chacune de ces consciences; quand les études histo¬
riques, les arts, la poésie, la charité, la souffrance, parfois le simple
bon sens, ont comme attaché à ces âmes égarées dans le labyrinthe
du doute le fil conducteur, elles viennent à nous. Alors, mais seule¬
ment alors, notre tâche commence : nous devons la vérité à celui qui la
demande, comme l’aumône au mendiant. Nous ne faisons pas de pro¬
sélytisme, mais de l’apologétique ; pour entrer dans l’âme, la vérité
catholique n’a pas besoin que les mauvaises passions, ou seulement la
mollesse ou la légèreté, lui en livrent les issues ; elle surgit dans les
cœurs loyalement préoccupés des choses du ciel, et comme le Sauveur,
apparaissant au milieu de ses disciples, tandis que les portes étaient
fermées, elle dit à ces esprits tristes et inquiets : « La paix soit avec
vous. « Dans les deux volumes que nous annonçons M. l’abbé Henry a
su réunir le récit des conversions les plus remarquables en France, en
Allemagne et en Suisse.
Après avoir indiqué la haute portée de cet ouvrage, nous sommes
heureux de pouvoir ajouter que l’exécution matérielle ne laisse rien à
désirer : le papier et le caractère sont bien choisis ; ce sont réellement
de beaux volumes, d’une lecture facile, ce qui est assez rare pour [les
livres édités en province.
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DEUXIÈME PARTIE
REVUE
DES
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
HARMONIES DE LA NATURE, par Paulin Teulières. 1 vol. in-12 de
vni-340 p. Paris. — Prix : 3 fr. 50.
« Miracle permanent de l’infinie sagesse et de la puissance infinie,
la nature nous offre à contempler un merveilleux spectacle : spectacle
harmonique, où tout se concilie jusque dans ces contrastes : spectacle
solennel, où toutes les perspectives [aboutissent à Dieu, principe et fin
de toute harmonie, comme de toute vérité, comme de toute vertu. »
C’est l’auteur qui commence ainsi son livre, et l’esprit qui anime tout
l’ouvrage, esprit religieux et chrétien, répond parfaitement à ces pre¬
mières lignes, fl décrit [successivement les harmonies de l’eau, de l’air,
des saisons, de la mer, des montagnes, de la feuille, de la fleur, du
fruit. Petit fvolume bien imprimé, agréable à l’œil, bien écrit, bien
pensé, et l’un des meilleurs livres de lecture à mettre entre les mains
des jeunes lecteurs. ( D'après les Annales catholiques .)
JOURNAL D’UN AUMONIER MILITAIRE PENDANT LA CAM¬
PAGNE DE LA LOIRE ET LA CAMPAGNE DU RHIN. 1 vol. —
Prix : 1 fr. 50.
Ce petit livre, qui doit avoir sa place dans toutes les bibliothèques
populaires, est le récit rapide et saisissant des principales opérations
des aumôniers militaires dans ces douloureuses campagnes. Voici l’ap¬
préciation qu’en vient de faire Mgr Place, évêque de Marseille, dans
une lettre adressée à l’auteur, M. l’abbé de Bsuvron, ex-aumônier en
chef de la deuxième armée de la Loire :
« Marseille, 2 mars 1872.
« Mon bon et très-cher ami,
« J’ai lu avec le plus grand et le plus touchant intérêt le journal de
votre aumônerie pendant la campagne du Rhin et la campagne de la
Loire. Au milieu de l’émotion causée par le spectacle de nos malheurs,
T. vn. 0
— 82 —
vous m'avez fait mieux comprendre que je ne l’avais fait jusqu’à pré¬
sent, mon cher ami* l’importance et la nécessité de l’aumônerie mili¬
taire : elle est le premier devoir d’un pays en faveur de ceux qui, avec
la plus admirable abnégation, vont faire pour lui les sacrifices les plus
pénibles, et en particulier celui qui couronne tous les autres, le sacrifice
de leur vie.
« Vous ne pouviez pas donner un exposé des motifs plus éloquent
dans sa simplicité ét plus coBvafocftrtt & votre; projet d’une aumônerie
militaire.
» Je fais les vœux les plus sincères, mon cher ami, pour que vos
infatigables effort» obtiennent m comptai tuocte ne confiai» pas
d’œuvre plus essentiëlletnentreKgieuse et patriotique.
- Tout i votts r eordkdèment en Notre-Seigrieur.
- Signé : Ch. Pl., Évêque de »
(D'après fa SmmineRèliÿiùUseéh'Parte.)
MANUEL DE L’AMATEtJR DES JARDINS. Traité général d'horticul-
turè, par Mtf. J. Décaisse et Ch. ÏIacdîn, membres dë Plnstituf. Ouvrage
âct»mp»gfté de phi» de* 80» figures originales intercalées dam ta texte. 4 Vol.
petit ii*8 de 700>à 800 pt>— Prix ^30 fc». Chaque voL séparément, T Ce, 50.
Ce manuel, suffisamment recommandé par ta nom des savante au¬
teur», est maintenant complétemant publié. C’est une sorte* (Poneyefo-
pédie agricole, composée» dfe quatre manuels ou traité» spéciaux. Le
premier comprend le» prfccipee génémux de botanique et de jardinage;
— lé second la florictrlfttre*;" te troisième la culture* des arbres* et an-
Jsustes d’agrément,, ainsi, que- de» plantes de serre;,— le quatrième
'embrasse Ffetweifcble de» pbmtea aümeflttüjes et de* ærbro*'» ântitiers
cultivés en France.
Malgré ce tifcr* modeste éortianraeLce livre renferme toutes les
explication® scientifiques utdsnpour gaidèirdan» la pratique, La. pro¬
duction des race» et- àe» variété^ Facclimatatiom et la radtfiulisaikln
des plante* 1 , la fécmdfetiotf mttiwdle et artificielle, leer croisements,
l'hybridation, les attentfinea» de la. culture, toutes ces* questions si
intéressantes sont exposées dans ce bel otrvttage avec de» développe¬
ments; cenvôaablesu
BOURGEOIS ET OUVRIERS, ou les inégalités de la fortune, par un socia¬
liste et un homme de bon sens. 1 vol. in-18. — Prix : 80 c.
Un fait qui nîest méconnu de personne, c'e9t que la société est sur
le point de courir de graves dangers. Le péril vient de ce que les
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— 83 —
classes mal aisées regardent le bourgeois comme leur ennemi im¬
placable.
En présence du péril de plus en pftis imminent, que faut-il faire
pour le conjurerî La bourgeoisie doit-elle se préparer à opposer la
force brutale à l'attaque !
Ce moyen serait toujours regrettable. Le plus efficace, comme le
plus digne de tous, au point de vue social et chrétien, consiste â faire
disparaître les causes elles-mêmes du mal qui se produit et s'aggrave.
Soyons persuadés que l'ignorance et les préjugés font de nombreuses
victimes, victimes qu'il n'est pas impossible de sauver par le dévoue¬
ment, par l'instruction.
Le livre dont nous parlons est destiné à atteindre un tel but; voilà
pourquoi nous nous faisons un devoir de le recommander à tous ceux
qui s'intéressent à la société.
SOUVENIR DU FOUT DE L'EST, près Saint-Denis. Carnet d'un aumô¬
nier de l'armée de Paris (1870-1871), par M. l'abbé Jules Bonhomme, vicaire
&SainterElisabeth. 1 vol. — Prix: 4 fr.
C'est te récit fidèle de ce qui s'est passé au fort de l’Est, et dans un
langage qui plaît. En voici un extrait; c'est l’arrivée de l'auteur dans
le fort :
« On me désigna le pavillon de droite dans la cour, où des hommes
de garde étaient assis sur un banc* L'un d'eux me dit : « Mon Dieu,
Monsieur, le commandant supérieur du fort ne* sort jamais; il court
toujours. Il est ou dans la cour, ou sur les talus, ou dans les pavillons;
il est partout et nulle part. Du reste, le colonel est petit, le fort est
grand; vous risqueriez de ne pas découvrir l'un dans Tautre. Mais
attendez un moment : il a une voix! une voix!... fe ne vous dis
qu'ça. Si vous ne l'apercevez pas, vous ne tarderez pas à l'entendre. ®
En effet, au bout de quelques minutes, un bruit, un son, un timbre
qui tenait de l'organe de l’homme et du clairon, retentit à mes oreilles,
et fait vibrer les murailles des casernes: Planton ! planton!... où donc
êtes-vous, trrrrrre? ». Je me dis à part moi : « Ce doit être le colonel. «
Un homme de taille un peu inférieure à la moyenne, mais souple et
ferme dans ses mouvements, à la figure vraiment militaire, s'était
avancé : « Ah F monsieur l’abbé, dît-il, vous me surprenez maugréant;
cela m'arrive assez souvent avec ce monde-ci. Que puis-je faire pour
vous être agréable ? »
Tout le livre roule sur le même ton.
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— 64
LE DUC DE BROGLIE, par M. Guizot. I vol. in-12de près de 400 pages.
Prix : 3 fr. 50.
Ce petit volume est un hommage bien senti de M. Guizot à son
ex-parrain, le duc de Broglie, qui fut un des trois membres du canapé
doctrinaire, avec M. Royer-Collard, sous la Restauration. M. Guizot
débute par un éloge généalogique des maréchaux de Broglie, éloge
qui pourrait paraître superflu, après les beaux portraits de Saint-
Simon.
De son côté, dans son testament, M. de Broglie témoigne de son
amitié pour M. Guizot; mais la France n’est pas obligée d’épouser ces
illustres amitiés.
La tendresse de M. Guizot pour M. de Broglie, qui, pendant son
ministère, n’a pas eu une idée, mais n’a eu qu’un mot désastreux,
quand, après des explications telles quelles, il dit à la chambre : « Est-
ce clair? »
M. Guizot supprime cette cause de la démission de M. de Broglie.
Les contemporains liront avec plaisir ce résumé d’une époque
disparue.
UN RURAL à la recherche du meilleur gouvernement : deux milliards de
bon sens, ou la manière de raisonner du bonhomme Jacques. Brochure de
60 p. — Prix : 1 fr.
Ce bon petit livre, à notre avis, devrait être lu et relu dans les
campagnes. Il se compose d’une douzaine de chapitres pleins de saines
vérités présentées comme il le faut, c’est-à-dire avec entrain et
simplicité.
Le bonhomme Jacques a son franc-parler; il dit ce qu’il pense haut
et ferme, il parle de la guerre des Prussiens, de la Commune et de la
politique; et avec son bon sens et ses allures toutes villageoises, il se
fait écouter, et même mieux, il se fait croire.
Nous autres, gens de la ville, nous le remercions du bien qu’il fait
aux gens de la campagne.
(Pour les quatre articles ci-dessus , d'après la France Nouvelle)
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THÉÂTRE DES ÉVÉNEMENTS RACONTÉS DANS LES DIVINES
ÉCRITURES, ou l’ancien et le nouvel Orient étudiés au point de vue de
la Bible et de l’Eglise, par M. le docteur L.-G. Gratz, vicaire général
d'Augsbourg, traduit de l'allemand par M. l’abbé Gimarey, revu et corrigé
par M. l'abbé Bugniot, missionnaire apostolique. 2 vol. in-8° de vm-568 et
430 p.
« Sans un pareil ouvrage, dit M. l'abbé Sire, professeur d’Écriture
sainte au séminaire Saint-Sulpice à Paris, on a beaucoup de peine à
s’orienter dans les livres historiques et les livres prophétiques de
l’Ancien Testament, dans les Évangiles, les Actes des Apôtres et les
Epîtres de saint Paul ; on ne se fait pas une idée juste et complète
des faits, on ne peut les classer dans sa mémoire, on les oublie vite,
on marche au hasard dans ses recherches, et on finit par se fatiguer au
point d’être dégoûté dans un stérile travail. «
L’auteur a surtout tiré un excellent parti des recherches et des
découvertes faites tout récemment sur les bords de l’Euphrate et du
Tigre, du Nil et du Jourdain, de l’Oronte et de l’Halys, ainsi qu’en
d’autres lieux.
Ces recherches savantes et ces heureuses découvertes, dit le docteur
Gratz, *« ont imprimé le sceau de la véracité la plus parfaite aux
ouvrages des écrivains sacrés de l’Ancien et du Nouveau Testament ;
les restes des murailles, des palais, des tours et des sculptures de
Babylone, deNinive, de Persépolis, de Jérusalem, de Samarie, etc.,
sortant des monceaux de décombres entassés par les siècles, apportent,
en reparaissant au jour, le poids de leur témoignage... » Et c’est éga¬
lement ce que fait remarquer un autre savant commentateur de la
Bible, le docteur d’Allioli, dans ces lignes : « Les ruines éparses de
l’ancien monde que nous avons encore sous les yeux, les changements
opérés par les siècles successifs, sont des témoins parlant hautement
en faveur de la véracité de la sainte Écriture ; ils sont restés, pour
ainsi dire, comme des milliaires à l’homme sur la grande route de
Dieu ; comme des exemples pour ceux qui, dans un effrayant aveugle¬
ment de désobéissance, de ridicule bravade, persévèrent dans leurs
fausses voies, dans leur incrédulité. »
Dans un Appendice , l’auteur nous donne, en latin (avec traduction
française), les hymnes qui se chantaient et les prières qui se récitaient
autrefois aux saints lieux de Jérusalem et de Bethléem. Vient ensuite
une liste des ouvrages à consulter pour arriver à une connaissance plus
complète de l’ancien et du nouvel Orient.
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EMLO0UEBE L'A&T CMMÉTUESÜ, par M. Rio; 2 vol. —Prix : 15 £r.
Pour comprendre ce titre, il faut savoir que Fauteur, qui a consacré
trente aimées de sa vie aux recherches et aux études relatives à l’art
chrétien, a été très-encouragé dans ce laborieux travail par le comte
de la Ferronays, dont il était devenu l’ami intime et le confident, après
avoir été son secrétaire au ministère des affaires étrangères. 1VL Rio a
pu découvrir tous les secrets de ce grand cœur, secrets de loyauté che¬
valeresque, d'humilité, de patriotisme, éminentes vertus couronnées par
la plus sainte mort. L’Épilogue de l'art chrétien publie tous les détails
les plus attachants sur la vie de M. de la Ferranays ; l'auteur nous
donne de nombreux et très-curieux extraits de la correspondance de
l'illustre homme d’État. Le supplément de révélations sur cette noble
existence était indispensable,même après les récits delà fille de l'illustre
comte.
Outre les renseignements sur ht vie de M. de la Ferronays, les deux
volumes de M. Rio nous initient à la vie et au caractère de la Bretagne
pendant les dernières années de la Révolution. L’auteur nous donne
également sur la société politique et littéraire en Angleterre et sur
M. de Lamennais, avec lequel il a a voyagé en Allemagne, des récits qui
sont lus avec le plus vif intérêt. Les deux nouveaux volumes de M. Rio
nous montrent, dans ht personne de M. de la Ferronays, l’idéal moral,
après nous avoir montré l’idéal catholique, dans les quatre volumes
de Fart chrétien; c'est œt ouvrage qui, comme je viens de le dire, a
coûté à l’auteur trente ans du travail le plus persévérant ; c’est cet
ouvrage, dont une nouvelle édition a paru chez Haehette et qui m le pins
contribué à la restauration des idées artistiques dans notre époque. La
vie et les oeuvres de tous les artistes qui du treizième au seizième
siècle ont honoré et illustré Fart chrétien, sont analysées avec Je soin
le plus consciencieux et la chaleur la plus communicative par AL Rio.
Son savant ouvrage déviait être lu et médité par tous ceux qui
s’occupent de l’art, soit au point de vue théorique, soit comme pra¬
ticien.
Honneur donc au talent et au courage de l’écrivain qui, on milieu
des cruelles épreuves de la vie publique et privée, a su écouter la voix
et les conseils d ’une noble amitié, conduire à bonne fin une œavne si
utile pour la régénération de Fart dans notre société moderne.
(D’après l’ÊmancijxUmir.)
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— 87 —
MX FANATIQUES, 191 LACHES. Lettre à IL l’abbé Michaud, vicaire
idénalsaionnavre de la Madeteiae, auteur 4$ Guignol et la révolution dans
l'Église romaine (avec le texte de la Constitution dogmatique du concile du
'Vatican, un commentaire tiré de la Déclaration des évêques allemands et de
VInstruction pastorale des évêques suisses ssr l'infaillibilité, approuvée far
JL JS» père le pape Pie IX, et le texte de ces documents), par M* l'abbé
Bernard, aumônier de l'École normale supérieure, officier 4e l’instruction
publiques 1 joli vol. in-18 anglais sur beau papier de Ï4Û p. — Prix:
% francs.
Nous ne pouvons mieux faire, pour recommander cet ouvrage, que
de citer la lettre suivante adressée à l’auteur par "Mgr l'archevêque de
Paris :
a Mon cher abbé,
Ce n’est jiap une petite affaire pour moi de trouver le temps de
« üre quoi xpieee soit, même «ne brochure.
a J’ai pu cependant dérober quelques iiiuxnexits àioes accablantes
« occupations, pour lire rotreéerkcontne lfebbé Michaud.
•* C’est üe*, très-bien , cela æsI eaas réplique ppur les esprits qui
« se piquent de justice et4tin^artialié.
* Jetons æepseroiede xotm 2 $le,«mui^eher abbé,>ert|eia£)us bénis.
« J.H. archevêque de Tttris.
« 2$ *év*kr tm. v
MAMMIE AUOnàs, roman/par M.'Chartes Dubois, ^membre deTAcadémia
Stanislas, avec mm leUrc-pràawe 4e IL Eugène .de i vol k*1%
de x-334 p. — Prix; 2 fr.
# i
r Madsme Agnès, qui raconte clle^iuême «on histoire, a été l'épouse4e
Victor Barnier; -c’était une grande Ame, Viotor. Journalisteeatholiqiie
dans une ville qui garde d'anonyme dans ces récits sous le nom de
Philopolis, il combattait avec énergie et talent les saints wœbats. Au
sortir d’une soirée 4 laquelle un banquier, M. Beauvais, t'agit invité,
il est presque victime d’un guet-apens uigauké par les libres pen¬
seurs de l'endsoit, et où figure le jeune 'Louis, 41s du banquier, il
est «noore vdétudànaîie, lorsqu’un cri 4e détresse l'appelle du «été
d'une rivière où un homme se noie.'-C’est Louis lui-^5ême,qui,revenartt (
à la foi dans ce moment suprême, supplie Dieu4e le sauver. Victor ale
bonheur de l'arracher i la mort, mais ^e beau sacrifice lui coûte la vie.
Louis est changé; la grâce l’a touché au eœur ;îl se j eîèvedane salarié
défrayant. Homme de plaisirs et dissipateur, le voici dévoué au bien,
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— 88 —
fortement décidé à expier ses fautes par d’énergiques immolations.
Pour refaire sa fortune et régénérer son âme, il entre comme sous-
directeur dans la grande papeterie d'un Anglais,M. Smitson, protestant
rigide et froid calculateur avec des sentiments naturels d’équité.
Mme Smitson est catholique, mais elle dit avec d’autres : « De religion
pas trop n'en faut. » Mlle Eugénie, sa fille, est une création hybride
de M. Charles Dubois; catholique, elle va peu dévotement à la messe
de midi et fait tout au plus ses pâques. Très-romanesque dans sa
froideur/elle a pourtant l’esprit élevé, le jugement solide.
Nous voici en pleine lutte de caractères. Louis, que la passion de la
propagande sainte dévore, obtient de son chef la permission de faire
des conférence aux ouvriers de la maison; mais que de précipices â
droite et à gauche] M. Smitson est ombrageux; Mme Smitson se
défie « de l’intrus *; Mlle Eugénie ne sait pas si l'hypocrisie ou la
noblesse du cœur dirige Louis : elle observe et critique d'une façon
hautaine. Une double intrigue de cupidité complique la situation. Une
servante cherche à marier un M. Albert à sa cousine Eugénie, afin de
« gouverner et régner » sous le nom du futile jeune homme; de là
cabale contre Louis. Quel est cet Albert î un fat doublé d'ignorance, qui
met tout son art à bien nouer sa cravate ; un efféminé sceptique, que la
fortune plus encore que la beauté d'Eugénie séduit. A ses yeux, Louis
est un rival ou peut l'être, et il conspire .à sa perte. Quand donc Louis,
à force de loyale honnêteté, a conquis le cœur d'Eugénie et l’estime de
M. Smitson, quand sa fortune monte; un coup de tonnerre éclate;
Albert s’entend avec un contre-maître de la manufacture ayant nom Du¬
rand, mauvais sujet qui ne peut souffrir l’austère surveillance de Louis ;
chacun des deux met dans ce complot son habileté sans scrupules,
et ils se cachent derrière un scélérat subalterne, Adams, ouvrier de la
maison, qui se charge de dire à M. Smitson que Louis a voulu le con¬
vertir au catholicisme. Louis, en effet, chose par trop étrange, a donné
dans le piège de ce vil gredin, sans songer aux susceptibilités protes¬
tantes de son chef. Voici donc un orage. Le noble jeune homme est
allé voir une dernière fois Victor, son sauveur, et lui a fermé les yeux.
A son retour, il est congédié par M. Smitson, à la condition pourtant
qu’il restera quelque temps encore dans l'établissement. Heureux
délai, malgré sa prolongation peu vraisemblable! Pendant une inonda¬
tion, il sauve la manufacture d’une ruine certaine; peu après, il est
presque assassiné par Durand; alors tout s'éclaire et la mauvaise
fortune est conjurée. M. Smitson est ému ; Eugénie, qui a en horreur
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le cousin Albert, se sent attirée de plus en plus vers la victime de
l'honneur et du devoir ; Louis, pour comble de bonheur, dévoile, pièces
en main, la trame scélérate de Durand, et obtient enfin la main d’Eu¬
génie. Hélas ! l’épreuve est voisine des beaux jours ! Eugénie suc¬
combe à une maladie; Louis la suit de près dans la tombe, et ainsi
finissent les joies de ce monde.
LE PAPE et le roi d'Italie à Rome, ou la loi sur les garanties offertes à la
papauté, examinée et discutée par Mgr V. Nussi, chanoine de Sainte-Marie-
Majeure (à Rome); traduit de l'italien par M D. Le Roux,* in-8° de vm-64 p.
—Prix: 60 c.
L'opuscule de M. l'abbé Nussi fut publié à Rome quand l’on discutait
encore, à Florence, la fameuse loi des garanties à offrir au Saint-Siège,
en le dépouillant de son autorité temporelle. L'auteur pensait qu'il ne
serait point superflu d’éclairer certains esprits faciles à se laisser
séduire par les apparences, et il donna ces quelques pages sérieuses,
calmes, fortes comme le droit et la raison elle-même. La loi passa ;
elle régit aujourd'hui l'Italie ; le spectacle que tous les catholiques
redoutaient a été infligé à leur conscience. — Le travail a été revu à
la suite de cette promulgation, qu’un moment on se flatta d’arrêter.
Parcourir successivement tous les articles, en montrer le danger,
l’inanité dans le sens des intérêts qu’il s’agit de couvrir, les pièges ou
les manœuvres qu'ils dissimulent et par là mettre à nu la situation
vraie faite au saint-père, à la suite de l’occupation de sa capitale, telle
est la pensée, tel est le plan de l'auteur. Tout cela est irréfutable.
Sans entrer dans le fond du sujet, indiquons sommairement la con¬
clusion de M. l’abbé Nussi. — Cette loi, dit-il, est radicalement , ou
plutôt essentiellement défectueuse. Elle ne contient pas un seul article
qui ne donne matière à de graves difficultés. Loin d’assurer à la papauté
une position supérieure et indépendante, elle crée pour elle une situa¬
tion humiliante, pleine d’incertitudes, de périls, de complications et
d’embarras de tout genre ; surtout elle tend à l’annihiler par la force des
choses. N’est-ce pas Frédéric II qui écrivait à Voltaire : « Si l’on
arrive à la conquête des États du pape, le pallium est à nous, la scène
est achevée... Peu à peu tous les États s’éloigneront de l’unité de
l’Église et finiront par avoir chacun leur religion, comme ils ont
chacun leur langue (p. 68) i » Et Napoléon a dit un jour, avec ce pro¬
fond bon sens qui fut une des qualités dominantes de son génie, chaque
fois que ses intérêts personnels ou ses passions n'étaient point en jeu :
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— .90 —
- Le pouvoir temporel est la meilleure, Ja plus bienfaisante mstiiutien
que l’on puisse imaginer pour le J gouv«ernemæt des âmea. Ce sont Tes
siècles qui ont fait cela, et dis Tant bien fait (IM). • — Qn voit si
cet opuscule, draiileurs bien .traduit, mérite dîêtre .lu f*r les hemmes
sérieux.
ISABELLE DE FRANCE et la cour de saint Louis, par Mme de la Richardays;
1 vol. in-12 de 298 p. — Prix ; 2 JOc.
Mme de Ta Hichardays.trace une esquisse rapide et mouvementée
du Tègne de saint Louis. Elle écrit un portrait magnifique.de Blanche
de Castille, cette mère qui eût préféré voir son fils mourir que d’ap¬
prendre qu’îl eût commis trn péché mortel. Elle nous montre en elle,
non-seulement Ta mère chrétienne, infatigable, dévouée, pieuse, douce,
charitable, mais la rème, la régente chez laquelle « la finesse de la
femme n excluait pas la loyauté de la princesse, * habile, politique
perspicace, qm mit ramener à la fidélité le terrible Pierre Mauclerc,
s’attacher le comte de Flandres par la générosité, le comte de Cham¬
pagne par la douceur. 'Vient le mariage du jeune Louis avec Mar¬
guerite de Provence, tjue suit bientôt la majorité du roi. Alors
nous assistons aux grandes luttes de l’époque : la croisade du roi de
Navarre, la guerre avec TAngleterre, les batailles de Taîllebourg et de
Saintes, et enfin les croisades, qui devaient, en mettant au front de
Louis l'auréole du martyre, être la plus grande gloire de son règne.
L’auteur a fait un bon et beau livre, d’une scrupuleuse vérité histo¬
rique ; eHe sait charmer par Télégance et la simplicité de son style
sobre d'images, facile, pur dans la forme, harmonieux dans la période.
EHe connaît bien le temps qrielle a voulu peindre, elle l’aime, elle en
sait parler. l/n peu d'érudition ne messied pas : elle donne des notes
historiques très-exactes, prisées aux bonnes sources.
{Tour les trois ouvrages précédents, <f après la bibliographie caüioligue.)
UN SOUVENIR DE LA TERREUR, par Q. &WRQX, .1 ,vqL ri*8 de iSSp,
avec une gravure. — Prix: 1 fr. 25.
Nous .sommes <e» 1791, à Parierez Maximilien jftobe%pi«wr&. U
reçoit an ce moment deux -visiteurs : un négociant honorable, Bernaud
Lambert, et ,1e beau-frère de celui-ci, Alexis. Vauçlair. 'Ces deux visi¬
teurs .sont .loin de partager îles idées de Pobeepierre^ et tften con¬
naissent, du reste, pas encore la émistre portée. s Serieaiei^ oe^ont ses
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— &i —
compatriotes, et Alexis est mêmejson condisciple ; il a été élevé, comme
lui, aux frais de l'évêque d'Arras.
Par le fait de cette connaissance, Bernard et Alexis se trouvent en
contact avec les hommes de la Révolution. Ceux qu'ils ne voient pas,
ils en entendent parler. Les événements leur sont racontés on bien ils
y assistent. Ce n'eat pas assez qu’ils en restent .les témoins, ils en
sont les victimes : Bernard -est arrêté, .pour avoir désapprouvé les
crimes commis.; Alexis* qui s'était toujours destiné au sacerdoce, et
qui ne pouvait consentir à être ordonné par un évêque assermenté*
s'est rendu ;en Angleterre pour recevoir les saints ordres de la main
d'un prélat émigré. Puis il est revenu en France exercer son minis¬
tère auprès de 9es infortunés compatriotes. 11 est livré par le dis d'un
révolutionnaire mourant qu'il venait de consoler et d-absoudre..Heu¬
reusement, lès deux beaux-frères sont délivrés à temps.
La partie imaginaire de oe récit est si peu accentuée qu’on ne peut
le considérer comme une nouvelle. Elle sert uniquement de prétexte
aux portraits de personnages saillants, à la narration de grands évé¬
nements : le 10 août, la mort du Roi, la mort de la Reine. C'est vérita¬
blement de Thistoire .popularisée, instructive* sans être [appliquante,
et qui convient à merveille à la généralité des lecteurs.
LE CAISSIER PETERS, OU LA NÉMÉSIS CHRÉTIENNE {cent récits
nouveaux); par Charles de Travanet; 1 vol. in-8 de 189 pages, avec
2 gravures. — ftrix : 1 ir. 50.
Le caissier Peters est un homme honnête par principes, mais qui, à
la suite de dérangements de conduite, et surtout des mauvais conseils
du teneur de livres de la maison où il est employé, se trouve entraîné,
de complicité avec cet homme, à dévaliser la caisse. 1
Peters, dévoré de Remords, passe en Amérique et se livre à d'in¬
cessants travaux. R parvient à rembourser les sommes volées. La con¬
sidération générale l'entoure dans sa nouvelle patrie. Ses charmants
enfants le comblent d'affection et de respect. Cependant il reste tou¬
jours malheureux par les déchiremeuts de sa conscience.
Ce n'est pas la seule [torture qui le poursuive, en punition de sa
faute. Son misératble combine, voulant éch a pp e r & la justice qui4e
recherche pour un nouveau crime, se réfugie chez lui, le menace de
révéler le faial secret, J'oblige à Lui donner l'hospitalité, à satisfaire
tous ses caprices, le ruine et l'enveloppe dans son déshonneur.
Enfin, ara «mi véritable, auquel il confie sa déplorable histoire, Meut
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Go e
— 92 —
à son secours de la manière la plus efficace. Mais Peters ne peut sur¬
vivre longtemps aux émotions de son existence. « Son âme s'en va
dans le sein du Seigneur, réconciliée avec le monde, réconciliée avec sa
conscience, réconciliée avec Dieu. »
Il y a des scènes dramatiques et saisissantes dans cette Nouvelle,
dont l'impression ne peut être que salutaire. Elle fait vivement sentir
les terribles conséquences d'une première faute. Toutefois on désire¬
rait que le sentiment religieux eût une part dans les remords de Peters
et dans l'existence de sa jeune famille. C'est seulement au dernier mo¬
ment qu’il en est question, comme nous l’avons indiqué ci-dessus.
La petite Nouvelle qui termine le volume ne nous laisse pas le même
regret. La pauvre mère à qui des misérables ont enlevé son enfant, est
d'une foi, d'une piété touchantes.
Le héros de cette histoire, le fidèle Ali, est un simple chien, mais un
chien dont la fidélité pourrait faire honte à bien des hommes. C’est lui
qui retrouve sa petite maîtresse, et qui fait rentrer, avec elle, le
bonheur dans la maison.
SAINT-CLOUD, patron des cloutiers, par M. René de Samt-Maurts ;
une brochure in-18 de 20 p. — Prix: 15 c.
Cet opuscule appartient à une collection intitulée : les Saints de Vate~
lier . Inutile de dire que saint Cloud y figure, comme patron des
cloutiers, non à cause de sa profession, mais à cause de son nom.
M. René de Saint-Mauris raconte brièvement et en bon style
l'histoire de Clodoald ou saint Cloud, ce fils de Clodomir, qui, après
avoir échappé au massacre commis par ses oncles Childebert et
Clotaire, trouva dans la vie monastique une plus belle couronne et
dans le ciel un trône plus splendide que ceux qui lui avaient été ravis
par une jalouse fureur.
Sans faire étalage de science, M. de Saint-Mauris a puisé aux
meilleures sources, pour composer ces quelques pages qui se lisent
facilement et instruisent salutairement.
(Pour les trois articles ci-dessus, d'après le Bulletin des publications
populaires .)
LA RELIGION EN TABLEAUX ou grandes images catholiques, collection
de 40 gravures sur pierre, hauteur 65 centimètres, largeur 45 centimètres,
composée par le R.P. Lacoste et exécutée sous sa direction par notre meilleur
artiste lithographe à la plume, M. Collette ; la collection en feuilles. —
Prix: 8 francs.
Cette collection n'est pas seulement une œuvre d'art, exécutée avec
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Google
— 93 —
une intention pieuse, c’est une instruction lumineuse et solide sur
l’ensemble des vérités, des dogmes et des mystères de la religion
catholique.
Il n’est pas de publication plus éloquente pour faire entrer plus
facilement et dans un plus grand nombre d’esprits l’intelligence de
tout ce que la foi nous propose à croire et à imiter.
Voici quelques lignes de l’appréciation de M. L. Rupert sur cette
publication :
« En examinant ces vastes compositions, on ne sait si l’on doit
admirer davantage l’imagination de l’artiste ou le bonheur avec lequel
il a su rendre toutes ses idées. Toutefois, l’admiration qu’inspire le
tableau se change en vénération dès que le cœur des chrétiens a senti,
dans ces œuvres si pleines de foi et d’amour, palpiter le cœur de
l’apôtre. L’apostolat qui du fond de la solitude s’adresse ainsi à tous
les yeux n’est pas moindre que celui qui va porter la bonne nouvelle
aux extrémités de la terre; quel est, en effet, celui qui avec le plus
d’abnégation fait le mieux entendre aux hommes cette vérité qui les
met dans la voie du ciel : « Le bonheur de cette vie est réservé à ceux
qui aiment Dieu et pratiquent sa sainte loi?... *
MANUEL DE GYMNASTIQUE, par C. Vergnes, capitaine instructeur de
gymnastique du régiment des Sapeurs Pompiers de Paris. 1 vol. in-18 de
218 pages, avec 170 figures dans le texte et 4 planches de machines gym¬
nastiques.
La théorie des exercices gymnastiques est exposée dans ce manuel
avec précision et clarté, et la pratique en est facilitée par de nom¬
breuses figures qui représentent les principales positions et les prin¬
cipaux mouvements.
M. Vergnes a en vue trois sortes d’établissements : les écoles pri¬
maires', les lycées et collèges, les écoles normales primaires.
Les exercices destinés aux écoles primaires sont répartis en trois
séries : pour les élèves de neuf ans et au-dessous, pour les elèves de
neuf à onze an, pour les élèves de onze ans et au-deâsus.
Quant aux lycées et collèges, une série est ajoutée pour les élèves de
de douze à quinze ans.
Enfin pour les écoles normales primaires, l’auteur indique un cer¬
tain nombre d’exercices complémentaires.
Les dernières séries exigent des frais d’établissement devant les¬
quels peuvent reculer beaucoup de personnes. Mais les premières sont
à la portée de tous.
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— 94 —
HISTOIRE POPULAIRE DE LA PRUSSE, par H. A. de Lamothe. I roi.
in-12 de 172 pages, 1871. — Prix : 1 fr. 50 c.
Un écrivain français se faisant, dans les circonstances présentes,
historien de la Prusse, avait devant lui deux écueils. Inspiré par le sen¬
timent patriotique, il pouvait se préoccuper uniquement d’accabler, de
déshonorer la nation ennemie, et sacrifier l’histoire à l’acte d'accusa¬
tion, peut-être au pamphlet. Ou bien, en visant par trop à la gravité et
à la dignité du récit, il pouvait enlever à son ouvrage le caractère
d'actualité qui en fait l’attrait principal, aux yeux surtout du lecteur
populaire.
M~ de Lamothe a très-heureusement évité ees deux écueils.
Sans doute, il est loin de dédaigner les armes que la pure vérité
historique lui fournit contre l’insolent vainqueur. Ce n’est pas sans une
satisfaction assez légitime pour se dispenser d’être secrète, qu’il fait
ressortir les caractères propres à la formation de la Prusse : « la civili¬
sation des Prussiens est née d’une double barbarie; leur royaume a été
le fruit d’une triple apostasie ; * ou les couleurs dont Sain-Simon se
servait déjà pour peindre les Hohenzollem : « race étrange, roide
d’allures, f mais souple cTesprit, au cœur pieux, aux maèneprenante** Où
trouver cette bizarre combinaison d’un esprit froidement positif avec un
mysticisme qui voit Dieu partout, surtout dans les affaires prussiennes,
et qui ne fait rien sans le mettre de part? Croire à sa mission est une
manière vraiment royale de se débarrasser de ses scrupules. »
Mais il sait aussi mettre en relief les qualités nationales que nous
ferions bien de nous approprier, au lieu de chercher àles ridiculiser, avec
notre incurable Légèreté : » Pauvreté, travail, discipline, obéissance
passive chez les soldais* instruction et émulation chez les chefs. *>
Enfin, après nous avoir montré les causes de l’agrandissement de la
Prusse, il nous fait entrevoir celles de sa prochaine décadence.
Ce livre est bien fait, bien pensé, et, dans sa médiocre étendue, il
unit la valeur morale à l’intérêt historique.
( Pour les ouvrages cirdessus, d'après le Bulletin des pubUcations\
populaires.)
— 62 T***%A
( Google
BBLLETIN SOMMAIRE
DBS.
PUBLICATIONS RÉCENTES
Année <séoobaphiqd»,, wvtuv aasnMll#
ëm voyages do tarte et de mer» par Vi¬
vien de Saint-Martin.^* fef 10 e année» (1830k-
1*871). 1 vol. in-12 de 486 nages» Prix t
Ztr.b*
Apparitions fropkétiqubs d’une* âme
’ dU purgatoire par hauteur des • Voix pro¬
phétique*. n t tuf. fti-ftV Prix : 50 o»
Bourgeois Jet Ouvriers, en les inéga¬
lités de la fortune; par un socialiste et
' pat un homme de bon sens. 1 vol. in-18
de 140 p. PHx f 80 o.
Chrétien à l'École de sain? dos mn
{!*) pendant le mois de mars, par l’au-
fscrr des Avi* spirituels. * f vci. in-32 de
401 p. Prix i t fr. 25
Code manuel des lois civiles, et bc-
" cLÉsiAstiques, par Armand Ravelet. 1 vol.
Prix: tfr. »
CONCORDANCE DE TOUTE8 LES PROPHɬ
TIE» jusqu’au règne de Henri V.’ 1 vol.
i*»12. Prix î 2‘fr. >»
Critiques ET RÉFUTATIONS. îf.. Henri
Màfthi et son Histoire de* France, par
Henri de LépinwB. I vol. in-12 de* 480 p.
. Prix s- 8 fri 60
Deuxième armée de la Loire (la), par
legénéral ChanBy ; campagne del£ttM871.
1 vol».in-12 de 640 p. Prix; 4- l fri »
Deux mois dm prison sou* la Corsi-
SSURE, puivi de détails authentiques sur
* l’amaasinat de Mgr l’archevêque de Paris,
. par le Père Perny, l’un de* otages de la
Commune. I val. iû-H4 de 220 p; Prix :
1 fri s
Enfant de la. première communion, et
tôt» les âge* de ta vie- à l’école de la
. Mère de Dieu, par J’abbé Debeney. 1 vol.
pM8. Prix : 2 fr. »
N'A LE (le). Deuxième partie, du 31 octobre
1870* «a { 2» janvier 1871*,. par M. Jules
Favre; de 1 T Académie française, fvol. in-8°.
Prix : 0 fr. s
Grand pape et le grand roi (le),
1 dernier met des prophéties ; nouvelle édi¬
tion. f vol. in-lit. rrir : î fr. »
Guerre des frontières du Rhin 1870-
1 187 F, per Servît de Larolause, colonel dn
‘ !•»' lanciers. 2 vt)l‘. in-8*- aveu 9 planches.
Prix î 16 fri »
fiEWtf V, l'Église et la Révolution ;
1 par l’auteur de « De la République et des
Bonrfaene. * t vah im»f& de 404 p. Prix :
t fr. 50
f Henri V et la Monarchie tradition-
kbile, nouvelle éàitiom ornée d’un por-
) trait». 1 vol. iU-1#de téfcp.Pr» t 60 o.
1 Histoire de la diplomatie du gou-
' VHHNEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE,
f par Jb ValAny* 2 soi. in-E* Prix : 12 fr. »
Htoronrft de la p t o cw e sous la Com-
■ MUNH, par A. Gagnière. 1 vol. in-12. Prix :
3 fr. 50
HtSTOVEE de l'économie politique des
anciens peuples de l’Inde, de- FËgypte, de
la Judée et ee la Grèce, pat du. Meeml-Ma-
rignj. 2 vol. in-8°. Prix v 10 fr. »
4 Histoire dm l’éloquence satine de¬
puis les origines de Rome jusqu’à Cioéron,
par Victor Cucheval, professeur de rbéto-
j rique* 2 vol. in.-18 Jésus. Prix : 7 fr. »
Histoire du concile du Vatican, par
Mgr Manning. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr. »
Histoire universelle (abrégé chrono¬
logique), par Mgr Daniel ; nouvelle, édition
continuée jusqu'en 1815 par M. Ch, Marie.
1 vol. in-12 cartonné de 600 p. Prix :
3 fr. 50
Enquêta rAuummuss nm l'insur¬
rection du 18 mars» publiée pat l’as¬
semblée nationale. Rapport* et Dépositions.
2 vol. in-4° épuisé*. Prix : chacun 15 fri »
Essai sue l’organisation du suffrage
universel en France, par 1* marquis
de Castellane. 1 vol. in-8°. Prix : 5 fri »
France et ca Prusse avant la
«verbe (la), par 1* duo de Gvsaamont, an-
*isa ministre de* affairas étrangères,
t Vol. in-8°. Prix : 8 fri »
Gouvernement de la défense natio-
! Interpré rATioN de l’Apocalypse, par
M. Coze, doyen de la faculté de Strasbourg.
1 vol’, in-12 de 300 p» Prix : 2 fr. »
t Journal d’un diplomate en Italie y
1859-1862, par Henri d'Ideville. 1 vol.
1 in-12 de 330 p. Prix : 3“ f¥. 50
-, Lendemain de la mort (le) ou la vie
" future selon la science par Louis Figuier.
4** édition, i vol. in-12 de 470 p. Prix :
3 fr. 50
Lettre a un catholique suisse sur
la liberté religieuse des catholiques, par
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Mgr l’évêque d’Orléans ; in-8°, 30 p.
Pnx : 80 c.
Lettres à un jeune homme sur la
vie chrétienne, par le R. P. Lacordaire.
1 vol. in-64 de 280 p. Prix : 1 fr. 25
Lettres diplomatiques; coup d’œil
sur l’Europe au lendemain de la guerre,
par ***. 1 vol. in-18. Prix : 2 fr. »
Lettres du grand prophète; l’his¬
toire prédite et jugée par Nostrsdamus.
1 vol. in-8°. Prix : 6 fr. »
Lettres militaires du siège; par
T. Colonne Ceccaldi, lieutenant colonel de
1 a garde nationale. 1 vol. in-18. Prix :
2 fr. »
Limites du suffrage universel (les) »
philosophie et législation ; par A. Rondelet*
1 vol. in-18. Prix : 2 fr. »
Mois de Marie de Notre-Dame de
Lourdes, par Henri Lasserre. 1 vol. in-12.
Prix : 2 fr. »
Mon cher petit cahier, journal d’une
jeune ouvrière. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr. »
Monsieur Jules Simon, ministre de
l'instruction publique et des cultes; in-8°
de 34 p. Prix : 60 o.
Metz, campagne et négociations,
par un officier supérieur de l’armée du
Rhin. 4® e édition. 1 vol. in-8° de 510 p.
Prix : 7 fr. 50
Ni fanatiques ni lachbs. lettre à
M. l'abbé Michaud, par l’abbé Bernard.
1 vol. in-12 de 110 p. Prix î 2 fr. »
Orléans, par le général Martin des Pal-
lières. 1 vol. in-8° orné de trois grandes
cartes. Prix î 8 fr. »
Père Gratry (le), ses derniers jours,
son testament spirituel, par le P. Ad. Per-
raud, prêtre de l’Oratoire. 1 vol. in-8°.
Prix ; 1 fr. 50
Petite Concierge (la), par Mlle Mon-
niot. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr. 50
Pétrole (le), son histoire, sa nature,
ses usages et ses dangers; par A. Du-
paigne, agrégé des sciences. 1 vol. in-18,
Prix : 50 c.
Pékin, Yeddo, San Francisco, voyage
autour du monde par le comte do Beau¬
voir. 1 vol. in-12 orné de 4 cartes et
15 gravures. Prix : 4 fr. »
Pourquoi nous ne voulons pas
d’Henri V* par un légitimiste. 1 vol.
in-12. Prix : 1 fr. »
Prussiens en France (les), par Alfred
d’Aunay. 1 vol. in-12 de 352 p. Prix :
3 fr. 50
Quatre septembre et le gouverne¬
ment DE LA DÉFENSE NATIONALE, déposi¬
tion devant la commission d’enquête. Mis¬
sion diplomatique à Madrid, par le comte
E. de Kératry. 1 vol. in-8°. Prix : 5 fr. »
Quelques mots sur l’instruction pu¬
blique en France, par M. Michel Bréal,
professeur au oollége de France. 1 vol.
m-12. Prix : 3 fr. 50
Récits d’un soldat ; ma première cam¬
pagne, ma captivité, par Georges de
Crambes. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr. »
Réforme sociale en France (la), dé¬
duite de l’observation oomparée des peuples
européens, par F. Le Play. 4 m » édition.
3.vol. in-12. Prix : 6 fr. »
Réforme de l’armée (la), par le co¬
lonel Lewal, du corps d’état-major. 1 vol.
in-8° de 616 p. Prix : 7 fr. »
Saint Joseph, patron dé l’Église
universelle. Opportunité et conséquences
pratiques de cette déclaration. 1 vol. in-12.
Prix : 40 o.
Séances de l’Internationale a Paris
(1m), pendant le Siège et la Commune.
1 vol. m-12. Prix ï 3 fr. »
Siège de Paris, opérations du 13 e corps
et de 1 a 3 e armée, par le général Vinojr.
1 vol. in-8° aveo atlas de 15 planohes
Prix : 10 fr. »
Six mois de captivité a Kœxigsberg,
par l’abbé Camille Rambaud. 1 vol. in-12.
Prix •. 3 fr. »
SOUVENIRS DE L’INVASION PRUSSIENNE
eh Normandie, par le baron Emouf.
1 vol. in-12. Prix : 2 fr. »
Suite de l’Eucharistie méditée par
l’auteur de « l'Eucharistie méditée. > 1 vol.
in-18. Prix î 1 fr. 50
Tombeau glorieux [(le) du serviteur
de Dieu Jean-Marie-Baptiste Yianney, curé
d’Ars, par l’abbé J. H. Ollivier, docteur en
théologie. 1 vol. in-12 de 216 p. Prix:
1 fr. 1
Touchons-nous a la fin du monde*
par l’abbé Soullier. 1 vol. in-12 de 200 p.
Prix : 1 fr. »
Vénérable Anna Maria Taigi (la), et
la servante de Dieu Elisabeth Canori Mora,
par le P. Calixte. 1 vol. in-12. Prix :
3 fr. 50
Voltaire a Cirey, par Desmoiresterres.
1 vol. in-12. Prix: 4 fr. 1
Voix prophétiques (les) ; signes, ap¬
paritions, prédictions touchant les événe¬
ments du xix 6 siècle et la fin des temps,
par l’abbé Curicque. 4 e édition. 2 vol. in-12.
Prix: * fr. »
Voyage en Indo-Chine et dans l’em¬
pire chinois, par Louis de Carné. 1 vol.
in-12 orné de gravures et d’une carte.
Prix: 4 fr. »
Le Gérant , F. WATTEL1ER.
PARIS. — IMPRIMERIE ADRIEN LE CLERE, RUE CA88ETTE, 29.
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Terne VU. — IV. 4.
Avril 18V*.
REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
A NOS RESPECTABLES AGRÉGÉS.
L’un de vous nous adresse la note suivante, avec prière de
vous la communiquer ; nous le faisons avec plaisir et nous se¬
rions heureux d’offrir notre concours personnel pour la réalisa¬
tion d’un si noble projet. Nous transmettrons fidèlement à l’au¬
teur de cette note les communications et adhésions qui nous
seront adressées.
MOYEN PRATIQUE D’OUVRIR IMMÉDIATEMENT LES COURS D UNE UNIVERSITÉ
LIBRE, FRANCHEMENT CATHOLIQUE.
Au lieu de nous en tenir à des plaintes assurément trop fondées, mais
aussi trop stériles, sur les entraves que la loi et les privilèges mettent
à rétablissement d’une université libre, ne vaudrait-il pas mieux
chercher le moyen de tourner la difficulté, et commencer sans retard,
dans les limites du possible, un enseignement vraiment chrétien?
Je crois avoir trouvé la solution du problème : je lai fait vérifier
par des esprits sérieux, et il me semble que vous pourrez la juger
digne d’être présentée à vos respectables lecteurs, qui ont tout à la fois
l’intelligence assez élevée pour comprendre la portée de cette grande
entreprise, et la fortune nécessaire pour en rendre l'exécution immé¬
diate parfaitement facile.
Qu’il me soit permis de faire remarquer d’abord que, dans l’ensei¬
gnement des facultés, Y auditoire est ce qu’il y a de moins important,
pour deux motifs : 1° cet auditoire est nécessairement peu nombreux ;
(dans plusieurs cours, excessivement peu nombreux); — 2* l’audition
seule laisse une trace insuffisante, eu égard à l’importance, à la pro¬
fondeur des matières traitées dans le haut enseignement.
Cette vérité est si universellement reconnue, que les professeurs
font imprimer, ou du moins autographier chacune de leurs leçons.
Cet enseignement écrit, imprimé, va répandre la doctrine du maître
T. VII. 7
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— 98 —
bien au delà de 1’étroite enceinte du local des leçons orales : c’est par
milliers que le professeur compte ses disciples, et c est ainsi que,
lorsqu’il a du talent, il exerce une action, non-seulement dans toute
une nation, mais même à l’étranger et dans les deux mondes.
Cela étant, qui empêdhe de recueillir immédiatement ce fruit prin¬
cipal de l’enseignement d’une université catholique?
Qui empêche de choisir, parmi les notabilités de la science, Jes
professeurs les plus capables de faire honneur à la nouvelle université?
Qui empêche de publier, dans un recueil mensuel, leurs leçons
rédigées comme elles le seraient si l’on pouvait leur donner une chaire
à Paris!
La vraie doctrine aurait ainsi immédiatement ses apôtres et ses
défenseurs, et si la jeunesse chrétienne était contrainte, pour quelque
temps encore, à porter son nom sur les registres officiels et son
argent dans la caisse du monopole, afin d’avoir le droit de passer
l’examen, du moins cette jeunesse pourrait puiser à une source
orthodoxe la science nécessaire, et elle aurait sous la main le contre¬
poison des doctrines athées et matérialistes, qu'elle serait contrainte
d’entendre parfois ailleurs.
•Une revue critique des oours officiels et des principaux ouvrages
relatifs au haut enseignement, aiderait les chüétiem & se prémunir
contre les erreurs plus ou moins universitaires,
Que faut-il pour réaliser æ plan? Une somme relativement
médiocre. Airant de vous adresser cette esquisse de mon projet, j’ai
eu Boin d’étudier, avec quelque maturité, les voies et moyens, et je
suis certain d’aboutir à un résultat complet, avec le concours de
quelques personnes qui feraient l’avance du capital très-modique
nécessaire à la rétribution légitime des professeurs et aux frais d'im¬
pression.
Un enseignement si ardemment désiré trouverait certainement,
dans toute la France, un assez grand nombre de lecteurs pour couvrir
las frais. Mais, en supposant même qu’il faille sacrifier quelques
milliers de francs, que serait-ce en comparaison des frais annuels
qu’entraîne l'université catholique de Louvain, que les fidèles de
Belgique, encouragés par l'exemple et la voix de leurs évêques, ont
su fonder si m&gnfâqpiemenrt et entretenir jusqu'ici. dans toute sa
splendeur?
*Ces cours universitaires imprimés seraient le meilleur moyen de
faire comprendre à tous la nécessité d’arriver par les voies légales â
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— 99 —
la liberté du haut enseignement. Ce serait en même temps une pré¬
paration importante et comme nécessaire, qui permettrait de profiter
immédiatement de la liberté, le jour même où elle nous serait rendme.
Nous recevons communication d’une longue approbation très-
laudative du remarquable ouvrage de M. Labis : le Libéralisme,
la Franc-Maçonnerie et f Eglise catholique. Nous voulions donner
à nos respectables agrégés la primeur de cette approbation mo¬
tivée, adressée à l’auteur par l’éminent évêque de Poitiers, dont
la parole éloquente et autorisée justifie le zèle que nous avons
mis à faire connaître en France l’ouvrage de M. Labis; le manque
d’espace nous force à remettre la publication de la lettre de
Mgr de Poitiers à notre prochaine livraison..
PREMIÈRE PARTIE
OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT N0U8 AVONS ACCEPTÉ
LA PROPAGATION SPÉCULE.
MOIS DE MAB1E des Eglises et Chapelles, lectures familières pour la
sanctification du mois de Marie. — Un vol* in-18 de 248 pages. — Prix:
90 cent. ; pour nos agrégés, 35 cent.
Parmi les ouvrages si nombreux publiés sous ce titre, cehxi-ci nous
a para Pun des plus solides et en même temps très-intéressant ; il jus¬
tifie son titre, car ce sont des lectures familières, simples sans bassesse
ni trivialité, sages et prudentes dans l'expression comme dans la
pensée, mieux écrites que la plupart des productions actuelles. Nous
avons été surpris de ne point voir d'approbation épiscopale : c'est sans
doute un oubli. Ce livre, qui ne porte pas de millésime, est antérieur à
la définition du dogme de l'immaculée Conception : car, en exaltant ce
privilège fondamental de la très-sainte Vierge, le pieux auteur annonce
que notre siècle « semble destiné par la Providence à être celui où la
croyance à l'immaculée Conception de Marie triomphera dans tout
Punivers catholique. « Du reste tout ce chapitre respire une foi ferme
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— 100 —
en ce beau privilège ; il n'y aurait guère qu'à mettre au passé ce qui est
au futur dans la phrase que nous venons de citer. L auteur amène, avec
bonheur, chaque jour, une anecdote, un fait qui confirme ses pieuses ré¬
flexions et ajoute au charme de la lecture. Après avoir apprécié l’esprit
et le style de l'auteur,nous achèverons de donner une idée exacte de son
livre, en mettant sous les yeux de nos lecteurs la table des chapitres.
— I joue. Dévotion à la Sainte Vierge. — But da mois de Marie. — II. Immaculée
Conception de la Sainte Vierge. — Le péohé ennemi de Dieu.—III. Naissance de la
Sainte Vierge. — Le péohé ennemi de nos âmes. — IV. Education de la Sainte Vierge.
— Marie modèle des enfants.—V. Marie dans le Temple.—Modèle de la jeune
fille. — VI. Mariage de la Sainte Vierge. — Modèle de la femme chrétienne. — VII.
L'Annonciation.— Humilité, pureté.—VIII. La Visitation.—Charité envers le prochain.
— IX. Le cantique Magnificat . — Reconnaissance pour les grâces de Dieu. — X. Nos
coeurs deviennent par la communion les temples du Seigneur. — XI. Départ de
Bethléem. — Obéissance. — XII. Naissance de Notre-Seigneur. — Pauvreté.
— XIII. Adoration des bergers.— Silence et recueillement.—XIV. Circoncision.
Adoration des Mages.—Fidélité à la grâce.— XV. La Purification.— Fidélité à
observer la loi de Dieu. — XVI. Fuite en Egypte.—Confiance en la Providenœ.
— XVII. Séjour en Egypte.—Constance au milieu des épreuves. —XVIII. Jésus au
Temple. — Malheur de perdre Jésus. Moyen de le retrouver. — XIX. Vie cachée à
Nazareth.—Vie intérieure. — XX. Les noces de Cana. — Marie modèle des chrétiens.
— XXI. Marie proclamée bienheureuse. —En quoi consiste le vrai bonheur. — XXII*
Saint Joseph et la Sainte Vierge.— Dévotion à Saint Joseph. — XXIII. Marie le
Jeudi saint. —Préparation à la communion.—XXIV. Douleur de Marie pendant la
Passion de Notre-Seigneur. — XXV. La Sainte Vierge sur le Calvaire.— Dernières
paroles de Jésus.—XXVI. Marie faisant le chemin de la Croix.—Origine de cette
dévotion. — XXVII. Résurrection, Ascension, Pentecôte.— Zèle pour la gloire de
Dieu.— XXVIII.Mort de la Sainte Vierge.—Assomption.— XXIX. Rosaire, Scapulaire,
Archioonfrérie. — XXX. Pèlerinages. — Dans quel esprit on doit les faire. — XXXI.
Examen du mois de Marie. — Les fruits.
LA QUESTION DES PRINCES D'ORLÉANS, par le chevalier Gougenot
des Mousseaux. Une brochure de 36 p. — Prix : 20 cent. ; pour les agrégés,
10 cent.
Nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici la meilleure
partie de la préface de l’auteur; cela suffira pour appeler l'attention
sur une brochure qui a une assez haute portée, malgré son peu d’é¬
tendue.
« On nous demande, on nous écrit de tirer à dix mille exemplaires, à bien plus en¬
core, un article de journal qui fit hier quelque sensation, et que cette brochurette re¬
produit, légèrement modifié.
« Oui, le temps presse; car la néfaste temporisation de ces princes, aidée des
puissantes intrigues do la Révolution, décide du sort de notre patrie en portant du côté
des factions qui la déchirent, une partie des forces dont Orléans, — à son immense
avantage et à son éternel honneur, — devrait faire bénéficier le seul prince qui puisse
sauver la France.
u Le seul prince, disons-nous, et pourquoi ? — Parce qu'en lui seul s’incarne le prin¬
cipe politique de notre salut. Mais qui sait aujourd'hui ce que c’est qu’un principe.
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— 101 —
cette règle de croyance commune, d’où sort une action commune , sans laquelle le plus ha¬
bile politique ne peut unir, ni par conséquent gouverner en paix les hommes I
« Qui le sait, dans ce chaos religieux, intellectuel et moral, où nous vivons et dont
la vue lointaine arrachait à Chàteaubriand oe cri d’aigle : la bêtise est devenue une
puissance !
« En tout cas, nommer un prince qui représente le principo de droit national et
d’union, c’est nommer, après Pie IX, l’homme du sens politique le plus élevé, du carac¬
tère le plus ferme, et de l'âme la plus glorieusement honnête. C'est nommer le chef de
la maison de France, dont la cause, Dieu aidant, triomphera le jour où tant d'impor¬
tants, qui se constituent ses conseillers, daigneront accepter ses conseils. »
HISTOIRE DU GRAND ET ADMIRABLE SAINT JEAN, Apôtre et
Evangéliste, de ses miracles, de ses courses apostoliques, de ses écrits, et de
sa glorieuse mort, tirée des livres canoniques, des écrits patrologiques, des
monuments des temps apostoliques et des mémoires mêmes, composés par
les témoins oculaires, avec réfutation des objections, divisée en six livres, par
M. l'abbé Maistre, chanoine honoraire de Troyes, professeur de théologie,
etc- Un vol. in-8 de 425 p. — Prix : 6 fr. net, pour les agrégés, 3 fr. 60,
On ne peut qu’admirer l’ardeur infatigable avec laquelle l’auteur
poursuit la publication des volumes qui constitueront le monument
auquel il a donné le titre de Grande Christologie prophétique et histo¬
rique , philosophique, théologique, archéologique , etc.
Ce nouveau volume forme un tout complet et que l’on peut acquérir
séparément. En rendant compte des ouvrages déjà parus, et notam¬
ment de l’histoire de S. Pierre et de l’histoire de S. Paul, nous avons
fait connaître le plan général du respectable auteur et le soin avec
lequel, tout en faisant usage des traditions contenues dans des ouvrages
qui ne sont pas tous à l’abri de la critique, il prévient le lecteur de la
valeur des témoignages sur lesquels il s’appuie. On sait que la vie du
disciple bien-aimé a été racontée en détail, notamment par Prochore et
Meliton, dont les récits ont été admis dans la Grande Bibliothèque des
saints Pères .
La vie du disciple bien-aimé est peut-être celle dont la lecture est la
plus attrayante. Pour donner une idée de la manière de l’auteur, nous
choisissons, comme citation, le récit du fait qui explique l’emblème ca¬
ractéristique de la coupe d’où s’élève un serpent.
Après avoir raconté comment, à la prière de S. Jean, le fameux temple
de Diane à Éphèse avait été renversé, ainsi que toutes les idoles de la
ville et le temple lui-même, l’auteur continue ainsi :
« A la vue de tels faits, Aristodème, qui était le pontife de toutes ces
idoles et qui était rempli d’un esprit très-méchant, excita un soulève-
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— 102 —
ment parmi le peuple, en sorte qu'une partie du peuple se préparait à
combattre contre l'autre partie. Mais le bienheureux Jean s'adressa à
ce pontife et lui parla ainsi :
— Dites-moi, Aristodème,que dois-je faire pouî calmer l'indignation
qui agite votre âme?
— Si vous voulez que je croie en votre Dieu, répondit Aristodème,
je vous donnerai à boire du poison. Que si vous le buvez, et que vous
n’en mouriez point, il paraîtra évident que votre Dieu est le Dieu
véritable.
— Si vous me donnez à boire du poison, reprit l'apôtre, lorsque
j’aurai invoqué le nom de mon Dieu, il ne pourra me faire de mal (1).
Aristodème lui dit de nouveau :
— Je veux qu’auparavant vous voyiez des personnes en boire et en
mourir sur le coup, afin que de la sorte votre cœur puisse redouter ce
breuvage.
Le bienheureux Jean répondit :
— Je vous Tai déjà dit : je suis prêt à boire le poison, afin que vous
croyiez au Seigneur Jésus Christ, lorsque vous m’aurez vu sain et
sauf, après que j’aurai pris ce breuvage; pour vous, soyez disposé à
croire en mon Dieu, lorsque vous aurez été témoin de ce signe.
En conséquence Aristodème se rendit chez le proconsul et lui
demanda deux hommes qui, pour leurs crimes, devaient subir le
dernier supplice.
Ensuite il les fit se tenir sur la place publique, en présence de tout
le peuple, à la vue de l’apôtre; puis il leur fit boire le poison; ils ne
l’eurent pas plutôt pris, qu’ils rendirent Taine.
Alors s’adressant à Jean, Aristodème lui parla ainsi :
Ecoutez-moi (dit-il), abandonnez cette doctrine, par laquelle vous
détournez le peuple du culte des dieux; ou bien, prenez (cette coupe}
et buvez, afin que vous montriez que votre Dieu est tout-puissant, si,
après Tavoîr bue, vous pouvez n'en ressentir aucun mal.
Aussitôt, à la vue des corps morts de ces deux hommes, qui avaient
bu la potion empoisonnée, le bienheureux Jean avec assurance, et sans
éprouver aucun trouble, prit la coupe (2) (du poison) ; puis, faisant le
signe de la croix, il s'exprima en ces termes :
— Mon Dieu, vous le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par la
(1) S. Isidore (tu Vita B, Joann.) rapporte ces récits traditionnels.— Voir plus loin
d’antres témoignages.
(2) Cette action de S. Jean est mentionnée dans plusieurs auteurs ancien» et
modernes. S. Augustin dons ses Soliloques en parle ainsi :
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— 103 —
parole de qui les cieux ont été affermis, vous à qui toutes choses sont
assujetties, que toutes les créatures reconnaissent pour leur souverain
Maître, à qui toutes les puissances sont soumises, et obéissent avec
crainte et avec tremblement, nous invoquons votre secours, ô vous
au nom de qui le serpent se calme, le dragon prend la fuite, la vipère
se tait, la grenouille venimeuse s’endort (1), le scorpion s'éteint, le
regulus est vaincu (2), et la tarentule cesse de nuire; (vous enfin au
nom de qui) tous les reptiles venimeux, les animaux féroces et tout ce
qui est contraire à la vie de l’homme perdent leur malignité, éteignez
ce poison, détruisez-en les effets mortels, et anéantissez le feu qu’il
renferme en lui-même : afin qu’à la vue de ce prodige^ opéré en leur pré*
sence, tous ces hommes que vous avez créés ouvrent les yeux, et qu’ils
voient, les oreilles, et qu’ils entendent, leurs cœurs, et qu*üs cou*»
prennent votre grandeur.
Il dit : et, s’armant, sur tout son corps, du signe de la croix t il but
tout ce qui était dans la coupe, et, aptès l’avoir bu, il ajouta :
— Je demande que ceux pour qui j’ai bu ce breuvage, se conver¬
tissent à vous. Seigneur, et qu’avec la lumière de votre grâce il
méritent le salut qui est en votre puissance.
Pro tua dulctdme gusfandm,, vanené poculùm Joamme potitcit : t* Dans 1» tue de goûter un
jour votre bonté, l’apôtre S. Jean a ba ie oaiioo dfnn poison mortel. »
S. Isidore d'Espagne, de Morte Sanctorum, c. 33.:
•f Après avoir bu le mortel poison, Jean a non-seulement échappé A la mort, maie il«^
de plus, ressuscité de la mort è la vie ceux que ce poison avait tué», et renversée h
terre. » Bibene lethifemm kauitum mm soimm eoaeit periculum ad eodem ptwêrato» pocxHo in
eüœ reparacit elatum .
Méliton et d’antre» écrivains rapportent le môme fiut- De là cet venue laeoutan» de
représenter St Jean tenant une coupe ou oalioe rempli du venin dm serpent. —A
Rome* dm* l’église de Saint-Jean devant la porte Latine, an montre eneore une coupe
où r selon la tmditton, S, Jean but-Je poiaonqui lui fkt présenté. L'Eglise a oété b ué
■ee feit dans; les hymnes.
Van vaneni superocit, morti, morbie Unpertwii*
« U' a surmonté la force du poison :
U n commandé aras maladies et à là mort eWe-même. p
(Ane. Brev. Rom.)
Eadem in Missaii Hispanido exstent.
On pent voir à ce sujet J. Molanus, de htnghtibar; — Jao.Thomaiius, de Paouto sanelj
Joannà exervilalio; le célèbre André du Saussay, de Pùmôplia eaèerdokdi, l. 8,e. 3,p. ISS;
Orderîeoe, Üi»t. h 2, e. 11. De semblables tnirneles «s Usent dans la Vie de Victor de
Cîlicie* (Martyrologe dfAaikm) et de l’évSque S® binas (S. Btégona de Tours}.
Christophe Àngefut (de Statü Eccletim Qeaeœ) dit qn’un patriarche de Constantinople but
sans en ressentir aucun mal du poison qoo les juifc lui avaient donné. Easèbe (HM. Êod.
». lit, c. «A.) rapports un miracle semblable.
(1) Pline raconte beaucoup défaits extraordinaires au sujet du poison du crapaud ou
1» Ranaeeûata , Hit», turt* U VtU, s. xxxi ? #p L XX XII, c. V.)
(2) Rrgul*n vincifi*. Ce nom de nfjukts fut quelquefois donné au besilic, lequel «fuit
'^quelque analogie avec le dragon.
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— 104 —
Or, la foule du peuple ayant remarqué durant trois heures que Jea
avait toujours le visage gai, sans qu’il eût paru dans ses traits le
moindre signe de pâleur ou de trouble, se mit à crier :
— Le Dieu que Jean honore, est le seul Dieu véritable!
MENILMONTANT SOUS LA COMMUNE, épisodes recueillis par M. l'abbé
Tassy, premier vicaire de Méuilmonlant.Une brochure de26 p.—Prix: 20 c.;
pour nos agrégés, 10 cent.
Dans une lettre adressée à un de ses amis, M. labbé Tassy raconte
ce qui s'est passé dans son quartier pendant la Commune. Voici un
extrait qui inspirera sans doute à nos lecteurs le désir de lire la lettre
tout entière.
« Le 22 mai, je sortis de Paris par la porte de Vincennes en habit ecclésiastique, que
je n'avais pas du reste quitté un seul jour ; j’allai voir mon frère au paro Saint-Maur,
comme je le faisais une fois par semaine ; mais mon intention formelle était de rentrer
ohez moi le soir: les Prussiens y mirent obstacle. Je fis des démarches auprès du com¬
mandant à Fontenay, auprès du oolonel et du général à Joinville et à Saint-Maur pour
obtenir la permission d’entrer dans Paris; ils me répondirent que le gouvernement de
Versailles l’avait expressément défendu. Or, ce même jour, à onze heures du soir, on
vint faire une perquisition ohez moi aveo un mandat d’arrêt et une voiture pour me
conduire à Mazas ; j’aurais été infailliblement fusillé le lendemain : car c’était le moment
le plus critique; c’est alors que les otages furent assassinés en divers endroits de la ma¬
nière la plus barbare. Ainsi les Prussiens, sans le savoir et probablement sans le vouloir,
m’ont sauvé la vie ; ou plutôt, dans les desseins de la Providence, je n’étais pas digne de
la couronne du martyre. On fouilla dans tous mes meubles, on visita tous mes papiers,
et n’aydnt rien trouvé de compromettant, ces agents de police d’un nouveau genre se
retirèrent honteux et confus.
« Le lendemain, mon confrère, M. l’abhé Petit, resté seul dans la paroisse, vu mon ab¬
sence forcée, fit à l’heure ordinaire l’exeroiœ du mois de Marie ; mais tout à coup un
émissaire de la Commune, ceint de son écharpe rouge, s’avance vers lui un révolver k
la main. Les personnes qui assistaient au pieux exercice se placent entre l’agresseur et
le prêtre et donnent ainsi le temps à celui-ci de sortir de l’église par une porte latérale.
H court chez lui, change de costume, et va se cacher dans une maison voisine. Bien lui
en prit: car des gardes nationaux allèrent aussitôt dans sa maison, et, ne l’ayant pas
trouvé, 6e contentèrent de faire une visite à la cave et de boire tout son vin, selon la
bonne habitude de ces illustres défenseurs de la patrie. Ils revinrent ensuite dans l’église,
et, croyant que M. le vicaire y était caché, ils eurent l’audace de tirer dans le lieu saint
peut-être cent coups de fusil 1
« A partir de ce moment, devenus seuls maîtres de ce bel édifioe, ils y entassèrent une
énorme quantité de tonneaux de vin, de viande, de biscuits, de riz et d’autres provi¬
sions; et lorsqu’ils se virent sur le point d’être pris par l'armée régulière, ils défoncèrent
les tonneaux, de manière que l’église fut littéralement inondée de vin mêlé avec toutes
les autres provisions, comme aussi avec des matelas, des équipements militaires, des
fusils, des cartouches et des matières explosibles ; car leur intention bien évidente était
de faire sauter l’église, s’ils en avaient eu le temps.
« Je ne pus rentrer dans Paris que le 28 mai, fête de la Pentecôte, à six heures du
matin. Je traversai la place du Trône, le faubourg Saint-Antoine, la place de la Bas¬
tille, et à chaque pas je rencontrai des barricades à demi renversées, des débris de tout
genre, des cadavres de gardes nationaux couchés daus les ruisseaux. Je dois dire que
bien des soldats et des officiers venaient me toucher cordialement la main et me témoi-
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— 105 —
gner le bonheur qu’ils avaient de rencontrer un prêtre ; de même les habitants du fau¬
bourg éprouvaient une véritable joie en m'apercevant, et me saluaient de la manière la
plus gracieuse. «Vous avez bien raison, leur disais-je, de vous réjouir à la vue d’un prêtre :
• car sa présence au milieu de vous dans cette circonstance est un signe de calme et
« de tranquillité, vous pouvez dire qu’il vous apporte l’olivier de la paix. »
u Ne pouvant encore pénétrer dans le quartier Ménilmontant, où le canon grondait
encore et où se livraient les derniers combats, je me dirigeai vers l’église Sainte-Elisa¬
beth, où j’eus le bonheur de célébrer la sainte messe. Plusieurs cadavres étaient étendus
dans le lieu saint, et parmi oes cadavres on assurait que se trouvait celui du trop fa¬
meux Delescluze. Au sortir de l’église, un lieutenant de l’armée versaillaise courut après
moi pour me prier d’aller administrer un chef d’escadron qui venait d’être blessé mor¬
tellement et qui réclamait les secours de la religion. Je m’empressai d'accourir auprès
de ce malheureux officier, dont je reçus la confession, et & qui je pus donner l'extrême-
onction aveo l’aide d'un vicaire de Sainte-Elisabeth en costume laïque. Le blessé avait
été transporté dans une pharmacie du boulevard du Prince-Eugène (boulevard que les
commun eux ont baptisé du nom de Voltaire, sans doute pour faire la cour aux Prussiens,
dont le patriarche des incrédules s’était fait le vil adulateur) ; les balles et les obus
sifflaient d’une manière effrayante pendant que j’administrais l’infortuné commandant;
il reçut les sacrements aveo d’excellentes dispositions et succomba une demi-heure après,
victime de oette guerre fratricide. Je partis de là profondément ému de la mort de cet
officier encore jeune, et qui laissait une veuve et un orphelin ; mais en même temps
j’étais heureux d’avoir pu exercer une des fonctions les plus touchantes et les plus
utiles de mon saint ministère, et dans une ocoasion si solennelle. Je regrette de n’avoir
pas conservé le nom de ce brave officier et celui de sa ville natale; je voudrais que
cette notice pût arriver jusqu’à sa famille désolée et lui procurer quelque adoucisse¬
ment dans sa juste douleur. »
LA VÉNÉRABLE ANNA-MARIA TAIGI et la servante de Dieu
Elisabeth-Canori Mora, tertiaires trinitaires,avec une notice sur le tiers-ordre
de la Trinité, par le R. P. Calixtb de la Providence, religieux trinitaire,
président du couvent de Cerfroid (Aisne); troisième édition; i vol. in-12 de
417 pages. — Prix : 3 fr. 50 ; net, pour les agrégés, 2 fr.
* Parmi tant de saints personnages qui ont tenu, pour ainsi dire,
dans leurs mains la source d’où s’épanchent sur le peuple chrétien la
rosée divine et la grâce du pardon, plusieurs demeureront à jamais
ignorés jusqu’au jour des grandes révélations; quelques-uns, au con¬
traire, ont été entourés, même de leur vivant, d'un certain éclat qui
servait à faire ressortir les efforts qu’ils ont faits pour s'ensevelir dans
l’oubli. Au nombre de ceux qui paraissent destinés à répandre d’assez
vives lumières sur la conduite de la Providence dans cés derniers
temp9, nous devons placer Anna-Maria Taïgi, morte à Rome le
9 juin 1837. Un décrèt du 8 janvier 1863 la déclare vénérable et intro¬
duit la cause de sa béatification.
Pendant que des factions sanguinaires désolaient l'Italie et le reste
de l'Europe; tandis que les infâmes machinations des sociétés secrètes,
corrompant la masse du peuple, préparaient la ruine de toute autorité,
de tout enseignement divin, et attiraient ainsi sur la terre les ven-
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— 106 —
geances du Ciel, la pieuse femme, animée d'une foi ardente et d’une
humilité sans égalé, se prosternait le iront dans la poussière et gémis¬
sait au pied des autels du Seigneur. Elle appelait sur elle les châti¬
ments mérités par ses frères, et s’offrait à tout instant comme une
victime expiatoire pour la conservation de sa chère ville de Rome et
pour le salut de l'Église universelle.
Autour d'elle les partisans du monde faisaient parade de leur science,
de leurs lumières, des progrès sociaux accomplis de leur temps, des
découvertes et innovations qui doivent, dit-on, illustrer à jamais le
siècle présent; notre Anna-Maria n’avait nullement pris part à ce
mouvement des esprits : néanmoins elle se trouva* tout à coup investie
surnaturellement, par Dieu lui-même, d’une sagesse profonde, de
connaissances universelles qui lui permettaient, non-seulement de
résoudre toutes les difficultés soulevées par la science contemporaine,
mais encore de savoir le passé, l’avenir, et ce qui avait lieu à l’instant
même où elle parlait dans les contrées les plus lointaines, et jusqu’au
fond des cœurs. Ce fut un fait étrange, auquel n’est comparable aucun
de ceux que l’on cite des autres serviteurs de Dieu.
Pendant quarante-neuf ans consécutifs, une lumière mystérieuse,
semblable à un soleil, soffrit à ses regards. Elle y découvrait l’état
des consciences, les révolutions et les guerres, les projets des gouver¬
nements, les conjurations des sociétés secrètes, les fautes des simples
particuliers, les récompenses accordées après la mort aux âmes pures,
et les punitions réservées par Dieu aux méchants. Au moyen de ce
merveilleux soleil, la serrante de Dieu était devenue un docteur, un
théologien, un prophète, un apôtre de charité, au sein de l’Église.
- Voilà ce que Dieu fit voir dans Rome, durant eette longue période
de tempêtes qui a commencé lorsque l’humble Anna-Maria prenait la
voie des saints : Pie VI mourait à Valence, Pie VII était captif à Fon¬
tainebleau. Devant Grégoire XVI la révolution paraissait armée à la
fois du poignard des sicaires, de la plume des diplomates et du sceptre
des rois. On disait que le règne des papes était fini; que la loi du
Christ, que le Christ lui-même expiraient ; que la science aurait bientôt
fait de reléguer parmi les fantômes ce prétendu Fils de Dieu, et da
déchirer ses doctrines, injurieuses à la raison humaine ; qu’il n’aurait
plus de pontifes et ne ferait plus de miracles. Pendant ce temps, Dieu
suscitait cette femme qui guérissait les malades en les touchant de la
main, ou qui les soulevait de leur lit par la vertu de ses prières ; il
lui donnait la connaissance du passé, du présent, de lavenir. Elte*
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— 107 —
annonçait le retour de Pie VII, l'élévation de Grégoire XVI, et voyait
an delà de Pie IX. Elle était la réponse de Dieu à tous les victorieux
du champ de bataille, de la politique et ées académies, réponse faite
tout bas, en confidence, pour consoler quelques amis effrayés, pour
ramener ou affermir quelques âmes. Qu’importe à Dieu la force de la
multitude ? Il désarme une main dans la foule et tout est fait. Il a
suscité Anna-Maria : il ne daigné pas la montrer, il la laisse dans la
poussière de Rome. Elle existe pour ceux à qui il veut la donner
actuellement; c’est assez. EUe ne sortira de F obscurité que par la
mort, et longtemps après la mort. Qu'importe la mort? la leçon d'une
telle vie ne mourra pas ; le miracle est vivant. » (L. V.)
Nous n’avancsarons rien, dit Fauteur, qui ne soit tiré des déposi¬
tions authentiques des témoins, et nous soumettons volontiers notre
modeste travail au jugement infaillible du Saint-Siège, qui peut seul
porter une décision sur les actions héroïques et les dons surnaturels
des serviteurs de Dieu.
Nous osons recommander spécialement à nos lectrices de s’inspirer
des vertus de notre Vénérable; car, puisque nous voyons de nos jours
tant d’infortunées qui se laissent séduire parles artifices du monde, ne
faut-il pas qu’il y ait, d’autre part, au sein des familles, un nombre
toujours croissant de véritables chrétiennes pour élever dans les pria*
cipes de la foi la nouvelle génération qui va nous suivre dans te sentier
de la vie? Anna-Maria. sera réellement pour elles un modèle accompli.
Plusieurs mères de famille, considérant avec effroi la multiplicité
des devoirs qui leur incombent, la difficulté de Tes remplir tous avec
exactitude, se hâtent de proclamer qu’il est impossible, dans leur
position sociale, d’atteindre à la perfection et à la sainteté, et il faut
avouer que leur jugement trouve une sorte de confirmation dans le
petit nombre de femmes qui se soient sanctifiées â la tête (Tune
nombreuse famille, laissant après elles sur la terre un époux qui n’ait
été ni moine ni martyr. Nous vénérons, il est vrai, sur les autels plu¬
sieurs mères chrétiennes, victimes glorieuses des persécutions : une
sainte Félicité,,une sainte Symphorose et d’autres encore; mais elles
vécurent au. temps des martyrs, et toujours elles voyaient levé sur
leurs têtes le glaive des bourreaux.
Parmi les confesseurs de la sainte Église nous trouvons aussi (Tir-
lustres épouses; mais, ou elles ont conservé la virginité dans le
mariage comme Ste Pulchérie, Ste Cunégonde, Ste Delphine deSabran
ei d'autres; ou bien, devenues mères, elles sont demeurées veuves et
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— 108 —
isolées, parce que leurs maris avaient embrassé la vie religieuse, ou
qu'elles avaient elles-mêmes pris Je voile, comme on le raconte, entre
autres, de Ste Françoise Romaine, de Ste Élisabeth de Hongrie, de
Ste Hedwige, de Ste Brigitte, etc.
Anna-Maria sera donc la première, si nous ne nous trompons, qui
ait pu, avec le secours du Seigneur, arriver à la sainteté et aux hon¬
neurs des autels étant mère de famille et d'une famille très-pauvre,
mariée à un homme qui lui a survécu assez de temps pour témoigner
lui-même juridiquement de la vie sans tache et des vertus de sa fidèle
compagne.
La nouvelle habitante des cieux pourra donc être offerte comme un
modèle parfait de sainteté dans Vètat du mariage et de vie religieuse
au milieu du monde .
- » t -
LIVRES DANGEREUX — UNE RÉVÉLATION
DIEU DEVANT LA SCIENCE, ou religions et franc-maçonnerie, par
Edouard Roullieb, M.\ Paris. En vente au Gr.*. O.*, de France, !0, rue
Cadet. Brochure in-18 de 23 p. (On ne dit pas le prix.)
Ceux qui ont lu l'ouvrage de M. de Saint-Albin : les Francs-Maçons
et les Sociétés secrètes { I), que nous avons édité à nos risques et périls en
1867, savent depuis longtemps le fin mot de la franc-maçonnerie. Mais
jusqu'ici on repoussait « comme d'infâmes calomnies * les accusations
terribles portées contre la secte, d’après les écrits authentiques, mais
plus ou moins secrets, de ses docteurs et adeptes.
Enfin voici un frère et ami qui, avec approbation (puisque l’ouvrage
se vend au Grand Orient) jette à bas le masque, et crie bien haut le vrai
but de la franc-maçonnerie, c’est-à-dire la négation absolue de l’exis¬
tence d’un Dieu personnel, et ce qui est plus fort, la négation de la
raison universelle. Lisez les propres expressions de l’apôtre de la
science maçonnique : « Dieu n’est pas un être personnel. Ce n’est pas
un être distinct. Dieu est l’ensemble des lois qui règlent, coordonnent
et régissent toutes choses.
« Il n'y a qu'une seule substance, une seule essence, la matière. Là
(1) Un beau vol. in-8 de xxxvn-519 p. — Prix : 7 fr. ; pour nos agrégés, 3 fr. 50 c.
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est le vrai Dieu : c'est par les mélanges, les combinaisons variées et
nombreuses, les mutations de cette substance unique, que les êtres
naissent, vivent, meurent, pour renaître, revivre, mourir de nouveau et
recommencer à parcourir le même cycle perpétuellement, éternelle¬
ment.
- La matière est le seul être unique, permanent, éternel.
- Le rationalisme et le métaphysicisme n'expliquent rien. La raison
universelle n’existe pas, la morale universelle n’existe pas, la nature
bonne en elle-même n’existe pas. Dieu n’est pas prouvé, l’âme n’est
point prouvée, l’immortalité de lame n'est point prouvée, la succession
des vies futures n'est point prouvée : donc ces deux connaissances, la
théologie et la métaphysique, dont l’objet est de démontrer la vérité de
tous ces problèmes, sont fausses, erronées, mensongères.
- Que doit étudier l’homme î »
1° Les mathématiques, 2° l’astronomie, 3° la physique, 4° la
chimie, 5° la géologie, la minéralogie, la paléontologie, la botanique et
la géologie, 6° la biologie.
L'auteur ajoute quelques lignes pour indiquer l'objet assez connu de
chacune de ces sciences, et il promet que l’homme, lorsqu’il aura à son
école « expérimenté toutes choses, découvert toutes lois, alors il sera
comme un dieu. *
Mais comme l’auteur nous a appris que, pour lui, Dieu n’existe pas,
sa belle promesse encourageante signifie qu’après avoir étudié toutes
les sciences physiques et mathématiques, on arrivera à être comme
quelque chose qui n’est rien du tout.
Cependant il y a encore une autre découverte : l'auteur nous apprend
que « parmi les animaux se trouve l’homme, qui a une existence à
part, qui vit en société, qui est soumis à une loi particulière, la solida¬
rité. « Ainsi, consolons-nous, s’il faut renoncer à nous regarder comme
des êtres intelligents, immortels, nous sommes plus heureux que Dieu,
nous restons quelque chose encore : la science franc-maçonnique voit
en nous... un animal solidaire ou un solidaire animal , comme vous
voudrez.
Par respect pour nos lecteurs, nous passons sous silence les blas¬
phèmes grossiers à l’excès contre Dieu, contre Jésus-Christ et sa très-
sainte Mère. Les principes, avoués enfin bien crûment, suffisent pour
prouver que les bases mêmes de l'ordre social sont attaquas.
Cette fois encore la sagesse de l’Église se trouve démontrée, et les
anathèmes lancés de tout temps contre les sociétés secrètes des francs-
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maçons, et les appels laits aux gouvernements sur les dangers des
doctrines de ces dévots au grand architecte de Puni vers, sont complè¬
tement justifiés.
Comprendra-t-on enfin qu’il est urgent de faire briller la vérité aux
yeux des dupes qui ne voyaient, dans l’association maçonnique, que les
plaisirs du repas de la Saint-Jean, les enfantillages des symboles et des
décorations, et le prestige de la philanthropie? Tous ceux qui veulent
persévérer à croire qu’il y a un Dieu et qu’ils sont des êtres raison¬
nables {c’est heureusement encore l’immense majorité) cesseront de se
laisser oonduire par de tels docteurs, dès qu’ils sauront le but final
auquel tendent ces libres penseurs, malheureusement maîtres de la
majorité des journaux, dans lesquels ite se gardent bien de parler avec
le même cynisme.
DEUXIÈME PARTIE
REVUE
OIS
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
SIXTE-QUINT, par M. le baron as Hiuweb» ancien ambassadeur d'Autriche
à Paris et à Rome, d'après des correspondances diplomatiques inédites du
Vatican, de Simancas, Paris, Venise et Florence. 3 vol. in-8. Paris. —
Prix : 14 fr.
Ce travail n’est pas une histoire dans le sens ordinaire du mot; la
vie de l’énergique réformateur de l’État romain, du pilote habile et
ferme qui, dans les jours de tempête extraordinaire, sut conduire, sans
la heurter aux écueils, la barque violemment battue de saint Pierre,
n’est pas strictement renfermée dans le cadre d’une biographie, ni pré¬
sentée sous la forme régulière d’un récit. On dirait plutôt une laige
enquête historique formée d’une suite de mémoires sur les principaux
événements de ce règne A part entre ceux des souverains pontifes :
l’élection, les mesures de police, les règlements et les institutions de
finances, l’administration religieuse, l’édilité romaine, l’équilibre entre
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— 111 —
l’Espagne et la FYanoe, tons étudiés à nouveau et aux sources mêmes
par M. de Hübner et traités par lui sous oes titres parfois obscurs
mais exacts : le Conclave, Us Bandits, les Monts, l’Aiguile, Us Congréga¬
tions, la Ligue .
Sur tous ces points, M. de Hübner se rencontre presque toujours
dans ses jugements avec M. Ranke ; mais ce que l’un s’était borné à
affirmer, l’autre le démontre par un ample exposé des faits. Et oes faits,
M. de Hübner les a recherchés avec un zèle rare et cette perspicacité
particulière que donne la longue pratique de la diplomatie. Déjà Ranke
avait traité comme elles le méritent les imputations calomnieuses
touchant les intrigues qu'avait, dit-on, mises en jeu le cardinal Mon¬
tait» (ainsi s’appelait Sixte-Quint avant d’être pape), pour parvenir
au trône pontifical ; M. de Hübner, dans une relation très-développée
du conclave dont il s’agit, prouve surabondamment et par le témoignage
des agents que les cours de l’Europe entretenaient alors auprès du SainS-
Siége, hommes d’une finesse et d’une pénétration reconnues et à qui
rien n’échappait, que non-seulement des artifices aussi misérables ne
furent pas employés, mais que c’est faire également injure au rnrdrral
et aux hommes d’esprit dont il était entouré de croire que l’un ait pu
les imaginer et les autres s’y laisser prendre. Le eauiinnl Montait©,
d’abord, n’était rien moine que l’homme cauteleux et diss imulé que
supposeraient les stratagèmes dont on a tant parié. Disgracié par son
prédécesseur, il vivait oomme tel, dit M. de Hübner, a entretenait peu
de relations avec ses collègues, dont ü était plus estimé qu’aimé, et
faisait, en somme, bonne contenance dans la mauvaise fortune.
incapable de s’imposer le silence, parleur abondant qu’il était autant
que caustique, il se faussait aller à critiquer le pape, son gouvernement,
ses favoris ; se vengeait en sarcasmes, ce qui était de la «far nièro im¬
prudence (et les hommes d’esprit sont souvent imprudents) s’il visait
réellement à la papauté, car il aurait dû prévoir qne les grégoriens (les
partisans du pape régnant), la plus nombreuse fraction du Sacré-Col-
lége, lui donneraient infailliblement l'exclusion. > Des deux manières
que l’on connaît de s’avancer dans le monde, la platitude obséquieuse
de-l’incapacité ou l’audace impérieuse du génie, aucuns m’explique la
fortune de fra Felice : il ne rampa ni n’écrasa. « Ce qui explique cette
haute fortune, dit noblement M. de Hübner, c’est qu’il avait des osn-
victions profondes, qu’il s’était, dès le début, lancé dans le courant
religieux dont les fois montaient encore; qu’il s’était enrôlé dans la
grande armée victorieuse de l’Eglise; que ceux qui la dirigeaient de-
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Goc e
vaient recruter des forces, et qu'ils en trouvèrent beaucoup dans ce
petit moine ; qu’ils le firent cardinal en attendant que ses rivaux le
fissent pape, » Ce dernier point est à noter, et il ressort avec une
éclatante évidence des détails parfaitement authentiques où entre le
nouvel historien : non, quoi qu'ait prétendu la légende, ce n'est pas
Sixte-Quint qui s’est fait pape; ce sont ceux qui avaient toujours tout
fait pour empêcher qu'il le devînt jamais. Il put donc légitimement
voir dans son avènement une intervention directe de Dieu et prendre
cette reconnaissante devise : 0 Dieu, tu es mon protecteur depuis le sein
de ma mère !
On sait jusqu’où allaient dans les États pontificaux, à l'avénement de
Sixte-Quint, l'audace des bandits et l’inefficacité dans la répression.
Une circonstance que nous n'avons vu mentionner nulle part ailleurs
que chez M. de Hübner, ajoutait ici à la gravité des faits et leur don¬
nait un caractère odieux: c'est non-seulement que les chefs des bandits
appartenaient aux plus grandes familles et formaient une sorte d’asso¬
ciation avec prime et assurance mutuelle, mais qu'ils étaient en rela¬
tions, dans le Midi avec les Turcs, et au Nord avec les huguenots
d'Allemagne et de France. Le faible et indolent prédécesseur de Sixte-
Quint n’avait osé sévir contre ces scélérats de grand nom qui avaient
des complices jusque dans sa cour. Par opposition au système de
Grégoire XIII autant que par tempérament et par raison, Sixte-Quint
procéda contre eux d’une manière toute différente et sans retard. Le
jour même de son couronnement, quatre jeunes gens, tous de la même
famille, surpris avec des armes prohibées, furent exécutés en place
publique, sans que l’inflexible pontife, en considération de la circon¬
stance qu’on fit valoir pour l’adoucir, consentît à leur accorder ni grâce
ni sursis. Les promesses de ce début significatif furent si bien tenues
qu'en moins d’un an les États pontificaux furent délivrés de bandes
qui les infestaient depuis si longtemps, et que la plus complète sécurité
régnait au sein des villes et sur les routes.
L'ordre matériel rétabli dans l’État, le pape s’occupa d'y faire régner
la prospérité. Les moyens employés témoignaient chez le pontife
d’une entente supérieure (pour son époque) des questions de finances,
et firent de lui le souverain relativement le plus riche de la chré¬
tienté.
Sixte-Quint toutefois se montra-t-il créateur sur ce point! Non, pas
plus que sur d'autres,et notamment en ce qui concerne les institutions
de gouvernement ecclésiastique encore aujourd’hui existantes sous le
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— 113 —
nom de Congrégations, et dont il passe assez généralement pour être
l'auteur.
Il nous reste à parler de la dernière partie du livre, la plus intéres¬
sante pour nous, puisqu’elle traite de la conduite de Sixte-Quint dans
ses rapports avec la France, alors en proie, comme on sait, aux troubles
de la Ligue , mais la plus rebelle, par la richesse des renseignements
nouveaux et des aperçus remarquables dont elle abonde, à l’apprécia¬
tion toute sommaire à laquelle nous sommes condamné. On a beaucoup
écrit sur ce sujet dans les vingt-cinq dernières années : M. de Hübner
nous montre qu’on ne l’avait pas épuisé. Non-seulement, en effet, il y
a mis en lumière de nombreux documents inconnus jusqu’ici et de la
plus haute importance, mais il a pénétré beaucoup plus avant qu’on ne
l’avait fait avant lui dans le secret de la conduite de Sixte-Quint, et
en a montré, au milieu des variations apparentes qu’elle présente, la
réelle et chrétienne unité.
En face des événements si complexes et des révolutions si multiples
qui se passaient alors en Europe et surtout en France, Sixte-Quint,
dit M. de Hübner, poursuivit deux buts : la conservation de la religion
gravement compromise et la conservation de la France à l’état de
puissance de premier ordre. Les moyens qu’il prit pour arriver à ce
double but ne furent pas toujours les mêmes et ont pu sembler extraor¬
dinaires; mais, en fait, ils tendirent toujours au même point. Dans le
principe, le pape voulut sincèrement sauver à la fois la religion et la
France; mais plus tard, quand il put croire avec toute l’Europe que la
France allait passer à l’hérésie par l’avénement du roi de Navarre, il
il se résigna à sacrifier la France pour sauver la religion. De là la bulle
privatoire contre le Béarnais et le resserrement de l’alliance avec
l’Espagne. Mais jalora s’offrait un nouveau péril : la France démembrée
et abaissée, c’était le triomphe de la prépondérance espagnole, la
monarchie universelle et, conséquemment, l’oppression de l : Église, la
perte de la religion I Au milieu de ces perplexités et de ces angoisses,
une étoile de salut apparaît. Tout en acceptant le roi de Navarre, la
France se montre décidée à rester catholique, et le huguenot que la loi
de l’hérédité appelle au trône ne semble pas très-éloigné d’embrasser
la religion du peuple sur lequel il aspire à régner. Aussitôt le pape de
se tourner vers cette aurore inespérée. On l’accuse alors, en Espagne,
de défection, de trahison même. Sans doute, dit M. de Hübner, les
succès de Henri, les suffrages de la France catholique de plus en plus
acquis à ce prince exercent une grande influence sur la conduite de
t. vu. S
— 114 —
Sixte Quint. Mais que fait-il autre chose qu’imiter le tacticien qui
dirige ses opérations d’après celles de son adversaire, mais qui pour¬
suit toujours le même but, celui de battre l’ennemi. Et l’ennemi c’est
le protestantisme et l'ambition de Philippe IL « La vérité est, ajoute
le grave et sage historien, qu’avec des fluctuations, avec des défail¬
lances momentanées, avec un long et héroïque courage, Sixte-Quint a
lutté pour la même cause, celle qu’il n’a jamais désertée, vigoureu¬
sement, constamment, jusqu’à son dernier soupir. C’est l’arbre qui
brave les éléments, qui gémit et ploie sous la furie de l’ouragan,
agite ses branches, perd son feuillage, mais qui se redresse et ré¬
siste. *
On ne pouvait mieux terminer l’histoire de ce grand pontife que par
cette élégante peinture, qui est en même temps son image et celle de
l’Eglise, dont, pour nous servir encore d’une parole de M. de Hiibner,
Sixte-Quint « a bien mérité. »
(D'après le Bulletin des publications populaires.)
LES SOLIDAIRES, par Jean Grange. Une brochure in-32.
Prix : 30 cent.
Voici un petit pamphlet qui est véritablement un chef-d’œuvre.
M. Grange n’est inconnu d’aucun de ceux qui s’intéressent à l’évan¬
gélisation des classes ouvrières. Depuis quelques années déjà, il fait
les beaux jours de l'Ouvrier, l'excellent journal populaire illustré. II a
publié deux volumes de récits et de polémique familière, du plus haut
intérêt (Journal d'un ouvrier. — Notes d'un œmnds+voyageur ). Sa bro¬
chure la Prèlrophobie avait naguère le plus légitime succès. Acclamé
par les juges les plus compétents comme un maître dans l’art d’écrire
pour le peuple, M. Grange vient de se surpasser lui-même dans la
courte et intéressante brochure que nous annonçons. On ne peut guère
espérer que la lecture de ces maîtresses pages ramènent au bien ceux,
qui ont d^à été saisis par l’horrible engrainage du solidarisme. Mais
le nombre est grand des ouvriers honnêtes qui sont sollicités d’entrer
dans cette milice du mal et qui hésitent encore. Faisons-leur lire le
dialogue de M. Grange. Cela est vif, spirituel et éloquent. Cela
montre combien de diverses nuances de l’athéisme et de la maçonnerie
sont non-seulement coupables et odieuses, mais bêtes et ridicules. Ou
je me trompe fort ou ces lignes vigoureuses conserveront bien des âmes
à la religion et à Ja patrie. Aussi est-ce par centaines et par milliers
— 115 —
qu’il faudrait répandre les exemplaires de ce bon et beau livre. (D'après
V Univers.)
HISTOIRE RE SAINT FRANÇOIS DE SALES. 1 joli vol. format
Charpentier très-compact. — Prix franco: 2L fr. 50.
M. le comte de Ségur, auteur d’une histoire populaire de saint Fran¬
çois d* Assise écrite avec un charme et une délicatesse remarquées de
tous, vient de publier une histoire de saint François de Sales qui met à
la portée de tous les esprits et des bourses les plus modestes.i’un des
plus merveilleux types de la sainteté catholique.
Ce livre fera du bien à tout le mondiaux prêtres et aux laïques,
aux hommes et aux enfants, aux âmes indifférentes et aux âmes fer¬
ventes.
BOUTADES, clergé et politique, par M. Elle Redon. Une brochure.
—Prix: 60 centimes.
M. Elie Redon, sous une forme originale et neuve, traite dans cette
brochure de toutes les questions brûlantes du jour, et qui s'imposent
d’elles-mêmes à la discussion. Nous l’avouerons, bien des esprits émi¬
nents ont entrepris de venger le clergé des attaques quotidiennes des
feuilles révolutionnaires: on n’avait pas encore présenté sous une forme
attrayante et populaire des réponses si péremptoires, des arguments si
décisifs et si neufs. M. Redon entreprend de prouver et prouve que le
clergé manquerait à tous ses devoirs s’il ne fustigeait pas, comme ils
le méritent, ces individus qui abusent de leur position sociale pour salir
de leur boue les caractères les plus loyaux et les institutions les plus
respectables. Four donner une idée du style de l’auteur nous citerons
sa conclusion.
- Prêtre, clergé, le fouet en main! Il y a assez de mécréants à fus¬
tiger aujourd’hui! Les coups ne risqueront pas de se perdre! Qu’ils
soient corrigés et qu’ils se convertissent à la vérité!
« Clergé, le fouet en main! pour l’humiliation des insolents et des
impertinents ! Il y a longtemps que nous montrons trop de mansuétude.
L’impunité engendre l’arrogance !
« Clergé, A l’œuvre pour le triomphe du Christ et de la religion l pour
le salut des âmes!
» Vive l’Église!
- Clergé, à l’œuvre pour la résurrection de la fille aînée de i’Églisçd
. ic Vive la France!
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— 116 —
« Clergé, en main les armes de la justice pour frapper à dextre et à
senestre, et d’estoc et de taille!
« On vous croit mort, vivez! Haute la parole de la vérité! Haut le
verbe, pour Famour du Christ, de l’Église et des âmes! Verbum /...
pro Chrislo , Ecclesia et animabus! «
Tous nos lecteurs voudront avoir chez eux cet ouvrage, que la modicité
du prix met à la portée de toutes les bourses ; ils y trouveront des
réponses à tous les arguments de la presse impie contre l’attitude con¬
servatrice du clergé, et, par ses boutades, l’auteur leur fera toujours
passer un bon moment.
Plusieurs prélats français, parmi lesquels Son Éminence le cardinal
Donnet, archevêque de Bordeaux, et NN. SS. de Poitiers et de
Moulins, ont écrit à M. l’abbé Redon des lettres d’approbation et d’en¬
couragement. (D'après le Bulletin catholique de Marseille).
PITCAIRN OU LES SUITES D'UNE RÉVOLTE. Histoire maritime, par
Mme de Gaulle, i vol, io-8 de 160 p., avec une gravure. — Prix: 1 fr. 25.
Doué d’intelligence et encouragé par une mère assez ambitieuse,
Alexandre Smith, fils d’un honnête mécanicien d’une petite ville d’An¬
gleterre, espère trouver la fortune dans la carrière de la marine. Son
père, simple et chrétien, ne parvient pas à le détourner de cette exis¬
tence aventureuse.
Le navire la Bonté, qui emmène Alexandre vers Otaïti, a pour capi¬
taine un homme capable et ferme, mais dur. Un des lieutenants fomente
une révolte, dans laquelle entre le jeune Smith.
Une nuit, le capitaine est saisi, et abandonné dans une chaloupe,
avec seize hommes de son équipage, qui avaient refusé de prendre part
au complot.
Les rebelles se dirigent vers Otaïti, mais la division se met bientôt
parmi eux. Quelques-uns, entre autres Alexandre Smith, quittent
Otaïti avec des femmes du pays, et se retirent à Pitcairn, île déserte
où ils s’établissent.
Là, nouvelles divisions, rixes, meurtres, à la suite desquels Smith
reste seul avec quelques femmes et quelques enfants. Depuis longtemps
les remords le tourmentaient. L’arrivée d’un missionnaire catholique,
auquel, quoique protestant, il ouvre son cœur, achève de le convertir.
La petite colonie reçoit le baptême, et Smith devient le patriarche de
ée petit peuple modèle, et animé de l’esprit le plus chrétien.
Le fond de ce récit est véritable, et l’auteur n’y a ajouté que des
— 117 —
détails vraisemblables et des réflexions utiles et morales. C'est pour
tous une bonne et intéressante lecture.
LES PR1SONN1EBS FRANÇAIS A KALK ET AU GRENBERG,
PRÈS COLOGNE. Journal d’un aumônier des prisonniers français en
Allemagne, par M. l’abbé A. Déblayé, professeur au Petit Séminaire de
Pont-à-Mousson. 1 vol. in-B de 116 p., arec une carte des environs de
Cologne. 1871. — Prix: 1 fr. 25.
Dès le 16 août, une ambulance prussienne s’était établie au petit
séminaire de Pont-à-Mousson, où quelques professeurs seulement
étaient restés avec le supérieur. L’un de ces professeurs était M. l'abbé
Déblayé.
Après la capitulation de Metz, lorsque le théâtre de la guerre fut
transporté loin de la Lorraine, cet ecclésiastique dévoué avait eu toute
facilité de s'accoutumer aux ambulances, en voyant passer dans son
séminaire plus de dix-sept mille malades ou blessés. Il fut alors frappé
des récits douloureux qui circulaient sur la position et l’abandon de
nos prisonniers en Allemagne. U résolut de parvenir jusqu’à ces
pauvres Français. Ce ne fut pas sans peine qu’il réussit, et qu’il passa
trois mois à les consoler et à les secourir, en qualité d’aumônier de
l’ambulance de Kalk et du camp de Gremberg, près Cologne.
On trouvera dans son journal le tableau des souffrances de nos
soldats, du mauvais vouloir opposé à nos aumôniers, et du bien qu'ils
ont pu opérer chaque fois que la moindre liberté leur a été laissée.
Tableau fait avec simplicité, sans aucune animosité, et d’une façon
d’autant plus sympathique que M. l'abbé Déblayé né cherche pas
plus à se poser comme héros du récit que comme écrivain.
RENAISSANCE. CHANSONS DU PEUPLE, par Achille du Clésibux.
i vol. in-18 de 144 p. 1872.—Prix: 1 fr.
La tendance de toutes les pièces qui composent ce petit volume est
excellente. M. Achille du Clésieux dit, dans une de ses chansons, la
Marseillaise de l'Ouvrier :
Ce qu’il faut aimer, vouloir,
C'est Dieu, la France et la famille.
Ces deux vers indiquent parfaitement le but auquel tendent toutes
les Chansons du peuple.
Les unes ont l’acqent du plus pur patriotisme. Les autres célèbrent
les joies de la famille, tantôt avec cœur, tantôt avec une gaieté fami-
itized by
Google
Itère; ou bien encore, elles font ressortir, d’une façon souvent amusante,
les résultats des belles promesses prodiguées su peuple par se» faux
amis. Et tout cela est dominé par le sentiment chrétien.
Il serait à désirer que oe recueil fût accepté par les cUssesauquelles
H est destiné, et remplaçât les chansons par trop popuktcières et non
populaires qui courent nos rues.
(Pour les trois articles ci-dessus, d'après le Bulletin des publications
populaires .)
GE QU'IL NOUS FAUT. Lettre aux paysans par un de leurs frères. In-8
de 22 p. — Prix : 25 cent.
Les malheurs de la France et les dangers de l'avenir suscitent
chaque jour de nouveaux écrivains, empressés de manifester les senti¬
ments que leur fait éprouver une situation pareille, et les remèdes
qu’ils estiment convenables. L'auteur de ce petit et très-bon écrit
aborde franchement toutes les questions du moment, et, s'il ne les
traite point à fond, il a sur chacune d’elles dés idées justes et d'hon¬
nêtes vue3, qui se recommandent d'elles-mêmes. C’est un travail à
répandre dans les ateliers, dans les campagnes, partout où l’esprit du
mal s'efforce de pervertir les saines notions et les principes fondamen¬
taux de la société. Point de déclamation ni d'entraînement, mais un
examen calme des choses, et d’excellentes raisons présentées sous
une forme accessible à tous, et du reste ne manquant point de vie et de
mouvement. La matière étant politique, nous n'en pouvons guère dire
ici davantage. Voici simplement la marche et la division : II nous faut
un gouvernement, si nous ne voulons arriver rapidement à l’état de
la Pologne. Ce gouvernement sera-t-il celui de la République? Non,
et pourquoi. — Quî nous faut-il donc? l’Orléanisme? Non. La Légi¬
timité? Oui. — Chaque point est déve’oppé suffisamment pour faire
adopter les conclusions. Le tout se termine par un tableau de l’état
actuel de fa maison de France. Le partie îa plus développée est celle
qui concerne le gouvernement napoléonien, dont l'histoire nous a paru
fidèlement présentée.
PENSÉES CHRÉTIENNES SUR LES ÉVÉNEMENTS, par Mgr Landr iot,
archevêque de Usinasf nomeliâ édition. 1 vol. iB<-42de’VHt*136 p. — Prix:
1 franc.
L’ouroage de Mgr* Landriet renferme trois discours prononcés
pendant la guerre. L’auiæur ne se laisse pas abattre par les infortunes
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— 1 i 9 —
inouïes qu’il a sous les yeux. Il s’élève au-dessus d’elles; il se réfugie
en Dieu, et s'écrie avec Job : « Quand même le Sauveur m’écraserait,
j'aurais confiance en lui. » Mais il ne se perd point dans ces hauteurs;
il en descend pour sonder nos plaies, pour chercher la cause de nos
défaites, pour supputer les chances que nous avons de guérir et de
redevenir nous-mêmes. Il examine comment se forment et se décom¬
posent les empires, comment se constituent et se désorganisent les
sociétés. Il voit, en particulier, de quelle manière les nations chré¬
tiennes se sont faites si grandes dans le passé, et par quels chemins
elles se précipitent maintenant vers leur ruine. Et il tire de là deux
leçons que nous ne saurions assez méditer, l’une sur la vanité et la
fragilité des biens de ce monde, quand on les sépare de Dieu, leur
principe et leur fin; l’autre sur l’infirmité de la sagesse humaine,
quand on l’isole du grand foyer de lumière qui rayonne d’en haut.
Mgr Landriot a développé cette magnifique thèse avec son érudition,
son éloquence et sa délicatesse ordinaires.
ANNÉE DE MABIE, ou Exercices de piété en l'honneur de l'auguste Mère
de Dieu, contenant, pour tous les jours de l'année, un calendrier historiai,
des réflexions pratiques, aspirations, et, pour chaque mois, un entretien,
d'après le manuscrit d’un moine bénédictin daté de l’année 1745, et mis
au jour par M. Pabbé L.-H. Beaulieu. 4 vol. in-12 de xx, 336^ 402, 500 et
502 p. — Prix : 10 fr.
Cet ouvrage, eu égard au nombre et à la variété des sujets qui^
traite, est peut-être le plus complet que nous possédions sur la sainte
Vierge, après la Summa A urea. Nous y trouvons abrégé tout ce qu'on
a écrit de plus remarquable sur la Mère de Dieu, depuis les temps
apostoliques jusqu’à l’auteur.
Les deux premiers volumes rappellent le culte que l'Église lui a
rendu jusqu’au xvu e siècle, les figures sous lesquelles Dieu l’a an¬
noncée au monde, les symboles de la nature qui parlent d’elle, ses
privilèges ou prérogatives personnelles, ses vertus, ses droits et
nos hommages. Les deux derniers traitent plus spécialement de sa
compassion pour nos misères, de la sollicitude que lui inspire notre
salut, de la manière dont nous devons l’honorer et des fruits de cette
dévotion. Chaque volume aussi, suivant l’époque liturgique, reproduit
quelques circonstances de sa vie. Le quatrième contient d’excellentes
pages sur sa conception immaculée et sur son triomphe dans le cieL
Enfin, le calendrier hi&torial, dont il est fait mention dans le titre.
Google
— 120 —
mérite un éloge particulier. Ce sont de curieuses éphémérides où Ton
trouve des renseignements très-importants sur les sanctuaires de la
sainte Vierge et sur l’origine de ses fêtes. Il y a, dans toute cette
publication, une science théologique profonde, une grande connais¬
sance des saints Pères, une douce et charmante piété.
{Pour les trois articles précédents , d'après la Bibliographie catholique .)
LES ASSEMBLÉES PROVINCIALES SOUS LOUIS XVI, et les
divisions administratives en 1789, par M. le vicomte de Luçay. 1 vol. grand
in-8.— Prix: 6 fr.
Le règne de Louis XVI fut inauguré par des essais de réforme qu’on
ne connaît guère aujourd’hui, ou que l’on n’apprécie pas à leur juste
valeur, sans doute parce qu'ils ont, pour la plupart, échoué en nais¬
sant : crime impardonnable chez nous. De ce nombre et au premier
rang sont les assemblées provinciales, instituées en 1778, sous le
ministère de Necker, mais presque aussitôt abandonnées devant l’op¬
position d’une coalition d’intérêts égoïstes. Les historiens en parlent
peu, et pourtant il y avait là une idée heureuse et qui, suivie avec
persévérance, pouvait nous éviter les bouleversements administratifs
et peut être la Révolution où nous a conduits l’Assemblée constituante,
qui aurait pu, de cette façon, être évitée elle-même. Ces assemblées,
telles que les avait conçues Necker, d’après Turgot, le marquis de Mi¬
rabeau et Fénelon (car l'idée en remontait à son élève et à lui), avaient
pour objet d’unifier et de régulariser l’administration vicieuse du pays,
sans toucher à sa constitution. Elles eussent amené un remaniement
tout intérieur, qui n’aurait affecté en rien notre antique organisation
politique. C’est, dit M. de Luçay dans le savant ouvrage dont nous
avons la seconde édition sous les yeux, l’un des points sur lesquels
Necker insista le plus dans le projet qu’il présenta à Louis XVI : « On
a pris, disait-il, toutes les précautions nécessaires pour que ces admi¬
nistrations sentent continuellement qu’elles ont besoin de se montrer
dignes de la confiance de Sa Majesté, et qu’élles n’ont de force qu’à ce
prix. Ce sont autant de commissaires députés, autorisés par le souve¬
rain à seconder en commun ses vues bienfaisantes, ou à remplir une
partie des devoirs cumulés auparavant dans la seule personne d’un
intendant* »
Les détails du nouveau régime sont curieux à lire ; on trouvait là, en
matière de représentation, bien des choses que la Révolution ne nous
a pas données du premier coup, et avec des garanties que nous ne
Digitized by
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— 121 —
possédons, sur certains points, que d'hier. L'assemblée berrichonne se
composait, en effet, de représentants de toutes les classes, et ceux du
tiers y étaient en nombre double des autres. Elle était en quelque
sorte permanente : car, dans l'intervalle de ses sessions, un bureau, ou
une commission, comme on dirait aujourd'hui, veillait à l'exécution des
résolutions qu’elle avait prises, et devait lui rendre compte de ses opé¬
rations. M. de Luçay a là-dessus des pages du plus grand intérêt his¬
torique, et qu’on peut recommander même à nos législateurs actuels.
La chute de Necker et la réaction qui s'ensuivit dans la marche du
gouvernement, arrêtèrent le développement de cette idée des assemblées
provinciales. La convocation des notables (1789) et la convocation
des États généraux, qui en fut la suite, jetèrent la France dans une
autre voie, et à une réforme modérée substituèrent une révolution
radicale.
Le régime des assemblées provinciales loyalement pratiqué nous
aurait épargné, ce semble, les interminables crises où nous ne
cessons de retomber, et l’on ne peut nier l'influence que, tout pas¬
sager et tout incomplet qu'ait été son établissement, ce régime
a exercée sur l'organisation qui nous régit depuis 1790. Il est certain,
en effet, que la Constituante et les législations qui l'ont suivie ont
toutes plus ou moins emprunté au système des assemblées provin¬
ciales. La constitution de l’an VIII, qui sert encore aujourd’hui de base
à nos institutions locales, en procède directement, selon M. de Luçay,
et ne doit probablement qu’à cela d'avoir vécu plus longtemps que les
autres. N y aurait-il pas à y puiser plus largement encore et à s’en
inspirer davantage î « Assurément, dit M. de Luçay, le système
adopté en 1800, s'il s'est plus rapproché de la perfection que ses de¬
vanciers, a été loin de l’atteindre; nous n’en voulons pour preuve que
les modifications successives et fécondes qu'il a reçues, a
Les législateurs actuels consulteront avec fruit cet ouvrage.
IflES RAVAGEURS. Récits de Toncle Paul sur les insectes nuisibles à VAgri¬
culture, par Henri Fabre, docteur ès sciences, professeur de sciences phy¬
siques et naturelles au lycée et aux écoles municipales d'Avignon. 1 vol. in-12
de 191 p. 1871. —Prix : 2 fr. #
Sous une forme dialoguée, souvent enjouée, l'auteur place dans la
bouche d'un amateur de jardinage, entouré de jeunes enfants, la des¬
cription et l'histoire naturelle des principaux insectes qui vivent aux
dépens des plantes usuelles.
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De temps à autre, un incident adroitement amené, une anecdote
agréablement racontée, viennent à propos soutenir l'intérêt et contri¬
buent à rendre attrayante la lecture fort instructive de ce petit volume.
TRAITÉ SPÉCIAL SUR, LES OSIERS, par Louis Gossin, cultivateur,
professeur d’agriculture à l’Institut normal agricole de Beauvais. 1 vol. in-18
de 84 p., avec figures. 1866. — Prix : 1 fr. 25.
Certainement, le traité spécial deM. Gossin sera utile aux cultiva¬
teurs qui voudraient entreprendre en grand cette exploitation, et qui
pourraient en retirer des avantages, soit en raison de la nature du ter¬
rain dont ils disposent, soit en raison de l'époque peu occupée, à la
campagne, où les osiers réclament les bras des paysans.
Les matières traitées successivement par M. Gossin sont divisées
comme il suit :
1° Culture des osiers; histoire, bibliographie, statistique, commerce.
2° Espèces de saules cultivées pour osiers. (Des figures aident à les
distinguer, en présentant aux yeux la feuille de chaque espèce.)
8° Plantation, culture.
4* Exploitation et première préparation des produits.
5° Oseraies en situation exceptionnelle.
6® Accidents, insectes, maladies à redouter pour les osiers.
(Pour les trois articles ci-dcssus, d’après le Bulletin des publications
populaires .)
VOIX PROPHÉTIQUES, par M. l'abbé Cürtcque. 4* édition. 2 vol.
de 470-55# p. — Prix : 5 fr.
LETTRES SUR LES PROPHÉTIES, par M. l’abbé Chabaüty, 2 e édition.
1 vol. 240 p. — Prix: 2 fr.
M. l’abbé Curicque est arrivé à la quatrième édition de son
ouvrage ; elle est ornée de trois lettres épiscopales, qui en somme sont
laudatives : ce sont des lettres de nos Seigneurs les évêques de Stras¬
bourg, de Poitiers et de Solie, en Grèce. M. Curicque a continué son
travail de collectionneur, et il l’a fait avec la méthode, le discernement
et l’esprit de soumission à l’Église dont il a donné des preuves dans les
éditions précédentes.Mais il s'en est tenu à ses fonctions de rapporteur.
M. l’abbé Chabauty a voulu aller plus loin. Il a entrepris sur l’en¬
semble des prophéties modernes un travail qui demanderait pour sa
perfection un autre et dernier prophète; il a fait la concordance des
prophéties et il a posé la chronologie des événements prophétisés. Si
sa tâche est beaucoup plus ardue que celle de M. Curicque, la manière
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— 123 —
dont il Ta remplie laisse aussi beaucoup plus à désirer. D’abord, il a
eu le tort de mêler à sa thèse principale une réfutation de Nostra-
damus et de son commentateur, M. l’abbé Tomé. Il a eu le tort, ma¬
jeur à nos yeux, de turlupiner jusqu’au calembour M. Tomé, qui le
mérite bien sans dcute, mais dont la culpabilité n’excuse pas le ven¬
geur du bon sens de se livrer à des facéties dans un livre qui conclut,
pour le plus b ef délai, à des catastrophes inouïes, dont la ruine com¬
plète de Paris n'est qu’un épisode.
Puisque nous en sommes au chapitre des reproches, disons tout de
suite que parmi les prophéties visées par M. Chabauty, et dont la
majeure partie est vraiment vénérable, il a eu la distraction d’en retenir
quelques-unes qui ne soutiennent pas la discussion, par exemple, celles
qui ont paru à la fin de 1830.
M. Chabauty a d’ailleurs tracé de main de maître en théologie
quelle est l'utilité et l'autorité des prophéties modernes. Il a donné
pour le choix de ces prophéties des règles excellentes, quoiqu’il n'ait
pas donné toujours l’exemple de les suivre, et enfin il a fait un choix
parmi les prophéties, dans lequel il est impossible de ne pas recon¬
naître des pièces de la plus grande valeur. Il a donné de la prophétie
d'Orv .l, en particulier, un commentaire qui frappe d’évidence le plus
souvent, quoiqu’il ne discute que les événements postérieurs à 1839,
date du premier texte imprimé, tandis qu’il aurait pu s’appuyer sur
le texte de M. Curicque, qui remonte à 1820 et plus haut, texte dont
l’authenticité a été mise hors de doute par ce dernier, dans une dis¬
sertation qui réunit le mérite de la science à celui de la bonne foi*
Ce qne M.Chabauty prend à son tour dans cette prophétie,,ainsi que
les explications qu’il en donne, est vraiment digne d’attention. Mais ce
n’est pas tout, il s’en faut* Sur quarante et une prophéties qu’il accepte
et dont nous oserions au plus retrancher une demi-douzaine, il y en a du
plus haut intérêt et dont l’authenticité est suffisamment établie. Qui
ne vénérerait des noms comme ceux de saint Remi et de saint François
de Pauleî Qui voudrait rejeter ceux du V. Haulzhauser, de la Vén;
Anne Maria Tadgi, de la V. Élisabeth Conori Mora, du V. curé d'Ars,
du Y. Bernard Clautiî Qui oserait mépriser ceux de Marie Lataste,
d’Anne Catherine Emmerick, de la mère du Bourg, de la sœur Rose
Colombe, de l’abbé Souffrant, du P. Necktou, de la Trappistine, de la
steur Nativité, de la 9œur Marianne ? Ce serait une témérité grande,
que, pour notre compte, nous ne voudrions pas encourir.
(D’api'ès P Univers.}
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— 124 —
LA REINE DE MAI, par M. Ecrivisse ; traduit du néerlandais par
M. Emile Y. 1 vol. in-12 de 216 p. —Prix : i fr.
La scène se passe dans une province des Pays-Bas, sur les confins
de l'Allemagne, au poétique village de Geleen, dont les coutumes cu¬
rieuses et peu connues rappellent l’âge d’or et méritaient bien d’être
décrites. Le récit nous reporte au temps des guerres de notre premier
empire, dont cette paisible contrée ressentit si cruellement le contre¬
coup. Une intrépide jeune fille sacrifiant, pour sauver son frère, non-
seulement son repos, mais jusqu’à sa réputation, est l’héroïne de cette
histoire. A côté de ce sacrifice fraternel, un autre sentiment vient encore
occuper une grande place. Il se traduit chez deux rivaux d’une manière
bien différente : chez l’un, par une aveugle jalousie qui cause de grands
malheurs ; chez l’autre, par un respectueux et énergique dévouement
tout à fait désintéressé, et qu’on pourrait appeler chevaleresque, car la
noblesse des sentiments peut se rencontrer dans toutes les classes, et
paraît, aussi bien que la solidité des principes, traditionnelle à Geleen.
Si tous les romans ressemblaient à celui-ci, les esprits les plus pré¬
venus contre eux non-seulement ne les condamneraient pas, mais s'em¬
presseraient de les mettre dans toutes les mains.
(D'après la Bibliog . Cath.)
DE L'ÉDUCATION chrétienne des enfants, par M. l’abbé Justin Vernollrs,
chanoine honoraire de Tulle, curé de Beaulieu, ancien supérieur de
Servières, auteur de plusieurs ouvrages d'éducation. 1 vol. in-12 de vm-456 p.
— Prix : 3 fr.
L’auteur a bien compris toute l’étendue et l’importance de ce grand
acte: l’éducation; c’est, dit-il, la culture et le développement, pour
arriver à toute la perfection possible.
Ainsi l’éducation de l’homme en général sera la culture et le déve¬
loppement de l’homme tout entier, et, comme il y a dans l’homme le
corps, l’esprit et le cœur, une éducation complète embrassera l'homme
dans les principales parties qui le composent et sera par conséquent le
perfectionnement physique, intellectuel et moral de l’homme.
Ailleurs M. l’abbé Verniolles exprime d’une manière encore plus
nette et plus saisissante la même pensée, en analysant une expression
dont rarement on apprécie toute la portée.
cc — Je veux faire élever mon enfant, nous dit tranquillement un père
ou une mère. — C’est fort bien, et votre dessein vous hotvore. Mais
avez-vous bien compris la force et la portée de cette grande parole :
Élever un enfanté Savez-vous la sublime action qu’elle exprime! Save
»
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— 125 —
vous la sainte et difficile mission que vous donnez à celui qui en est
chargé? Élever, — le mot le dit assez, — c'est prendre quelque chose
qui est en bas pour le faire monter plus haut. Élever un enfant, c'est le
tirer de cet abîme de faiblesse et de misère où il est plongé; c'est saisir
sa jeune âme, qui est comme enveloppée de défauts et de vices, et lui
donner la perfection et la vertu dont elle est susceptible. C'est faire
monter cette âme du sein des ténèbres, de l'ignorance et de l'inertie,
jusqu’à la lumière, à la force, à la science de la vie. « L'éducation bien
comprise est un sacerdoce et un apostolat. Cet ouvragé s'adresse aux
prêtres, au père de famille et à la mère chrétienne. Comme le dit fort
bien M. l'abbé Vemiolles, pour qu'un enfant soit élevé chrétiennement,
il faut le concours des parents; et souvent, par ignorance ou prévention,
par insouciance ou légèreté, le père et la mère sont très-insuffisants
pour cette tâche. C'est donc par l'intermédiaire du pasteur et du prêtre
qu'il faut pénétrer dans le foyer et arriver jusqu’au cœur du père et de
la mère. Si leurs devoirs sont mieux connus, et surtout mieux remplis,
quelques jeunes âmes qui auraient péri échapperont à l'abîme.
Nous ne saurions mieux faire apprécier l'étendue et la sagesse du
plan du respectable auteur qu'en donnant le sommaire de9 XIV cha¬
pitres de son ouvrage : — I. Grandeur et dignité de l'enfant. — II. De¬
voirs des parents en général. — III. Instruction religieuse des enfants.
— IV. Devoir de vigilance sur les enfants. — V. Correction des en¬
fants..— VI. Du bon exemple des parents. — VII. Du choix des
maîtres. — VIII. Du rôle du prêtre dans l’éducation chrétienne. —
IX. De la piété dans l'éducation. — X. Éducation religieuse et devoirs
envers Dieu. — XI. Devoirs envers nos semblables. — XII. Des
vices capitaux chez les enfants. — XIII. Principales vertus à cultiver
chez les enfants. —XTV. Des sacrements comme moyens d’éducation.
BU DEVOIR dans les épreuves de l’Eglise, par Mgr Justin Févrb, protono¬
taire apostolique. 1 vol. in-18 dî 126 p.— Prix: 50 cent.
Le petit ouvrage de Mgr Fèvre fait partie d'une collection entreprise
par l'auteur sous ce titre général, Petits Traités pour le temps. On y
parlera du devoir dans les épreuves de la France, de la vocation de la
France, des journaux impies, du concile du Vatican, des enseignements
de la guerre, du protestantisme dans ses menaces présentes, etc. Cette
entreprise est bonne et mérite d'être signalée aux personnes qui se
font un devoir de travailler à la défense de l’Église et de la société,
également menacées par le flot d’impiété et d'immoralité déchaîné sur
notre malheureuse époque. Plusieurs de ces volumes ont même déjà
— 126 —
paru. Nous devons avertir toutefois que, si Ton en juge par celui-ci,
la rédaction n’a point en vue la classe qu’il importerait surtout d’é¬
clairer, celle où l'instruction sérieuse fait défaut. Pour lire le Devoir,
le comprendre et en tirer profit, l’esprit doit être doué de quelque cul¬
ture, et l'intelligence exercée et même nourrie, du moins dans une
certaine mesure qui excède celle du commun des lecteurs populaires.
Voici le plan du traité : l'Église y est considérée d’abord comme
œuvre de Dieu, dans l’histoire sainte, dans sa constitution propre,
dans tout ce qu’elle a fait depuis Jésus-Christ. Dans ses diverses ex¬
pansions et dans tous ses développements elle est, de plus, et par cela
même qu’elle vient de Dieu, l’universelle bienfaitrice des hommes, sans
laquelle les sociétés ne peuvent plus subsister. Ce denrer point est
celui qui répond le plus directement aux préoccupations de l’heure
présente, et c’est par ce côté précisément que le livre de Mgr Fèvre se
recommande à notre attention. Tout ce que le siècle entreprend contre
l’Église, il l'entreprend contre l’humanité, il se frappe lui-même au
cœur. Le jour où il le comprendra, nous serons sauvés. Et la démons¬
tration, les événements seuls 6e chargent de l’imposer aux esprits les
plus vides, aux intelligences les plus distraites. Mais l'Église forme
une grande unité; elle est un corps, et ce corps a une tête, et cette tête,
le souverain Pontife, est devenue le but particulier des attaques de l’en¬
nemi, trop habile pour viser ailleurs en ce temps de centralisation :
nous devons donc, catholiques, enfants de ceUe Église divine, par res¬
pect, par devoir et par amour, mais aussi par le sentiment du péril et
par la plus élémentaire prudence, nous grouper, nous masser autour
de notre chef, et ne souffrir jamais que les blessures l’atteignent.
L’auteur nous indique oes grandes lignes, qui sont la part spécula¬
tive; il y ajoute les moyens, et par là le côté pratique, non moins
essentiel, trouve satisfaction; en sorte qu’on apprend ici à mieux
connaître l’Église, à l’aimer davantage, à se dévouer à elle. Beaucoup
de ces considérations seraient utilement développées en chaire, à la
campagne aussi bien que dans les villes.
Sept excellentes prières toutes de circonstance, c est-à-dire pour les
temps d’affliction, de persécution, de malheurs publics ou d’affaiblisse¬
ment de la foi, terminent le volume.
- Dans l’état présent, ce qui nous épouvante ce ne sont pas nos
maux : Dieu fait les nations guérissables (!) ; ce sont nos médecins, ce
<1) Le savant auteur s'est laissé entraîner & répéter loi une de oes applications finisses
de l’Écriture qui s’appuient sur un mot à mot trop servile de la Vulgate. D’après le oon-
texte, le sens du texte grec, comme le dit S. Jérôme, est ; « Toutes les oréatures étaient
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— 127 —
revenir aux principes de leur égarement} seulement, ils se promettent
de mieux faire. Mais, grâce au problème de la chimie antisociale, le
mieux qu’ils espèrent est toujours un pire, et, pendant qu’ils chauffent
les fourneaux et qu’ils s'inclinent avec joie sur les cornues fumantes,
il se trouve par hasard dans un coin de boutique gros comme un pois
de matière fulminante, et il y a explosion, et la boutique vole en l’air,
avec les fourneaux, les cornues et les alchimistes (p. 21). »
L’image est saisissante : nous prions nos lecteurs d’y réfléchir.
(D'après la Bibliographie catholique .)
MÉMOIRES DU B. P. DE BENGY, aumônier de la huitième ambulance.
4 vol. in-42, 478 pages. — Prix : 2 fr. 50 c.
On a réuni dans ce volume les lettres écrites par le R. P. de Bengy à
son ami le comte Aymard de Foucauld, et une lettre au comte de Fla-
vigny, sorte de rapport sur les travaux de la huitième ambulance. On
y suit le P. de Bengy sur les champs de bataille, dont les désastres ont
amené la capitulation de Sedan, et au siège de Paris, pendant lequel son
ambulance était établie dans la maison des Dominicains, à Arcueil. Ces
lettres, écrites avec simplicité, révèlent des traits d’une foi touchante,
de courage héroïque d’un côté, de dévouement de l’autre. La fin du
P. de Bengy, fusillé le26 mai dernier, ajoute un sentiment de compas¬
sion à l’intérêt qu’inspire la lecture de ces pages,
sont leurs consultations, et encore plus les drogues de leur pharmacie.
Depuis quatre-vingts ans qu’ils s’égarent, ils ne savent jamais que
saines dans leur origine. » Le mot nationes, dans la Vulgate, est mis pour génération
et sanabilêa pour sanaé. Il y aurait une brochure à faire sur ces sens erronés qui. s’im¬
posent même à de bons auteurs. A. E.
BULLETIN SOMMAIRE DES PUBLICATIONS RÉCENTES
Armée (1*) du Rhin, depuis le 12 août
jusqu’au 29 octobre 1870, par le maréchal
Bazaine. TJn vol. in-8° avec 11 cartes et
plans. Prix : 8 fr.
Dx la. procédure civile et des actions
chez les Romains par L. de JCeller, pro¬
fesseur à rUniver&icé de Berlin. Traduit de
l’allemand par M. Capmas, professeur à la
faculté de droit de Dijon. 1 vol in-8°.
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DjépoaunoN8 mta témoins de l’enquête
parlementaire sur 1 insurrection du 18 mars,
classées dans un nouvel ordre par Henri
Amline, l’un des secrétaires de la commis¬
sion. Tom. 1 er , un vol. grand in-18 jésus
de 400 p. Prix : 8 fr.
Dialogues chinois- latins, traduits mot
à mot avec la prononciation accentuée par
le R. P. Perny ; in-8° broché. Prix : 8 fr.
Dictionnaire français-arabe (idiome
parlé en Algérie), contenant : 1° tous les
mots usités pour parler en Algérie, sans
mélange de mots inusités; 2° la prononcia¬
tion indiquée en caractères français d’après
le mode adopté par la commission scienti¬
fique de l’Algérie; 3° leur pluriel; 4° leur
genre ; par Ad. Paulmier, ancien conseiller
à la cour d’appel d'Alger. Ouvrage composé
& Alger et vérifié par plusieurs savants
indigènes. 4 e tirage in-12 à 2 colonnes
de xx-912 p. Prix s 7 fr. 50.
Dictionnaire raisonné du mobilier
français, de l’époque carlovingienne à la
renaissance* illustré de 419 gravures sur
bois, sur acier et sur chromo- iithwmpble,
par M. Viollet-le-Duc architecte. Mise en
vente du 3 e volume. Prix : 50 fr. 11 faut
souscrire à l’ouvrage complet qui se com¬
posera de 6 volumes.
Encrais des jardins et dos champs par
V. F. Leboeuf. 1 vol. in-18. Prix : 1 rr. 25.
Épilogue de l’art chrétien, par A.F. Rio.
2 vol. in-8°. Prix : 15 fr.
— 128 —
Essai de commentaire des fragments
cosmogoniques de Bérose, d’après les textes
cunéiformes et les documents de l’art asia¬
tique, par François Lenormant. In-8° de
576 pages. Prix : 25 frincs. Cet ouvrage
n’a été tiré qu’à 200 exemplaires.
Essai sur les attributions des con¬
seils généraux (loi du 10 mai 1871), par
Pierre Chabrol. 1. vol. in-8°. Prix : 2 fr.
Ethnologie gauloise, ou mémoires
critiques sur l'origine et la parenté des
Cimmériens, des Cimbres, des Ombres,
des Belges, des Ligures et des anciens
Celtes, par Roget de Belloguet ; introduction,
première partie, glossaire gaulois avec deux
tableaux généraux de la langue gauloise.
Deuxième édition, revue, corrigée et consi¬
dérablement augmentée. Un beau vol.
de xxi-450 p. avec ligures d’inscription.
Prix : 9 fr. Tom. II. Preuves physiologi¬
ques, types gaulois et oelto-bretons. In-8°
broché, figures. Prix: 17 fr. Tom. III.
Preuves intellectuelles, le génie gaulois,
oaractèrenational, mœurs, institutions, drui¬
disme, industrie. In-8° broché. Prix : 9 fr.
Histoire des trois derniers princes de la
maison de Condé : prince de Condé, duo
de Bourbon, duo a'Enghien, d'après les
correspondances originales et inédites de
M8 princes, par M. Crétineau-Joly. 2 ma¬
gnifiques volumes in-8° avec autographes.
Prix : 15 fr.
L'administration des États de Bre¬
tagne de 1493, à 1790, manuscrits inédits
de la commission intermédiaire du bureau
diocésain de Nantes et du dictionnaire d'ad¬
ministration de la province de Bretagne,
avec une lettre de M. le Cte de Carné,
membre de l’Académie française, par (N.-L.)
Caron, ancien directeur des subsistances
militaires. 1 vol. in-8 # . Prix : 10 fr.
La chanson de Roland, texte oritique
accompagné d’une traduction nouvelle et
précédé d’une introduction historique, par
Léon Gautier, professeur à l’école des
Chartes; avec douze magnifiques eaux-fortes
par Chitflart et Y. Foulquier, et un fao-
simile. 1 splendide vol. grand in-8* jésus.
Prix, broché : 40 fr. Belle demi-reliure dos
en chagrin doré, plats en papier, tranche
dorée, 46 fr. Tirage sur papier de Hollande,
300exemplaires numérotés. P. broché : 80 fr.
Le droit public romain depuis l'ori¬
gine de Rome jusqu’à Constantin le Grand,
ou les antiquités romaines envisagées au
point de vue des institutions politiques, par
P.Willems, professeur à l’université de Lou¬
vain. Seconde édition, 1872. 1 vol. in-8°.
Prix : 8 fr.
Les asperges, les fraises, les figues, les
framboises et les groseilles, par V. F. Le-
bœuf. 5« édition; un vol. in-18. P. 1 fr. 50
Les tombes royales de Saint-Denis, par
Georges d'Heylli. Nomenclature et histoire
des tombeaux. Extraction des cercueils
royaux en 1793. Ce qu’ils contenaient. —
Les Prussiens dans la basilique en 1871.
Pillages et dévastations, etc. Un vol!
in-18 jésus de 280 p., imprimé par Jouaust
en caractères elzéviriens, aveclettres ornées,
fleurons, etc., une lithographie de la cathé¬
drale, plan intérieur, armes de l’abbaye
et couverture aveo dessins allégoriques.
Prix : 3 fr., tirage à 500 exemplaires.
Les Princes dUrliêans, par Ch. Yriarte.
préface par Edouard Hervé. Un vol. petit
m-8®, aveo 18 portraits. Prix : 5 fr. (Edi¬
tion de luxe grand in- 8° papier de Hollande,
200 exemplaires numérotés, 50 fr. Quatre
exemplaires sur chine, 100 fr. Trois exem¬
plaires sur peau de vélin, 1000 fr. chacun.
Nouveau Dictionnaire complet des
communes de la France, de l’Algérie et
des autres colonies françaises. Préoédé
d’une notice sur la France et de tableaux
synoptiques par M. Gindre de Mancy.
4 e édition, revue, oorrigée et contenant la
liste des oommnnes annexées à l’Alle¬
magne. 1 fort vol. grand in-8° d’environ
1000 pages à deux colonnes, aveo une
carte générale des chemins de fer français,
par Charle. Prix : 12 fr.
Nouvelles Etudes sur les quinquinas,
accompagnées de fao-simile des dessins de
la Quinologie de Mutis,avec remarques sur
la culture des quinquinas, par F. Triano,
membre de la Société botanique de Franœ.
1 vol. in-folio avec 33 planones.
Prix : 70 fr.
Panégyrique de la bienheureuse Jeanne-
Marie de Maillé, prononcé à Tours le
9 avril 1872, par Mgr Freppel. Brochure
in -8 # - Prix: 1 fr.
Pékin, Yeddo, San-Fraxcisco. Troi¬
sième volume du Voyage autour du monde,
par le Cte Ludovio de Beauvoir. Un beau
vol. in-18, enrichi de 15 gravures photo¬
graphiées et de 4 cartes spéciales imprimées
en couleur. Prix : 4 fr.
Travaux d'investissement exécutés par
les armées allemandes autour de Paris,
relevés par un ancien élève d’une école spé¬
ciale, aveo carte d’ensemble et plans. Pre¬
mière partie. 1 vol. in-8* raisin de 100 p.
et un atlas de 14 planches. Prix : 5 fr.
Cette première partie contient le tracé de
tous les travaux prussiens sur les bords de
la Marne, de Gonrnay à Ormesson; la
seconde partie, qui est sous presse, com¬
prendra les travaux d’Ormesson à Ville-
neuve Saint-Georges. L’ouvrage complet
formera huit parties, qui paraîtront succes¬
sivement tous les quinze jours.
Le Gérant , F. WATTEL1ER.
PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE GLEBE, RUE CASSETTE, 29.
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Tome m - IV. 5.
Mal 1899.
REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
A. NOS RESPECTABLES AGRÉGÉS.
Nous sommes heureux de voir nos relations avec vous, res¬
pectables agrégés, devenir de jour en jour plus fréquentes et
plus intimes. Il ne convient point de parler ici de tous les té¬
moignages de sympathie et de bienveillance que nous avons
reçus dans le mois qui vient de s’écouler, soit par des entre¬
tiens, soit par des lettres qui sont pour nous un précieux et
puissant encouragement. Qu’on nous permette seulement d’ex¬
primer ici, en deux mots, notre profonde reconnaissance, et
nous passerons immédiatement à la correspondance relative à
des œuvres du plus haut intérêt.
Le projet de la fondation immédiate d’une université catho¬
lique professant, sinon de vive voix, du moins par écrit, a ren¬
contré de nombreuses sympathies, et nous avons communiqué
ces témoignages encourageants à l’auteur du projet.
De son côté, M. nous apprend que le comité de rédaction
s’assure la collaboration d’hommes aussi remarquables par leur
savoir et leur talent que par la netteté de leurs principes fran¬
chement catholiques.
Ce comité se tient absolument en dehors de la partie finan¬
cière : comme il ne s’agit ici que d’une œuvre et nullement
d’une spéculation, nous donnerons, par correspondance privée,
les explications nécessaires à ceux de nos honorables agrégés
qui voudraient aussi s’associer à cette importante fondation.
L’auteur du projet nous dit qu’il accueille avec empressement
la pensée (que l’un de vous lui a suggérée) de se mettre en
relations avec les autres œuvres analogues, et spécialement
avec l’œuvre de l’Alliance des maisons d’éducation chrétienne.
Le projet d’accorder la faculté de s’abonner séparément à une
ou plusieurs parties du cours était déjà admis en principe;
T. VII. a
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— 130 —
ce qui n’empêche pas de remercier celui de nos correspondants
qui a bien voulu suggérer cette pensée utile. C’est du reste ce
qui avait été pratiqué pour le Journal des cours publics, dont la
première livraison parut en décembre 1820. Chaque cours ayant
sa pagination séparée, on peut former, au bout de l’année, autant
de volumes qu’il y a de matières diverses correspondantes aux
chaires les plus importantes de chaque faculté.
L’exemple entraîne, à ce qu’il paraît, et, de plus, il nous semble
qu’il inspire bien. Le plan d’une université catholique a suggéré
à l’un de nos agrégés un autre plan d’une exécution qui nous
semble plus facile et également d’une haute importance. Nous
ne pouvons en donner aujourd’hui que la pensée sommaire :
c’est l’établissement d’une École pratique de l'art chrétien, la¬
quelle trouverait dans ses produits immédiats les ressources
nécessaires pour couvrir ses frais.
Nous communiquerons l’exposé complet à nos lecteurs dans
la prochaine livraison.
Nous avons promis à nos lecteurs de leur communiquer la
lettre si remarquable qu’un éloquent évêque, Mgr de Poitiers,
vient d’adresser, à son tour, à M. le chanoine Labis, au sujet de
l’ouvrage si bien apprécié par nos judicieux lecteurs qui se sont
empressés de se le procurer.
Notre second envoi est épuisé; mais nous en recevrons pro¬
chainement un troisième, qui nous permettra de répondre aux
désirs de ceux qui n’ont pu encore recevoir ce livre si impor¬
tant. Voici en quels termes en parle le savant évêque de Poi¬
tiers :
Monsieur le Chanoine,
Poitiers, le 14 mars 1872.
Je suis heureux de joindre mon humble suffrage aux précieuses approbations qui
honorent déjà votre beau livre sur le Libéralisme, la Franc-Maçonnerie H VÉglise apos¬
tolique. Dans la mesure où mes travaux m'ont permis de lire cet ouvrage, il m'a
semblé de nature à éclairer beaucoup d'esprits sur les questions les plus actuelles, les
plus importantes, hélas ! souvent les plus mal comprises.
Un même mal travaille la société européenne. PIub ou moins appliqués, les mêmes
principes anti-chrétiens, et partant révolutionnaires, servent de base aux constitu¬
tions, de règle aux gouvernements et d'évangile social aux peuples. Encouragées
par un succès qui date de loin et auquel contribuent, souvent plus que d’autres, ceux-
là même qui le devraient empêcher et qng la logique désigne pour en être les pre-
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— 131
mières victimes, les sociétés seorètes exercent partout leur influence, ou plutôt leur
empire. Où nous en sommes venus, elles ne prennent presque plus la peine de se
cacher, mais se posent hardiment comme l’expression vivante et seule vraie de l’huma¬
nité ; prétendant représenter tous ses droits, droits innés et absolus que l’homme pos¬
sède sans les avoir reçus et dont il ne doit compte à personne, ces sociétés perverses
s’arrogent naturellement tons ses pouvoirs.
Il en résulte qu’elles ne sont plus que la Cité du mal organisée et conjurée pour ren¬
verser l’indestructible Cité du bien, c’est-à-dire l’Église catholique. Vous avez bien
montré, Monsieur, quel amas de ténèbres font ces sectes impies et les doctrines
qu’elleq prêchent. Vous avez fait voir en même temps les titres de la sainte Église à la
foi, à la vénération reconnaissante et à l’amour docile de tous. Vous l’avez heu¬
reusement vengée de tant de calomnies dont on la charge sciemment en spéculant sur
l’ignorance. Quiconque lira vos pages comprendra jusqu’à l’évidence qu’il en est de
l’Eglise comme de celui qui l’a fondée : qu’on les hait tous deux sans sujet ; qu’on
leur rend la haine pour l’amour et le mal pour le bien ; et toute âme droite en con¬
clura que si leur condition est pareille ici-bas, c’est que leur cause est identique, et
qu’en définitive ils sont un comme sont un le Père qui est aux cieux ot le Fils qu’il a
daigné envoyer sur la terre.
Là est le secret de notre triomphe ; de là découlent et le courage qui nous fait com¬
battre et la patience qui nous fait attendre, et cette paix que le monde ne pent ni
ébranler ni même comprendre.
Recevez, Monsieur le Chanoine, l’assurance de mon bien entier dévouement.
f. L. E. Év % de Poitiers .
PREMIÈRE PARTIE
OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOUS AVONS ACCEPTÉ
LA PROPAGATION SPÉCIALE.
LE DIEU D'AUTREFOIS, par Conrad db Bolanden, traduit de l'allemand
avec autorisation. 2® édition. 1872. Une brochure de 48 p. — Prix: 40 cent.;
pour les agrégés* 25 cent.
La forme dramatique adoptée par l'auteur, le charme de la narration,
la grandeur des tableaux, l'élévation de la pensée, tout entraîne et
charme le lecteur.
Un jeune page, le comte de Rhétel, prédit à Napoléon 1 er , persé¬
cuteur du pape, qu'il verra sa puissance brisée à cause de cet attentat.
Dans cette première partie il y a des scènes admirables, où l'on voit
l'orgueil du conquérant confondu par l'inflexibilité de l'humble vieillard,
protégé par la majesté de la vertu et du droit.
En 1864, le même oomte de Rhétel, dans une entrevue à Paris avec
Napoléon 111, prédit au neveu qu'il se brisera comme son oncle en
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— 132 —
s’attaquant à l’Église. Ce long entretien avec Napoléon III n’a aucun
succès ; mais, en 1870, c’est dans le château même du comte de Rhétel
qQg l’empereur des Français, après la honte inouïe de Sedan, remet
son épée au Prussien victorieux : il y a là une scène solennelle et
lamentable.
Le comte de Rhétel vient habiter une maison de campagne, non
loin de Paris, et il voit en frémissant les traces du triomphe des
Prussiens. En apprenant qu’à l’occasion des menées des nouveaux
hérétiques, qui se parent du titre menteur de vieux catholiques, le
gouvernement en Allemagne commence à attaquer l’Eglise, l’espoir
rentre dans le cœur du vieux gentilhomme français. Dans un dialogue
avec des officiers prussiens, il acquiert la conviction que le gouverne¬
ment allemand rêve une Église nationale, et il prédit,pour la quatrième
fois, la chute du pouvoir qui a la témérité de vouloir anéantir la
papauté. - Les insensés I s’écrie-t-il, pensent-ils peut-être que Dieu
fera une exception pour l’empire d’Allemagne t Cette entreprise dans
laquelle ont échoué depuis dix-huit siècles les plus puissants mo¬
narques, l’anéantissement de l’Église de Dieu et de son Vicaire sur la
terre, croient-ils la mener à bonne fin ! le Dieu d’autrefois vit encore !
Attaque donc, fier empire d’Allemagne, attaque I livre l’assaut au roc
de Saint-Pierre, opprime l’Église, et la sentence est prononcée ! »
Nous espérons que nos respectables agrégés répandront par cen¬
taines, autour d’eux, cette excellente brochure.
VIES DES SAINTS pour tous les jours de l’année, selon le Bréviaire romain,
suivies de prières et pratiques à la fin de chaque vie et d’instructions sur les
fêtes mobiles. Nouvelle édition revue, corrigée, augmentée et continuée jus¬
qu'à ce jour, renfermant la vie des vingt-sept martyrs du Japon, celles de la
bienheureuse Marie de l’Incarnation, de la bienheureuse Marguerite-Marie
Alacoque, du bienheureux Joseph Labre, de Marie-Clotilde de France, du
bienheureux Jean Berchmans,ainsi que des martyrs deGorcum.A. M. 0. G.
i vol.in-12 de vu-676 p. — Prix : 3 fr.; pour les agrégés, 1 fr. 75.
La. vie des saints, dit fort bien l’auteur, est l’Évangile pratiqué, selon
l’expression heureuse de saint François de Sales. Ce mot suffit pour
montrer l’autorité du livre que nous recommandons à nos agrégés. Il
suffira de lire attentivement chacune des admirables vies qu’il contient,
non-seulement pour admirer, mais surtout pour connaître et pratiquer
les devoirs et les vertus que commande'le christianisme. Cette lecture
a, dans tous les temps et dans toutes les âmes, produit d’étonnantes
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— 133 —
transformations : parmi les saints eux mêmes, les uns lui furent rede¬
vables de leur retour à la vertu, les autres de leurs progrès dans la
perfection, d'autres de lumières et de grâces soudaines qui ont
marqué les différentes phases de l'œuvre laborieuse de leur sanctifi¬
cation ; presque tous, en un mot, y ont puisé des ressources précieuses
pour perfectionner ce que la grâce avait commencé en eux.
Aussi avons-nous la confiance que les lecteurs chrétiens, qui
ouvriront ces Vies des Saints dans l'espoir d'y trouver des modèles
formés à l’école de Jésus-Christ, éprouveront à leur tour la salutaire
influence que les saints ressentirent eux-mêmes en se nourrissant de3
vertus de ceux qui les avaient précédés dans la carrière. Le titre nous
dispense de dire longuement le but que l’on s'est proposé... Combien
de personnes, même adonnées aux exercices de la piété, n’auraient
pas le temps de faire tous les jours une lecture spirituelle un peu
longue ! Combien d’autres la trouveraient peut-être fastidieuse ! La
jeunesse des collèges et des institutions où Ton a conservé la louable
habitude de lire chaque jour la vie du saint que l'Église honore en ce
même jour, peut-elle consacrer des heures entières à ce pieux exer¬
cice, ou plutôt peut-elle y consacrer autre chose que quelques courts
instants? Ces considérations, et d'autres que nous omettons, ont imposé
la brièveté, sans nuire toutefois à l'instruction et à l’édification que
l'on demande, avant tout, à un ouvrage de la nature de celui dont
nous parlons. Ajoutons quelques mots sur le choix que l'on a fait
parmi tous les saints que le martyrologe mentionne chaque jour de
l'année.
Nous vivons à une époque où la liturgie romaine remplace dans
toutes les églises particulières les autres liturgies, et c'est là, il faut le
dire, un spectacle digne de toute notre admiration, que de voir, au
milieu de tous les éléments de dissolution qui bouleversent notre vieille
Europe, l’Église catholique resserrer de plus en plus les liens de sa
merveilleuse unité, même dans les points qui ne sont que discipli¬
naires. En cet état de choses, l'auteur a jugé opportun de suivre
l'ordre et le choix du Bréviaire romain. Mais comme dans un bréviaire
quelconque il y a des jours qu'on désigne sous le nom de fériés, c'est-
à-dire où l'on ne fait l'office d'aucun saint, en ces jours, qui ne laissent
pas d'être nombreux, l’auteur s'est souvenu que notre France aussi
avait été une terre de saints, et il a présenté les actes des saints
français, conciliant ainsi les tendances actuelles vers l'unité liturgique
et la légitime satisfaction de notre amour pour la patrie et les ancêtres.
— 134 —
DE L’ESPRIT SAINT ET DU MIRACLE, spécialement des résurrec¬
tions de morts, des exorcismes, apparitions, translations, etc., etc.,par J.-E. de
Mirvole (1). 1 vol. grand in-8° de xlvii-486 p., appendices et supplément,
même format 178 p. — Prix: 9 fr. 50 ; pour les agrégés, 4 fr. 25.
Nous avons le bonheur de nous adresser à des lecteurs tous chrétiens
éclairés et pratiquants; aussi l’époque de la Pentecôte, en appelant
spécialement leur attention sur la troisième personne de la sainte Tri¬
nité, les disposera à entendre rappeler avec satisfaction, en ce moment,
le bel et savant ouvrage que son auteur a si justement intitulé : De l'Es¬
prit-Saint et du Miracle.
La lutte de l’esprit du mal contre PEsprit-Saint (disions-nous à l’ap¬
parition de ce volume) a cessé d'être hypocrite et sourde. Ce ne sont
plus les jésuites à robe longue ou à robe courte que l’on combat, mais
c’est à Dieu même qu’on s’en prend ouvertement. Et, comme le miracle
est la preuve par excellence que Dieu a choisie pour attester son exis¬
tence et son action sur le monde, c’est la réalité et la possibilité même
du miracle qu'on s’attache à nier avec un ensemble et une persévé¬
rance trop peu remarqués aujourd’hui.
Aussi cette semence d'incrédulité a-t-elle porté ses fruits, et M. Renan
a pu proclamer son trop réel succès, en des termes <Tune justesse ef¬
frayante. Oui, il a malheureusement le droit de dire : « Nous ne ren¬
controns plus guère d’adversaires assez osés pour défendre le surna¬
turel autrement qu'en thèse générale et en fuyant .Le surnaturel
est devenu comme une tache originelle dont on a honte; les personnes
même les plus religieuses n’en veulent plus qu’un minimum ; on
cherche à faire sa part aussi petite que possible; on le cache dans les
recoins du passé, etc. »
Honneur à l’écrivain de cœur et de talent qui vient de répondre à cet
insolent défi par un livre dans lequel la réalité du miracle est établie
avec toute la force de la démonstration scientifique la plus rigoureuse;
non pas le miracle réduit à son minimum , mais le miracle dans ce qu’il
a de plus éclatant et de plus prodigieux; non pas les miracles cachés
dans les recoins du passé , mais le miracle éclatant dans chaque siècle de
Père moderne et jusqu’à nos jours !
Grâce aux savantes recherches de M. de Mirville, les chrétiens
ébranlés et timides pourront désormais avouer leur foi aux miracles et
{1) Voir sur la couverture de Dette livraison l’indication de Vœuvre complète de
H. de Mirville.
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— 135 —
les défendre hardiment contre les railleries et les négations systéma¬
tiques des athées et des matérialistes. Nous comprenons parfaitement
que ceux qui ont la charge spéciale de veiller sur le dépôt de la foi
aient adressé à l'auteur de vifs témoignages de toutes leurs sym¬
pathies. Comment, en effet, ne pas reconnaître qu’affaiblir la croyance
au miracle c’est ébranler la foi, puisque c’est sur le miracle qu’il a plu
à la sagesse divine cfappuyer toute la révélation !
Ces lignes, que nous écrivions alors dans l’un des principaux organes
du catholicisme en France, n’ont rien perdu de leur à-propos. Nos
graves lecteurs, en voyant s’agiter dans les plus hautes sphères la ques¬
tion radicale du positivisme matérialiste et de la réaKté du surnaturel,
comprendront qu’il importe, plus que jamais, de propager parmi les
lecteurs sérieux l’œuvre magistrale deM. deMirvifle, qui écrase sous
le poids de sa science et de son immense érudition tontes Jes arguties
des apôtres du positivisme matérialiste et athée, dont nous analysions
le catéchisme dans notre dernière livraison (page JA8)-
ES SOUTE POUR LA GRANDE CHARTHEUSE, par SC Georges
Romain. Une brochure in-32 de 64 p. — Prix: 50 c.; pour les agrégÉs, 25 c.
L'auteur, homme d esprit (et qui connaît assez bien l'allemand pour
traduire, avec le tact que Ion sait, l’opinion de M. de Bismarck sur le
gouvernement le meilleur pour la France.cm profit de la Prusse),
M. Georges Romain, se met en route pour la Grande-Chartreuse, avec ‘
m jeune homme, comme on en trouve partout, qui a bon coeur, assez
d'esprit naturel, bachelier et même élève de l’École polytechnique ;
mais, avec tout cela, parfaitement ignorant pour ce qui conoerne la
question capitale,la vérité religieuse, sans laquelle on marche, bon
gaé mal gré, ou socialisme, avec accompagnement de fusillades som¬
maires et de pétrole. La conversation est si spirituelle et çle si bon ton, x
que chacun se trouvera heureux de pouvoir y assister en tiers, sinon
en prenant place dansla voiture de ces messieurs^ du moins en ^coûtant,
dans cette petitjp broabure, un écho fidèle d'an entretien aussi agréable
.qu’instructif.
Verni un échwfiHon ou plutôt xm fragment de la conversation dont
on jouira, en se mettant,, avec Georges .Romain, en joute .pour Jp
Chartreuse,
De Ja question sociale, des propos smPInternationalq, Je socialisme,
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136 —
etc., on arrive naturellement — et bientôt — au fond de la question :
la morale, sa sanction, la notion du devoir. Dieu, ses rapports avec
l’homme, le miracle enfin, preuve essentielle de la révélation.M. Georges
Romain est parvenu à faire reconnaître par son interlocuteur l’existence
du surnaturel.
L'élève de l’École polytechnique en est à se poser cette question :
Jésus-Christ est-il réellement Dieu?M. Georges Romain lui répond
qu’il va bientôt le satisfaire sur ce point ; mais il lui fait observer
d’abord le pas immense qui a déjà été fait, puisque l'on est tombé
d’accord sur l'existence du surnaturel. « Vous avez raison, dit M.
Georges Romain, car môme dans l’ordre physique et scientifique il y a
des phénomènes que la raison ne peut sonder, de véritables mystères.
— C’est vrai, répond son interlocateur, et ceci me rappelle un souvenir de l’École po¬
lytechnique.
« Notre professeur de chimie mettait en contact de l’oxygène et de l’acide sulfureux ;
ces deux corps rapprochés ne se fusionnaient pas, ils restaient séparés. Notre pro¬
fesseur prend de la mousse de platine, la présente à distance convenable, sans la mé¬
langer avec les deux corps précédents, et ceux-ci, comme sous l’influence d’une volonté
supérieure et mystérieuse, se pénètrent et se fusionnent subitement.
« Un de mes camarades, chrétien aussi ferme qu’instruit, demande l’expUcation de
ce phénomène.
— Il n’y en a pas, répond le chimiste ; nous appelons la puissance mystérieuse
exercée par le corps qui fait opérer la fusion des deux autres par ta seule présence, la
puissance catalytique.
— Mais cette puissance catalytique, quelle est-elle? demande mon camarade.
— Un mystère ; c'est inexplicable, répond le professeur.
— Un mystère ! répond l’élève avec une vivacité que je ne m’expliquais pas d’abord,
un mystère! Vous me disiez dernièrement, à propos du christianisme, qu’il était dérai¬
sonnable de les admettre, et voilà que vous en admettez d’un autre genre !
— C’est vrai, réplique le chimiste; j’ai dit que je rejetais le mystère et le surnaturel
en général, en principe ; mais il y a des cas où l’on ne peut les nier, c’est lorqu’on les
voit. Presque toutes les décompositions de l’eau oxygénée, par exemple, sont inexpli¬
cables, et pourtant je suis bien forcé d’y croire, puisque je les vois, comme je crois aux
phénomènes magnétiques sans les comprendre.
— Enfin, riposte mon camarade d’un air triomphant, vous admettez les mystère*, et
vous les admettez dans l’ordre physique, où il semble que, par cela seul qu’on peut voir
et toucher les choses de cet ordre, le mystère en devrait être surtout absent. A combien
plus forte raison devriez-vous les admettre dans l’ordre moral et religieux, cù tant de
choses échappent à notre raison bornée !
— Oui ; mais je vous le répète, reprit le professeur, si je crois à un mystère de la
scienoe, c’est que je le vois ; mais je ne vois pas vos miracles.
— Les premiers chrétiens ont fait comme vous, ils ont cru les miraoles dont ils ont été
témoins, comme la résurrection de Lazare et surtout oelle de Jésus. Ne pouvant expli¬
quer oes phénomènes parles causes naturelles, ils les ont attribués à la puissance surna¬
turelle de Dieu. C’est la puissance catalytique des chrétiens.
« Moi, venu dix-huit siècles après, je crois, non pas de ei*u, le fait de la resurreotion
de Jésus-Christ ; je le crois sur le témoignage historique qui vous porte à croire à la
bataille de Pharsale ou d’Àrbelles. C’est un fait, un fait mystérieux, c’est vrai ; mais
oomment la religion n’aurait-elle pas ses mystères, quand la chimie a bien les siens. »
Voilà le ton de la conversation qui vous fera, chers lecteurs, trouver
bien courte la route qui mène nos causeurs à la Grande-Chartreuse. .
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— 137 —
DU DRAPEAU BLANC ET DE LA PROCLAMATION DE CHAM¬
BORD. { vol. in-12 de 116 p.—Prix: 1 fr.; pour les agrégés, 75 c.
Nous ne saurions mieux faire que de laisser la parole au respec¬
table auteur pour qu’il expose lui-même sa pensée :
« Les manifestes des princes, dit-il, ont toujours éveillé l’attention
publique ; l'opinion de tous se divise à leur égard, excitant tantôt les
haines et les colères, tantôt l’indifférence et le mépris. Depuis 89 jus¬
qu’à nos jours, les manifestes princiers ont été nombreux ; mais tous,
lorsqu’on les considère de près, ont été de vulgaires appels de préten¬
dants, à l’exception de ceux du comte de Chambord. Les plus odieux et
les plus machiavéliques de tous, sont ceux de l’homme de Sedan. Cette
odieuse figure de conspirateur et de parjure, ce César du bas empire
était doué du don de mentir. Ses manifestes suent le mensonge et l’hy¬
pocrisie. Ou il mentait, ou il enveloppait tellement sa pensée que nul
ne pouvait la saisir ni la comprendre. Tous ses discours, tous ses ma¬
nifestes cachent un mépris de l’homme incroyable ; on dirait que ce
César trouvait que l’humanité n’était faite que pour être dupée.
« Cet homme disparu, ses successeurs ont suivi de si belles tradi¬
tions. Pas une proclamation au peuple qui soit vraie, ou qui ne cache
quelque faux-fuyant; pas un discours où la vérité apparaisse dans sa
belle nudité.
« Aussi l’opinion du public saturée de duperies, de mensonges, d’ha¬
biletés de langage, a-t-elle accueilli avec un étonnement d'admiration
les nobles paroles du comte de Chambord. Enfin, s'est-on dit, voilà un
prince qui ne ment pas. Ceux mêmes qui détestent son principe, ses
ennemis de toute sorte, ont rendu hommage à sa loyauté; tous se sont
inclinés avec respect devant lui et l'ont proclamé un honnête homme,
titre rare aujourd’hui, surtout chez les princes qui se sont laissés en¬
vahir par l’esprit astucieux et byzantin du siècle. Ceux qui ont lu tous
les discours et tous les manifestes passés éprouvent à la lecture de
celui d’Henri V le même soulagement que ressent le voyageur qui,
après avoir longtemps cheminé dans l’obscurité et le demi-jour, et dans
des lieux où la poitrine est suffoquée, se trouve subitement transporté
au grand jour et en plein soleil; sa poitrine se dilate, il respire avec
bonheur, et la beauté du ciel, la pureté de l’air qu’il respire lui font
trouver plus noires et plus étouffantes les téuèbres qu’il vient de
quitter. C’est à analyser ce beau manifeste et à dissiper les préjugés
qu’il soulève, que je destine cette brochure. Ai-je atteint mon but! Au
— 138 —
lecteur d'en juger. Dans tous les cas, j’ai accompli ce que je crois un
devoir, car tout honnête homme doit la vérité à ses semblables, et si je
ne réussis pas, ma récompense sera sans nul doute le suffrage de mon
roi et l’honneur de l’entreprise.
LA MONARCHIE LÉGITIME et la monarchie bâtarde, par M. Léon Glas.
Une brochure in-12 de x-34 p.— Prix: 50 c.; pour les agrégés, 40 c.
11 nous est difficile de rendre compte de cette brochure, sans entrer
dans un ordre de questions qu’il ne nous est pas permis de discuter
ici. Nous nous bornerons à deux citations, sans commentaires : elles
suffiront pour faire parfaitement apprécier l’esprit et la valeur de l’ou¬
vrage.
m Au moment où nous écrirons ces lignes, il nous tombe sons les yenx un article
du Constitutionnel sur les exécutions qui viennent d'avoir lieu & Versailles. Nous y
lisons : « La vue de ces trois cadavres étendus, le bruit de cette éclatante expiation, la
première qui soit véritablement à la hauteur de la Commune, l’éclatante leçon que Dieu
nous donne, rien ne peut supporter l’égoïsme froid et calculateur de certaines gens...
Il leur importe peu d’outmger les lois divines et humaines, et d’enrichir le martyrologe
do l’intrigue et de la rébellion; ils veulent assurer leur lendemain... Quelques-uns
ayant toujours besoin de représailles, paraissent désireux de savoir sur qui, l’heure
venue, ils devront frapper..... Leur haine s’égare; quelqu’un est responsable et doit
attiser la revanche des criminels : ce sont oeux qui ont déchaîné la révolution sur notre
pays.
« Est-ce que Ferré fût jamais monté au pouvoir si M. Picard et M. Jules Favre ne
lui en avaient frayé le chemin? Est-ce que si, au 4 septembre, l’autorité légale avait été
respectée, on aurait vu les saturnales de mars? Ceux-là sont responsables qui ont ouvert
Père de la révolte et qui ont réclamé pour leur coup de main l’assistance des incen¬
diaires, des meurtriers et dos pillards.
« Tout est ici saisissant de vérité, excepté ces paroles : leur haine s’égare ; quelqu’un est
responsable et doit attiser la revanche des criminels. Les criminels, s’ils persévèrent dam
le crime, ne peuvent avoir de la haine pour ceux qui leur ont ouvert la voie ; ils u’éprour
vent ce sentiment que oontreceux qui les ont contrariés dans leurs abominables desseins.
Sont-ils repentants? Ils abhorrent leurs initiateurs, mais ils n’ont point de revanche à
prendre contre eux ; tout au plus peuvent-ils demander qu’on les fasse asseoir sur 1#
même banc d’accusés et qu’on les associe à leur punition.
a Mais si tout, ces paroles exceptées, est vrai dans cet article, il n*y a pas toute la
vérité. Elle est entière dan» le principe : Les responsables sont ceux qui ont déchaîné la
Révolution sur notre pays , ceux qui ont ouvert Vire de la révolte. Elle ne l’est pas dans les
oonséquenoes. En effet, pourquoi s’arrêter à M. Picard, à M. Favre, sans oublier
Gambetta? Pourquoi ne pas remonter à 1830 qui a réellement ouvert Vire ds la révo^
lution? Serait-ce parce que le 4 septembre n’a pas respecté Vautorité légale? Mais
1852, 1848, 1830 l’ont-ils respectée davantage? Comment tant d’inlri^uoi, de rtbellions 9
devenues autorités légales, n’auraieut-elles pas inspiré à d’autres intrigues et à d’autre#
rébellions le désir et l’espoir de devenir autorités légales à leur tour ?
« Aussi, pauvres égarés, et vous surtout, partisans de la branche cadette, nous vous
eu conjurons, ne cherches pas à recommencer dans l’espérance d’obtenir de meilleur#
résultats. Vous n’avez pas d’hommes supérieurs à Louis-Philippe, à Casimir Périer, à
MM. de Molé, Thiers et Guizot.
* En auriez-vous, ils ne triompheraient pas de la logique des principes dont on peut
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— 139 —
suspendre la marche, mais jamais l’arrêter, si on ne lui oppose faction des principes
contraires. La France n’est pas née d’hier, elle n’est pas à constituer, et la forme de sa
constitution se trouve dans l’autorité fixée par la loi salique. L’autorité appartient à
fauteur, et c’est la race de nos rois, la plus belle qui existe, qui a formé notre patrie.
Là est la pierre angulaire de la souveraineté qui dépend de Dieu seul : quiconque se
heurtera contre cette pierre sera brisé! En 1830, vous avez pu méconnaître cette
vérité avec une certaine bonne foi. Aujourd’hui vous seriez sans excuse, parce que
vous fermeriez les yeux à cette lumière des faits qui vous montre les révolutions engen¬
drant toujours les révolutions et les filles naissant toujours pires que leurs mères, de
sorte que celle qui s’anndnce n’aura pas d’autre caractère que la haine de tout bien.
Voulez-vous l’empêcher de naître, car la Commune l’a conçue et l’Internationale la
porte dans ses flancs ? Il faut revenir à Dieu et à . ce contrat national primitif, dont
la violation a été si féoonde en malheurs. La prévision de Prudhon se réalise en oe
moment. Toutes les questions ont été agitées, il ne reste qu’à choisir entre les extrêmes,
athéisme ou catholicisme , anarchie on monarchie . Il n'y a pas de place pour le juste-milieu,
entre l’ordre et le désordre.
ÉPILOGUE DE L’ABT CHRÉTIEN, par M. A.-F. Rio. 2 vol. in-8°de
400-476 p. — Prix: 15 fr.
(Nous avons déjà dit un mot de cet ouvrage d après une autre Revue;
mais nous avions promis notre appréciation personnelle : nous tenons
aujourd’hui cet engagement).
M. Rio vient de publier, en deux volumes, l’épilogue de son Art chré¬
tien, et cet épilogue est une autobiographie. Nul ne soupçonnera, je
pense, l’éminent auteur de F Art chrétien d'avoir voulu rompre avec ces
habitudes de rare modestie, qui s accordent si bien avec son talent et
avec sa science ; s'il a écrit son histoire, c'est qu’il a eu des raisons.
« L'origine des impressions et des idées dont j'entreprends ici la revue
rétrospective, « dit-il dans son avant-propos , « n'est éclairée, pour moi
comme pour les autres, que d une lumière crépusculaire qui ne permet
pas de la tracer aussi distinctement que d'autres origines. Mais il est
une autre tâche plus facile à remplir, c'est celle qui consiste à constater
et à apprécier les influences qui ont fécondé ces premiers germes, et,
sous ce rapport, je puis dire que j'ai été placé, pendant quarante années
consécutives, dans les circonstances les plus merveilleusement excep¬
tionnelles. * M. Rio a voulu écrire l'histoire de ces influences, et c’est
pour cela qu'il nous déroule les annales de sa vie. Il s'étudie lui-même,
et il nous permet de prendre part à cette étude, où nous trouverons
plaisir et profit. M. Rio a vécu dans l’intimité d'hommes éminents, chers
à la religion, aux lettres, à la politique : Montalembert, son glorieux
allié dans le grand œuvre de la restauration de l’art chrétien en France;
Lamennais, dont nous suivons, dans le livre de M. Rio, les vicissitudes
terminées, hélas! par une catastrophe ; Gerbet, âme élevée et tendre,
— 140 —
qui savait, à ses heures, transporter dans ses vers cette grâce mystique
et ces beautés un peu voilées que nous admirons dans sa prose, et enfin
le comte Auguste de la Ferronnays, ce diplomate au cœur si breton et à
l’âme si française, qui était un juste et sur le nom duquel le Récit d'une
sœur a fait descendre le rayon tardif d’une gloire durable. C’est sur¬
tout M. de la Ferronnays, trop négligé par la plupart des historiens de
la Restauration, que M. Rio s est attaché à peindre; il a voulu sauver
de l’oubli cette pure et pieuse mémoire. Des lettres de tous les hommes
éminents que j’ai nommés, et d’autres encore, viennent ajouter au
charme et à l’intérêt de ce livre ; la littérature épistolaire a ce vif attrait
pour nous autres Français, qui comptons tant de chefs-d’œuvre en ce
genre : qu’il est doux, par exemple, d’être admis en tiers dans les con¬
fidences d’un Montalembert, et de recueillir avec M. Rio les effusions
de cette âme si chrétienne, si forte et si ardente! M. Rio a beaucoup
voyagé; avec lui nous parcourons l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre;
nous admirons des chefs-d’œuvre, nous nous asseyons à des foyers
célèbres et nous arrivons à la fin du second volume avec un seul re¬
gret : le regret de voir sitôt finir un tel ouvrage. Il est vrai que l’on
peut en recommencer la lecture.
A QUOI SERT UN CHAPELET, suivi de Par-dessus les remparts . Le
très-saint Sacrement sauvé par un frère des Ecoles chrétiennes. Souvenirs
de la Commune de Paris 1871. i vol. in-12 de 142 p., avec une gravure.—
Prix: 0 fr. 35 cent.
Quoique très-juste, le titre de ce charmant opuscule ne fait peut-être
pas assez pressentir tout l’attrait qu’offre la lecture de ses pages
dignes de Silvio Pellico. Nous ne nous rappelons pas en effet, depuis
l’apparition de ce livre si simple et si touchant,— prisons ,—avoir lu
rien de plus suave et de plus dramatique tout ensemble. Il est évident
que l’auteur n’a point visé à l’effet, et peut-être est-ce là son début
littéraire. Comment se fait-il donc qu’il ait rencontré cette pureté et
cette sublime simplicité de forme qu’on admire dans les mémoires du
poète italien? Silvio Pellico était un littérateur éminent, et l’on com¬
prend chez lui cette perfection soutenue d’une simplicité de forme qui
s’élève sans effort au sublime par la délicatesse ou l’élévation du sen¬
timent chrétien. Ici, il faut admettre que la même noblesse et la même
délicatesse de pensée ont suffi pour élever ët maintenir l’auteur à ce
ton soutenu qui est un mérite rare, même parmi les habiles dans l’art
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— 141 —
d’écrire. Nos lecteurs sont assez gens de goût pour apprécier ce qu’il
y a ici de surprenant, et autant que de longues années d'études litté¬
raires peuvent nous autoriser à le croire, notre jugement sera ratifié
par eux. Un grand nombre d’opuscules sur les tristes jours de la
Commune ont excité la curiosité; plusieurs ont obtenu un succès mérité;
mais dans un grand nombre la forme littéraire laisse beaucoup à
désirer. Dans le premier épisode de ce volume : A quoi sert un chapelet,
l’esprit, le goût, le cœur sont également satisfaits. Peut-être est-il à
regretter que cette petite perle ne soit pas publiée en une brochure
séparée. Le récit qui complète le volume et qui a pour titre : Par¬
dessus les remparts , offre assurément une lecture intéressante, mais ce
n’est plus le même parfum de délicatesse et de perfection de forme.
Le dernier épisode, le Saint-Sacrement sauvé par un Frère , offre le
sujet d’un tableau saisissant, que l’on devrait voir au salon de cette
année : s’il n’est pas fait, nous espérons qu’un pinceau chrétien et
habile, comme celui de M. Lafond, ne tardera pas à fixer sur la toile ce
témoignage sublime de foi qui se détache au milieu des scènes horribles
de la Commune; comme le pur rayon d’une étoile qu’on entrevoit pour
un instant dans une éclaircie de nuages pendant une nuit orageuse (1).
(1) Nous ne pouvons résister au désir de mettre immédiatement sous les jeux de nos
lecteurs cette scène sublime. Un frère a déjà fait plusieurs tentatives pour entrer dans
l’église, dont toutes les portes sont gardées : il sait que le Saint-Sacrement est resté
dans le tabernacle et qu'on n’y a pas encore touché. Une porte donnant dans la classe,
où tout à l’heure encore il se trouvait au milieu de ses enfants, permet d’entrer dans
l'église. Mais une sentinelle placée dans la classe déserte, veille devant cette porte.
Cependant, il semble au frère qu’une voix secrète l’encourage et il va tenter un nou¬
vel effort. Ici nous citerons textuellement les paroles de l’auteur du récit : « Avant
même d’avoir pénétré dans la classe, le cher frère entend résonner le pas lourd du fac¬
tionnaire : la porte est toujours gardée, est-ce la peine de tenter quelque chose de ce
côté ?
— Qui sait ? Essayons toujours ; et, après une fervente invocation à la Reine des
anges, il entre...
A ce moment la sentinelle se retourne.
Cest un brave homme du quartier, bien éloigné assurément de l’esprit du triste
rôle qu’on lui fait jouer.
— Comment ! mon ami, c’est vous qui êtes là ! lui dit le frère en s’approchant,
— Comme vous le voyez, cher frère.
— Quelle besogne pour un homme comme vous !
L’homme baisse la tête, et bas, si bas qu’à peine le frère peut l’entendre :
— C’est horrible I murmure-t-il. — Le frère profite de cette émotion pour aborder
rondement la question.
— Voulez-vous me rendre un service ?
— Oh ! vous n’en doutez pas.... Si... je le puis...
— H s’agit de me laisser entrer dans l'église pour quelques secondes ; je voudrais
prendre quelque chose dans le tabernacle.
A ces paroles le factionnaire pâlit affreusement, et d’une voix saccadée, haletante :
« Impossible 1 dit-il, la consigne est formelle ; je suis fusillé si je laisse entrer
âme qui vive !... et surtout, comme ils le disent, un calotin.
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— 142 —
La grandeur du sujet a bien inspiré Fauteur de ce récit, dont le style
est généralement remarquable par sa convenance et sa simplicité. U
est certain que rien n est plus propre à relever les esprits et les cœurs
que de semblables lectures, et nous ne saurions trop engager nos
respectables agrégés à répandre avec profusion cet excellent petit
volume.
MOIS DU SACBÉ-CŒUR. La dévotion des gens du monde, par M. l’abbé
Auguste Càrion. i vol. in-32 de 248 p. — Prix : 60 cent.; pour nos agrégés
40 cent.; sur beau papier: 1 fr. 25; pour nos agrégés, 80 cent. (Il reste très-
peu d’exemplaires.)
Nos respectables lecteurs n’ont pas oublié sans doute la remarquable
étude publiée dans notre Revue, il y a deux ans, sur ce pieux travail,
qui s’adresse réellement aux gens du monde par l’élégance du style et
le tact avec lequel l’instruction et les conseils sont présentés. On sait
que la touchante dédicace de ce livre à Pie IX a valu a l’auteur un
bref très-flatteur du Saint-Père. Notre époque comprend que le refuge
de la France est dans le cœur adorable du divin Sauveur; Paris vient
de donner un témoignage éclatant du réveil de cette dévotion par excel¬
lence; nous estimons que le petit livre rappelé ici au souvenir de nos
lecteurs, est très-propre à amener, même les plus tièdes, à embrasser
les pieuses pratiques des serviteurs du cœur adorable de Notre-
Seigneur.
— Donnez-moi an moins un conseil : si je m'adressais an sergent du peste ?
— Que Dieu vous en préserve ! c’est un outrancier forcené . Au premier mot que
vous lui toucheriez de l’affaire, il ordonnerait à ses hommes de tirer sur vous.
— Je consentirais volontiers à être fusillé, pourvu qu’on me laissât auparavant
prendre ce que je veux.
A ces mots, dits d’un ton ferme et convaincu, le factionnaire saisit la main du
frère et, la serrant respectueusement dans la sienne:
— Je sais, dit-il, ce que vous voulez prendre dans le tahernaole, cher frère, c'est
le bon Dieu;... après tout, je suis chrétien, moi aussi, et je ne dois pas avoir peur plus
que vous. Allez donc, mais faites vite ; il y va de notre vie à tous les deux, et j’ai....
des enfants !
Le frère s’élance, il vole au tabernacle, il s’empare du Saint-Sacrement déposé dans
un corporal. Le garde national présente les armes à genoux, et, se relevant, il ac¬
compagne jusqu’à la porte de la rue Chariot le frère, qui se hâte d'aller mettre en
sûreté dans sa communauté le Dieu de son cœur.
A peine le tabernacle était-il vide de son hôte divin que les insurgés, tenus miracu¬
leusement éloignés pendant quelques instants par l’ange de rEuoharistie, venaient
relever le factionnaire.
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— 143 —
CONNAISSANCE DU CŒUR DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST
PERCÉ DE DA LANCE ; ouvrage du R. P. Bonucct, de la Compagnie
de Jésus, traduit du latin par Mgr Luquet, évêque d’Hésébon. 1 vol. grand
in-i 8 (format charpentier). Prix : 3 fr. 75; pour les agrégés, t fr. 80.
Tous les saints dans tous les siècles ont exprimé leur amour et
leur vénération envers le cœur de Jésus. Depuis Marie, dont le cœur
est le miroir le plus parfait du cœur de Jésus, jusqu’à la bienheureuse
Marguerite-Marie Alacoque, que de merveilles sublimes, que de mi¬
racles de la grâce ! Le P. Bonucci rapporte la suite de ces commu¬
nications divines, il expose le sentiment des Pères sur le culte du
cœur adorable de Jésus. C’est dans la seconde partie de son ouvrage
que l'auteur raconte les merveilles de charité et d amour produites par
le divin Cœur dans l’Eglise militante.
Veut-on un court exemple de la manière de l’auteur et de la solidité
de son ouvrage! Prenons une page au hasard. Le P. Bonucci veut
nous montrer que nous pouvons facilement acquérir le cœur de Jésus,
mais que nous le négligeons ; il dit :
« Saint Augustin non» représente le oœnr de Jésus comme cœur du véritable amour,
c'est-à-dire blessant et blessé. Quand il blesse, il so sert de flèches, ou plutôt il est une
flèche choisie. Il est blessé par la lance qui le traverse en entier. Le contemplant ainsi,
le grand docteur s’écrie; O pauvreté, tu es traversée de la lance! Tertuüien (t) nous
explique le rapport qui existe entre cette blessure dn cœur de Jésus et sa pauvreté.
Tournant en dérision les gentils, qui vendaient leurs dieux d’or pour payer les impôts,
il disait ; Vous déshonorez les dieux publics, lorsque vous les vendez dans le lieu de
rencan. — C'était alors l’usage déplacer sur une lance les objets qui se vendaient ainsi.
Saint Augustin parlait donc en ce sens. Il voyait Jésus en croix, tellement appauvri
par son amour, qu’il avait laissé son auguste Mère h saint Jean, le paradis au larron,
ses vêtements aux soldats, le pardon aux pécheurs, son âme à son Père, son corps et
son sang h l’Eglise son épouse. N’ayant plus rien à nous léguer après sa mort, il
planta son cœur sur la lance du Boldat, afin que tous pussent l’acheter, s’ils le vou¬
laient. Dons son admiration, saint Augustin avait donc bien raison de dire : O pau¬
vreté, tu es traversée do la lance! O Gala tes insensés , écrivait saint Paul (moi je dirai : O
pécheurs insensés!), qui vous a fasciné l’esprit (2)? Vous avez Jésus-Christ devant les
yeux. Lui, qui était riche (8), est devenu si pauvre pour acquitter le prix de votre ré¬
demption, quil n'avait pas où reposer sa tête (4) et il ne lui reste que son cœur.
« Il l’a mis pour ainsi dire à l'encan, sur la lance d’un soldat, afin que tous l’achètent
à vil prix. Et pourtant, vous ignores ou vous méprisez tant d’amour et la facilité d’ac¬
quérir un semblable trésor ! Chrétiens ingrats, qu’attendez-vous ? Venez, achetez sans
argent et sans aucun objet d'échange (5) le cœur du Seigneur Jésus. — Il ne nous de¬
mande pas de prix, dit saint Ambroise (6), celui qui, pour nous racheter, a donné son
sang. — Il nous offre ce trésor, pourvu seulement que nous voulions le prendre. —
Dieu regarde comme un grand prix notre seul désir; il a soif que nous ayons soif
de lui. Il regarde oomme un bienfait que nous lui demandions quelque grâce ; il donne
(1) Apol. } c. xih. —(2) Gai., iii, i. — (3) II. C’or.v in, 8. — (4) Luc, ix, SI. —
(S) Isaïe, lv, i. — (6) Lib. de Joseph Patrice, vu.
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avec plus de joie que le» autres ne reçoivent (1). — Bien plus, ajoute saint Pierre Chryso-
logue, il s’attriste s’il manque quelqu’un pour recevoir. — Pourquoi doue, disons-nous
avec Isaïe (2),dépenser le fruit de votre travail sans acquérir le pain qui peut vous rassa¬
sier ? Ecoutez-moi : prenez une nourriture saine , et votre âme sera inondée de délices. Ecoule z-
moi, et vous allez vivre .
« Pourquoi recherchez-vous avec tant de soins et tant de fatigues les vaines joies d’un
siècle mauvais, qui ne saurait vous satisfaire ? Seul, seul le cœur de Jésus remplit
l’Âme affamée de biens. Pourquoi le négligez-vous et achetez-vous si cher des choses
aussi viles? Pourquoi méprisez-vous le cœur de Jésus, qui vous est offert ? Et pourquoi
vendez-vous tout ce que vous avez afin d'acquérir les trésors de la terre, c’est-à-dire les liens
de votre cœur ? Approchez-vous donc, et possédez le cœur de Jésus, notre Seigneur et
notre Roi. — Très-facilement, c'est-à-dire en vous approchant seulement de lui, vous
pourrez en jouir (3).— Venez, et votre âme se réjouira dans l'abondance , cos cœurs vivront
du cœur de Jésus dans les siècles des siècles . Hâtez-vous et cherchez-le, tandis qu'on peut
le trouver; je dis plus, lorsque ceux mêmes qui ne le cherchent pas le trouvent . Craignez
qu’ensuite, le cherchant, vous ne le trouviez plus (4). Approchez de ce cœur élevé (5), c’est-à-
dire de ce courant clair et doux d’une fontaine cachée aux yeux des hommes, dont
les eaux n’ont pas d*origine, dont la profondeur ne peut se mesurer, dont la hauteur
est sans terme, la largeur infinie, la pureté inviolable (6).— Hâtez-vous et achetez. »
On voit dans cette seule page, prise à livre ouvert, comment Fau¬
teur sait fondre ensemble l'Écriture et les Pères, et donne quantité de
pensées fortes et fécondes. C’est ainsi dans tout son ouvrage, indé¬
pendamment des merveilleuses et sublimes révélations qu’il cite et
qui ont été accordées à tant de saints dans tous les temps. Aussi,
comme tout, dans ce beau livre, est substantiel et rempli de célestes
attraits! Il y a des lumières, de la chaleur, de la vie pour les âmes qui
veulent avancer, se consoler, se fortifier, et s'établir dans la con¬
naissance et l’amour du cœur sacré du divin Sauveur. A chaque ligne,
peut-on dire, on sent retentir cette parole pleine de douceur et de
tendre et affectueux reproche en même temps, qu'entendit la bienheu¬
reuse Marguerite-Marie : Le voilà ce cœur qui a tant aimé les hommes !
On nous fait pénétrer dans ce sanctuaire à la suite des saints, et,
par ce qu’on nous rapporte d’eux, il n’est pas possible que nous ne com¬
prenions point ce que Dieu veut surtout de nous.
C’est à Rome que le R. P. Bonucci, zélé missionnaire, après
s'être fortifié, au milieu des rudes travaux de l’apostolat par la médi¬
tation des douceurs et des richesses du cœur de Jésus, vint achever
son œuvre, et qu’il publia le fruit de ses pieuses et saintes recherches
sur ce cœur adorable. Et c’est à Rome aussi qu'un autre mis¬
sionnaire, non moins affamé que le P. Bonucci du salut des âmes, et,
comme lui, terminant sa vie dans un laborieux et fécond repos,
(1) S. Grégoire de Nazianzb, Orat. in S. Bapt. — (2) Isaïe, lv, 2, 3. — (3) S. Gré¬
goire de Nazianze, loc. dt. —(4) Isaïe, Lin, G; lv, 2. — Joan., vii, S4. —
(S) Psolm . xliii, 7. — (6) S. Bernard. Serm . de Pas . Dom.
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s’applique à mettre cette œuvre, (écrite en latin) à la portée de tous en
la traduisant en langue vulgaire. L'un acheva sa carrière d'apôtre et
d’écrivain par la publication du meilleur livre, peut-être, que nous
ayons sur le divin Cœur, et Mgr Luquet, écrivain aussi et apôtre zélé,
mit la main à la même sainte œuvre, alors qu’il ne vivait plus que
par son âme devant Dieu seul, aimant, souffrant, aspirant l’éternelle
vie et le faisant descendre sur la terre par une continuelle et fervente
prière.
t. vu.
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* _
DEUXIÈME PARTIE
REVUE
DIS
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
POUVOIR ET LIBERTÉ, par Jean Loyseau. 4 vol. in-12 de 426 p. —
Prix: 3 fr.
C'est un travail solide et grave, véritablement philosophique et
théologique, plein d’érudition comme de juste raisonnement. L'auteur
ne nous avait point habitués encore à le rencontrer sur ce chemin : il y
fait vraiment noble figure. Que son livre lui ait coûté vingt ans de
réflexions, de recherches et de rédaction, ainsi qu'il nous l'apprend dans
son avant-propos, il n’y a guère à s’en étonner : ces matières sont
ardues |par elles-mêmes ; la conciliation exacte et sereine ds ces deux
choses, pouvoir et liberté, difficile, et le siècle où nous vivons n'a rien
fait pour la simplifier, l'éclaircir et la réaliser.
L’auteur découvre ses principes, n'en dissimule pas un rayon, les
appuie de l’opinion et de l'enseignement précis des savants et des
sages, et marche devant lui jusqu’au bout, n'accordant rien, à rien ni à
personne. A notre avis, il serre avec excès en bien des points : voilà
bien le cabinet d'études solitaire !
La première partie du livre traite du libre arbitre. Que d’inepties
répandues sur ce point ! * Quand on discourt avec les hommes de son
temps, on est effrayé du vide épouvantable qui s'est fait dans les âmes.
Ce ne sont plus seulement des lacunes qu'on rencontre, c'est le néant.
Les conséquences ne font pas moins défaut que les principes, et
les éléments les plus vulgaires de la pensée sont presque partout
absents (p. 7). « On ne saurait donc trop exactement préciser les
notions vraies, si l’on veut arriver à se faire comprendre. Or, pour
l'auteur, la liberté n’est point une faculté proprement dite de l'âme
humaine, mais simplement Vêlai d'une âme qui jouit de l'exercice de
ses facultés. Il ne la confond point avec le libre arbitre, dont il fait,
au contraire, une faculté maîtresse.
Quant à l'autorité, elle tient à la nature même de Dieu et à sa
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— 147 —
volonté d’établir un ordre parmi ses créatures, pour se communiquer
et s’unir à elles. Cet ordre, ou hiérarchie, consiste en ce que les
créatures d’un degré inférieur reçoivent l'illumination et la charité par
l’organe de celles qui leur sont immédiatement supérieures. Le libre
arbitre, étant la puissance du bien, se soude ainsi essentiellement,
naturellemnnt, à l’ordre divin, qui est le bien. La conciliation est donc
ici toute facile. — On trouvera dans le livre de bien belles pages sur
la noblesse et la grandeur de l’obéissance chrétienne, qui est, à vrai dire,
la grandeur et la noblesse foncière de l’homme. « L’homme est soumis
à l’homme en tant que canal et ministre de la volonté de Dieu (p. 185). »
Si la société souffre, s'étiole et périt, c’est qu’elle abjure ou ne suit pas
cette doctrine.
La troisième partie a pour objet spécial l’accord de l’autorité et de la
liberté dans une société ordonnée comme dans le for intérieur de la
conscience. Les pauvretés de notre temps, filles de ses erreurs volon¬
taires, y sont vertement et spirituellement flagellées; la verve éclate
et le fouet siffle. On ne peut mieux exposer et conspuer ces superbes’
misères, ni mettre plus authentiquement la main sur une plaie cachée.
MARIE-CAROLINE D’AUTRICHE et la conquête du royaume de Naples
en 4806, par M. Pierre C. Ulloa, duc de Lauria. 1 vol. in-8°de xii-386 p.
— Prix : 5 fr.
Voici un épisode des plus saisissants de l’épopée impériale dont nous
avons été trop fascinés. Un héros doublé d'un fou, un Tartare doublé
d’un Corse, c’est-à-dire un homme appelant la ruse, le mensonge, la
perfidie au secours de la violence, voilà bien Napoléon tel qu’il se
montre dans sa conduite avec les Bourbons d’Espagne et de Naples. Ij
est le plus fort et il l'emporte au commencement ; mais il succombe
quelquefois, même de son vivant, et, dans l’estime de la postérité, la
victoire finale, l’honneur, reste soit au peuple, soit au prince vaincu :
au peuple en Espagne, à la reine Marie-Caroline à Naples. Digne fille
de Marie-Thérèse, digne sœur de Marie-Antoinette, Marie-Caroline,
insultée par Napoléon, comme la reine de Prusse, reprend sous la
plume de M. le duc de Lauria sa physionomie noble et passionnée, son
énergie et sa séduction de reine et de femme. Pas de thèse ici, pas de
déclamation : rien que des documents inédits, lettres et pièces diplo¬
matiques, rien qu’un récit calme et impassible comme l’histoire; et
pourtant on frémit d’indignation contre le vainqueur, et de sympathie
pour la victime. — Et pourquoi ce déchaînement de force et de four-
Di - ized b\
— 148 —
berie? Pour ce résultal éphémère de remplacer les Bourbons par
Joseph et par Murat! pour faire aux représentants d’une dynastie nou¬
velle, aux vicaires d’une monarchie cosmopolite, des trônes qui ont
croulé avec elle dans le sang et les ruines de la France!
Encore une fois lisons des livres comme celui de M. le duc de
Lauria, pour nous défaire à tout jamais de ce chauvinisme victoires et
conquêtes qui finit par amener de si cruelles représailles!
CONFÉRENCES ET LECTURES, par M. Augustin Cochin, membre de
l'Institut. 2 e édition, i vol. in-12 de 430 p. — Prix: 3 fr. î>0.
On se rappelle qu’en 1869 une loi fut promulguée qui autorisait à
tenir des réunions publiques moyennant certaines conditions. De con¬
cert avec MM. Jules Favre, Jules Simon, Saint-Marc-Girardin, de
Broglie, Laboulaye, Léon Say, Eugène Yung (quel singulier mé¬
lange!), M. Cochin se servit de la loi nouvelle pour ouvrir des confé¬
rences libres devant un nombreux public. Il était prédestiné à ce genre
d’apostolat. Doué d’une activité très-grande et de beaucoup d’imagina¬
tion, homme d’action, de parole et de plume, il devait saisir l’occasion
de réunir ses auditeurs sympathiques autour de sa tribune. Or, comme
l’Amérique, l’Angleterre, et surtout la France, avaient ses affections,
il se fit un devoir et un bonheur de les honorer.
M. Cochin glorifie le président Lincoln dans sa première conférence ;
c’est une ode où étincelle un fervent lyrisme que nulle réserve ne tem¬
père. De nos jours ce culte pour le franc-maçon Lincoln a pâli. Après
Lincoln ce fut le tour du général Ulysse Grant, président actuel des
Etats-Unis, et il félicite l’homme politique non moins que le straté-
giste. — Des hauteurs de la politique américaine nous allons à Henri
Longfellow, le poëte vraiment beau qui avait déjà rempli les deux
mondes du bruit de ses succès. L’admiration de M. Cochin sait être
neuve par d’heureux accents. — En contemplant à l’exposition de 1867
l’Amérique du Labrador représentée par les témoins matériels de la vie
des Esquimaux, M. Cochin décrit en géographe et raconte en historien
ce qui concerne ces étranges peuplades.
Pour l’Angleterre, à l’occasion d’un ouvrage de philosophie et d’his¬
toire naturelle publié en 1867 par le 4uc d’Argyll sous ce titre : le Règne
de la loi; M. Cochin s’en sert comme d’une arme bien trempée contre
ce naturaliste dévoyé qui toujours oppose des faits et que toujours
les faits condamnent. — L’éloquent écrivain nous conduit ensuite dans
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— 149 —
un village anglais, et il nous fait toucher du doigt ce mécanisme des
institutions administratives si étranger à nos mœurs et dans lequel
s'associent, avec tant de force, le jeu des activités libres et les in¬
fluences de la propriété territoriale.
En France, M. Cochin, en nous parlant des souvenirs de famille re¬
cueillis si précieusement par Mme Craven, déroule ces récits et les com¬
mente avec une poésie qui saisit lame et ne faiblit jamais. Son talent
et son cœur font couler à flots du même jet une éloquence sans art, qui
attendrit d autant plus que l'auteur s'efface pour laisser voir dans leur
intimité dès âmes supérieures, des types incontestables de la beauté
morale.— Enfin, dans sa dernière lecture,l'auteur met en regard, dans
un ingénieux tableau, les contrastes de 1806 et de 1870 sous le titre de
la Reine Louise de Prusse, cette reine de malheureuse et courageuse
mémoire dont le fils, le roi Guillaume, vient de prendre contre nous une
revanche implacable.
En général, ces conférences, si remarquables par le fini de la forme,
par le mouvement et l'entrain de la pensée, ont plus d agrément que
de substance. Il y a trop de complaisance dans les éloges à l’adresse
dès ennemis de notre foi, et par suite une humble place est faite aux
choses et aux personnages du catholicisme.
(Pour les travaux ci-dessus, d'après la Bibliographie catholique .)
LA CULTURE EN B1LLONS D’APRES LA MÉTHODE DE
M. DECROMBECQUE, par Paul Blanchemain, professeur d’agriculture.
I vol. in-18 de 167 p. avec figures dans le texte.—Prix: 1 fr. 25.
M. Decrombecque est celui des concurrents qui remporta, à l'expo¬
sition universelle de 1867, la première des récompenses accordées à
l’agriculture du monde entier.
Sans doute les antécédents de sa brillante carrière pesèrent dans
cette décision ; mais ce fut le système productif et économique de sa
nouvelle culture en billons qui attira surtout les éloges et qui fixa
l'attention du jury international.
Plusieurs praticiens et agronomes demandèrent à M. Blanchemain
d’écrire cette méthode, qu’il étudia sur place, dans l’exploitation de
M. Decrombecque à Lens.
C'est le résultat des renseignements reçus et des observations pra¬
tiques faites par lui-même, qu'il nous présente, dans ce volume, avec
beaucoup de clarté, de conviction, et nous dirons même d’enthou¬
siasme.
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— 150 —
Cet ouvrage intéresse les agriculteurs, notamment ceux qui se
livrent à la culture de la betterave; il leur suggérera de bonnes idées et
pourra leur faire obtenir d’heureux résultats. Les réflexions fort sobres
qui s’y glissent, sont propres à relever aux yeux des cultivateurs la
noblesse de leur profession.
JEAN DE NAMUR OU ENTRETIENS D’UN INSTITUTEUR AVEC
SES ÉLÈVES, par Mlle Lilia Pichard. J vol. in-8° de 190 pages. — Prix:
1 fr. 50.
Cet ouvrage, couronné par la Société protectrice des animaux de
Bruxelles, est le développement du programme suivant, mis au con¬
cours par cette Société :
« Exposer, dans un langage simple et à la portée des jeunes intelli¬
gences, les préceptes de douceur et d’humanité dont s’inspirent les
sociétés protectrices, et en particulier les soins que le respect des œuvres
du Créateur et les principes de morale, commandent de donner aux
animaux, ces utiles auxiliaires de l’homme.
» Faire ressortir l’importance du rôle des animaux au profit de
l’homme, et faire comprendre à l’enfance combien il est injuste et cruel
de les maltraiter ou d’abuser de leurs forces. Démontrer que les mau¬
vais traitements abrègent leur existence, et que l’intérêt même de ceux
qui les possèdent exige qu’ils soient traités avec douceur, afin d’en
obtenir une plus grande somme de services.
» Faire comprendre à l’enfance la nécessité de respecter les nichées
et d’épargner les oiseaux, dont le concours est si utile aux agriculteurs ;
leur enseigner enfin à ne se faire un plaisir de la souffrance d’aucun
être créé. «
Ce fond est agréablement encadré.
Jean de Namur, maître d’école, fait faire à ses élèves une promenade
à la campagne, et il profite de cette excursion pour leur donner les
leçons et les exemples se rapportant aux sujets que nous venons d’in¬
diquer.
La scène se passant en Belgique, il y a bien quelques détails de
mœurs qui échapperont au lecteur français. Mais cet inconvénient n’a
rien de sérieux, et il est largement compensé par l’avantage d’une cou¬
leur locale qui donne à des questions si souvent traitées, un certain
cachet de nouveauté.
Les Entretiens sont attrayants et empreints d’un esprit religieux.
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Répandus parmi la jeunesse des campagnes, ils ne pourront qu’élever
les âmes et inspirer de bons et nobles instincts.
ZflA MAISON FORESTIÈRE, racontée aux enfants, par Mlle Mélanie Bou-
rotte. 1 vol. in-18 de 154 p. — Prix: 2 fr.
Mlle Mélanie Bourotte a été plusieurs fois couronnée, dans les
concours, comme poète et écrivain. Ainsi que le dit le conseil général
de la Creuse, (dans une délibération concluant à lui accorder un prix de
cinq cents francs, pour l’ouvrage que nous avons sous les yeux), une de
ses plus nobles préoccupations est de consacrer son talent à montrer
aux populations qu’elles seront d’autant plus heureuses qu’elles s’atta¬
cheront davantage à l’agriculture et à l’amour de leur foyer domes¬
tique.
La Maison forestière n’a pas la prétention d’être un cours, même fort
abrégé, de sylviculture : ce livre s’adresse simplement aux enfants,
pour leur inspirer l’amour des bois et leur faire entrevoir le rôle des
forêts dans l’ensemble d’un pays et l’existence d’une nation.
Ces notions forestières sont encadrées dans une narration simple et
gracieuse.
{Pour les trois ouvrages ci-dessus, d'après le Bulletin des publications
populaires.)
HISTOIRE DE SAINTE CATHERINE DE SIENNE ET DE LA
PAPAUTÉ DE SON TEMPS, par le P. Capecelatro, traduit par
Mme Elise Jàl, i vol. in-18.—Prix : 4 fr.
Si l’histoire, au dire de Cicéron, est la maîtresse de la vie, la lumière
des nations, le témoin des âges écoulés, c’est surtout l’histoire de
l’Église, il faut le reconnaître, qui se présente à nous avec tous ces
avantages. Pourquoi remarquons-nous dans les esprits tant de décou¬
ragement et de défaillances ? N’est-ce pas parce que, uniquement frappés
de coups de tonnerre et des éclairs de l’orage qui passe, ils oublient que
la sérénité n’est pas faite pour notre ciel, qu’elle n’y a jamais brillé
que par intervalle, et que, comme toute autre constitution humaine,
l’Église et la Papauté ont toujours été ballottées par toutes les tempêtes
et menacées de tous les naufrages? Reste un seul espoir, c’est que
l'esquif qui les porte ne doit point périr, fluctuai nec mergitur.
Étudier l’histoire de lÉglise est donc aujourd’hui plus opportun que
jamais. Mais parmi les diverses périodes de cette histoire, s’attacher
de préférence’ à celles qui ont été le plus troublées, voilà qui relève
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— Ll 2 —
l’espérance et chasse le découragement. C est sous ce rapport que la vie
de sainte Catherine de Sienne mérite d’être lue et méditée.
Jusqu’alors les biographes de la vierge de Sienne, au nombre de
quarante, s’étaient bornés à retracer ses vertus, à raconter ses miracles
et à nous faire admirer la merveilleuse sainteté de son âme. Quant à
ses actes en faveur de l’Église et aux rapports étroits qu’elle eut avec
la Papauté dans ce terrible quatorzième siècle, époque de schisme, de
guerres et d’infirmités de toutes sortes, nos historiens n’avaient pas
paru s’en préoccuper. C’est précisément ce nouveau point de vue que
le P. Capecelatro, membre éminent de l’Oratoire de Naples, vient de
mettre en lumière pour l'instruction et le reconfort des âmes pusilla¬
nimes. Ce précieux livre, honoré d’une lettre fort élogieuse de M. le
comte de Montalembert et traduit avec autant de fidélité que d’élé¬
gance par Mme Élise Jal, fait partie de la Bibliothèque dominicaine .
Il se recommande donc à tous les lecteurs sérieux.
- Oh ! Catherine de Sienne, disait Pie IX en baisant ses lettres
nouvellement éditées, c’est elle qui a aimé les Papes ! Puisse la France
lire ses lettres et s’instruire toujours à son école ! «
ETUDE SUB JEAN BABT, son influence, son époque, par M. Adolphe
Lebleu. 1 vol.
L’auteur de cette étude, M. Adolphe Lebleu, s’est donné pour mis¬
sion de restituer à l’histoire la véritable figure de ce héros du Nord,
altérée à plaisir par la légende et le roman. Quand on a lu ce travail,
qui s’appuie sur les données de la meilleure critique, on en conclut que
Jean Bart n’est pas le capitan rude et grossier que l'opinion se repré¬
sente, mais bien un homme de société et d’un grand caractère, que
son influence sur la politique de son temps et sur la défense nationale
s’est exercée bien plus encore par la hardiesse de ses conceptions que
par sa bravoure proverbiale; enfin, que les sentiments religieux tenaient
une grande place dans cette âme au milieu des tumultes et des orages
de la vie.
(Pour les ouvrages précédents, d'après la Semaine religieuse de Paris.)
PRÉDICTION D’UN PROPHÈTE QUI N’EN EST PAS UN. Brochure
in—18. — Prix : 30 c.
Tel est le titre d’un petit opuscule qui porte pour épigraphe des
mots latins dont voici le sens. Allons-nous aux ténèbres ou à la lumière ,
ibr
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— 153 —
à la f mort ou à la vie? Ce qui se passe est*il le commencement de la fin
ou le prélude d’un temps meilleur ? Graves questions qui ne peuvent que
nous intéresser vivement et auxquelles, selon nous, il est très-sagement
répondu. Les conclusions ne sont nullement tirées de prophéties plus
ou moins authentiques et dont les termes sont susceptibles de plusieurs
interprétations; elles résultent des faits que nous voyons journellement
s’accomplir. Elles sont aussi très-consolantes et très-capables de sou¬
tenir notre courage au milieu des épreuves présentes. Nous recomman¬
dons vivement à nos lecteurs la propagation de cet opuscule.
HISTOIRE DES ÉVÊQUES DE MARSEILLE, depuis saint Lazare jus¬
qu'à nos jours. Joli volume grand in-8° compacte. — Prix : 3 fr. 50.
M. l’abbé Ant. Ricard vient de publier un recueil intéressant de
notices sur les Évêques de Marseille qui se sont succédé, sur le siège
de saint Lazare, depuis les premiers siècles de l’Eglise jusqu’à
Mgr Place. Cette publication intéresse tous les diocèses de France,
les évêques de Marseille ayant été mêlés, dans la suite des âges, à
une foule d'événements généraux de l’histoire religieuse de notre
patrie. Nous la recommandons avec empressement à tous les amis de
nos antiquités chrétiennes et de notre histoire nationale.
(Pour les ouvrages ci-dessus d’après la Revue du mande catholique .)
DEVOIR DES CHRÉTIENS devant l’infaillibilité doctrinale du Pontife
romain prononcée par la pratique et la tradition pertétuelle dans les temps
apostoliques, et définie par le saint Concile œcuménique du Vatican, par
M. l’abbé F.-L.-M. Màüpied, théologien au Concile, docteur en théologie,
docteur es-sciences, ancien professeur à la Sorbonne, etc. 2 vol. in-8° de
iv-514et 538 p.—Prix : 12 fr. 50.
« 11 était nécessaire, écrit à l’auteur Mgr Filippi, évêque d’Aquila,
l’une des lumières de l’épiscopat d’Italie, il était nécessaire que, comme
la préparation de la science avait précédé la constitution sur l’infailli¬
bilité pontificale, ainsi pareillement la réflexion de la science l’eût
suivie. Et vous avez excellemment répondu au besoin de la chose et des
temps.Les preuves de la science théologique,que vous avez toutes réunies
pour mettre en lumière et confirmer dans les esprits le dogme sanc¬
tionné de l'infaillibilité pontificale, constituent un vrai trésor, qui
désormais devra faire partie de la bibliothèque de tout théologien.
Vous avez voulu aussi joindre à l’œuvre du théologien l’œuvre du publi¬
ciste, en ajoutant les preuves de la science politique à celles de la
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îôgle
— 154 —
science théologique; et, en mérité, il convenait qu’elles y fussent ajou¬
tées pour démontrer l’opportunité et les avantages futurs du grand
acte conciliaire. Et en cela vous avez vraiment atteint le but. Il ne se
passe presque pas de jour qu’on ne lise les plus dégoûtants outrages
contre la définition de l’infaillibilité doctrinale du chef visible de la
chrétienté, en accusant les Pères du Vatican d’avoir sanctionné la forme
la plus absolue du despotisme, et en provoquant les gouvernements à
se prémunir contre elle. Vous avez habilement retourné les armes
contre les adversaires, en démontrant que la prérogative divine pro¬
clamée du vicaire de Jésus-Christ, du Père des chrétiens, est la plus
solide garantie de la liberté des peuples ; parce que, comme vous l’avez
noté en vrai théologien, elle ne consiste pas dans l’arbitraire personnel
de faire et défaire toute chose, mais précisément dans une garantie de
tout abus et de tout excès , que Dieu accorde à l’autorité de l’Église
résumée et représentée par son chef suprême. »
Nous ne pouvions avoir une meilleure et plus haute autorité pour
louer et recommander le beau travail de M. l’abbé Maupied. Mgr Fi-
lippi ne se borne pas à une simple approbation, dans laquelle on pour¬
rait voir un acte de pure courtoisie; il estime tellement cet ouvrage,
qu’il en fait préparer en ce moment une traduction italienne dont nous
avons sous les yeux le prospectus; cette traduction, faite sous les
auspices des évêques d’Aquila et de Calvi (cet évêque faisait partie de
la députation de fuie) par la prêtre Silvio Villoresi, paraîtra prochaine-
nement. ( D'après la Bibliographie catholique.)
VIE DE DUQUESNE, par un officier de marine. 1 vol. in-!2de 142 p., avec
une gravure.— Prix : 0 fr. 75 c.
Sur soixante-dix-huit ans qu’il vécut (1610-1688), Duquesne con¬
sacra soixante ans au service de la France.^Cette carrière, aussi longue
que glorieuse, fournit de nombreux matériaux au biographe.
Toutefois, à l’exception du premier chapitre, le travail que nous indi¬
quons ici est plutôt historique que biographique.
L’auteur résume les principaux faits d’une lutte de trente ans contre
l’Espagne et contre Ruyter, sans oublier le blocus de Scio, ni les bom¬
bardements d’Alger et de Gênes.
L’histoire des origines de la marine militaire de la France sous
Louis XIV et Colbert se résume en quelque sorte dans la biographie
de l’illustre marin.
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LES BIENFAITEURS DE L'HUMANITÉ. Sciences, arts, inventions,
œuvres de charité, par C. Fallet. 1 vol. in-8° de 256 p., avec 2 gravures.
— Prix : 3 fr.
Recueil de courtes notices sur les personnages suivants : Guten¬
berg, Roger Bacon, Copernic, Galilée, Descartes, Newton, Pascal,
Papin, James Watt, Georges Stephenson, Robert Fulton, Otto de
Guérick, Benjamin Franklin, Galvani et Volta, les frères Montgolfier,
Davy, Niepce et Daguerre, André Vésale et Jenner, Olivier de Serres,
Adam de Craponne et Riquet, Jacquard, Bernard de Menthon, Las
Casas, saint Vincent de PauJ, l’abbé de l'Épée et l’abbé Sicard, le
baron Monthyon, Mme de Fougeret et Mme de Pastoret.
Voici cependant de quelle manière l’auteur explique cette pensée :
<t Nous avons voulu, dit-il, apprendre à nos lecteurs ce que les décou¬
vertes dont ils recueillent les fruits ont coûté de recherches et les
animer au travail en leur montrant les résultats qu’il produit toujours,
quand on s’y livre avec ardeur. — Après les noms des savants qui ont
contribué par d'utiles découvertes au bien-être des populations, vien¬
dront ceux des hommes qui se sont dévoués au soulagement de l’hu¬
manité, afin que nos jeunes amis apprennent à confondre, dans un même
sentiment de respect et d'admiration, les maîtres de la science et les
héros de la charité. »
Ces petites notices sont instructives, faciles à comprendre, et écrites
dans un bon esprit.
COURS ÉLÉMENTAIRE DE DROIT USUEL, par A. Baume, i vol.
in-12 de 137 p. — Prix: 1 fr.
Ce petit volume contient un résumé des codes civil et de commerce,
où les principales matières sont seules exposées dans des termes moins
scientifiques que ceux employés par le législateur et, par là même,
facilement intelligibles pour tous les lecteurs.
Celui qui possédera ce livre ne devra pas se croire en mesure de
résoudre toutes les questions légales, mais il pourra se familiariser
avec l’esprit de notre législation et se rendre compte assez exactement
de ses devoirs dans les limites du cadre adopté par l'auteur.
VOYAGE A LA COTE ORIENTALE D'AFRIQUE FENDANT
L'ANNÉE 1866, par le R. P. Horker, missionnaire apostolique de la
Congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Cœur de Marie, supérieur de la
mission de Zanzibar, i vol. in-12 de 267 p. — Prix : 3 fr.
Quoique nous ayons déjà plusieurs voyages en Afrique, celui-ci
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— 156 —
réclame une place à part, en raison de son intérêt et de sa réelle va¬
leur.
C’est un missionnaire qui parle, étudiant les hommes et les choses au
point de vue de la foi. Louvrage est écrit dans un style facile, parfois
vif et piquant.
Le P. Horner a été chargé de fonder la mission de l’île de Zan¬
zibar et d’explorer les côtes de Zanguebar. Il a pénétré dans des tribus
qui n'avaient jamais vu de blancs, et qui l’ont pris souvent pour un
sorcier. Les mœurs des différentes peuplades, les unes nègres, les
autres musulmanes, les unes douces et hospitalières, les autres cruelles
et anthropophages, sont décrites d’une façon des plus intéressantes.
Mgr Gaume a encore rehaussé, par des documents nouveaux sur
l'Afrique, le récit du missionnaire.
Ce livre, excellent, ne peut cependant être mis en toutes mains. A
cause de certains détails de mœurs il convient seulement aux adultes.
[Pour les quatre ouvrages ci-dessus, d’après le Bulletin des publications
populaires.)
LA CONJURATION ANTI-CHRÉTIENNE CONTRE L’AME DES
ENFANTS, par M. l'abbé Justin Verniolles, chanoine honoraire de Tulle,
curé de Beaulieu, ancien supérieur du petit séminaire de Servières. 1 vol.
in-12 de vu-285p.
Dans le livre de VEducation chrétienne (dont nous avons rendu
compte le mois passé), le respectable auteur annonçait quelques pages
sur les trames dirigées contre l ame des enfants. Il tient aujourd’hui
sa promesse et complète ce dernier ouvrage.
« Quand nous avons, dit-il, entrepris cette tâche, nous étions loin
d’en mesurer l’étendue. Nos études, commencées depuis deux ans, peu¬
vent s’augmenter chaque jour du récit de toutes les vexations que les
congrégations enseignantes ont à subir. Toutefois, il faut bien se
borner : aux chrétiens qui gémissent des maux de l’Église, aux pères
de famille jaloux de défendre la foi de leurs enfants, nous offrons ce
modeste essai. D’autres viendront après nous et pourront continuer ce
que nous avons à peine ébauché.
Certains lecteurs nous accuseront peut-être de violence et d’injustice ;
voici notre réponse.
Nous citons dans cet écrit une centaine de textes et de documents
qui prouvent un dessein formel et bien arrêté de priver les enfants
d’une éducation chrétienne. Qu’on nous montre que ces textes sont faux
et supposés nous sommes prêts à confesser notre erreur. Ce sont peut-
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— 157 —
être les conséquences que Ton repousse! Dans ce cas, c est une question
de logique et de bon sens, et le lecteur impartial jugera.
« Si Tindignationet la douleur ont donné parfois un accent particulier
à nos plaintes,ceux qui savent le prix d’une âme, et qui connaissent la
perversité des sophistes, se garderont bien de nous blâmer. Lorsque
pendant de très-longues années on a vu de près les enfants, lorsqu'on
a délicieusement senti, par son expérience, ce que les influences de la
foi et delà piété peuvent faire de ces âmes neuves, candides, aisé¬
ment tournées vers le bien ; lorsque, d’autre part, on voit ce que des
maîtres indifférents ou athées ont fait depuis un siècle de notre mal¬
heureux pay3, on est saisi de stupeur devant le crime épouvantable de
ceux qui se sont exclusivement emparés de l'éducation de la jeunesse :
oui, les crimes de Véducation française; c'est le titre d'un livre récemment
publié par M. Laurentie. Après avoir lu les pages éloquentes de cet
écrivain sur le sujet que nous traitons, nous aurions voulu garder le si¬
lence. Mais alors notre travail touchait à son terme ; nous l’avons
achevé, heureux de voir notre thèse soutenue par une autorité si digne
de respect.
« Un autre motif nous a déterminé à poursuivre. Depuis quePieIX,
notre glorieux et bien-aimé Père, est prisonnier dans son palais, il
adresse souvent de courageuses paroles à ceux qui vont le visiter. Or,
il parle presque toujours des dangers dont les maîtres pervers et les
chaires de pestilence menacent les petits enfants; il conjure les mères
chrétiennes de veiller sur ce précieux dépôt, et il exhorte vivement
les pasteurs à redoubler d’efforts pour éloigner de la jeunesse un ensei¬
gnement corrupteur.
« Dans un bref adressé naguère au fondateur d’une revue catholique*
le Saint-Père rappelle que là est le grand péril du moment.
« Les maux qui nous tourmentent et nous accablent, dit-il, dé-
« coulent principalement du zèle opiniâtre, des efforts acharnés que
« déploie l’impiété pour soustraire l’éducation de la jeunesse à la di-
« rection et à la tutelle de l’Église. » (Bref du 15 février 1872 au
R. P. d'Alzon, supérieur desaugustins de l’Assomption.)
« Malgré notre obscurité et notre faiblesse, nous travaillons justement
à démasquer ces embûches, à dénoncer ce zèle opiniâtre et ces complots
de l’impiété. Trop heureux serions-nous si, en préservant quelques
âmes de la contagion, nous pouvions apporter la moindre consolation
au saint Pontife qui est présentement abreuvé de fiel et attaché sur un
nouveau Calvaire ! »
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Tf » i i m
La modestie de Fauteur se trompe sur la portée de son livre. Cet ou¬
vrage sera une consolation pour le Saint-Père, car il est écrit avec assez
de conviction, de compétence et de talent pour contribuer à déjouer la
trame infernale et la conjuration antichrétienne contre l’âme des
enfants.
LE CŒUR DE JÉSUS ET NOS SOUFFRANCES ou le mois du Sacré-
Cœur honoré par trente exercices en rapport avec nos maux présents et
les secours dont nous avons besoin . (Avec approbation de M« r l'évêque du
Mans). 1871. Paris. — Prix: 0 fr. 50.
Nous avons déjà plusieurs mois du Sacré-Cœur, entre lesque
distingue tout particulièrement celui de M. labbé Carion , écrit avec
autant de talent que de piété. Celui que nous annonçons se recom¬
mande par l’à-propos. Les terribles événements que nous venons de tra¬
verser, ceux qui nous menacent encore fournissent à l’auteur des con¬
sidérations pleines d’à-propos sur le besoin que nous avons de nous
attacher à ce souverain remède ; car le Cœur divin, bien compris et
imité, peut seul nous délivrer. C'est donc à l’étude de ce Cœur adorable,
étude puisée dans les principaux actes de la vie du Rédempteur, que
l’écrivain consacre la première partie de son œuvre, en appliquant au
temps présent les sentiments que suggérait au Cœur divin cette pres¬
cience qui embrassait les fautes et les douleurs de tous les siècles.
De l’étude l’auteur passe à l’imitation du Cœur de Jésus, imitation
toujours appliquée aux circonstances actuelles. La troisième partie
nous introduit dans l’intimité, si je puis m’exprimer ainsi, de ce foyer
de charité, par le moyen de la prière, des visites au Saint-Sacrement,
de la communion fréquente, de la dévotion à Marie et à Joseph , etci
Quelques prières complètent ce petit volume, dédié à saint Joseph.
Outre son actualité, ce livre a le mérite d’être aussi bien écrit que
profondément senti. On voit qu’il est l’œuvre d’une personne versée
dans les voies spirituelles ; mais sa simplicité le met à portée des esprits
les moins mystiques. Aucun ne mérite plus de devenir populaire; son
modeste format et son prix modique le rendent accessible à tous.
J.-M. de Gaulle.
MOIS DE MARIE, à l'usage de l’enfance et delà jeunesse, par le R. P. Coste,
ancien supérieur du petit séminaire de Valognes (Manche). 1 vol. in-12 de
322 p. — Prix: 2 fr. (an profit d’une bonne œuvre).
Ce Mois de Marie n’est autre chose qu’une gerbe de pieux récits. Le
P. Coste en a fait une petite vie de Marie, cette mère aimante de la
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— 159 —
jeunesse... Cet ouvrage a reçu plusieurs approbations épiscopales ; voici
l'une des lettres adressées à l'auteur par plusieurs ecclésiastiques émi¬
nents, au sujet de son livre. — « Monsieur le supérieur, j’ai reçu l’ex¬
cellent livre que vous avez bien voulu m’adresser ; je vous en remercie
à tous les points de vue. Nous avions déjà sur le mois de Marie de
nombreux sujets de méditations, mais à mon avis aucun n’est ni plus
pieux ni plus solide ni surtout plus pratique. Vous verrez qu’il sera
goûté par tous, et surtout par la jeunesse à laquelle vous l’avez dédié.
« Croulebois, vicaire général de Coutance. *
ÉPISODES DU TEMPS DE LA COMMUNE DE PABISen 1871. 1 vol.
in-8° de 187 p., avec une gravure. — Prix: 0 ir. 70.
Ce volume, comme son titre l’indique, offre plusieurs récits détachés
qui tous se rapportent aux viciscitudes qu’éprouvèrent, pendant cette
terrible époque, plusieurs maisons des Frères des Ecoles chrétiennes.
Sous le titre un peu étrange Entre chien et loup, dont on ne saisit pas
l’-à-propos, on lit un récit des inconcevables vexations suscitées aux
Frères, infirmiers volontaires des ambulances de la Presse, vexations
qui se terminent par l’envahissement de la maison-mère de l’Institut
rue Oudinot et l’expulsion des Frères, même des Frères gravement
malades et presque mourants. C’est M. Cotte, ancien directeur des am¬
bulances de la Presse, qui raconte lui-même, avec pièces à l’appui, ses
rapports avec la Commune, et comment il dut, avec le docteur Demar-
quay, s’emparer de force de la maison,pour ne pas la laisser prendre par
la Commune. U y a dans les dialogues et dans la correspondance de
M.Cottedes révélations curieuses,qui servent à donner encore une idée
plus juste de la bassesse à laquelle on était descendu dans ces jours
mauvais. Pour les autres épisodes, les titres font comprendre de quoi
il s’agit, et c’est pourquoi nous les citons ici : Communauté de Notre-
Dame de Lorette rue des Martyrs, 68; — Communauté du faubourg
Saint-Martin, n° 150; — les écoles de Belleville; — les arrestations
sous le règne de la Commune; — Notes sur l’arrestation, la détention
et la délivrance des Frères et des employés de Saint-Nicolas d’Issy ; —
Saint-Joseph des Allemands; — La Villette; — Communauté des
Frères de Bercy.
— 100 —
BULLETIN SOMMAIRE
DES
PUBLICATIONS RÉCENTES
André Hofer, et l’insurrection du
Tyrol en 1809, par le R. P. Clair, de la
compagnie de Jésus 1 vol. in-12 de 250
pages. Prix : 2 fr.
Armée du Rhin (1’) depuis le 12 août
jusqu’au 29 octobre 1870 par le maréchal
Bazaine. 1 vol. in-8° de 312 pages, orné de
11 cartes. Prix : 8 fr.
Armistice et la Commune (1*). 1 beau
vol. in*8° accompagné d’un atlas de cartes
stratégiques indiquant les positions de
l’armée et de la garde nationale à chacun
des combats et les mouvements progressifs
des troupes dans Paris, par le général
Yinoy. Prix : 10 fr.
Aventures d’une colonie d’émigrantb
en Amérique, par Gerstaker, traduites de
l’allemand par Xavier Marmier. 1 vol. in-
12. Prix : 1 fr. 25
Commentaires de César, suivis du
précis des guerres de Jules César, par Na¬
poléon. 2 vol. in-12 Prix : 4 fr.
Comme on servait autrefois, le
Marquis de Montcalm, le maréchal de
Bellefonds, par le P. Sommervogel. 1 vol.
in-12 de 250 pages. Prix : 2 fr.
Dépositions des témoins de l’en¬
quête PARLEMENTAIRE SUR LE 18 MAR8
classées dans un nouvel ordre et résumées
par Ilenri Ameline, 3 vol. in-12. Prix : 9 fr.
Dictionnaire encyclopédique d’a¬
necdotes, modernes, anciennes, françaises
et étrangères, par Edmond Guérard. 2 vol.
petit in-8°. Prix : 8 fr.
Enfants (les), éducation, instruction, par
Champflcury. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr. 50.
Eschyle, Xenophon et Virgile, étu¬
des philosophiques et littéraires, par V.
Couraavaux, professeur à la faculté de
Douai. 1 vol. in-8°. Prix : 5 fr.
Essai sur l’Allemagne à propos do la
gnerre 1870-1871, par un ancien diplo¬
mate. 1 vol. in-18. Prix : 1 fr.
Etapes d’un chasseur a pied (les),
souvenirs de la l eTe armée de la Loire, par
Léon Géraud. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr.
Généalogie de la maison de Bourbon
de 1256 à 1871, par L. Dussieux 2« m « édi¬
tion. 1 vol. in-8° de 260 pages. Prix : G fr.
Globe illustré (le), géographie gé¬
nérale à l usage des écoles et des familles,
par E. Cortambert. 1 vol. in-4° cartonné,
orné de nombreuses gravures intercalées
dans le texte et accompagné de 16 cartes
tirées en couleur. Prix : 4 fr.
Histoire générale de la guerre
de 1870-1871, par L. Dussieux. 1 vol. in-12
de 292 pages. Prix : 2 fr.
Histoire d’une femme, par Louis
Enault 1 vol. in-12 de 472 pages. Prix : 3 fr.
Insurrection du 18 mars(I’), extraits
des dépositions recueillies par la commis¬
sion d’onquête, classés, discutés et résumés
par Edmond Villetard. 1 vol. in-12.
Prix : 3 fr. 50
Marine d’aujourd’hui (la), par le vice-
amiral Jurien de la Gravière. 1 vol. in-12.
Prix : 3 fr. 50.
Mes héritages, par Mlle Zénaïdo Fleu¬
riot. 1 vol. in-12 de 272 pages. Prix: 2 fr.
Missionnaire catholique en Angle¬
terre (un) sous le règne d’Élisabeth, par
le K. P. Forbes, de la compagnie de Jésus.
1 vol. in-12 de 211 pages. Prix : 2 fr. 50
Rabagas, comédie en cinq actes, par
Victorien Sardou. 1 vol. in-18. Prix : 2 fr.
Rues de Paris (les), biographies, por¬
traits et légendes, par Bathild Bouniol, 3
vol. in-12 d’ensemble 1324 pages. Prix : 9 fr.
S. Jean Chrysostome et l’impéra¬
trice Eudoxib, par Amédée Thierry. 1
fort vol. in-8°. Prix : 8 fr.
SOUVENIR8 DE MA JEUNES8E au temps
de la Restauration par le comte L. de Carné,
do l’Académie française. I vol. in 8° de
383 pages. Prix : 6 fr.
Traité élémentaire de chimie or¬
ganique, par Berthelot, professeur au Col¬
lège de France. 1 vol. in-8°. Prix : 13 fr.
Un séjour en France de 1792 à 1795,
par H. Taine. 1 vol. in-12 de 305 pages
1 Prix : 3 fr. 50.
Voyage de l’Atlantique au Paci¬
fique, traduit de l’anglais par Belin de
Launay. 1 vol. in-12 contenant 2 cartes.
Prix : 1 fr. 25
Le Gérant , F. WATTEL1ER
PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE GLEBE, BUE CASSETTE, 29.
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Tome VII.
— e.
•loin 1898.
REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
A. MO» RESPECTABLES AGRÉGÉS.
Selon la promesse que nous avons faite dans notre dernière
livraison, nous plaçons sous vos yeux, et nous soumettons à votre
appréciation, la note qui nous a été adressée au sujet de la fonda¬
tion immédiate d'une école des beaux-arts dirigée dans un esprit
franchement chrétien. Nous croyons savoir que l’auteur, avant
de nous envoyer la note qu’on va lire, avait exprimé sa pensée
devant plusieurs personnes compétentes, et que l’on s’occupe d’en
venir à la pratique le plus tôt possible. Nous sommes bien certains
que tous nos honorables agrégés hâteront de leurs vœux, et faci¬
literont par leur concours la réalisation d’un projet si noble et si
pieux.
<c 11 est peut-être surprenant qu’on ne se soit pas demandé
« pourquoi, généralement, tous les hommes qui ont fait leurs hu-
« inanités ontun goût assez sûr pour juger les œuvres littéraires,
« tandis que la plupart avouent très-ingénument leur incom-
« pétence absolue pour apprécier les productions de l’art. Qui
« de nous n’a entendu répéter cent fois, devant un tableau ou
« une statue, la phrase stéréotypée : Je ne m'y connais pas?
« Pour peu qu’on y réfléchisse, la cause de cette incapacité
« parait manifeste ; tous ont acquis le tact littéraire par l'étude
a raisonnée, par la lecture analysée des modèles, dans la littéra-
« ture ancienne comme dans les chefs-d’œuvre de notre littéra¬
le ture nationale.
« En appliquant la même méthode pour l’enseignement des
« beaux-arts, on arriverait au môme résultat j il y aurait toujours
« peu d’artistes de grand talent, comme il y a peu de littérateurs
« distingués, mais toute la classe lettrée aurait acquis le goût rai-
« sonné nécessaire pour juger sainement la valeur artistique
« d’une œuvre quelconque. Comme pour l’art religieux que nous
T. VII. il
152
« avons spécialement en vu§,..£on développement dépend princi-
« paiement du bon goût; Uu clergé; il suffirait d’établir dans
« chaque école ecclésiastique, dans les séminaires petits et
« grands,tun coursclassique.d’eslhétique,, pour, faire acquérir aux
« élèves, par l’étude analytique de plusieurs mrodèles excellents,
« le sentiment et la science du beau artistique.
« Et qu’on ne se récrie pas sur la difficulté, l’impossibilité de
« doter chaque école ecclésiastique d’un petit musée de chefs-
« d’œuvre JDe interne que, .pour le fond des beautés littéraires,
« on peut les apprécier souvent dans une bonne traduction, il
ti serait aussi possible d'exercer le goût des élèves par l’étude
xi raisonnée de bonnes copies de'tàbleaux de mérite/et de plâtres
a'bien exécutés d’après les meilleures statues ou bas-ureliëfs; la
« gravure souvent suffirait, surtout pour l’étude de la composi-
« tion et de l’expression.
« Quant à l’exaCtitufte archéologique, il existe d’excellents ou-
<c vrages, peut-être trop coûteux, mais d’après lesquels il serait
« facile de rédiger des manuels sérieux et suffisamment corn¬
et plets. Dès que cétte pensée serait admise, il deviendrait néces-
« saire de créer une école dont les élèves les plus capables, sous
<c la direction de peintres chrétiens, comme par exemple M. La¬
ïc fond etM. Savinien Petit, de sculpteurs comme M. Bonnassieux,
« de graveurs comme M. Guzman, etc., exécuteraient des copies
« reproduisant assez fidèlement le mérite de l’œuvre originale
« pour servir de thème aux leçons d’esthétique.
«‘Enfin, pour donner avec la théorie générale le souffle de
« l’inspiration à cette école de jeunes artistes chrétiens, il fau¬
te drait leur faire suivre les leçons d’un professeur éminent, dont
« la voix éloquente les initierait à la -sublime poésie de l’art
« chrétien, avec l’autorité de science et d’élévation de pensée d’un
« digne émule de M. fiio, dont l’admirable livre a ému toute
« l’Europej à l'exception peüt-être de la France.
« Il n'est point de diocèse où l’on ne trouve quélques chrétiens
« assez éclairés et assez amis de l’art pour fournir, ou du moins
« organiser, les moyens de réaliser la somme relativement mo-
« dique qui suffirait à l’acquisition de bonnes copies et de plâtres
« soignés, nécessaires pour l’enseignement.
« Çes acquisitions tourneraient au profit de cette Ecole libre
"« qui uurait, par ses seules garanties d ? art et de acUome ja*-
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C >gl
— 163 —
« «fcéologiqiie, le privilège de fournir d’abord 1» séminaires
« pour leurs nwséesd’rniseignement, et ensuite les églises doet le
« bon goût exclurait les produis informes et ridicules du <*>«-
« anerce des «articles de sainteté.
« En résumé, ce projet mesure la fondation, le succès ut la iteafo
« d'une Ecole des beaux-arts sous l'inspiration chrétienne. »
L’apparition merveilleuse des croix sur les vitres en Allemagne
est un fait que la presse la plus matérialiste n’ose nier. Toilà donc
le surnaturel qui s’impose, bon gré mal gré, à notre siècle In¬
croyant. Ceux qui ne l’avaient pas encore assez apprécié, com¬
prendront que notre œuvre a rendu un service important en pu¬
bliant et en faisant connaître le savant ouvrage de M. deMirville
des Esprits et de leurs manifestations., cette véritable encyclopé¬
die du merveilleux et du surnaturel à tous les Ages et cbéztous
les peuples. Les esprits légers qui, sans réflexion, dédaignaient
d étudier les faits surnaturels, les regardant comme des légendes
sans valeur historique, seront forcés de reconnaître leur réalité
et par conséquent l’obligation pour tout homme sensé de les
étudier avant d’en parler.
PREMIÈRE PARTIE
OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOUS AVONS ACCEPTÉ
LA PROPAGATION SPÉCIALE.
V«WS SAINT TOA19ÇOB XAVIER, DŒ LA «ODOPAfiNIE M
JÉSUS, «aÿôtte des Jades et du ia,pon, par le P. Bouuouas, de la même
'{3KÎ**; * 522 *■ “'" e ^ “
ü fff ^’ êtce P 38 iautile de ^Weler d’abord les litres recoin-
mandables de l’auteur de cet excellent ouvrage. Dominique Bouhours.
bltératow distingué, naquit à Paris ,en 162a II entra au noviciat des
Jésuites à 1 âge de seize &os.
Après avoir professé les humanités à Paris, il ensqgua la nbéto-
» y Google
— 164 —
rique à Tours. Plus tard, il fut chargé de l’éducation des jeunes
princes de Longueville, et ensuite de celle du marquis de Seignelay,
fils de Colbert. Il mourut à Paris l’an 1702.
Cet écrivain éminent publia, entre autres ouvrages, la vie de saint
François-Xavier, de la compagnie de Jésus, apôtre des Indes et du
Japon. Le roi Louis XIV daigna en accepter la dédicace.
Dans ce grand siècle on n’écrivait pas à la légère, surtout quand
on avait à soutenir, comme le Père Bouhours, l’honneur de son nom
et la réputation d’un ordre illustre, non-seulement par son zèle apos¬
tolique, mais aussi par la place qu’il avait su conquérir dans la ré¬
publique des lettres, comme l’on disait alors. Voici en quels termes
l’élégant et docte écrivain expliquait les moyens qu'il avait pris pour
assurer à son livre le mérite le plus important, l’exactitude historique.
Les mémoires sur lesquels j’ai travaillé, dit-il, m’ont fourni tout ce
que je pouvais souhaiter pour la perfection de mon ouvrage, en ce qui
regarde la vérité et les ornements de l’histoire ; car, sans parler, de
Turselin et d'Orlandin, j’ai lu exactement Lucena et Bartoli. Le pre¬
mier a écrit en portugais, et son livre a pour titre : Historia da vida
do Padre Francisco de Xavier , e do que fizeram na India os Religiosos
de Companhia de Jesu. Il dit qu’il a eu entre les mains les copies
authentiques des informations qui furent faites par l’ordre de Jean III,
roi de Portugal, sur les actions du bienheureux père Xavier, et les
originaux de plusieurs lettres écrites des Indes sur le même sujet,
lesquelles se gardent encore aujourd’hui dans les archives du collège
de Coïmbre. Pour Bartoli, si connu par ses ouvrages, et qui est un
des meilleurs écrivains d’Italie, il a tiré des archives de la maison
professe de Rome, et des actes de la canonisation, ce qu’il dit du
saint dans la première partie de l'histoire de la compagnie de Jésus
intitulée Y Asie.
« Quoique ces deux historiens aient ramassé, en quelque façon, tout
ce qui se peut dire sur saint François-Xavier, je n’ai pas laissé de
voir ce que les autres en ont écrit, et j’ai lu principalement le livre
de Nieremberg , intitulé Claros Varones ; Y Histoire des Indes , de
Maffée, et celle de Jarric; Y Histoire ecclésiastique du Japon , de So-
lier; l’Histoire castillane des missions que les Pères de la compagnie
de Jésus ont faites en l’Inde orientale et au royaume de la Chine
et du Japon, composée par Louis de Guzman ; et enfin l’Histoire por¬
tugaise des voyages de Fernand Mendez Pinto.
« Mais, comme saint François-Xavier a écrit lui-même une partie
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des choses qui lui sont arrivées aux Indes et au Japon, je me suis fort
attaché à ses lettres, et j’en ai tiré des lumières qui ne m’ont pas peu
servi à éclaircir la vérité. Ces lettres m’ont fourni aussi de quoi
rendre la narration plus animée et plus touchante, en faisant quel¬
quefois parler le saint et mêlant ses sentiments avec ses actions.
u J’avais presque achevé mon ouvrage lorsque j’ai reçu d’Italie et
d’Espagne deux vies de saint François-Xavier, que je n’avais point
encore vues : l’une fort nouvelle, écrite en italien par le Père Massei ;
l'autre, plus ancienne, écrite en espagnol par le Père François Garcia.
Je n*ai guère trouvé dans ces deux livres que ce que j’avais remarqué
ailleurs ; mais j’ai pris beaucoup de plaisir à les lire,tant ils sont écrits
correctement et poliment, chacun en sa langue. «
On est si habitué à entendre exalter les progrès de notre siècle et
surtout sa supériorité pour la critique historique, que beaucoup de
lecteurs se tiennent en garde contre la trop facile crédulité des his¬
toriens des siècles précédents. Pour combattre ce préjugé, nous cite¬
rons encore le - Père Bouhours : ;on verra que, de son temps, on hési¬
tait à admettre le merveilleux, et qu’un auteur de son mérite ne pré¬
sentait que des faits soumis préalablement au contrôle d’une critique
éclairée et rigoureuse.
« Je craindrais qu’une vie aussi extraordinaire que celle-ci ne cho¬
quât un peu les esprits profanes, si la réputation de saint François
Xavier n’était bien établie dans le monde, et que ses miracles n’eus¬
sent toutes les marques des véritables miracles, comme a très-bien
remarqué l'auteur qui en a fait le recueil. La mission du saint les
autorise d'abord ; car, étant envoyé de Dieu pour convertir les infi¬
dèles, il était nécessaire que la foi fût plantée dans l’Orient par les
mêmes voies qu’elle l’avait été dans toute la terre au commencement
de l’Église.
« D’ailleurs, jamais miracles n'ont été examinés avec plus de soin
ni plus juridiquement que ceux-là. Ce ne sont point des miracles faits
en secret, et qu'on doive croire sur la parole de deux ou trois per¬
sonnes intéressées ou qui peuvent être surprises ; ce sont d’ordinaire
des faits publics, reconnus de toute une ville, de tout un royaume,
et qui ont pour témoins des peuples entiers, la plupart idolâtres ou
mahométans. Plusieurs de ses miracles ont duré longtemps, et il a
été aisé aux personnes incrédules de s'en éclaircir. Tous ont eu des
suites qui en rendent la vérité incontestable, telles que sont les con¬
versions des royaumes et des rois les plus ennemis du christianisme.
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— W6 —
îâf ferveur acfaiiuMe de» netivm chrétiens, et ta constance héroïque
des martyrs : mais sien peut-être ne confirme davantage tes miracles
dé* saint Xavier "que sa sainte vie, qvi a eu quelque chose de plus
merveilleux que ses miracles même*; iL fallait,, ce semble, qu’un
homme qui vivait comme lui, fit ce que tes autres hommes ne ta*
soient point; et que, s'abandonnant tout à Dieu par une entière' con¬
fiance dans tes occasions tes {dus pérfflewe*, Dieu lui abonéontat, en
quelque façon, sa toute-puissance pour te bien des âmes.
Mate ces sentiments ne sont pas seulement des catholiques; tes lrf-
telique» mêmes révèrent Xavier ; et Baldeus parte de lui en ces termes,
dans son Histoire des Indes: * Si la religion de Xavier convenait avec
la nôtre, nous le devrions estimer et honorer comme un autre saint Paul.
Toutefois, nonobstant cette différence de religion, son zèle, sa vigilance
et la sainteté de ses meurs doivent exciter tous les gens de bien à ne
point faire l'œuvre de Dieu négligemment; car les dons que Xavier
avait reçus pour exercer k charge de ministre et d'ambassadeur de
Jésus-Christ, étaient si éminents, que mon esprit a'est pas capable de
les exprimer. Si je considère la patience et la douceur avec lesquelles il a
présenté aux grands et aux petits tes eaux saintes et vives de l'Évan¬
gile, si je regarde le courage avec lequel il a souffert le9 injures et les
affronts, je suis contraint de m'écrier avec l'Apôtre : Qui est capable
comme fui de ces choses merveilleuses t »
Baldeus finît l'éloge (te saint par une apostrophe au saint même;
PKt à Dieu, dit-il, qu'ayant été ce que vous aveu été, vous fussiez ou
vous eussiez été des nôtres l
Richard H&klVit, aussi protestant de ptas ministre e» Angleterre,
loue Xavier sans aucune restriction (1). « Sancian, dit-il, est une îte
dans les confins de la Chine, et proche le port de Canton, fameuse par
la mort de François-Xavier, ce digne ouvrier évangélique, et ce divin
maître des Indiens en ce qui concerne la religion, qui,, après de grands
travaux, après plusieurs injures et des croix infinies souffertes avec
beaucoup de patience et <fe joie, mourut dans une cabane 9ur une mon¬
tagne déserte, le 2 décembre de Pannée 1552, dépourvu de toutes les
commodités de ce monde, mais comblé de toutes sortes dé bénédictions
spirituelles, ayant fait connaître 1 auparavant Jésaa-Christ à plusieurs
milliers dte ces Orientaux. Les histoires modernes des Indes sont rem¬
it ) Les principales navigations , voyages, trafics et découvertes de Ta nation anglaise par terre
et par mer , et*. Deuxième' parti* chi second volume.
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— 167 —
plies* des. excellentes vertus, et. des. œuvres, miraculeuses, de ce.saint,
homme..»»
M. Tavernier, qui» a. touteJa.probité que 1.on. peut avoir hors deJa*.
vraie, religion ^enchérit sur ces. deux instoinss, et parle comme un catho-
lique(l),. « Saint.ErançoisXayier, ditril, finiten.calieu.sa.missiouavec^
sa vie, après avoir établi laioichrétienme avec des progrès, admirables,
dans tous les, lieux où. il. avait passé, non-rseulement par. son zèle,
mais aussi par son exemple.et.par la.sainteté de .ses. mœurs.
**- Il.na.jamais été dans la Chine; néanmoins il y a beaucoup d’appa.-
rence. que le. christianisme qu'iL ayait établi dans l'île de. Niphon
s’étendit dans les pays voisins*.et sa multiplia par les soins de ce saint
homme, que Ton peulnommer à juste titre le saint Paul et le véritable
apôtre des Indes..»*
Nous espérons que nos respectables agrégés nous sauront gré d’avoir
mis à leur disposition, pour un prix si modiqpe,.une belle édition dîun
livre que son format et Jes gravures qpi l’embellissent permettent.de
donner en cadeau^après en avoir réservé un .exemplaire pour sa biblio¬
thèque. Il importe.de combattre le naturalisme,.le matérialisme,.qpi
de nos jours empoisonnent l’air par des ouvrages de la valeur de celui
que nous offrons à nos lecteurs : la perfection de la forme, le charme du
style font goûter les bonnes, et solides pensées que suggère le fond
même du livre : c’est donc un des meilleurs ouvrages de propagande
que nous sommes heureux d’inscrire, dans notre catalogue.
FASTES ET LÉGENDES DU SAINT-SA CK E ME NT , dèpuis son insti¬
tution jusqu’à nos jours, par J J-Mi ms Gàüllc, précédés d’un* exposé'dit
dogme de l'Eucharistie, par M. Auguste Carion, prêtre, avec approbation dé,
Mgr l’évêque d’Arras. 1 vol. in-12 de 468 p, — Prix : 3 fr. ; pour les agré¬
gés : i fr. 60.
Il y a deux parties dans cet ouvrage. La première est le plus lucide
traité qui existe peut-être sur le dogme, si consolant d& l'Eucharistie*
Écrit dans un style clair et précis, ce traité répond à, toutes ^objec¬
tions des gens du monde, plus ou moins infectés des sophismes de l'hé¬
résie; et la lecture, facile même pour ceux qui sont étrangers aux études
théologiques, satisfait pleinement la raison, si la foi avait besoin dè
son secours.
La seconde partie est une autre consolation donnée au cœur du fidèlè
en même temps qu'un attrait pour les esprits sceptiques que ce9 ré-
(!) «Recueil .deipln&ieurs relations: et traités singuliers et curieux.
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— 168 —
cits, émouvants toujours, et souvent appuyés de témoignages irrécu¬
sables, peuvent porter à réfléchir et à examiner plus sérieusement le
dogme qu'ils rejettent avec une si téméraire liberté.
On sera bien étonné de voir au nombre des témoins qui déposent en
faveur de la présence réelle et des miracles contemporains opérés par
le Saint-Sacrement, Luther et Voltaire lui-même.
Les deux pièces historiques que cite à ce propos l'auteur sont in¬
contestables. Mais qu’est-ce qu'une contradiction de plus chez les
apôtres de l'erreur et du mensonge? C est un aveu semblable à celui
que l'exorciste arrache à l'esprit des ténèbres lui-même, lorsqu'il le
force à confesser la divinité de Jésus-Christ. De nos jours pas plus
qu'au temps de la vie du Sauveur sur la terre, ce ne sont pas les mi¬
racles qui manquent à l’homme pour croire à ce qui apparaît obscur à
son infirme raison ; c'est un cœur simple et droit.
Le livre que nous analysons peut faire beaucoup de bien, même à
ceux qui ferment les yeux à la lumière. Il saisit vivement l’imagina¬
tion, il se fait lire, et il est bien difficile de ne pas être ému en lisant
tant de faits sérieusement attestés comme historiquement vrais et qui
laissent loin derrière eux les plus merveilleuses fictions de l'esprit
humain.
Nous ne ferons aucune citation, parce qu'il faudrait tout citer dans
les soixante-huit récits qui composent cet intéressant recueil.
C'est un beau monument élevé au Saint-Sacrement, et le respectable
auteur a commencé à trouver sa récompense dans l'approbation d’un
savant et pieux prélat, ainsi que dans plusieurs lettres de félicitations
que lui ont adressées des ecclésiastiques distingués. Il n'est point
douteux que de nombreux lecteurs n'y viennent bientôt ajouter leurs
suffrages.
UNE SOLUTION AUX QUESTIONS SOCIALES, par le vicomte d’Ax-
thenaise. 1 vol. in-8° de 91 p. — Prix : 2 fr. net pour les agrégés : 0 fr. 50.
Félix qui poluit rerum cognoscere causas , s'écriait le poète latin. En
effet c'est la base de toute science. En politique, comme en médecine,
si vous voulez guérir le mal, il faut d’abord en rechercher les causes.
Nous ne saurions donc trop applaudir aux courageuses investigations
auxquelles tant de belles intelligences se livrent depuis quelque
temps pour découvrir l'origine de notre malaise social et politique.
Notre joie redouble quand nous rencontrons ces recherches de vérité
ioogle
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— 169 —
parmi les jeunes gens qui appartiennent aux classes supérieures de la
société, et qui, loin de croire qu’ils sont nés pour consommer dans de
stériles loisirs les fruits de la terre, se souviennent que, dans notre
patrie surtout, noblesse oblige.
Ainsi pense, ainsi se comporte M. le vicomte d’Anthenaise. Il suffit
de reproduire les titres des chapitres de sa substantielle brochure pour
prouver qu’il n’a laissé sans étude ni sans examen aucune des quës*
tions que le sphynx révolutionnaire pose comme autant de menaçants
problèmes aux modernes générations.
Il traduit d'abord à la barre de la raison les doctrines insensées qui
se résument dans le programme athée, immoral et destructeur de toute
société, de Y Internationale. C’est le dernier mot ou les conséquences
logiques de l’idée révolutionnaire. — Pourquoi ne traiterions-nous pas
la bourgeoisie comme elle a traité la noblesse? disent les apôtres du
prolétariat. — La bourgeoisie n’a rien voulu supporter au-dessus d’elle,
nous ne voulons pas supporter quelle nous domine plus longtemps.
Elle a dit qu’on ne pouvait pas hériter des vertus et des titras de ses
aïeux; nous disons qu’on ne doit pas hériter davantage du capital de
ses parents. Elle a supprimé la hiérarchie, nous voulons achever son
œuvre en supprimant la famille, etc. Qu’est-ce que peut répondre la
bourgeoisie révolutionnaire à ces implacables logiciens ? 11 n’y a qu’un
remède, c’est celui qu’indiquait saint Remy au fier Sicambre dont il fai¬
sait courber la tête sous l’onde régénératrice : Brûle ce que tu as adoré ,
adore ce que tu as brûlé. En somme, il faut rebâtir l’édifice social qu’on
a commencé à démolir en 89. Partant de ces données, l’auteur passe
en revue toutes les questions à l’ordre du jour, pour nous servir du
langage parlementaire : la famille , la propriété, le suffrage universel ,
la centralisation y les pim imposés , les/emmes,les mineurs , les sociétés
civiles , commerciales , religieuses . Ce que devrait être la commune , Z’ar-
rondissement, le département, la province , VÈtat.
En d’autres termes, il esquisse le programme d’un vaste ouvrage
qui demanderait de longues méditations et plusieurs volumes.
Mais ce programme lui-même, il est bon de l’avoir tracé, et meilleur
encore de l’avoir publié. C’est un thème où toutes les questions brû¬
lantes de notre époque sont posées, et où l’auteur a même indiqué les
jalons de la route par laquelle il est peut-être possible à la société de
sortir du labyrinthe révolutionnaire.
Les bornes et la nature de cette revue ne nous permettent pas
d’entrer dans la discussion ; nous devons donc nous arrêter à cette
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— VJÛ, —
analyse,en recommandant à.noa lecteurs.de faire leur profit duxrLde.
Garde à vous!.jeté par M.Je.vicomtediAnthenaise, et de méditer sur.
la, solution qu’il propose, ,en. cherchant les. moyens de la; mettre: en.
pratique.
DES; MORTS'HÉROÏQUES'pendànt lit guerre de 1870-1871 et pendant lin
Gommune, par G. IliCLNOT. tvoL in-8? omé d’une gnmire de !viit-222 pi —
Prix, 1 fr.,50..
SOUVENIRS DES AMRUL ANGES,, par. A.. S. de DoKcourt. 1 voL iar8°
orné d’une gravure, de xu-232 p. — Prix : 1 fr. 50.
SOUVENIRS D'UN OTAGE DE LA COMMUNE, par un frère des Écoles
chrétiennes. 1 vol. in-12, orné d’une gravure de 108 p. — Prix: 0 fr. 50.
MA SORTIE DE. MAZAS, par Joseph de Margal. 1 vol. in-12 de 144 p.
orné d'une gravure. — Prix : 0 fr. 60:
L’histoire se compose de deux éléments^ les actes officiels conservés
dans.les archives publiques, et les témoignages écrits de ceux qui ont.
pris part aux événements contemporains. Il est donc intéressant de
recueillir ces témoignages au fur et à mesure qu’ils se produisent
C’est, à ce titre que nous signalons encore aujourd’hui à l’attention de
nos lecteurs les brochures dont nous venons d'écrire les titres.
Le premier de ces livres est dû à laplumede.M;.Danlnoy. Son but
est indiqué dans l’introduction..D’un bout du monde à l’autre on disait :
« Les Français ne croient plus qu’aux jouissances du luxe, au bien-
être, et aux corruptions d'une civilisation matérialiste...
« La France a.rejeté Dieu...DieurejetteralaFrance...Mais voici que
du sein de nos désastres se fait entendre une sublime protestation ; ce
sont nos morts qui parlent; sous la main sacrilège qui vient dépouiller
les victimes comme sous la main pieuse qui cherche, dans un faible
battement de cœur une étincelle qui permette de ranimer les sources
de la vie, un même fait se présenter une croix, une médaille reposent
presqpe toujours sur ces braves poitrines. Ainsi s’élève de.ces sillons
sanglants un cri unanime Nous, sommes tombés en invoquant le
Dieu; de nos pères, la Dieu qpi a toujours protégé la France et qui la
sauverai »
Le,cadre de. hauteur embrasse tous lea épisodes de cette terrible
année d’expiation et toutes les conditions? de la société, française qui y
ont apporté leur tribut d’héroïsme en ;face de l.’étranger envahisseur, de
la pairie, et aussi de vant cet autre ennemi encore plus flétrissant dont
L’infâme ligue, de l’Internationale avait, fait une. horde de, bourreaux
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parricides eneangteariant et déshonorant te sein» maternel eneopetwàt
meurtri des coups» desPnweiens. Ce m'esA pas seakmenâ le dévoue-
ment da1/auasônier, de la sœur decharüiéy du frète de te doctrine chré¬
tienne qn’ïk noua montre partout* sur tes. champs de bataille» aux an*-
hvbnees ou. dns tes prisons des nouveaux septembriseurs, c'est toute
te société française, depuis Kécolier ete Saint-Nicolas que F obus des
Prussiens vieat frapper sur sa couche; innocente, jusqu'à ce martyr de
notre brave année qui» après avoir sauvé te Louvre; des fuaœojra des
«ouveaux vandales, meurt brûlé vif par les pétreleurs.
Quelle' éloquente réponse aux déclamations de nos libres penseurs
que ces morts croyants de tout âge r de- tout rang qui environnent
encore d'une auréole de gloire les désastres et les ignorâmes que leurs
calomniateurs et leurs bourreaux ont accumulées sur notre- infortunée
France.
Tandis que ces masses grossières, élevées» dans le matérialisme
athée»fuyaient comme de vils troupeaux devant le Prussien triomphant,
qui sauvait l'honneur dis drapeau français ; qui combattait un contre
dix? qui mourait pour te patrie, comme on savait combattre et mourir
pour elle dans les siècles passés? — Des chrétiens, soldats ou chefs,
prêtres et laïques» hommes et femmes, paysan ou gentilhomme. Le
livre de M. C.. Daainoy est un précieux recueil de faits que noua con¬
naissons déjà pour 1a plupart* mais qui, dispersé» dans les journaux ou
des lettres particnlàèrasv sont utilement réunis, dans cet intéressant
volume* Nous voudrions faire quelques citations.. Écoutez comment
meurt un de ces gentilshommes si ridiculisés par la basse envie de
nos égalitaires.
* M. de l’Épinay Saint-Luc, capitaine d es mobiles de Maine-
et-Loire, est atteint d'un, éclat dobus au côté droit; il voit la mort ap¬
procher, il se fait porter à cent mètEes pim loin pour se confesser et
communier. Avant de recevoir son. Dieu» il fait approcher ses hommes :
m Mes amis, leur dit-il,, je vous, ai appris à combattre, je veux vous
- apprendre comment oruaeurt en chrétien, »» et, d’une voix ferme encore;
Portez aunes....Présentez... armes.... Genou terre !... » Après avoir
reçu son Dieu,M. de L’Épinay ajoute: « Adieu, mes amis, en>avant» au
« feu ! » Puis il attend la mort avec calme» priant. Dieu, de bénir sa
mère et ses six enfants*. »
A chaque défaite vient ainsi se placer un acte ou un cri d'héroïsme.
Après le combat de Reischofien », un chasseur à pied* morne,, désespéré
d'avoir survécu à ses eompagpous* d'armes, s'étonne qu'on songe à
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— 172 —
panser sa blessure: - Mille vies comme la mienne, s’écrie-t-il en
- pleurant, ne valent pas un pas de l'ennemi en France. »
Au bombardement de Strasbourg, un étudiant en médecine,
M. Corneber, a les deux jambes fracassées par un obus sur le rem¬
part où il pansait les blessés. Ses camarades l'environnent. « Mon âme
avant tout! s’écrie-t-il, et il appelle l’aumônier. Après s’être confessé,
il demande avec ingénuité au bon prêtre : « Croyez-vous que Dieu me
pardonne? * Ainsi la foi, que le matérialisme s’efforce d’étouffer surtout
dans nos écoles, se réveille forte et naïve sur nos champs de bataille,
comme aux anciens jours où le Dieu de Tolbiac, de Bouvines et de De-
nain aimait tant à se montrer bon Français .
Et à ce propos citons le mot d'un autre brave de cette guerre dou¬
loureuse, qui, prenant soin de communier avant chaque combat, s'é¬
criait : - N’ayez pas peur de me voir reculer; je porte avec moi le Dieu
« qui ne capitule jamais. »
Disons-le avec consolation, la foi ni l'héroïsme du soldat français
n’ont pas quitté notre malheureuse patrie, et concluons par le mot de
François I er : « Tout et perdu... fors l’honneur.» qui avec cette foi
sauvera tout.
Nous ouvrons le second livre que nous venons d’inscrire en haut de
cet article, Souvenirs des ambulances , et nous y voyons exprimée en
d'autres termes la même consolante espérance: « Si la guerre de
« 1870-1871, et l’insurrection plus désastreuse encore qui l’a suivie,
« ont mis en lumière bien des défaillances, bien des crimes ; si la
« corruption qui, depuis quelques années, s’est étendue à toutes les
« classes de la société nous est apparue dans toute sa laideur, avec son
•« cortège d’égoïsme et de lâcheté, ces mêmes événements ont donné
« lieu à des actes de dévouement et d'héroïsme qui, chez aucun autre
« peuple, ne se seraient produits dans une égale proportion. Dieu, en
« nous infligeant la plus cruelle épreuve qui puisse atteindre une
« nation, nous a donné le moyen d’affirmer que l'esprit de foi et de
« charité est plus fort chez nous que le plus grand des malheurs, de
« telle sorte que cette guerre, sans victoire pour nos armes, ajoutera
« cependant des pages magnifiques à nos annales. »
Le service de santé revendiquera une large part dans ces pages
glorieuses, et dans ce service ou chacun a fait son devoir , le clergé, les
religieux de tout ordre, les frères des Écoles chrétiennes en particulier,
ont conquis une place d'honneur. C’est là un triomphe pour la France
chrétienne, une réponse éloquente de la religion aux attaques dont
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— 173 —
elle est l'objet depuis un siècle, un gage de victoire prochaine.
Nous ne pourrons reproduire ici tous ces actes sublimes d'un dévoue¬
ment qui surpasse peut-être encore celui d'un soldat sur le champ de
bataille. Mais nous ne résisterons pas au plaisir de détacher de cet in¬
téressant recueil une page où l'énergie du bon exemple, non moins que
la liberté dont on jouissait dans les ambulances, sont démontrées par
une conversion vraiment prodigieuse.
« Tout, pendant cette malheureuse guerre de 1870-1871, conspirait
« contre nous : le désarroi de l'administration, la rigueur inaccoutumée
« de la saison et la maladresse des nouvelles recrues qui, peu fami-
« liarisées avec le maniement des armes à feu, causaient à chaque ins-
« tant des accidents nouveaux.
« Un de ces accidents, un coup de feu tiré presque à bout portant
# dans le bas-ventre d'un jeune soldat, par un camarade maladroit,
.« avait mis le malheureux blessé dans un état désespéré.
« Amené mourant à l'ambulance de la rue Oudinot, ce jeune homme
# dut, aux soins des bons frères, un soulagement immédiat. Toutefois
« sa blessure laissait peu d’espoir aux médecins, et l'aumônier de la
« maison crut devoir offrir quelques paroles de consolation au malade.
h II lui parla du Dieu qui guérit, ou du moins qui donne la force de
« souffrir, et il l'engagea à mettre ordre aux affaires de sa con-
# science.
« — Vous repasserez un autre jour, « lui répondit le blessé, de ce
u ton moqueur qui est particulier au gamin de Paris. Et, détournant la
M tête, il se mit à siffler entre ses dents l'air d'une chanson populaire.
« Le prêtre s'éloigne le cœur serré.
* — Priez, dit-il au frère infirmier, priez pour ce pauvre enfant
« qui, si près de l'éternité, se joue de la miséricorde de Dieu.
« Cependant, le lendemain, lorsque le chirurgien en chef, M. le
tt docteur Labbé, s'approcha du lit du blessé, celui-ci, l'apostrophant
« brusquement, lui dit :
h — Je croyais qu'il n'était pas permis aux curés d'importuner les
« malades pour les faire confesser.
« — Que voulez-vous dire, mon ami ?
« — Oh! tout simplement vous prier de signifier a tous ces diseurs
- de patenôtres de ne pas venir nous ennuyer,
« — Vous a-t-on donc forcé de vous confesser?
« — Le plus souvent! C'est moi, au contraire, qui l'ai joliment
« rembarré, le curé I
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— 174 —
« — Eh bien ! donc, de quoi vous plaignez-voue! Le prêtre remplit
« son devoir en engageant les malades à mettre ordre à leur cens-
•« cienoe;il ne foroe personne, ail n’insiste même pas. Vous avez *eu
« (tort hier en rembarrant, comme vous dites, i aumônier, et anjomv
» d’hui vous n'avez pas moisis (tort de vous plaindre.
« Le Parisien se le tint pour dit.* il ne se plaignit plus. Quant à
« envoyer promener le prêtre, il n’en trouva pins foccasion. M. l’abbé
, Boche lui adressait, chaque mat» en passant, quelques bonnes pa-
.. raies ; «nais il se gardait de lui parler de confession.
« L’horrible plaie se «cicatrisa, les forces revinrent au blessé; mais
« k cure tnt langue; elle exigea trois mois de soins assidus. Les "
•« frères se montrèrent d’une bonté, d’une patieooe qsri, chaque jour, *
« émerveillaient davantage le jeune malade. Cependant, loin de vou-
44 ioir reconnaître «et admirer le soabile qui les faisait agir, il sem- *
“ blait, à mesure que les fruits de la piété se «outraient ainsi à lui, u
« redoubler de mauvais vouloir A l’endroit de la religion.
44 Ne perdant aucune occasion de déblatérer conte les prêtres, il -
x raillait les malades qui se confessaient et ne manquait pas de déco- **
« dher contre les convalescents qui suivaient les offices toutes les *
*4 flèches à l’usage de nos beaux esprits de carrefour.
«« Cependant k igrâce faisait taon couvre dans ce «cœur égaré plutôt-
« que perverti. Un jour vint où ce soi-disant esprit fort, qui, Atout-
« propos, avait déokré qu’on ne le verrait jamais six pieds d’un
‘4 prêtre, alla spontanément trouver l’aumânier. *
.« —J’ai bien tardé, monsieur l’abbé, lui dit-il, à Tenir «'excuser -
« de vous avoir si mal reçu la première fois que vwns avez i«u la hanté
“ de vous oceqpar de moi.
«• .Je âne sms repenti bien souvent «depuis d’«v»îrdherché à was
«< faire de la peine... Me le pawdomaez-vaus, monsieur l’abbéL..
*• —- Vous pardonner, mon ami; mais je me vous en ai jamais
« voulu.
« — Et le bon Dieu, monsieur d’abbé, me paardanBera-tril^... cela
« et tant d’autres choses?...
« En parlant ainsi, le jeune homme s’éfaitagenoinilimixipueds du
m prêtre; il lad ouvrant (son coeur, et il éprouvait un eoategewent, une
« joie qu’il n’avait jamais ressentie jusqu alors. «Cette première con-
« fession fut suivie de beaucoup d’autres. L'incrédule de k refile -était
p devenu ne chrétien Jarnent. Chaque dimanche le voyait approcher
« de la sainte Table; il était pour tous un sujet d’édificalwn.
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— 176 —
« Quel “prédicateur Éloquent avait'faît descendre •lalumière dans ce
« cœur Tébel le T La puissance du bon exemple. Nôtre jeune Parisien
« avait Teconnu l’arbre à ses‘fruits; la douce abnégation /le dévoue-
« menthéroïque des bons’frères lui avaientTàlt'goûter et aimer lare-
« ligion qui soutenait leur admirable vertu. »
Nous avons choisi ce trait parmi tant d'autres, où la ’foi de nos
paysans emrdlës dan6 les mobiles, aussi bien que célle de nos soldats
et de nos officiers des troupes de ligne, éclàte d’une‘manière si rassu¬
rante pour'l’avenir de la patrie.
Les Souvenirs d'un otage de la Commune sont dus û la plume d'un
frère des'Écoles chrétiennes, aussi bien que Ma sortie de Wazces. Ces
deux opuscules soîft écrits tous deux avec une verve ^ôt rine correction
de style remarquables. C’est une réponse qui va droit à Tadresse^de
tél journaliste qui traite avec un dédain si peu mérité ces pauvres
ignorantins. 'Ainsi,'apres avorrprouvé, dans cétte année-d’épreuve, sur
nos champs de bataille, dans nos ambulances et-dans'les cadiôts, quhls
avaient le cœur éminemment français, les pieux enfants du vénérable
de la Salle nous montrent encore que Tesprît^national ne leur fait pas
défaut.
Les Souvenirs d'un Otage de 'la Uammune rrorfs racontent d’une'ma¬
nière très-pittoresque les aventures* d’un bon frère qui n ’échappa aux
horreurs de la prison, où tfavaiertt enfermé avec itant d’autres les
RaoülRigaült et les’Dacosta, que pour tomber dans lesmains des héros
de'la‘Commune, qui, bon géé, malgré lui/veulent -en ‘faire ’un soldat
de leurs'barrioades; puis dans 'les mains des'troupes'de la délivrancer
qui, peu s’en faut, vont fusilleT comme un insurgé celui qui a été
ramasser nos braves combattants ‘jusque sous tes “balles prussiennes.
Mu sortie de tfazas, par Joseph de Wargàl, est un manuscrit livré à
l’impression à l’insu de son jeune autour, qui Pavait rédigé‘uniquement
pour sa famille. C’est une vive peinture de ces jours de terreur et d’an¬
goisses, trop vite oubliés. ‘Détachons r une t page ^seulement de ce récit.
L’auteur est tombé dans un de ces affreux’bouges où la Commune en¬
tassait pêle-mêle les plus honnêtes gens avec les plus vils rebuts de la
société.IPour charmer tes ennuis'du ,««dlot, chenun ide ses hatesœsl
prié de conter tour à tour ses aventures.
** IHbn tourevirtt^ettfin de’prendredaiparole. Jeriis oqœ ij’avûis été
•• arrêté en essayant de quitter PacÎ3 pourmaeirendBe auprès deima
mère.
« Ces quelques mots parurent intéresser vivement mesnomapagaons,
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— 176 —
« et lorsque, quelques instants plus tard, on proposa de chanter
« quelque chose pour se distraire, tous se réunirent pour me décerner
« Thonneur d'ouvrir le concert. J'avais si grand peur d'entendre en-
« tonner quelque chanson obscène que je ne me fis pas prier. — D'ail-
« leurs, me dis-je, c'est un moyen comme un autre d’apostolat. —
« N'osant hasarder un cantique, je choisis le chant du Jeune Soldat.
- L'attention de mes auditeurs se transforma graduellement en une
« vive émotion; j'avais éveillé chez eux cette fibre patriotique que,
« dans un cœur français, rien ne saurait paralyser entièrement.
« On me demanda autre chose.
« Je chantai la Guérilla , qui eut plus de succès encore. En écoutant
« mes accents émus, ces êtres, que les vices les plus abjects avaient
« abaissés presque au niveau de la brute, redevenaient des hommes.
M — Encore! s'écria-t-on quand j’eus achevé, encore!... Vainement
« j’alléguai que j'étais fatigué. Je dus m'exécuter, à la condition toute-
« fois qu'on ne me demanderait plus rien.
« J’entonnai le beau chant du Martyr. Les assistants semblaient
« suspendus à mes lèvres. Je voyais leurs poitrines se dilater, leurs
« fronts se relever et leurs regards briller d une émotion qui semblait
« les étonner eux-mêmes. Ils retenaient leur souffle pour mieux
« écouter, et, lorsque j'eus fini, au lieu de laisser éclater leurs bravos,
« comme précédemment, ils gardèrent un profend silence.
« Que se passait-il au fond de leurs âmes ? Dieu et les anges le sa-
« vent. Quand, au bout de quelques instants de méditation, ils me sup-
** plièrent de recommencer ce magnifique chant, leurs physionomies,
« leurs voix mêmes étaient transformées.
« Comme vous le pensez bien, chère mère, je ne me fis pas prier. Je
« demandai à Dieu de faire pénétrer ma voix encore plus profondément
« dans ces pauvres cœurs, et, quand j'arrivai à ces paroles :
Dieu tout-puissant, couronne mon martyre,
Pour moi, du ciel ouvre l’éternité.
« je les vis tous incliner le front, et des larmes perlèrent à la paupière
« de plusieurs.
« L'impression produite sur mes auditeurs était si grande que dès
« lors aucun d'eux ne me tutoya plus.
« — Vous avez sans doute été élevé chez les Jésuites? me demanda
« l'un d’eux.
— 177 —
* — Je n'ai pas eu cet honneur, répondis-je; je suis simplement
* élève des Frères,
* — Ce sont de bons maîtres, qui enseignent bien les enfants !
« s'écria une voix.
« Un fédéré confirma cette assertion, et d'un ton qui me fit très*
« saillir :
« — Bienheureux, ajouta-t-il, ceux qui n'oublient jamais les leçons
« qu’ils en reçoivent. »
Nous terminerons cette analyse par un vœu : c'est que ces livres,
tout palpitants d'un intérêt si puissant, soient lus et propagés dans
toutes les classes de la société, et qu'ils portent même à l’étranger,
abusé par nos défaites d’un jour et les déclamations de nos ennemis,
la bonne odeur du génie français, qui n’a pas cessé d’être chrétien et
qui redeviendra bientôt la gloire de l’esprit humain et la lumière du
monde.
T. VII.
12
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DEUXIÈME PARTIE
REVUE
DIS
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
ANTONIO PÉBEZ, Philippe U et le royaume d'Aragon, par le marquis
«s Pidal, de l'Académie royale d’histoire, etc., traduit pour la première fois
do l'espagnol ea français par M. 4. -G. Macxabal, agrégé de rUniwské,
membre correspondant des académies royale espagnole„ royale d’histoire,
d’archéologie et de géographie de Madrid, etc. 2 vol. gr. in-8°de 350 et 400 p.
— Prix:!5fr.
L’auteur de cet ouvrage a joué un rôle assez important dans les
affaires publiques depuis son entrée aux cortès en 1838 jusqu’à sa
présence à Rome comme ambassadeur depuis 1856. C’est donc un
àuteur sérieux, sinon parfaitement impartial. La première partie de son
ouvrage présente l’historique de la monarchie espagnole et explique
les rapports du gouvernement général de l’État avec le gouvernement
particulier du royaume d’Aragon. M. de Pidal rend franchement
hommage au clergé d’Aragon, dont le rôle fut si considérable, si pa¬
triotique et si sincèrement libéral dans le vrai sens du mot.
La seconde et la troisième partie sont consacrées à l’histoire particu¬
lière du comté de Ribagorza sous Philippe IL Puis vient l’histoire
d’Antonia Perez. Tout le reste du livre est un immense drame où s'agi¬
tent de nombreux personnages, et dans lequel un grand rôle est donné
à l’inquisition au sujet de laquelle nous faisons de formelles réserves .
Pour le reste, des trésors d’érudition sont ici amassés et classés avec
ordre. L’auteur n’apprécie pas toujours les personnages selon leurs
œuvres. Le traducteur a cru devoir donner un portrait de Philippe II,
pour combler une lacune, mais il n’a pas eu le courage de mépriser les
préjugés semés par les mensonges historiques qui dénaturent les actes
de ce grand roi, qui a su prévoir les guerres et les révolutions san¬
glantes préparées par la réforme et en préserver son pays. De là les
déclamations contre l’hypocrisie, le despotisme, la cruauté prétendus
de ce grand roi.
Malgré tout, Philippe II reste une belle figure dans l’histoire. Animé
Digiti zed b\
Gock
d’une grande énergie, apanage des âmes -fortement trempées, il savait
distinguer le mérite partout où il le trouvait; il étudiait toutes les
questions, examinait tout par lui-même, et suivait sa j^apreimpulsion,
ne seiaissant guider par aucun conseil hasardeux, par aucune insinua¬
tion. -Nulne travaillait plus que Philippe II, « dit M. Magnabal, qui
est un peu de notre 'avis et un peu de l'avis des autres; * nul n’ap-
* portait plus de soin aux affaires du gouvernement dans lesquelles il
« aimait par-dessus tout la clarté. Les enseignements de Thistoirq,
« les exemples contemporains, les profonds conseils de son père, lui
« avaient donné, dès ses premières années, un grand fonds de maturité
« et de prudence. Il était sincèrement religieux et catholique, sans
- sacrifier néanmoins à un fanatisme aveugle les convenances de l'État. »
Libéral, confiant, quoique circonspect, plein de droiture et de loyauté, *
bienveillant et respectueux, sachant respecter en lui-.même le mo¬
narque de droit divin, réprimant des passions fougueuses, noblement *
ambitieux, plein de respect pour les autres, sévère, mais juste, spiri¬
tuel et sagace, profond penseur, habile politique, tel nous apparaît
Philippe II. Rien n'est donc moins étonnant que les attaques dirigées
contre ce prince catholique.
Antonio Perez était fils d'un secrétaire dÉtat de Charles-Quint,
nommé Gonzalo Perez, et de Maria Tovar. Il avait reçu une excellente
éducation à l’Université d'Alcala. Après ses études, il voyagea pendant
plusieurs années, étudiant avec ardeur les tendances politiques des
gouvernements, la science de la diplomatie, et surtout l'art de flatter.
Son maître en politique fut Machiavel; son maître en diplomatie.
Tacite. Les maximes équivoques de ces deux hommes, leurs leçons,
leurs préceptes, leur astuce, furent les bases sur lesquelles il se
.promit d*appuyer sa règle de conduite. Présenté à Philippe II
par le prii\ce dÉboli don Rey Gomez de Silva, Antonio Perez fut
secrétaire dÉtat à 1 âge de vingt-cinq ans. Devenu le premier du
royaume après le roi, il ne sut pas, malgré sa pénétration, comprendre
le caractère de Philippe. Il se laissa éblouir, se montra orgueilleux,
arrogant, étala un luxe effréné, fit parade de ses mœurs scandaleuses.
A la suite d'une accusation de meurtre, il passa onze ans en prison ;
on le tortura, on lui prit ses papiers. Il s'enfuit en Aragon, conspira
de tous côtés, s'exila en France, fut reçu à Pau parla sœur du Béar¬
nais, Catherine de Bourbon, conspira de nouveau et finit par mourir
à Paris dans la dernière détresse en 1611. — Telle fut la vie de oet
homme singulier qui, malgré sa maturité, sa pénétration, son astuce.
✓
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— 180 —
ne sut point maintenir son crédit auprès d’un prince qui l'estimait et
le chérissait. Ce fut l’orgueil qui le précipita de la hauteur à laquelle
il était parvenu sans peine et sans intrigue.
L’œuvre du marquis de Pidal est un récit complet de cette existence
étrange, un tableau de la cour de Philippe II nuancé des couleurs les
plus vives, une étude —■ trop minutieuse peut-être dans les détails —
des institutions provinciales, administratives et politiques de l’Espagne
au xvi* siècle. On y reconnaît le travail de 1 érudit, la science et la phi¬
losophie du penseur; mais ce livre gagnerait à être éclairé des lueurs
de la vérité religieuse. Il est impartial dans la forme et peut-être
dans le fond, si l’on tient compte des bonnes intentions de l'auteur;
mais il manque de cette ardeur à rechercher la vérité parmi les calom¬
nies, les interpollations, les mensonges, qui distinguent l’écrivain mi¬
litant, insoucieux des acclamations de la foule, et plus désireux des
applaudissements du petit nombre. Il eût mieux valu, peut-être, que
M. de Pidal se pénétrât davantage de la parole de Joseph de Maistre,
et n’accueillît pas aussi passionnément les accusations portées contre
une institution transformée par les rois espagnols en instrument poli¬
tique. L’inquisition est aujourd’hui connue dans ses plus profonds
secrets. Ses actes sont au grand jour, et l’on peut la juger. Tribunal
religieux à Rome, puissance politique en Espagne, pouvoir occulte à
Venise : elle présente un triple aspect qu’il s’agit d’étudier autrement
que dans les livres souvent inspirés par la haine. Il suffit de rappeler
que le protestantisme a le plus grand intérêt à la poursuivre de ses
attaques et qu’il n’a jamais hésité sur le choix des moyens.
LA FEMME CHRÉTIENNE et la société moderne, par M. l'abbé Ozanam,
chapelain d’honneur de Sa Sainteté, missionnaire apostolique, etc. 1 vol.
in-12 de xvm-320 p. — Prix : 3 fr.
Les ennemis du christianisme font les plus grands efforts pour arra¬
cher la femme à son influence : c’est pour conjurer ce danger que l’abbé
Ozanam apporte au secours de la bonne cause le tribut d’un zèle
ardent, d’une instruction approfondie et d'une expérience de quarante
ans dans les pénibles travaux des missions ou du ministère des pa¬
roisses. Pour montrer tout ce que la femme doit au christianisme, l’au¬
teur commence par exposer sa condition dans l’antiquité, chez les Juifs
et chez les païens, puis il étudie tour à tour la mission de la jeune fille
chrétienne, celle de l’épouse, de la mère, de la veuve, de la vierge
vivant dans le inonde ou dans le cloître ; l’éducation à ses divers degrés.
Digit ized b\ Goog le
— 181 —
le mariage, les rapports avec les domestiques, le gouvernement d’une
maison, les relations avec le monde, les abus du luxe et de la toilette,
et beaucoup d’autres questions non moins importantes sont l'objet de
discussions non moins approfondies et détaillées. Toutes ces matières
sont traitées d'une manière neuve, avec beaucoup de solidité, et ce livre
est très-propre à tenir en garde les femmes honnêtes de toutes les
classes contre les pièges que leur tend la libre pensée.
LES CROISÉS DE SAINT-PIERRE. Scènes historiques de Tannée 1867,
par le P. Franco, de la compagnie de Jésus; traduction exclusivement
approuvée et revue par Fauteur. 3 vol. in-12 de 512, 532, 534 p. —
Prix : 7 fr. 50.
Du 10 septembre au 10 novembre 1867 il y eut soixante jours de
péril pour la ville de Rome. Le dévouement des troupes pontificales
triomphe des soldats garibaldiens. C’est ce petit drame que le
P. Franco, dont on connaît le remarquable talent, a pris pour thème
d’un récit très-attachant qui offre une histoire complète de nos admi¬
rables zouaves pontificaux. Le P. Franco sait son Italie par cœur. Non-
seulement il a vu en partie ce qu’il raconte, mais il s'appuie toujours
sur des documents authentiques,auxquels il a joint quantité d’ouvrages
en toutes langues, traitant le même sujet ou «eux qui s’y rapportent.
La liste qu'il en donne ne renferme pas moins de quatorze pages. De
là cette sûreté dans l’appréciation, cette exactitude dans les noms et
les moindres détails, cette abondance d’anecdotes caractéristiques qui
assurent à son travail un accueil empressé partout où Ton aime les
grandes et‘belles choses et où Ton prend intérêt aux combats et aux
dangers de l’Église.
DE LA CONDITION légale (les communautés religieuses en France, par
M. Charles Jacquier, avocat à la Cour impériale de Paris, lauréat de la
faculté de Paris. 1 vol. in-8° de xlviii- 532 p. — Prix : 7 fr.
Après avoir établi que la charité est la base du christianisme et que
les œuvres de charité ne peuvent se maintenir et se perpétuer sans le
secours des associations, l’auteur examine successivement la situation
légale des communautés religieuses en droit romain, dans notre an¬
cienne jurisprudence, et enfin sous le régime des institutions actuelles.
Cette dernière partie seule présente des documents pratiques, et on
pourrait désirer qu’elle fût plus développée. Les considérations histo¬
riques sont très-utiles pour rectifier des erreurs et dissiper des pré-
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— 182 —
jugés trop répandus de nos jours. Sans entrer dans le détail'de toutes
fes questions traitées ici avec une érudition remarquable, il suffit de
fire que cet ouvrage, bien qu’il ne soit pas exempt de tout, est ce qu’H
Y a de plus complet et de plus exact théoriquement pariant sur cette
grave matière.
(Pour les ouvrages qui précèdent , d'après la Bibliographie catholique.)
LES RICHESSES DU GLOBE, par C. Fallet. 1 vol. in-4° de 344 g., avec
2 gravures. — Prix : 5 fr.
Mme Fallet jette d'abord un coup d'oeil sur la voûte céleste. Elle
donne quelques notions sur les étoiles fixes, les planètes, les comètes,
les étoiles filantes, les météorites, les aurores boréales.
Elle s'occupe ensuite de la terre, de ses révolutions, des mers, de
l'atmosphère, des vents, des images, de la pluie, du serein, de la
noaée, de la glace,, dei a neige r du tonnerre, des trombes, etc.
Puis, passant àl 'étude des différents terrains, elle arrive aux pré¬
cieuses productions du règne minéral. C'est ici seulement que le titre
commence à se justifier. Il faut sans doute considérer tout ce qui pré¬
cède comme une sorte de longue introduction.
Depuis lors, les matières peuvent être exposées en quelques mot» ;
après le règne minéral, nous voyons successivement le règne végétal
et le règne animal déployer devant nos regards les richesses qu'ils* of«*
fæntài l’homme,. Et, «inclusion, noua voyons apparaître l'homme lui-
même, pour qui tout a été créé et qui est créé pour Dieu*
Lee notions données sur ces* différents sujets ne s'élèvent pas au-
dessus d’un niveau scientifique fort modeste. Maie elles seront suf¬
fisantes pour la jeunesse, et même pour des adultes pourvus de la
simple instruction élémentaire. L’esprit de l'ouvrera est parfaitement
chiëtiem La beauté du formai fenada l'effet pour ks distributions de
prix.
BRAQUER RX PLANTER FOURRAGERES, par Ed. Vianke, directeur.
du Journal d'agriculture progressive . i vol. grand in-8° de 424 p. — Prix : 8 fr.
M. Vian ne déplore le peu' de soins que l'on donne à la culture dte»
plantes fourragères, branche si impartante de» nervenws, puisqu'elle est
destinée à> procurer la nourriture du bétaiL Pour les prairies naturelles 7
surtout, ii semble n ? y avoir rietr de mieux & frire que «te les laisser
donner leura richesses; Oir ne s'en occupe que pour enlever les* pro~
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— 188 —
doits; et, même dans les contrées les plus renommées pour leurs
herbages, on constate une diminution sensible de production et de
qualité.
Aux yeux de Fauteur, la principale cause du mal, c'est l'ignorance
dans laquelle est encore l'agriculture sur le meilleur mode à employer
pour maintenir la fertilité dans les herbages, pour régénérer ceux qui
dépérissent et pour en créer de nouveaux.
Il cherche donc à apporter le remède et donne un traité très-complet
et très-savant de tout ce qui touche aux prairies et aux plantes fourra¬
gères, soit au point de vue botanique et scientifique, soit au point de
vue pratique.
Chaque plante est décrite et étudiée à fond. Les questions de cul¬
ture, d’engrais, d'instruments perfectionnés, d'irrigation, de création de
prairies, sont traitées avec tous les développements possibles.
170 vignettes très-bien faites ajoutent à sa valeur et à la clarté des
descriptions.
COIVFESSIOU D’Uïf OUVRIER, par Émile Souvesthï. \ vol. in-18 de 283 p.
Nouvelle édition revue et augmentée d’un chapitre entièrement inédit. ~
Prix i fr. 2o.
Pierre Henri, dit la Rigueur, est un ouvrier maçon, qui a écrit pour
lui et pour sa famille tout ce qu'il a pu retrouver de ses souvenirs.
Son existence a été rude. Son père, enclin à l'ivrognerie, était mort
d'une chute. Sa mère, pour laquelle il eut toujours le plus respectueux
attachement, l'éleva dans de bons principes, qui lui permirent de com¬
battre, comme il le dit lui-même, la douleur par la patience et d'en
triompher par l'honnêteté.
Doué d'un esprit observateur, il constate que l’homme a en lui ses
plus grands ennemis, qui sont les mauvaises passions, et il s'attache
à les vaincre.
Pierre Henri, marié jeune à une honnête ouvrière, rend aussi douces
et aussi heureuses que possible les dernières années de sa mère. li a
la douleur de perdre un enfant.
Le voici devenu maître maçon ; ses premières entreprises réussis*
sent. Mais, victime d’une confiance mal placée, il est ruiné et forcé de
travailler comme un simple ouvrier. Après le temps des épreuves
viennent des jours heureux. Plusieurs enfants ont remplacé au foyer
celui qui avait été tant pleuré.
Ce livre est écrit dans un style qui plaire aux classes ou vrière * . Il
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contribuera à rectifier certaines idées fausses sur les inégalités sociales,
et il établira que l’ouvrier peut réussir par la bonne conduite et l’é¬
pargne à se procurer une heureuse situation.
(Pour les ouvrages ci-dessus , d'après le Bulletin des publications
populaires.)
LA CHAPELLE SAINT-HYACINTHE, souvenirs des cathéchismes de
la Madeleine, recueillis par un ancien disciple de Mgr l'évêque d’Orléans,
4825-1835 ; Paris, 1872. 2 vol. in-12 de xii-490 et 494 p. — Prix : ô fr.
Heureuse pensée que celle qui a fait recueillir ces instructions,
ces homélies, ces sermons, ces récits d’une époque déjà bien loin
de nous, mais qui a vu commencer ou plutôt se renouveler avec tant
d’éclat l’œuvre si utile, si féconde des catéchismes de persévérance,
avec des catéchistes aussi capables que ces jeunes ecclésiastiques
destinés à devenir si illustres : l’abbé Dupanloup, aujourd’hui évêque
d'Orléans; l’abbé Pététot, aujourd’hui supérieur de l'Oratoire; l’abbé
Legrand, aujourd’hui curé de Saint-Germain-l’Auxerrois; l'abbé Ar-
nault, aujourd’hui curé de Sainte-Marguerite; l'abbé Guelly, l’abbé
Barie, l'abbé de Moligny, et tant d'autres. Nous avons ainsi un cours
d'instructions à l'usage de la jeunesse, une espèce d'année chrétienne,
que liront avec bonheur ceux pour qui ces instructions sont des sou¬
venirs, que liront avec plaisir et profit les jeunes chrétiens et les jeunes
chrétiennes, et qui fournissent à nos catéchistes contemporains, à
tout le clergé, des modèles, des sujets d’instruction à l'usage des en¬
fants et des jeunes gens. Ces deux volumes ne peuvent donc man¬
quer d’être bien accueillis du public religieux; ils continueront et
répandront le bien autrefois produit par les catéchismes de la Ma¬
deleine. ( D'après les Annales catholiques.)
MONSEIGNEUR DARBOY, esquisses familières, par Alexis Piehron, pro¬
fesseur de rUniversité. 1 vol. in-12. — Prix : 1 fr. 50.
Le titre de ce petit livre dit tout ce qu’il est. Ce n'est pas une bio¬
graphie en 'règle de Mgr Darboy ; ce n’est qu’une suite d’esquisses
familières, tracées de mémoire par un ami qui l'avait connu dès son
enfance et qui avait vécu jusqu’à la fin dans son intimité. Chaque cha¬
pitre, et il y en a quinze, est comme un petit tableau, où le peintre
en. quelque coups de pinceau représente son héros, je ferais mieux de
dire son ami, dans les diverses phases de son existence. C'est moins
l’archevêque qu’il fait connaître que l’homme privé dans ses rapports
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— 185 —
avec sa famille, avec ses amis, avec tous ceux qui avaient avec lui des
relations personnelles. Ces études offrent donc ce charme particulier
que l’on trouve toujours à pouvoir considérer dans leur vie intime les
hommes que lear savoir , leur mérite et les circonstances ont élevés,
au faîte des honneurs. Ce volume est très-intéressant; et s'il n'a¬
joute pas beaucoup à la renommée de Mgr Darboy, il a du moins l'a¬
vantage de faire connaître l'homme, et, je puis le dire, de le faire
aimer.
Ce que cet ouvrage a de spécial, c'est qu’il est fait par un professeur
de l’Université et à un point de vue universitaire. Pas n'est besoin de
dire que ce professeur de l’Université est en même temps, ce qui
n'est point rare, un bon catholique. Mais, parmi les bons catholiques,
il y a sur certains points libres deux manières de voir et comme
deux courants d’idées différents. Les uns, admirateurs enthousiastes
et consciencieux des siècles où l’Église catholique avait la pleine et
entière direction de la société, veulent à tout prix nous ramener à cet
idéal. Et comme la plupart des institutions modernes, et spécialement
l’Université, ont été fondées au moins en dehors de l’Église, sinon
contre elle, ils les combattent avec une persistance d’autant plus vive
qu’ils les regardent comme une des sources de tous nos maux. Les
autres, tout en protestant qu’ils veulent rester chrétiens, désirent ce¬
pendant aussi rester de leur temps. Sans nier les défauts des institu¬
tions actuelles, ils font ressortir les avantages qu'elles présentent
et prétendent que tout le travail des gens sensés et pratiques doit
consister à combattre les uns et à profiter des autres. L'Université
est mauvaise par elle-même, disent les premiers ; il faut donc la dé¬
truire et la remplacer par une institution que l’Église catholique anime
de son souffle et inspire de sa vie. L’Université a beaucoup de bon,
répondent les autres, et, du reste, tous vos efforts seront impuissants
pour la renverser; cherchons donc, d’une part, à l’améliorer en la chris¬
tianisant, et, d'un autre coté, à établir à côté d’elle des institutions
rivales, mais non ennemies, qui fassent mieux qu’elle, s’il est possible.
Or, M. Pierron incline vers ces dernières opinions, et l’on ne saurait
douter que Mgr Darboy ne leur fût sympathique. De là, les attaques,
les colères passionnées dont il fut l'objet pendant sa vie, attaques et
colères que la mort si saintement héroïque qu’il a subie ont à peine
calmées. Il nous semble qu'en présence de ces deux écoles, bien plus
séparées peut-être par les exagérations des passions humaines que par
le fond même des idées, on ne saurait trop se rappeler les mémo-
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— 186 —
râbles conseils d'humilité et de charité donnés par le Saint-Père dans
une de ses récentes allocutions. Quoi qu’il en soit, on ne peut que
lire avec grand avantage et beaucoup d'intérêt les Esquisses familières
sur Mgr Darboy . . . _ ;
(Pour les articles qui précèdent , (Taprès la Semaine catholique
de Lyon.)
ÉTUDE DES FLEURS, botanique élémentaire, "descriptive, usuelle, par
l'abbé Cariot, membre correspondant de la société linnéeane (cinquième
édition, 1872). 3 beaux vol. % avec 13 planches, contenant 150 figures. —
Prix : 15
Les éditions d'un ouvrage de ce genre, se succédant si rapidement,
suffiraient pour en attester le mérite. Cette dernière édition est encore
plus complète que la précédente. Dans le premier volume, les table9
analytiques ont été entièrement refondues et rendues assez claires
pour que l’on puisse, sans maître, déterminer toutes les plantes. Le
deuxième volume a été augmenté de 240 pages, afin de faire entrer
dans l’ouvrage toutes les nouvelles découvertes qui ont enrichi la bo¬
tanique. Le dictionnaire historique, usuel et pratique, dans le troi¬
sième volume, a été enrichi de nouveaux articles : ce précieux diction¬
naire ne se trouve pas dans les autres ouvrages du même genre.
LE MIRACLE de saint Dominique à Sori&no, par le R. P. Fr. Pie-Marie
Rouakd de Card, ex-provincial des frères-prècheurs, docteur eu théologie,
in-8° de 96 p. — Prix : 1 fr. 25.
Il y a, dans le couvent des dominicains de Soriano, en Calabre, une
statue de S. Dominique, « si pesante qu’il faut cinq personnes pour
“ la mettre en place et quatre vigoureux jeunes gens pour la porter
« en procession. »
Le 15 septembre 1870, jour de fête et de foire, cette statue, trans¬
portée depuis la veille dans l’église du pays, se mit à osciller, sans
qu’aucune main la touchât. Elle se mouvait sur ses bases, pendant
que celles-ci restaient fermes. Elle se penchait, s’avançait, s’élevait,
se tournait comme une personne vivante. La tête suivait les mouve¬
ments du corps, s’inclinant de préférence vers une image de Notre-
Dame du Rosaire. Le visage était couvert d’une sueur abondante et
changeait de couleur, passant d’une pâleur extrême à un rouge très-
prononcé, exprimant la tristesse ou la confiance, le calme ou l’indigna¬
tion et la menace. Les yeux prenaient l’expression du visage et se
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— IGT —
portaient tantôt sur les personnes présentes, tantôt vers un but plus
éloigné, tantôt vers le ciel. Les lèvres s'agitaient avee impétuosité^
comme celles d'un homme qui parle. Et cette muette prédication dura
au moins deux heures, devant plusieurs milliers de témoins, gens du
pays ou étrangers venus pour la foire. CJh examen sévère, pendant et
après, n'a pu y découvrir ni supercherie ni illusion d'optique ni aucune
autre cause naturelle. Bien plus, des efforts ont été faitspour arrêter
les mouvements de la statue, et toujours sans succès*. Enfin, des grâces
nombreuses ont complété le prodige et accru l'enthousiasme et la foi
de la population. — Tel est le fait dont le P. de Card publie le récit,
ou plutôt le procès-verbal, car son intéressante brochure, à part
quelques détails préliminaires, n'est que la reproduction d’une enquête
poursuivie par lui sur les lieux mêmes, pendant dix-sept jours. Rien
d’obscur, rien de louche dans les témoignages. On a vu, on est con¬
vaincu, on affirme, on prouve. Les habitants de Soriano et des envi¬
rons n'admettent pas un doute. L'autorité ecclésiastique, toujours
prudente, s'incline aussi devant l'évidence et bénit le Ciel d'une pa¬
reille manifestation. Donc, nier serait folie.
A CEUX QUI SOUFl'UEHT, consolations, par Mgr de Ségur. t vol. in-t8
de 216.p k .— Prix : i fr.
La douleur est un mal trop réel; la sagesse consiste non à la nier,
mais à l’accepter avec résignation. Le péché en est l'auteur, mais elle
peut servir à nous mener à un bonheur sans fin. Souffrir avec Jésus-
Christ, souffrir pour expier, pour gagner une couronne, n'est-ce pas
une belle perspective ? Heureux le lecteur qui cherchera le développe¬
ment de ces pensées dans le livre cte Mgr de SégUT. Le respectable
auteur parle des misères humaine» comme un 1 témoin qui les a vues,
et de la souffrance connue un hommequi se sanctifie avec elle.
LS GŒSS DS JÉSUS, principe et modèle de la perfection chrétienne, par
le Pèse DesprdinSp. de la. Compagnie de l&us, 3 e édition* Mois du Sacré?
Cœur. 1 vol. in-32 de xxiv-300 p. — Prix : 0 fr. 75.
Ce livrer extrait êt\m grand travail, publé sous le même titre*,,
donne, sous un vahune. restreint, ce qu'il y a de plus édifiant et des
plus pratique dans le bel ouvrage du P. Desjardms. On trouvé ici:
trente lectures, une pour chaque jour du mois, et fauteur S’est rais à
la portée cte tous par le choix des arguments et des preuves.
{Pour ter trois ouvrages ci-dessus, d’aprèrla Biographie catholique.)
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— 188 —
ISABELLE AUX BLANCHES MAINS, chronique bretonne suivie de
Y Anneau de la châtelaine , par Mile Gabrielle d’Ethampes. \ vol. in-4 2 (1872).
— Prix : 3 fr.
Espèce de roman établi sur des faits historiques ; les personnages
sont très-intéressants et les scènes d’intérieur de famille charmantes.
Un jeune duc de Penthièvre, maltraité par son frère aîné, aimé par ses
jeunes sœurs, se console de ses infortunes en pensant à l’affection d’une
jeune fille avec laquelle il doit se marier un jour et qui est élevée dans
la maison. Jl refuse de coopérer à la prise déloyale de Jean V et cherche
à le faire évader. Plus tard, ce prince veut punir les traîtres, et le
jeune homme est donné en otage par sa famille. Il demeure captif
pendant plus de vingt-huit années et n’est délivré que sur les instances
de sa fiancée, Isabelle aux blanches mains, qui fait connaître les ser¬
vices qu’il a rendus autrefois au prince Jean. Le mariage si longtemps
attendu peut enfin se réaliser. — Dans la deuxième nouvelle, un jeune
homme qui revient des croisades se fiance à une jeune fille aussi pieuse
que distinguée, mais il est obligé de repartir avec le frère de cette jeune
fille et meurt dans un combat. Il remet, avant de mourir, l’anneau des
fiançailles, qui est rapporté dans la famille et y devient une source de
bénédictions pendant de longues années. Cet ouvrage, fait dans un
esprit religieux, plaira surtout aux lecteurs qui recherchent les récits
historiques, les souvenirs et les légendes de notre pays.
PHILON BINOME ET LE JEU DE LA FORTUNE, par G. de la
Landelle. i vol. in-12. — Prix : 2 fr.
Ouvrage très-bon, plein d'intérêt, aussi instructif qu’amusant, fait
pour les lecteurs sérieux et qui plaira surtout aux jeunes gens déjà
initiés à l’étude des mathématiques. Dans un récit qui abonde en ré¬
flexions spirituelles et en sentiments religieux, on met en scène un per¬
sonnage original, il est vrai, mais doué d’un excellent cœur et qui
cherche à expliquer les probabilités de la vie et le jeu de la fortune.
Sans être superstitieux, il subordonne constamment le jeu des proba¬
bilités à la direction de Dieu et à l’action de la prière, qu’il appelle le
levier de l’homme simple. On trouve tout dans ce volume : science,
notions historiques, bons conseils, récits intéressants, scènes de fa¬
mille touchantes.
11 est donc bien important que le lecteur ne se laisse pas rebuter par
quelques termes de mathématiques ou par des réflexions singulières
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— 189
ou philosophiques. L’auteur a sur toutes choses des idées arrêtées,
précises et absolues, mais son esprit méthodique n exclut ni la haute
fantaisie ni l’attrait romanesque. Il a voulu faire un livre neuf et
montrer que les mathématiques pouvaient devenir la base d’un livre
d’imagination, tout en développant un caractère, en creusant un type
particulier, et en mettant en relief des opinions parfois paradoxales,
mais toujours fondées sur la logique. Il signale aussi les fréquentes
inepties et les nombreuses inconséquences de notre grammaire et de
notre orthographe.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA GUERRE DE 1870-1871, seconde
campagne de France, par L. Dussieux, professeur honoraire à lëcole de
Saint-Cyr. 1 vol. in-12 (1872). — Prix : 2 fr.
Ouvrage sérieux, instructif et plein d’intérêt. Le style est ferme et
concis, les réflexions courtes, mais marquées au coin du savoir et de
l’expérience. Il raconte les préliminaires de la guerre, les échecs de
l’armée française sur les frontières de l’Allemagne, la catastrophe de
Sedan, la révolution du 4 septembre, les sièges et les capitulations de
Metz et de Paris, les horreurs de la Commune et les opérations de
l’armée du Nord et de l’armée de l’Est. Il se termine par le récit des
faits relatifs aux délégations de Tours et de Bordeaux, à l’anarchie
dans le Midi et à la paix de Francfort. Viennent ensuite trois appen¬
dices contenant la liste chronologique des combats principaux livrés
pendant la guerre, la constitution de l’empire d Allemagne, le jugement
des Allemands sur l’armée de la Loire et l’armée du Nord. On dési¬
rerait peut-être, au premier abord, plus de développements, mais les
faits sont si récents et si profondément gravés dans la mémoire de
tout le monde, que l’on suit très-bien la marche des événements, qui
devient, par le fait même de cette concision, pius claire et plus com¬
préhensible. On ne peut que recommander beaucoup ce livre, excellent
sous tous les rapports. L’auteur, ancien professeur de l'école militaire
de Saint-Cyr, a pu faire ce travail avec d’autant plus d’intérêt qu’il
connaissait l’armée française, qu’il a étudié l’armée prussienne pendant
cinq mois de son séjour à Versailles, et qu’il a recueilli ce qui lui a été
dit depuis un an par des centaines d’officiers, dont il a été le maître.
Son but, nous dit-il lui même, a été de faire passer ses sentiments dans
l’âme des lecteurs et de leur faire connaître les causes réelles de nos
malheurs, afin d’en prévenir le retour.
{Pour les trois ouvrages ci-dessus, d’après la Semaine catholique de Lyon.)
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JOURNAL DU SIÈGE SE PARIS (18 septembre 4870 — 28 janvier 1871),
par Michel Cornudet. 1 vol. in-18 de 482 p. —*Prix : 3 fr. 50.
Ce livre, écrit avec conscience et talent, tient toutes les promesses
de son titre. Outre les impressions personnelles où se reflète jour par
jour l’état de l’opinion publique pendant lesiége deParis, on y trouve,
cités in extenso , les actes officiels dont la connaissance était nécessaire
pour éclaircir ou appuyer le récit des faits politiques et militaires :
proclamations du gouvernement de la défense nationale, dépêches de
Gambetta, se retrouvent à leur date. Les actes officiels de quelque
étendue sont généralement Tenvcyés au bas des pages, de manière A
ne pas entraver la narration. Des extraits, pris avec beaucoup de dis¬
cernement dans différents journaux, achèvent de révéler la situation des
esprits.
Ce qui imprime à cette publication un caractère tout particulier, c est
que M. Cornudet nous donne les faits tels qu’il devait les supposer, *
les impressions telles qu'il devait les ressentir réellement â chaque
date marquée dans son Journal , et non pas en les rectifiant, d’après
ce qu’il a appris depuis lors. Ce procédé communique au récit une vie
et une vérité saisissantes. Il semble que l’on repasse par toutes les pé¬
ripéties de cette terrible époque.
En attendant l’histoire, dont le jour n’est pas encore venu, le livre de
M. Cornudet est un Tésumé des événements du siège aussi complet et
nous dirons même aussi impartial que possible ; car, en présence de
certains actes de nos gouvernants d’alors, l’indignation de l'honnête
homme offensé n’ôte rien à l’impartialité de l’historien.
Le Journal du siège de Paris doit prendre place dans la série des
ouvrages relatifs à la dernière guerre, tels que le Memorial du Siège et les
Tablettes d'un Mobile.
LA CAPTIVITÉ A ULM, par le P. P. Joseph, aumônier des prisonniers
de guerre. 1 vol. in-12 de vm-28 p., avec 2 lithographies. 4° édition. Au
profit des victimes de la guerre. — Prix : i fr. 50.
Le R. P. Joseph raconte, dans leur naturelle simplicité, les joies et
les douleurs de sa captivité volontaire. Il a voulu ainsi payer un tribut
de reconnaissance au bienfaiteur des prisonniers, et faire sortir de
Tobscurité des actes qui attestent, chez quelques-uns de nos soldats, les
vertus inspirées par la foi, le dévouement et le patriotisme. Enfin il
montre avec une grande vigueur le mal causé à notre armée par l’irré-
ligion, l’impiété, l’indifférence avec leurs suites inévitables, qui sont
l’indiscSpline, l’ivrognerie, la débauche, sous lerars formes hideuses et
multiples.
La Captivité à Ukn offre l’attrait d’un récit semé d’anecdotes souvent
très-touchantes. Et à ce titre elle se fera aisément et fructueusement lire
par les soldats, qui pourront se délivrer, grâce à cette bonne lecture, de
nombreuses préventions contre le clergé. L’auteur, du reste, ne cache
pas son dessein : il veut « publier sur les toits les actes de dévouement,
d’abnégation, d’héroïque charité, » accomplis par les prêtres pendant
la guerre, car, dit-il, « il est grand temps de répondre aux calomnies
de l’Internationale et des sociétés secrètes. Faire connaître la religion
par ses œuvres est, à l’heure présente, un devoir impérieux. «
La longue liste nécrologique des prisonniers décédés & Ulin et à New-
Ulm est placée à la fin du volume.
(Pour les deux ouvrages ci-dessus, d'après le Bulletin des publications
populaires.)
LE BEHDEZ-VOUS DE FAMILLE, par A. Dbvoillx. 1 vol. in-* 2. —
Prix : 2 fr.
Le fond du livre est le récit du siège de Lyon pendant la révolution.
Les détails principaux sont empruntés à l’ouvrage de M. Balleydier
sur ce sujet; divers membres d’une famille honorable des environs de
cette ville, un prêtre, un soldat de Crécy et un révolutionnaire se
trouvent réunis ainsi que leur père à la fin du siège. Tous meurent dans
les meilleurs sentiments, même le révolutionnaire, qui finit par se
convertir, entraîné par l’héroïsme et le courage des autres. Le rendez-
vous c’est la mort, si bien nommée par l’auteur la porte de l’autre vie.
Ce livre offre de l'intérêt, abonde en réflexions sérieuses et en senti¬
ments chrétiens et patriotiques. On peut lui reprocher un peu de
décousu dans la narration, des longueurs et quelques négligences. 11
est à la portée de tous les lecteurs.
[D'après, la Semaine catholique.)
T
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y
BULLETIN SOMMAIRE DES PUBLICATIONS RÉCENTES
Allocution de Mgr Hermillod au
service solennel célébré pour le repos de
l’âme de M. Deguerry, curé de la Made¬
leine. 1 br. in-8° de 32 pages. Prix : 1 fr.
Amiral Bouet-Wjllaumez {Y) et l’ex¬
pédition dans la Baltique, par Félix Julien,
ancien lieutenant de vaisseau. 1 vol. in-18.
Prix : 2 fr.
Apôtre saint Jean (T), par M. l’abbé
Baunard, chanoine honoraire d’Orléans.
2 e édition. 1 vol. in-12 de 444 pages.
Prix : 4 fr.
Captivité a Ulm (la), par le P. Joseph,
missionnaire apostolique. 1 vol. in-12 de
280 pages, orné de deux lithographies.
Prix : 1 fr.
Conjuration antichrétienne contre
l’ame des enfants (la), par M. l’abbé Justin
Verniolles, chanoine honoraire de Tulle.
1 vol. in-12 de 280 pages. Prix : 2 fr. 60.
Conseils aux jeunes gens sur l’étude
de la philosophie, par Mgr Dnpanloup,
évêque d’Orléans. 1 vol. in-12 de 330
pages. Prix : 2 fr. 50
Deux filles de notre monde, par
Mme la comtesse B. S. 1 vol. in-12.
Prix : 3 fr. 50
Discours et conférences sur l’Édu¬
cation, par le K. P. Captier. 1 fort vol.
in-12. Prix : 4 fr.
Empire et la défense de Paris
devant le jurt de la Seine (P), intro¬
duction et conclusion par le général Trochu,
suivi de pièces justificatives et du testa¬
ment du général Trochu. 1 vol. in-8° de
584 pages. Prix : 8 fr.
En route pour la Grande-Char¬
treuse, par Georges Romain. 1 vol. in-32
de 64 pages. Prix : 0 fr. 50.
Histoire de la Restauration, par
Alfred Nettement; tome VIII et dernier. 1
fort vol. in-8° de 760 pages. Prix : 8 fr.
Histoire de N.-S. Jésus-Christ, par
Mgr Dupanloup, évêque d’Orléans; 3 e édi¬
tion. 1 beau vol. in-12 orné de quatre gra¬
vures. Prix : 5 fr.
La Salette, Lourdes et Pontmain,
Voyages d’un Croyant, par le comte La-
ioud. 1 vol. in-12 de 420 pages.
Prix:3 fr. 60.
Lettres d’Horace Walpole, écrites à
ses amis pendant ses voyages en France
(1739-1775), traduites et précédées d’une
Le G
introduction, parle comte de Bâillon. 1 vol»
in 8° de 331 pages. Prix : 7 fr*
Ligue a Quimper (la) et dans le district
de Cornouailles, par le R. P. Mercier, de
la compagnie do Jésus. 1 vol. in-12 de 300
pages. Prix : 2 fr.
Merveilles de la chimie (les), par
Martial Deherrypon. 1 vol. in-12 orné de
51 vignettes. Prix : 2 fr. 25
Musée des archives nationales, do¬
cuments originaux de l’histoire de France
publiés par la direction des archives.
1 fort volume in-4° enrichi do 1,200 fac-
similé des autographes les plus importants
depuis l’époque mérovingienne jusqu’à la
révolution française. Prix : 40 fr.
Nouvelles variées, par Mme Bourdon.
1 vol. in-12. Prix : 2 fr.
Organisation et tactique de l’in¬
fanterie (française, depuis son origine
jusqu’à l’époque actuelle, par le comte
d’Andlau, colonel d'état-major. 1 vol |in-8°
de 110 pages. Prix : 2 fr.
Panégyrique de Jeanne d’Arc, pro¬
noncé dans la cathédrale d’Orléans, le 8
mai 1872, par le P. Ad. Perraud, prêtre
do l’Oratoire. 1 br. in-8° de 52 pages.
Prix : 1 fr.
Révérend père Pierre Olivaint (le),
Journal de ses retraites annuelles de 1860
à 1870. 2 vol. in-12 de 640 pages. Prix: 5 f.
Souvenirs personnels d’émeutes et
de révolutions, par Amédée Acliard.
1 vol. in-12 de 339 pages. Prix : 3 fr. 60.
Tyrannie prussienne (la), par un Al¬
lemand. 1 vol. in 8°. Prix : 3 fr.
Trois apparitions d’âmes du purgatoire,
relations publiées aveo l’approDation des
supérieurs ecclésiastiques. 1 vol. in-12 de
124 pages. Prix i l fr.
Vie de la mère Marie-Thérèse, fon¬
datrice de fia congrégation de l’Adoration
réparatrice, par M. l’abbé L d’Hulst. 1 vol.
in-8° de 464 pages. Prix : 6 fr.
Vie de la vénérable servante de
Dieu Claire - Isabelle Gherzi, supé¬
rieure des Clarisses, par l’abbé J.-H. Ol-
livier, docteur en théologie. 1 vol. in-12 de
252 pages. Prix : 1 fr. 25
Voyages de la corvette la Bâ YON-
A JAISE dans les mers de la Chine, par le
vice-amiral Jurien de la Gravière. 2 vol.
in* 12 ornés de 10 gravures et de 2 cartes.
Prix : 8 fr.
rant , F. WATTEL1ER.
PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE CLERBET C le , BUE CASSETTE, 29.
^ x joogle
Tvme VU. - W. ».
Juillet 18»*.
REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
A NOS AGRÉGÉ».
Notre œuvre n’est pas simplement une affaire de librairie , mais
un effort collectif pour opposer à la propagation du mal la propa¬
gande du bien. Nous sommes heureux de constater une fois de
plus, respectables agrégés, que vous avez confiance dans notre
dévouement à toute bonne œuvre et dans notre empressement à
vous servir d’intermédiaire, toutes les fois que vous le jugerez
convenable, pour vous aider à prendre votre part dans les entre¬
prises qui se rapportent à un but religieux ou moral.
C’est ce que nous avons fait avec quelque succès pour les pé¬
titions en faveur de l’aumônerie de l’armée. Pendant le mois qui
vient de s’écouler, plusieurs d’entre vous nous ont demandé si
nous pourrions nous charger de transmettre leur offrande à la
commission qui s’est organisée sous la protection de l’archevê¬
ché de Paris pour réaliser le vœu national de l’érection d’une
église monumentale dédiée au Cœur adorable de Notre-Seigneur
Jésus-Christ.
Ce sera avec bonheur que nous accepterons cette mission
auprès du comité, auquel nous demanderons, chaque fois et
pour chacun des donataires, un récépissé spécial que nous puis¬
sions avoir l’honneur de leur transmettre immédiatement.
T. TII.
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rr
— 194 —
PREMIÈRE PARTIE
OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOUS AVONS ACCEPTÉ
LA PROPAGATION SPÉCIALE.
IMPORTANCE RECONNUE D’UNE DE NOS PRINCIPALES
PUBLICATIONS.
Si le goût actuel et la vogue paraissent exclusivement dévolus aux
petites brochures qui effleurent plus ou moins une question, il est
certain que les ouvrages de longue haleine, largement conçus et
traités avec toute l'ampleur que réclame une étude approfondie et com¬
plète, sont nécessaires pour jeter une lumière vive et nette sur l’en¬
semble des questions qui se rattachent à un point important de la doc¬
trine religieuse ou des spéculations philosophiques.
Sous ce dernier rapport, l’étude des faits est essentielle pour élucider
plusieurs questions très-graves, et une étude de faits n'a de valeur
scientifique qu’à condition d etre complète et sévèrement discutée : il
faut quel auteur ait la patience d’interroger tous les temps, de compulser
les documents qu’offrent les différents peuples ; après avoir recueilli
cette ample moisson par toute la terre, il lui reste encore à discuter
ohacun de ces faits, à élaguer en tout ou en partie ce qu’une critique
rigoureuse ne peut admettre; enfin, avec le reste des documents jugés
valables, il faut, pour ainsi dire, instruire la cause et faire ressortir
de l'ensemble des témoignages la vérité de la théorie et la certitude
des principes.
Mais la composition d’ouvrages de cette valeur suppose des hommes
d’une intelligence puissante et capable d'un travail opiniâtre pendant
de longues années. Ce n'est pas tout encore : il faut que l’auteur et
l’éditeur aient le courage de se présenter devant un public composé
généralement de gens, les uns trop occupés, les autres trop légers
pour accueillir comme il le mériterait un ouvrage sérieux. Tous les
vrais penseurs ont été d'accord pour reconnaître, dans l’œuvre magis¬
trale de M. de Mirville, les caractères que nous venons d’esquisser, et
nous sommes heureux et fier de nous être associé, dans le rôle modeste
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- 196 —
d’éditeur, au service rendu à la science philosophique par cette impor¬
tante publication.
Nous avons vu avec plaisir un des journaux les plus sérieux rendre
hommage à l’œuvre de M. de Mirville à l’occasion d’un fait récent.
Nous citons textuellement :
LES CHOIX MYSTÉRIEUSES.
L’Univers a reçu la lettre suivante :
Monsieur le rédacteur,
L’émotion produite par l’apparition des croix mystérieuses a été accompagnée chez
certaines personnes d’un sentiment de surprise d’autant plus fort que ces personnes
croyaient le ftlit sans antécédents dans l’histoire.
M. hnbert-Gourboyre, dans son intéressante lettre, s’est bâté de les désabuser, mais
d’une manière trop succincte.
Comment le savant professeur ne s’est-il pas appuyé sur l’ouvrage de M. de Mirville
intitulé : Des Esprits et de leurs manifestations diverses ?
Permettez-moi, Monsieur, de présenter la substance du chapitre consacré dans cet
important ouvrage à ce genre de phénomènes t
Tout le monde connaît ce tremblement de terre accompagné de flammes mystérieuses,
qui vint s’opposer à plusieurs reprises à la restauration du temple de Jérusalem. Avoué
par l’empereur lui-même, rappelé sans cesse par ses partisans et présenté par eux comme
un méfait magique du Dieu des chrétiens, ce fait important ne peut laisser aucun pré¬
texte à la dénigration rationaliste. On avoue donc le feu; mais ce dont on ne parle
jamais, c’est l’apparition des croix merveilleuses qui vinrent s’imprimer au même
moment sur les vêtements des travailleurs.
Ceux qui étaient présents, disait un grand homme contemporain, « montrent encore
aujourd’hui les croix qui ont été imprimées sur leurs vêtements... C’était comme une
lumière brillante, et ce spectacle remplit d’une telle terreur l’âme des témoins, que
tous, d’une voix unanime, s’empressaient d’invoquer le Dieu des chrétiens. »
Socrate, Sozomène et Rufin parlent à peu près dans les mêmes termes que saint Cyrille.
M. de Mirville cite un grand nombre de ces mêmes invasions de croix pendant lee
années 419, 476, 954, 958, 1295, 1500, 1501, 1558 et 1669. Lors de la peste de 476 à
Constantinople, les croix apparurent sur les vêtements de tous ceux qui devaient suc¬
comber, et qui seuls en effet furent emportés par le fléau. Maintenant, lorsque l’on
examinait l’essence de ces croix qui pénétraient partout, au fond de l’armoire la mieux
fermée comme à découvert, que trouvait-on ? Des produits de nature très-diverse. Ainsi
le savant P. Kircher, dans celles de 1660, constatait, auprès du Vésuve, un composé do
matières sulfureuses; à Viterbe, de l’huile ordinaire; au collège germanique de Rome
(on sait quelle étendue de pays oes croix avaient couverte), un liquide infect et sans nom.
•» Couleur, dimension, nature et forme, tout variait à l’infini dans ces croix de 1660, »
nous dit un grand sceptique, Bayle, qui accepte à ce sujet le rapport du savant jésuite.
Il ne nous appartient pas d’en dire davantage. Ceux qui seraient désireux de con¬
naître la cause première de oe phénomène, les circonstances qui d’ordinaire l'accompV 1
gnent, les malheurs qu’il semble précéder, n’ont qu’à recourir au livre d’où ce qui
précède a été extrait.
Agréez, Monsieur le rédacteur, les salutations [empressées d’un de vos plus sympa¬
thiques lecteurs,
G. LàKOÎHU
Le Havre, 15 juin 1872»
M. Lamothe, sachant mieux que tout autre combien chez M. de Mir¬
ville le phénomène n'est jamais compté pour tien, toutes les fois qu’il
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ne peut en chercher et surtout en trouver le dernier mot ou la fin ,
M. Lamothe, disons-nous, aurait pu nous montrer l'auteur rapprochant
toutes les apparitions de croix qui se manifestent à de très-nombreuses
époques de l’histoire : par exemple, dans le fameux tau biblique, prophé¬
tique et vengeur de l'Égypte, puis dans des pluies de croix lancées
par plusieurs éruptions de volcans, puis lors de certaines pestes,
guerres et autres fléaux. C'est là qu'il faut renvoyer nombre de gens
qui croyaient avoir lu l’histoire et qui ne soupçonnaient même pas
les faits dont nous parlons.
C’est là qu'ils trouveront toute l'histoire des croix, parfaitement con¬
cordante comme sources, dans S. Grégoire de Nazianze, Socrate,
Rufin, etc. ; plus tard (dans la Chronique de Sigebert) signalant sous
Pépin le Bref ces croix tant ès habits des personnes qu’en courtines et
voiles des Églises; d’autres rapportées (dans Eginhard) sous Charlemagne,
guerre des Saxons; d’autres (dans la Chronique d'Herman ) sousOthon,
empereur d’Allemagne; une autre dans le diocèse de Cologne, sous
l’empereur Maximilien P r et une autre enfin traitée très-scientifique¬
ment au xvi* siècle, par le très-savant P. Kircher, ce jésuite qui,
suivant le comte de Maistre, aurait depuis longtemps une statue s'il fût
né en Angleterre . Là, ces gens qui croient tout connaître et prétendent
tout expliquer sans savoir, trouveront ce qu'enseignent sur cette matière
la vérité et le bon sens ; peut-être, ce qui vaut bien mieux, y trouve¬
ront-ils un motif de retour à la foi catholique, s’ils savent méditer,
comprendre et mettre à profit pour l’avenir les terribles enseignements
du présent et du passé.
L’événement leur prouvera (par les autres suppléments qui ne man¬
queront probablement pas, dans cette dernière phase, de compléter
l’histoire) qu’il s’agissait de bien autre chose dans ces phénomènes que
« de jeux de la nature et d'effets d'ombre et de lumière pour divertir
sans doute les physiciens et les académiciens. «
VIE DE ANNE-CATHERINE EMMERICH, par le Père E. Sehmoeger,
traduite de l'allemand par M. l’abbé Cazalès, vicaire général de Versailles.
3 gros vol. in-8° avec portrait. — Prix : 21 fr.
Catherine Emmerich était une des stigmatisée^ dont on a beaucoup
parlé dans le commencement du siècle actuel. Née le 8 septembre 1774,
entrée au couvent des Augustines de Dulmen en Westphalie, elle y fit
profession le 13 novembre 1803. Ce couvent fut supprimé le 3 décem-
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bre 1811 ; l’église en fut fermée. L’abbé Lambert, prêtre français émi¬
gré, aumônier du couvent, eut pitié d’elle, et lorsqu'il lui fut devenu
impossible de continuer à demeurer dans le couvent, dont l'autorité ci¬
vile s'était emparée, il lui procura une petite chambre dans la maison où
il était lui-même logé et l’y fit conduire par une ancienne servante du
couvent, avant le carême de 1812. Elle y mourut le 9 février 1823,
n’ayant pris aucune nourriture depuis plus de douze ans.
Dès son enfance elle s'était fait remarquer par une piété extraordi¬
naire. Elle lui attirait souvent des désagréments de la part de ses
parents, très-bons catholiques, mais ignorants et ne comprenant rien à
de telles démonstrations. Elle a toujours dit à ses supérieurs ecclé¬
siastiques, mais sans en tirer la moindre vanité, que dès l’âge de trois
ans elle avait été honorée de visions et de révélations de Notre-
Seigneur, de la sainte Vierge et de plusieurs saints. A douze ou treize
ans elle manifesta le désir d'entrer en religion ; mais sa mère et tous
ses parents lui répétaient sans cesse que leur pauvreté et leur nom¬
breuse famille étaient un obstacle insurmontable à l'accomplisse¬
ment d’un tel désir. Dans l’espoir de se faire accepter elle travailla à
son instruction et étudia la musique avec ardeur pour pouvoir être ad¬
mise au moins comme organiste.
A peine installée, l'état déplorable de sa santé la rendit une charge
pour la maison, malgré tout son zèle pour l'accomplissement de ses de¬
voirs dès que cela lui était possible. Bientôt ses souffrances prirent un
caractère plus grave : des stigmates se manifestèrent aux mains, aux
pieds, au côté, sur le front, et elle reçut l’empreinte d'une croix sur la
poitrine donnant également du sang, principalement les vendredis,
comme toutes ses autres plaies. Elle fit tous ses efforts pour en dérober
la connaissance à tout le monde. Ce ne fut qu après sa sortie du cou¬
vent que, forcée par les circonstances de prendre pour confesseur le
P. Limberg, dominicain dont le couvent avait été aussi supprimé,
neveu de son ancienne maîtresse des novices, et d’accepter les soins
d'une ancienne religieuse de son couvent, la sœur Saëntjens, devenue
maîtresse d’école à Dulmen, celle-ci le3 découvrit et, malgré les ins¬
tances de Catherine et les recommandations du P. Limberg, elle dévoila
ce mystère, qui ne tarda pas à devenir le sujet des. conversations de
toute la ville et rendit la pauvre stigmatisée, à son grand regret,
l’objet d’une curiosité générale.
Gn sait avec quel soin l’Église surveille tout ce qui peut présenter
un caractère surnaturel pour repousser toute fraude, toute simulation.
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La constante application avec laquelle la sœur Eramerich avait cher¬
ché à cacher les faveurs oélestes dont elle était l'objet semblait exclure
tout soupçon de fourberie de sa part. Mais quand le P, Limberg vit
que les indiscrétions de la sœur Saëntjens ne permettaient plus de les dis*
simuler, il s'entendit avec le doyen de Dulmen pour en faire un examen
approfondi avec l’assistance de médecins et en dresser un rapport à
l’autorité supérieure du diocèse. C’était alors Mgr Clément-Auguste
Droste de Vischering, vicaire général, devenu depuis si célèbre comme
archevêque de Cologne.
Le vicaire général revint jusqu'à trois fois à Dulmen, accompagné de
médecins dont quelques-uns protestants, et il s’assura ainsi de la réalité
des stigmates, de l’effusion du sang et surtout de la franchise de la
sœur Emmerich. Il s’assura également, à sa grande surprise, d’un
autre don de Dieu : une perspicacité qui lui permettait de lire au fond
de la pensée des personnes qui l'approchaient, de les voir à distance et
d'annoncer ainsi les tribulations qui la menaçaient, les souffrances
qu’elle devait endurer. L'administration française de cette époque, sa¬
tisfaite du résultat de oes enquêtes, la laissa tranquille. Les traités de
1814 et 18J5 ayant attribué l’ancien évêché de Munster à la Prusse,
l’administration protestante ne put supporter oette manifestation sur¬
naturelle. Malgré son état de faiblesse, on la fit enlever avec une
violenoe inouïe de chez elle, subir une détention cruelle et une enquête
d’une extrême sévérité, dont les auteurs publièrent non les détails,
mais un soi-disant résultat falsifié et sans aucune bonne foi.
Les visions dont elle était favorisée nécessitaient l'existence d’une
personne à qui elle pût en raconter tout ce qu elles présentaient d’inté¬
ressant et d’utile. Un littérateur, connu ju9que-là par des productions
assez légères, vint la visiter, à la fin de 1818, uniquement par curio-
sité. Elle reconnut en lui celui quelle cherchait. Il lutta contre lui-même
pour s’arracher à l’asoendant quelle exerçait sur lui. Mais, ramené par
elle aux pratiques religieuses dont il s’était trop écarté, il vint au mois
de mai 1819 se fixer à Dulmen et lui servit de secrétaire jusqu’au mo¬
ment où elle mourut. Nou9 n’entrerons point dans le récit des révéla¬
tions recueillie* par le P. Smœgler sur les notes de Brentano, qu’il dé¬
signe sous le nom de pèlerin. Elles ont pour but de montrer à quel
point on peut se rendre utile aux âmes par la prière et par l’acceptation
des souffrances envoyées par la providence de Dieu ; non-seulement à,
celles qui achèvent d’expier en purgatoire les fautes de leur vie, mais à
celles des vivants, en leur attirant des grâces qui les arrêtent quand ils
— 190 —
sont en danger de succomber, et procurant même des secours matériels
à leur corps pour les amener sur la voie du bien. Malgré tout ce qu elles
offrent de merveilleux, noua croyons pouvoir affirmer qu'on ne peut y
trouver rien de contraire à la foi. Des hommes aussi éclairés que le
P. Schmœgler et M.l'abbé Cazalès n’auraient rien laissé passer qui
fût douteux ou incertain.
Est-oe à dire que nous devions regarder comme positivement vraies
toutes les visions de Catherine Emmerich, y croire complètement!
Telle n’est pas notre pensée. Dans son admirable travail sur les révé¬
lations de Marie Lataste/un des plus habiles théologiens de l’époque, le
R. P. Toulemont a indiqué les caractères auxquels on peut recon¬
naître que les révélations portent bien réellement l’empreinte d’une ori¬
gine divine. N'avoir rien de contraire à la foi de l'Église, à ses dogmes,
aux mœurs, est le premier de ces caractères, mais il ne suffit pas. Il
faut encore qu’elles contiennent un enseignement profitable, qu’elles
tendent toujours à élever l’Ame vers le bien. Celles de Marie Lataste
présentent presque toujours ce second caractère non moins essentiel
que le premier. On ne peut y supposer que l’imagination de la voyante
ajoute à l’inspiration. Nous devons l’avouer, ce caractère ne se trouve
pas toujours dans les révélations de Catherine Emmerich. Elles abon¬
dent en descriptions toujours intéressantes, il est vrai; mais on sent
quelquefois que son imagination, en cherchant à se rendre compte de ce
qu’elle a vu ou entendu, s’écarte un peu dans le vide. Ajoutons que, re¬
cueillies par Brentano, on peut se demander si, lorsqu'il cherchait &
l’exciter à rappeler ses souvenirs, il ne la poussait pas même à son insu
dans cette voie et ne tâchait pas de les rendre plus piquantes. Dans ce
qu'il raconte lui-même de ses relations souvent aigres et difficiles avec
elle, ne pourrait-on pas le présumer assez souvent?
C’est à ces causes, sans doute, qu'il faut attribuer l’espèce de pré¬
vention dont on ne peut guère se défendre à cette lecture. Il n'en résulte
pas moins un enseignement bien précieux et qui ressort à chaque page,
c’est celui de l’immense utilité, pour les âmes des morts et des vivants,
de la prière qu'on adresse à Dieu pour elles, de l’offrande qu’on lui fait,
dans ce but, des souffrances qu'il nous envoie. Si nous pouvions nous
pénétrer do cette vérité, nous souffririons non pas seulement avec rési¬
gnation, mais avec joie. La Vie de Catherine Emmerich, outre l’intérêt
saisissant qu'on trouve & sa lecture, doit donc nous être utile par cet
inappréciable enseignement. C'est un double motif pour en recomman¬
der la lecture. Marquis de Rots.
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VIE DE LA V. S. DE DIEU CLAIRE-ISABELLE GHERZI, supé¬
rieure des religieusesclarisses, par labbé J.-H. Oluvihr, docteur en théo¬
logie. 1 vol. in-12 de 262 p. — Prix : 1 fr. 25 ; pour les agrégés, 50 cent.
La vénérable servante de Dieu Claire-Isabelle Gherzi est peu connue
en France; mais elle est très-célèbre en Italie, et elle le deviendra
parmi nous lorsque les merveilles dont sa vie est remplie auront été
révélées. Le côté le plus admirable de cette illustre sainte, c’est la
manière dont elle a exercé l’autorité à titre d’abbesse, au milieu des
temps difficiles que les révolutions avaient créés pour les monastères.
Il y a, entre l'époque pleine de troubles et d'agitations où Claire-
Isabelle vivait et celle où nous sommes, une ressemblance qui per¬
mettra de trouver dans les faits de cette vie des leçons salutaires et
des enseignements très-utiles. Après avoir donné l’exemple de toutes
les vertus, elle a été appelée de Dieu à gouverner sa communauté, et
elle a traversé toutes les difficultés que les supérieurs peuvent ren¬
contrer.
Supérieure pendant vingt-deux ans, nous verrons Claire-Isabelle
passant dix-huit années en proie aux infirmités les plus cruelles, et
durant treize ans elle n’a pas quitté son lit, où la douleur la crucifiait,
comme une victime d’expiation,en odeur de suavité devant le Seigneur.
Mais sur ce trône de la souffrance, elle avait tant de lumière que nulle
autre ne pouvait la surpasser dans la sagesse du gouvernement, et
elle était, par ses prières et ses tribulations, une source si abondante
de bénédictions que rien ne souffrait sous son autorité.
Par la sagesse dont l'Esprit-Saint l’avait ornée, la vénérable
Claire-Isabelle avait le don de diriger les consciences; en même temps
elle assurait la prospérité du monastère. Ainsi nous pouvons apprendre
qu'il faut avant tout mettre notre confiance dans l’action de la grâce, et
faire peu de cas de l'activité naturelle et de tant de vaines qualités
dont l’Esprit-Saint n’est pas le principe.
Les fonctions des supérieurs imposent des devoirs particuliers qui
sont,en général,peu connus; chacun de nous doit apprendre à se sanc¬
tifier, soit en commandant aux autres, soit dans l’exercice de l'obéis¬
sance. Il est grandement à désirer que Dieu donne aux communautés
religieuses des âmes qui travaillent à leur sanctification dans l'accom¬
plissement des devoirs de la supériorité. Ainsi la bénédiction se
répandra comme une rosée céleste sur les cœurs et les esprits, et les
— 201 —
instituts fleuriront au point de vue spirituel, de même que sous le
rapport temporel.
Sachons contempler avec admiration l'œuvre de la grâce ici-bas,
lorsque les membres d’une communauté, ne formant qu’un cœur et
du’une Ame, travaillent de concert à faire sans cesse de nouveaux pro¬
grès dans la perfection. C’est alors le paradis sur la terre ; au milieu
tes temps les plus malheureux, la protection de Dieu intervient d’une
manière miraculeuse, et l’on voit s’accomplir ce qui semblait impos¬
sible.
Nous verrons dans cette vie comment les monastères sont préservés
de la suppression, et ce que Dieu sait opérer en faveur de ceux qu’il
aime, si une âme correspond à tous ses desseins sur elle.
« La source où nous puisons nos documents, dit l’auteur, a été celle
des procès faits en vue de la béatification et canonisation. Le
R. P. Vincent de Jennes, postulateur général des causes des bienheu¬
reux, des vénérables et des serviteurs de Dieu qui appartiennent à la
Réforme de l’Ordre séraphique, et dont la résidence est à Rome, au
couvent de San-Francesco à Ripa, a daigné nous confier tout ce qui
pouvait nous être utile dans notre travail. La bienveillance de ce Père
aussi pieux que versé dans la science sacrée est connue de tous, et
nous sommes heureux de lui offrir ici l’hommage de notre gratitude.
Mais, afin de rendre notre Vie aussi complète que possible, en outre de
tous les matériaux rassemblés de la belle Vie italienne déjà publiée,
dont nous avons pu faire notre profit, nous nous sommes mis en rela¬
tion avec la révérende mère supérieure du monastère de Gubbio, et
nous avons recueilli par elle les faits les plus récents, qui ne se trou¬
vaient pas dans les dossiers faits déjà depuis plusieurs aimées. *
Tous ceux qui savent goûter ce qu’il y a de vivifiant dans la contem¬
plation des opérations par lesquelles la grâce se plaît à former un saint,
nous sauront gré de leur avoir fait connaître cette Vie. Nul ne lira ces
pages sans être mû à devenir meilleur, il respirera là un parfum qui ne
se trouve point dans les œuvres où la main de Dieu n’a point de part.
VIE DU B. P. D. BERNARD, fondateur et premier abbé de la Trappe de
Thymadeuc, par le vicomte Gouzillon de Bklizal. 1 vol. in-12 de 272 p. —
Prix : 1 fr. 25 ; pour les agrégés, 50 cent.
Il y a trente ans que le R. P. D. Bernard voyait poser la première
pierre de l’église de Thymadeuc : ce pieux fondateur a achevé son exil
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— m —
sur la terre, mais il a laissé des enfants spirituels pour continuer sou
œuvre.
a Lorsqu'une main, » dit fort bien le respectable auteur, « qui avait
mission de créer et de soutenir une de ces œuvres vient à tomber, c'est
pour se relever plus puissante. Elle reste toujours ouverte sur le sillon
inachevé : invisible, mais présente, transfigurée par la mort; ce n'est
plus la main d'un ouvrier infatigable, mais celle d'un protecteur puis¬
sant, d’un saint.^Elle ne semble quitter le travail entrepris que pour
aller chercher au ciel l’abondance des bénédictions qui le fécondera.
L'histoire de l’Église offre la preuve de cette vérité : les hommes aux¬
quels Dieu avait donné part à son esprit créateur, saint Bernard, saint
François d’Assise et saint Benoît, n’ont abandonné leurœuvre que pour
la rendre plus féconde, et un jour ils verront au ciel venir les saluer
dunamde père une multitude d’enfants qu’ils n’auront point connus. *■
Il en sera ainsi de l’abbaye de Thymadeuc : la main qui posa, il y a
trente ans, les premières assises de sa jeune église s'est glacée depuis
plusieurs années ; mais sans doute qu’elle continue à fonder et à bénir
son œuvre, et qu'elle lui e9t plus utile dans la gloire où nous espérons
qu’elle repose, qu'elle ne l'était dans les fatigues et dans les labeurs,
Le nom du R. P- Bernard appartient désormais à l’histoire locale.
La Bretagne sera fière de le compter pour l’un de ses enfants ; bien
qu’il ne lui appartienne point par droit de naissance, on peut dire qu'il
est devenu Breton par droit de conquête en prenant possession, avec
sa croix de bois, d’un modeste coin de çette terre armoricaine, sanoti**
fiée par la vie pénitente des cisterciens ressuscités.
Chaque intelligence est un reflet de la lumière dont parle l’Évangile,
qui illumine tout homme venant en ce monde. Toutes les âmes ont
reçu en dépôt oe reflet, quelles doivent faire luire à des degrés diffé¬
rents, sans doute, mais avec une égale fidélité. Dom Bernard fut fidèle
à cette mission ; il porta constamment le reflet de la lumière divine au
milieu du monde et dans 1e. silence du cloître.
Ce sont ses enfants et ses nombreux amis qui écrivent son histoire;
son successeur, dom Cyprien et le P. Théodore, prieur de l’abbaye, qui
partagea toutes les épreuves de la fondation, ont rassemblé avec soin
de précieux documents. D'anciens amis et compagnons d’enfance de
dom Bernard ont répondu avec une grande générosité à leur appel.
« Pour moi, dit modestement l’auteur que nous continuons à citer,
je ne serai que l’écho de toutes oes voix qui forment un concert à sa
louange. *
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£03
MANUEL DE LA SCIENCE PRATIQUE DU PRÊTRE dans le saint
ministère, par Pabbé de Rivières, chanoine de la métropole d’Alby. Théolo¬
gie — Droit canon — Administration temporelle des paroisses, — Rituel
et règles de la direction pastorale. 1 beau vol. grand in-8° Jésus de 625 p.
Prix : 4 fr. 50.
Les auteurs qui traitent des différentes branches de la science ecclé¬
siastique sont fort volumineux. Impossible à un prêtre engagé dans
les occupations multipliées d’une paroisse, d’en faire la revue attentive,
complète, chaque année. Pour qu’un prêtre sache bien ce qu’il doit
savoir à tout instant, il faut, chaque année, le graver de nouveau au
très-grand complet dans son souvenir,
Tels sont les motifs qui ont déterminé M. l’abbé de Rivières à pu¬
blier en un seul volume, de manière à pouvoir être lu facilement en peu
de semaines, un résumé de chacune des parties de ces importants ou¬
vrages. On verra par les appréciations suivantes Futilité de ce travail,
résultat de dix années d’expérience et de pratique,
Alby, 12 mars, fête de saint Grégoire, pape et docteur.
« Monsieur Je qhanoipe,
u Votre Manuel de la 8ciençe pratique du prêtre est un riche répertoire de œ que U mi¬
nistre de Dieu doit savoir sur U théologie morale, les principes de droit canonique, la
liturgie, le rituel et les règles de direction spirituelle pour rendre son ministère à la
fois aisé, fructueux et consolant. L’ouvrage est bien divisé ; la marche est méthodique,
précise, claire, rapide j la lecture de votre ouvrage est très-attachante ; les prêtres aimer
ront è lo lire et relire da'js leurs moments de loisir, et ce sera pour eux un délassement
eu même temps qu'une étude sérieuse. Ils aimeront surtout à y trouver aisément et
promptement une solutiou petto et sûre à mille difficultés qui so présentât dans la pra-s
tique du saint ministère et dans la direction des âmes, etc., eto.
Eug f Desjahpins, S.
« Supér . i»
« Je m’associe de bon cœur à tous les éloges que le R. P. Desjardins
a décernés, après avoir examiné avec le plus grand soin cet ouvrage,
au Manuel de la Science pratique duprètre y parM. l’abbé de Rivières,
chanoine de la métropole d’Alby. f J. P., Arch . d’Alby. »
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— 204 —
DISTRIBUTIONS DE PRIX.
Pour répondre aux désirs d’un grand nombre d’agrégés, nous avons
publié un catalogue pour les distributions de prix; nous avons pu pré¬
senter à nos agrégés un choix véritable de bons livres, dans des condi¬
tions de bon marché exceptionnelles. Nos lecteurs auront sans doute
remarqué les ouvrages de M. l'abbé Henry, groupés sous *le titre de
Magnificences de la Religion . Bien que ce grand travail embrasse déjà
vingt volumes, il peut être donné en prix,parce que généralement chaque
volume forme un ouvrage complet. Il en est de même des sept volumes
parus de la Christologie de M. l'abbé Maistre, et des Chroniques et
Mémoires relatifs à l’histoire de France : ce sont là de magnifiques
volumes, grand in-8° à deux colonnes de 800 pages, dont la valeur
commerciale est de 10 fr., mais que nos agrégés ont le privilège de
se procurer pour 3 fr. 75. Il nous semble que, pour les élèves avancés,
il serait parfois possible de donner l’excellent ouvrage de M. de Saint-
Albin sur les Francs-Maçons. Le Catéchisme de Guillois en quatre
volumes in-12, pour le prix si minime de 4 fr. 50 (au lieu de 12 fr.) t
peut assurément se donner comme prix d’honneur ou par volume
séparé à un élève qui aurait quatre prix. Pour les maisons qui doivent
viser au bon marché absolu, nous leur offrons notre excellente et belle
collection de Vies de saints et de saintes en beaux in-12 à 50 c. De plus
nous avons choisi chez les divers éditeurs de livres de prix ce qui nous
a paru le meilleur depuis les in-8° de luxe jusqu'aux petits in-32, qui,
malgré leur riche cartonnage, ne coûtent à nos agrégés que 20 centimes.
Cependant nous pensons que des livres de prix ayant le privilège
d’attirer l’attention de la famille et d’y être conservés avec soin, il est
bon, quand on le peut avec prudence, de profiter des distributions de
prix pour faire pénétrer dans les masses les ouvrages capables d’éclairer
et d’édifier.
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DEUXIÈME PARTIE
EEYUE
DIS
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
LES HÉBREUX dans l’isthme de Suèz, par le docteur Constantin James.
1 vol. — Prix : 1 fr.
Sous ce titre, Les Hébreux dans l’isthme de Suez , M. le docteur Cons¬
tantin James vient de publier son excursion en Égypte à l’époque de
l’inauguration du canal de Suez. Nous connaissons peu d’ouvrages qui
présentent un aussi grand intérêt au point de vue géographique, his¬
torique et religieux. Le savant médecin a recueilli avec soin toutes les
observations, tous les incidents qui peuvent intéresser et instruire le
lecteur; il résume ses impressions sur les hommes et les choses avec
une telle précision et une telle verve qu’on croit, non plus lire ses ré¬
cits, mais voyager avec lui à travers la Méditerranée, l’Égypte et l’I¬
talie.
Ceux qui aiment les souvenirs classiques y trouveront les plus dé¬
licieux passages d'Homère et d’Ovide, relatifs aux lieux qu’on ren¬
contre dans le pittoresque trajet de Marseille à Alexandrie. Ceux qui
préfèrent la couleur moderne n’auront que l’embarras du choix; ils as¬
sisteront tantôt au départ des caravanes algériennes pour la Mecque,
tantôt à la description des pyramides du Nil, du Caire et des princi¬
pales curiosités de l’Égypte, tantôt à la cérémonie religieuse de l’i¬
nauguration du grand canal de Suez, faite en présence de plusieurs
souverains par le clergé catholique et les dignitaires du culte musul¬
man.
Mais ce qui nous a surtout frappé dans cet ouvrage, c’est la vi¬
gueur avec laquelle M. Constantin James venge les grands récits bi¬
bliques, tels que le passage de la mer Rouge par les Hébreux, la pluie
miraculeuse de la manne, des attaques de l’incrédulité moderne. C’est
au nom de la science, en s'appuyant sur la connaissance des lieux, qu’il
— 206 —
montre l'impuissance ou la mauvaise foi de ces attaques et la majes¬
tueuse vérité historique des livres saints. On se demande, après avoir
lu les explications si lucides et si péremptoires de M. James, commen
des esprits distingués ont pu s laisser entraîner, par la passion de nier
les miracles et l’intervention surnaturelle de la Providence, à des aber¬
rations indignes d’un homme sérieux,
M. James, en quelques pages pleines d’attrait, à la portée de toutes
les intelligences, a rendu un tel service à la cause catholique, que nos
plus éminents évêques se sont empressés de lui adresser leurs meil¬
leurs remercîments et leurs plus vives félicitations. Il ne pouvait re¬
cevoir un témoignage plus flatteur pour une œuvre où le mérite de la
forme égale la valeur du fond.
LES MIRACLES DE NOTRE-DAME DE LOURDES,
défi public par Artus.— Prix : 25 cent.
On a beaucoup parlé du défi public porté à la libre pensée par M. Ar¬
tus, à propos des miracles de Notre-Dame de Lourdes. Ayant été lui-*
même le témoin d’une guérison miraculeuse dans sa propre famille, et
convaincu par là de l'exactitude des autres miracles dont M. Lasserre
s'est fait le consciencieux historien, M. Artus avait conçu le projet
de prendre toute la libre pensée à partie. Il offrit donc de parier
10,000 francs contre le premier venu que les prodiges racontés par
M. Lasserre sont vrais. U en choisit deux au hasard, offrant d'en
prendre deux autres au gré de ses adversaires; il déposa les 10,000 fr.
chez un notaire de Paris, 5,000 francs en plus pour les frais; il donna
son nom, son adresse et publia son appel dans tous les journaux. Le
jury devait être composé des membres de l'Institut.
Dans le vaste camp de l'incrédulité, il ne se trouva pas un seul
homme assez hardi pour tenir le pari ni pour risquer 10,000 francs sur
sa libre pensée. Ils auraient pu se cotiser à un franc par tête et se
mettre dix mille hommes pour avoir ensemble autant de courage que
cet audacieux catholique. Ils ne l'ont pas fait. Tout ce monde-là fut
subitement atteint d’une incurable surdité.
Pour être complet cependant nous devons dire qu'un sieur de Mer-
cadeau, rédacteur d'un petit journal du Midi, commença par répondre
et parut d'abord tenir le pari. Il espérait que devant sa rodomontade
M. Artus retirerait son argent. Celui-ci maintint son offre, et ce fut
l'autre qui se déroba. On alla aux informations; ce vaillant homme
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— 207 —
avait signé sa lettre d’un faux nom. Toute la libre pensée était en dé¬
route : son unique soldat avait fui.
M. Artus vient de rappeler au public cette amusante histoire, dans
une petite brochure. Il annonce, dans la préface, qu'il a envoyé la bro¬
chure à tous les journaux. Nous compterons parmi nos adversaires
ceux qui auront le courage de la signaler.
U2 MONDE MODERNE, histoire du monde depuis la conquête dé Constan¬
tinople jusqu’à la fin du règne de Louis XIV, par Henri de Runcey. Paris,
2 vol. in-8.
Nous avons sous ce titre, le Monde moderne, la continuation de l’his¬
toire du monde par M. Henri de Rianoey, l’œuvre par excellence de
oet excellent et regrettable auteur.
Le premier volume s’ouvre par la prise de Constantinople et de là
passe aux grandes découvertes maritimes et aux guerres des Français
en Italie. Ce sont, en effet, de grands noms et de grands faits histo¬
riques que Charles VIII et Louis XII guerroyant au delà des Alpes,
Ferdinand et Isabelle achevant la conquête de l’Espagne, Christophe
Colomb ajoutant un nouveau monde à l’ancien et Gaina ouvrant à
l’Europe la route de l’Afrique et des Indes.
Dans l’ordre religieux et moral nous assistons à la plus formidable
révolte qui se soit encore produite : Luther déchirant la robe sans cou¬
ture de l’Église; et au plus magnifique triomphe qu’ait remporté cette
même Église : le concile de Trente, qui asseoit pour des siècles la dis-*
cipline et le dogme sur des fondements inébranlables.
Après nous avoir fait gémir ailleurs sur la brillante et déplorable
rivalité de Charles-Quint et de François I #r , le livre se ferme sur l’his¬
toire de notre roi populaire, Henri IV, qui, en renaissant à la religion
de ses pères, fait en même temps renaître la France à la gloire et au
bonheur.
Le second volume était à peine terminé, lorsque la mort vint enlever
l’auteur à la science et aux lettres. C'est son fils, M. Adrien deRiancey,
qui a pris le soin pieux d’en préparer la publication. Respectant l’œuvre
paternelle, il s’est borné à énoncer en leur ordre et en leur temps les
faits principaux ; car, dit-il dans sa préface, - je veux rester sobre
d’appréciations que mon inexpérience rendrait périlleuses. » Tout le
monde applaudira à ces nobles sentiments inspirés par la piété filiale
et commandés en partie par le mérite de l’œuvre elle-même. En effet,
ce dernier volume de M. le comte de Riancey est, sous tous les rapports,
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digne des précédents» si ce n'est qu’il serait peut-être plus juste
d’affirmer qu'il les dépasse tous. Ce qui lui donne un puissant intérêt
et une sorte de douloureuse actualité» c’est le récit des grandes luttes
de Louis XIV sur le Rhin avec ces vaillants capitaines qui avaient
noms Condé, Turenne, etc.
(Pour les ouvrages ci-dessus , d'après la Revue du monde catholique .)
Z«A HEINE DES MEUS. Venise, ses doges, ses princes, par M m * Barcé. 1 vol.
in-8° de 268 p. avec 4 gravure. — Prix : 1 fr. 50.
La république de Venise a duré onze siècles» sous cent vingt-deux
doges» depuis Anafesto, élu en 697, jusqu’à Louis Marini, dont le
pouvoir expira, avec la république elle-même, en 1797.
Faire tenir en un mince in-octavo l’histoire de ces doges, de Venise,
de ses révolutions, de ses conquêtes, de sa gloire et de sa décadence;
en d’autres termes, résumer en moins de trois cents pages les huit
volumes de M. Daru, c’était une entreprise très-difficile.
L’auteur pourtant s’en est heureusement tiré, en ce sens que cer¬
taines parties du livre, les passages entre autres relatifs à la quatrième
croisade et .aux guerres de rivalité entre Venise et Gênes, présentent
un véritable intérêt.
Mais, aux époques suivantes, alors que l’Italie devient, comme on l’a
dit, le champ de bataille de l'Europe, on ne peut se dissimuler que la
complication des événements amène quelque confusion dans le récit,
en même temps que leur nombre oblige à une certaine sécheresse.
D’autre part, pour le xvi* siècle, on regrette que le mouvement de la
Renaissance, si remarquable à Venise, ne soit pas plus nettement
indiqué.
Tel qu’il s’offre néanmoins, le.livre de Mme Barbé sera lu utilement
par un nombreux public : celui qui, avide d’instruction, ne peut cepen¬
dant entreprendre des lectures très-étendues.
HISTOIRE POPULAIRE DES ZOUAVES PONTIFICAUX ( Volontaires
de VOuest) pendant la campagne de France 4870-71, par M. l’abbé E. Mail¬
lard. 1 vol. in-48 de 69 p. 1874. — Prix : 35 cent.
Cette petite brochure, facile et utile à propager, offre le résumé
rapide et intéressant du livre plus développé de M. de Gerlache.
On y trouve des ordres du jour de Charette, des mots heureux, des
anecdotes curieuses, et surtout deux tableaux très-bien tracés de la
belle conduite des zouaves à Patay et au Mans.
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HISTOIRE POPULAIRE DES GARIBALDIENS pendant la campagne de
France 1870-71, par M. Pabbé E. Maillard. 1 vol. in-18 de 71 p. 1871. —
Prix : 35 cent.
Brochure formant le pendant de la précédente, et méritant également
la note : facile et utile à propager.
Elle est faite sur le môme modèle, au moyen des articles de journaux
parus pendant la guerre, sur le théâtre même des exploits de Garibaldi.
Des anecdotes curieuses dont quelques-unes sont peu connues, amu¬
seront le lecteur et lui feront apprécier à leur juste valeur les héros à
chemises rouges.
(Pour les trois ouvrages ci-dessus , d'après le BuUetin des publications
populaires.)
DIEU ET L’OUVRIER, par M. de Plasman.
M. de Plasman vient de faire paraître un nouvel ouvrage qui, dans
les circonstances actuelles, doit fixer l'attention de toutes les classes de
la société; il a pour titre Dieu et l'Ouvrier ; par ce mot ouvrier , M. de
Plasman entend toutes les classes de travailleurs ; aussi a-t-il dédié
son œuvre au peuple français.
Sous ce titre modeste, Dieu et l'Ouvrier, on pourrait croire qu'il ne
s’agit que de conseils de morale et de religion dont les événements
1870-1871 prouvent que les ouvriers ont certainement besoin; mais
M. de Plasman, dans un cadre resserré, traite dans la première partie :
de la terre, des animaux, de l'homme, du ciel, et il répand sur tous
ces tableaux une grande clarté et un intérêt saisissant.
Il répète les objections qui se sont élevées contre l’existence de Dieu;
il prouve Dieu par les merveilles de la nature et par le sentiment du
juste et du vrai que Dieu a déposé dans notre cœur. — Dans la
seconde partie il traite de l’immortalité de lame, et sa démonstration
est si évidente qu’en terminant la lecture de l'ouvrage on éprouve une
espérance qui soulage le présent et dore tout notre avenir.
Quoique l’ouvrage ne s’adresse qu’aux hommes de travail, il offre
un si grand intérêt et des aperçus si nouveaux que toutes les classes
de la société doivent profiter grandement à cette lecture.
(D'après VImpartial du Loiret .)
t. vu. 14
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L’ARMÉE DE MAC-MAHON ET LA BATAILLE DE BEAUMONT,
par M. l'abbé Defoürry, curé de Beaumont. 1 vol. — Prix : 2 fr.
Nous venons de lire cet ouvrage avec tout l’intérêt que commande
l’importance des événements qui y sont racontés, intérêt que rendaient
plus vif encore le nom et la position de l'auteur, et aussi nos souvenirs
personnels. Les limites de cet article ne nous permettent pas d’en don¬
ner une analyse complète ; nous voulons seulement faire connaître les
impressions que nous en avons ressenties.
Elles sont de deux sortes :
La description du pays est bien faite, la marche des corps d’armée
clairement indiquée, les différentes phases de l’action bien étudiées et
présentées d’une façon souvent saisissante.
On sent que l’auteur a assisté vraiment à ues tristes scènes, et qu'il
en a souffert comme citoyen et comme prêtre; on l’aime pour ses an¬
goisses patriotiques et son zèle de pasteur.
Mais, à côté de ces qualités du livre et de l’auteur, nous avons vu avec
regret se produire des erreurs et des appréciations au moins étranges.
M.Defoumy a accepté avec une confiance blâmable tous les récits de ses
paroissiens, et ceux non moins inexacts de quelques officiers blessés.
Quelques-unes de leurs histoires sont vraiment par trop invraisem_
blables : telle est celle d’un colonel et de ses quatre officiers qui veulent
s’enfermer à la mairie de Beaumont, parce que six uhlans sont dans le
village, et aussi celle des officiers supérieurs de Mouzon qui jouent du
piano pendant la bataille et refusent d’aller se battre. M. Defoumy
semble en vouloir surtout aux généraux et aux officiers d’état-major,
et leur reproche, avec quelque amertume, de ne pas être restés trois
semaines sans manger. Nos malheurs provenaient toujours, à l’en
croiie, de ce que le général ou l’état-major étaient à déjeuner. C’est au
moins puéril.
Une partie de l’ouvrage, que nous louons sans réserves, c'est le récit
même de la bataille, où du simple exposé des faits ressort-clairement la
part de responsabilité qui revient à chacun des généraux.
Sans doute le général commandant le 5 e corps eut le tort de se mal
garder, le fait n’est pas contesté; mais on s’était battu la veille à Bois-
des-Damds, depuis midi jusqu’à sept heures du soir, et l’encombrement
delà seule route indiquée pour gagner Beaumont n’avait permis d’arri¬
ver dans cette localité qu’au point du jour : ce court trajet avait été
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des plus pénibles, on était forcé de s’arrêter à chaque minute, les offi¬
ciers montés marchaient à pied pour ne pas s’endormir sur leur cheval ;
on était littéralement épuisé de fatigue et de faim.
En arrivant dans le village occupé la veille par nos troupesy et autour
duquel se trouvaient réunis le 7 e corps à Stone, le l flP à Douiy et le
12 e à Mouzon, on n’eut pas une crainte bien vive d’être attaqué panle
corps prussien, auquel on avait résisté avantageusement la veilleave
les seules forces du 5 e corps.
Le maréchal partagea cette confiance, quand il traversa Beaumon
huit heures et demie du matin, et personne autour de lui me songea
demander une modification à l’ordre adopté.
Quoi qu’il en soit, on était mal placé, mal gardé, et on a été surpris ;
en quelques minutes, deux régiments avaient le tiers de leurs heaumes
hors de combat; mais un quart d’heure «près le premier coup de canon,
le reste du corps d’armée occupait des positions avantageuse» au nord
de Beaumont, et la résistance était organisée deJamanière.la plus in¬
telligente. : .
Les deux ou trois officiers que Fon prétend avoir vu fuir à toutes
brides en insultant les soldats, se précipitaient, par ordre; àMouzon,
pour informer le maréchal que rien-n’était perdu, et que lmn tiendrait
assez longtemps pour attendre f'arovéedes* I er , 7 e et l2*corps.
En réalité, on tint sept heures; mais lé secours ne vint pas. Telle est
l’importance d’une seule faute dans un pays où le succès est tout.
Personne ne songe à tenir compte «u commandant du 5 e corps des
difficultés qu’il a eu à surmonter pour amener ses troupes de ;Sarre-
bourg à Beaumont, au milieu des ordres contradictoires et des chan¬
gements d'itinéraire qui lui étaient imposés;mais, un- jour, les régi¬
ments de son corps d’armée négligent les précautions accoutumées, et
tout est perdu. Les services «intérieurs du général, la fermeté avec
laquelle il répare en quelques instants la surprise de Beaumont, les
preuves de courage qu’il donne avant-de passer la Meuse, tout : cela
disparaît dans le désastre final, et il devient : l’homme qui n'a pas
voulu marcher à Reichshoffen, l’homme qui a oublié son artillerie au
Camp de Châlons. L’absurdité de ces calomnies en assure la succès,
■tandis qu en dehors de ceux qui ont assisté à toutê la journéeide.Beau¬
mont, trè9-peu de personnes savent pourquoi la défaite a été-aussi
complète. Et ce ne sont pas les commandants des 1 er , 7 e et 12 e corps
qui se chargeront d’éclairer a césujet l’opimon publique.
[D'après la France nouvelle.)
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L’AUTORITÉ ET LA LIBERTÉ, par Mgr Landriot, archevêque de
Reims. 1 vol. 12. — Prix: 2 fr.
Le monde politique, aussi bien que le monde moral, repose sur deux
bases essentielles : l’autorité et la liberté. Les malheurs de nos sociétés
modernes viennent de ce qu’on a faussé dans les esprits l’intelligence
vraie de ces deux mots. Il appartient à l'Église, organe de la vérité, de
leur rendre leur signification propre et de guérir ainsi la plaie sociale.
Ce qui manque à nos sociétés modernes, c est le respect pour l’au¬
torité. D’où vient ce manque de respect? Du déplacement du principe
autoritaire. On ne le fait plus découler de Dieu, mais du peuple sou¬
verain. « Or, dit M. Guizot, Dieu seul est souverain, et personne ici-
* bas n'est Dieu, pas plus les peuples que les rois. Donc il faut en
* revenir à l’enseignement chrétien : tout pouvoir vient de Dieu. Car
* si vous découronnez de leur auréole divine et l’individu, et le chef de
* la famille, et les gouverneurs des nations, vous ne laissez que le
« coté humain. Ce coté humain, nécessairement défectueux, engendre
« le mépris. Du mépris à l’anarchie et aux révolutions sanglantes, la
* marche est rapide et fatale. Ce qui a inspiré à Royer-Collard cette
* parole : « Nous périrons faute de respect, «et à Franklin cet autre
« mot non moins juste : « Chaque nation a le gouvernement qu’elle
mérite. «
Une telle doctrine ne consacre nullement le droit divin, tel que l’en¬
tendent certains esprits prévenus. Elle ne favorise pas davantage les
abus du pouvoir. Mais elle fait ressortir l’ingratitude, l’injustice et les
funestes conséquences des attaques dirigées contre l’autorité. D’où la
* nécessité de chercher dans la pratique sérieuse de l’enseignement chré-
jtien le seul remède possible et efficace aux maux de notre société.
• L’Église ne montre pas moins de courage à défendre les droits de la
cüberté qu’à soutenir les principes de l'autorité. C’est pourquoi elle ne
tee laisse point abuser par ces grands mots : liberté, égalité, fraternité,
cftrogrès, civilisation; paroles séductrices dont se servent de prétendus
libéraux pour tromper les peuples et satisfaire leur ambition personn¬
elle. Le christianisme seul leur donne, en pratique comme en théorie,
-une interprétation satisfaisante. Il nous montre, à la lumière de la foi,
içy’au lieu de chercher à greffer la vertu sur la liberté, comme on pré-
etpnd te faire aujourd'hui, il faut au contraire greffer la liberté sur la
vertu. - Il n’y a qu’un peuple vertueux, dit Franklin, qui soit capable
de porter la liberté. *
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L'autorité et la liberté, venant se donner le baiser de paix dans un
respect commun envers la loi divine, donneront toujours la paix et la
prospérité aux nations.
Telle est, en substance, la doctrine qu’a expliquée Tarchevêque de
Reims à son peuple, dans cinq conférences qu'il vient de livrer à la pu¬
blicité; planant au-dessus de tout esprit de parti et de tout système
gouvernemental, il développe avec éloquence les étemels principes de
renseignement chrétien, en les corroborant parles témoignages nom
suspects des libéraux anciens et modernes. Le bien qu’a opéré sa parole
dans son immense auditoire ne peut que se propager et s’accroître à la
lecture de son ouvrage. ( D’après la Semaine catholique de Lyon.)
DEUX DINDONS ET UN CHAMPENOIS, à propos de la Commune de
Paris. Paris, 1871. In-18 de 36 p.
Encore le bon sens du village contre l'esprit de Paris; les deux
dindons,qui sont de Paris, raisonnent sur la Commune en vrais dindons;
Je Champenois, qui est de son pays, raisonne avec son bon sens, et bat
comme plâtre les deux Parisiens, dont un, au moins, reconnaît sa
bêtise.
Bonne petite brochure de 20 centimes à propager.
LE DIEU NOUVEAU, récit populaire traduit de Conrad de Bolanden, par
J. Griser. Strasbourg, 1871. In-24 de 64 p. — Prix : 30 cent.
Nojis avons déjà apprécié VAncien Dieu , du même auteur; le Dieu
nouveau , c'est le pape infaillible, et le but de cette brochure est de
bien montrer ce qu'il faut entendre par l’infaillibilité pontificale, de
dévoiler les trames de la conspiration qui présente le nouveau dogme
sous le jour le plus faux, de prouver que nier l’infaillibilité du Pape,
c’est nier l’infaillibilité de l’Église; enfin, que c’est calomnier le dernier
concile que de dire qu’il a fait du Pape un Dieu. Bon petit livre à
répandre et à propager.
LES QUATRE SAISONS, petites leçons du grand'papa, par Paulin Teg-
LifcREs, professeur de sciences naturelles, officier d’académie. 3 e édition, 1871.
Paris, in-12 de vm-464 p. — Prix : 2 fr. 50.
Voici un petit livre bien imprimé, bien écrit, bien pensé, qui mérite
de tous points l’accueil qu'on lui fait. Il y a là un grand-papa qui cause
avec un petit-fils, un enfant très-intelligent et très-désireux de s’ins-
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traire, et chaque saison vient à son tour fournir l'occasion d'apprendre
une foule’ de choses relatives à la physique, à ta chimie, à la bota¬
nique, à la zoologie, à l’industrie. D'ailleurs le grand-papa a bien soin
de ne pas négliger les occasions d'élever jusqu’à Dieu les pensées de
l'enfant ; il fait sans pédanterie, sans ton de prêcheur, tout natu¬
rellement, et l'enfant lui-même fait des réflexions qui montrent qu'il
a compris les leçons qu’on lui donne. Les Quatre Saisons sont donc un
bon livre d’éducation et d’enseignement, un de ces livres que nous
voudrions voir se multiplier, et que la plume de M. Teulières sait rendre
aussi agréables qu'utiles.
(Pour les articles ci-dessus , d'après les Annales catholiques.)
HISTOIRE DE L'ÉGLISE DE NOTRE-DAME DES VICTOIRES ETC
DE L’ARCHICONTBÉRIE DU TRÉS-SAIRT ET IMMACULÉ
CŒUR DE MARIE, par M. l’abbé Lambert, vicaire à Notre-Dame des
Victoires, et M. l’abbé Buirette, curé de Gland, près Château-Thierry.
Cet important ouvrage est divisé en trois parties.
Dans la première, lés auteurs étudient, sous forme d'introduction,
les divers triomphes accordés par la Mère de Dieu aux nations chré¬
tiennes sur leurs ennemis, triomphes qui lui ont valu dans les âges les
plus reculés le titre de Notre-Dame de la Victoire ou des Victoires.
Ce rapide exposé justifie le sens donné par la tradition à ce texte des
Écritures quelle applique à la sainte Vierge, terribilis ut castrorum
acies ordinata ; Vous êtes terrible, ô Marie, comme une armée rangée
en bataille. Il faut remonter jusqu'à l’an 626 pour trouver l'origine de
oette glorieuse appellation de Notre-Dame de la Victoire. Les Grecs,
déjà si confiants dans la Reine du ciel, lui exprimèrent par cette invo¬
cation nouvelle leur pieuse reconnaissance. Depuis cette époque,, ta
sainte Vierge ne cessa de se montrer secourable aux chrétiens contra
leurs ennemis. L'introduction au livre que nous analysons contient
les témoignages les plus irrécusables de ce genre d’intervention de ta
Mère des hommes en faveur de ses serviteurs. Notre-Dame de la Vic¬
toire, honorée d'abord par les Grecs jusqu'au moment de leur décadence,
le fut ensuite et avec no a moins d'enthouaiasnieqrar les Espagnols, lea
Portugais, les Italiens si dévots à leur Madone, les Belges, les Alle¬
mands, les Hongrois et les Polonais. La France enfin, qui est le
royaume de Marie, regnnm Galliœ, regnum Marias , proclama dès le
règne de Philippe-Auguste, à l’occasion de la bataille de Bouvines, lea
victoires de la sainte Vierge. C’e6t de œtte époque que date la fondai
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lion, de Notre-Dame de Bon-Secours près de SenUs> qui s était appelée
d’abord. Notre-Dame de la Victoire. Louis VIII, Louis XI, Philippe
le Bel, Philippe de Valois, Louis XIII et Louis XJ Y, héritèrent des
sentiments de leurs prédécesseurs envers la Protectrice de leurs armes.
Cette introduction, fruit d’un long travail et des plus savantes
recherches,, est un véritable chef-d’œuvre d'érudition et d'apologétique
chrétienne.
La deuxième partie de l'ouvrage est consacrée spécialement à l'église
de Notre-Dame des Victoires. Projetée et fondée par Louis XIII, elle
fut bâtie par Louis XIV et bénie en 1666 par Mgr de Péréüxe, arche¬
vêque de Paris. MM. Lambert et Buirette, avec un soin que l'on pour¬
rait appeler filial, nous donnent la description la plus minutieuse de
leur chère églises Toutes les parties du chœur et de la nef, toutes les
chapelles, tous les tableaux sont étudiés successivement. Il n'est pas*
jusqu'aux cloches qui n’aient leur histoire particulière et détaillée*
Puis, viennent les confréries, diverses* érigées en cette église, entre
autres celle des SalpUriers,, heureux de confier leur redoutable industrie
au- patronage de la Reine des armées ; les fondations de toutes sortes
établies en cette même église, etc.
Les derniers chapitres contiennent la relation des faits les plus, im¬
portants qui se sont passés en l'église de Notre-Dame des Victoires
avant la Révolution et depuis la réouverture des églises jusqu'aux
événements de l’année 1871, à savoir : l’expulsion des Augustins
déchaussés connus sous le nom de Pètits-Pères, ^érection de leur
église en paroisse sous le vocable de Saint-Augustin ; puis en 1796
l'installation de la Bourse dans le pieux sanctuaire; plus tard, à
l’époque du Concordat, la restauration dp titra et de la paroisse de
Notre-Dame des Victoires, et sa réconciliation par Mgr de Chabot
en 1809. Enfin les dernières pages rappellent les excès et les profana¬
tions indignes dont cette église fut le théâtre pendant le règne néfaste
de la Commune.
Cependant le principal intérêt du livre se concentre dans la troi¬
sième partie, dont les deux autres ne sont, à vrai dire, que le prélude.
Ce qu on. cherche en effet dans une histoire de Notre-Dame des Vic¬
toires, c'est avant tout ce qui a trait à l'origine et au développement
de cette archiconfrérie célèbre qui s'est étendue dans le monde entier.
Bien* de complet n’avait paru jusqu'ici, qui pût satisfaire sur ce point,
la» légitime curiosité des agates pieuses. L’œuvre consciencieuse de»
MM. Lambert et Buiretto ne laisse rien à désirer, lie ont sans douta
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profité des essais de leurs devanciers, mais de manière à élever un
monument tout à fait nouveau pour la forme et pour les proportions.
Indépendamment de la partie historique concernant M. Desgenettes et
le succès merveilleux de son œuvre, partie fort intéressante, pleine de
faits surnaturels et de sève chrétienne, les fidèles liront avec intérêt
plusieurs chapitres fort sérieux sur la dévotion au très-saint Cœur
de Marie et son antiquité dans l'Église, sur l'influence du culte de la
sainte Vierge aux différentes époques de l'histoire, sur les motifs qui
semblent avoir déterminé la Providence à choisir Paris pour le siège
de l'archiconfrérie, enfin sur les raisons qui en découlent pour nous de
ne pas désespérer de la capitale de la France.
Nous avons pensé qu'il suffisait pour le recommander d'analyser
froidement ce grand ouvrage, qui bientôt trouvera sa place dans toutes
les bibliothèques chrétiennes. Le style en est simple et grave, parfois
animé, toujours correct et empreint d'une touchante piété. Les divers
sujets traités par les auteurs leur ont permis de répandre dans leur
œuvre du mouvement, de la variété et de la vie. C'est au moment où
l’archiconfrérie semble entrer dans une phase nouvelle, que cette
importante publication devait se produire, et nous ne doutons pas
qu’elle ne contribue pour une grande part à la prospérité d'une insti¬
tution qu'elle se proposait uniquement de faire mieux connaître.
IVAN LE TERRIBLE, ou la Russie au zvi 6 siècle, i vol. in-12 de 400 p.
par M. le comte Alexis Tolstot; traduction du prince Augustin Galitzin. —
Prix : 3 fr. 50.
Le règne du czar Ivan IV, si justement appelé le Terrible , dont la
durée de plus d'un demi-siècle s'étend de 1533 à 1584, est, en effet,
l'époque la plus tragique de l'histoire de Russie, et jusqu'à ces derniers
temps l'une des moins connues : car naguère encore, sous l'empereur
Nicolas, qui, lui aussi, aurait bien mérité quelque peu le surnom de
Terrible, il était absolument interdit d'en parler. C'est cette curieuse
époque dont un des meilleurs écrivains russes, le comte Alexis Tolstoy,
a fait l'objet de ses recherches et de ses études spéciales et qu’il a
retracée, avec la précision de l’érudit et le sentiment de l'artiste, dans
le roman historique que nous annonçons, et qui, selon les propres
paroles de l’auteur, dans sa Préface « ne vise pas seulement à faire
« revivre certains événements, mais surtout à caractériser une époque,
« et à se rendre compte des croyances, des mœurs, du degré de civi-
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« lisation de la société russe dans la seconde moitié du seizième
- siècle. »
(Pour les deux ouvrages précédents , d 9 après la Semaine religieuse
de Paris.)
L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE et nos institutions militaires et scientifiques,
par un ancien officier. Paris. 1 vol.
« L’Europe ne nous envie plus rien, pas même l'École polytech¬
nique. »
Ainsi parlait récemment un professeur de cette fameuse institution,
en ouvrant son cours. Il exprimait une vérité, mais il Peut exprimée
mieux encore s'il eût dit : « et surtout pas l'École polytechnique. »
L'étude dont nous nous occupons le prouve.
Qui eût osé l’écrire, ou même le penser, avant nos récents désastres?
Qui nous eût dit qu'après avoir possédé quatre-vingts ans « la pre¬
mière École du monde, » après l'avoir nourrie chaque année de la fleur
des générations françaises et lui avoir confié la haute et à peu près
exclusive direction de toutes ses administrations, tant civiles que mili¬
taires, la France serait écrasée, sillonnée en tous sens par l'ennemi,
enfin mise à rançon et démembrée, sans que pas un de ces chefs,
orgueil de la glorieuse École, se trouvât de force à lutter contre la
science de l’ennemi et sans qu’il se révélât en dehors des préparations
officielles un seul génie capable de la sauver I La France!
Soyons justes, quelques rares esprits clairvoyants : MgrDupanloup
dans son livre De VÉducation, M. Raudot dans son trop prophétique
ouvrage De la décadence de la France , M. d'Armentières dans la Revue
du monde catholique , avaient essayé de dissiper l'illusion. Ils avaient
pressenti et expliqué d'avance cet incroyable phénomène d'affaissement
d’une grande nation Ils avaient montré que le système polytechnicien
avec ses monopoles éteint fatalement, et quelle que soit la valeur per¬
sonnelle de quelques individualités, toute émulation, tout progrès, tout
esprit d'initiative.
En effet, pas de progrès scientifique sans travail. Mais, je vous le
demande, pourquoi l'employé de lÉtat, en France, travaillerait-il?
De deux choses l'une : ou cet employé sort de l’École polytechnique,
ou il n’en sort pas.
S'il sort de l'École, il arrivera quand même; qu'il travaille ou non,il
arrivera en haut de l'échelle administrative. On ne lui demande plus
de quoi il est capable aujourd'hui, mais de quoi il fut capable à vingt
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ans. Conclusion, il se repose. Ii se repose d'autant plus volontiers qu'il
est généralement épuisé par la préparation en serre chaude avant sa
vingtième année.
Les vices du système avaient éclaté dès sa fondation. Un mémoire
du comité des fortifications, en date du 2 germinal an VI, porte que :
c depuis l'institution de l’École polytechnique, le génie et l'artillerie
n'ont point eu de sujets comparables à ceux qu'un concours général de
tous les citoyens leur procurait autrefois. Tout ce qui, dune cette École,
réunit le plus de capacités, se présente pour les services civils; l'état
militaire n'est vraiment pour eux qu'un pis-aller. » Le ministre de la
guerre, Pétiet, constatait les mêmes résultats et annonçait que l'orga¬
nisation de VÉcole polytechnique porterait un rude coup aux corps mili¬
taires en les remplissant d'officiers supérieurs sans vocation, sans
ardeur, tous les derniers de leur promotion*
Ces plaintes se renouvelèrent plus d'une fois depuis. Mais contre les
raisons décisives l'institution a toujours trouvé des protections plus
décisives encore. Les élèves occupaient tous les emplois supérieurs. Ils
dominaient dans les ministères, les chambres, les corps savants,
partout.
L'auteur de Y École Polytechnique traite surtout la question au point
de vue militaire, qui est sa spécialité professionnelle; mais il n'en né¬
glige point les autres aspects. Il étudie aussi les influences sociales et
littéraires de la fameuse école; il démasque l'esprit de caste et cette
espèce de franc-maçonnerie envahissante qu'elle constitue en dépit de
nos mœurs démocratiques; ii signale les antagonismes qu'elle crée
trop souvent au sein des administrations. Bref, il mérite l’attention
de tous.
Une chose que l'on ne saturait trop remarquer, c'est que les mono¬
poles de l’Ecole polytechnique ont tenu et tiennent à un autre plus gé¬
néral, eelui de l’Uiiiversité. Jamais l’opinion n'eût supporté cette
monstruosité d’une institution scolaire brevetée avee garantie 1 do gou¬
vernement, pour nous fournir toute seule d'ingénieurs, si xat despote
n'avait eu en même temps l'incroyable idée de couler dans le même
moule toutes les intelligences cultivées de son empire. « Dans votre
machinery scolaire, nous disait naguère le Times, tout se tient et tout
se vaut. » Et tout doit être changé!
Revenons, pourvu qu'il en soit temps encore, revenons à la liberté
d’avant 1792. La résurrection de la patrie est à ce prix.
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PETIT CATÉCHISME POLITIQUE, par M.-J. de Kernaeret. 1 brochure.
—. Prix : 10 cent.
M. de Kernaëret traite, dans un Petit Catéchisme de propagande, de
Dieu, de Yautoritè, de la famille, de Y État, de la monarchie , de la sé¬
dition, de la constitution française , des révolutions , des objections , du
roi . On peut lui appliquer, en toute justice, le mot populaire : Cest
court et bon . Pas un mot inutile, pas une phrase qui ne soit une vérité.
La forme par demandes et par réponses fait jaillir la pensée, la vie,
nette et vive. Le prix lOeentimea en fiait un livre de propagande. Dans
l'intérêt de la vérité historique et per patriotisme national, qu'on le
propage activement.
(Pour les deux articles ci-dessus d'après la Revue du Monde catho¬
lique.)
LES COLONIES FRANÇAISES. GÉOGRAPHIE, HISTOIRE, STA¬
TISTIQUE, par A. de Longeville. 1 vol. in-8° de 253 p. avec 2 gravures.
— Prix : i fr. 50.
Le programme annoncé par le titre de ce livre est fidèlement suivi.
Un chapitre est consacré à chacune de nos colonies, envisagée au
triple point de vue de la géographie, de l'histoire et de la statistique..
De la sorte, nous passons successivement en revue le Sénégal, les
établissements français dans l'Inde* Saint-Pierre et Miquelon, la
Guyane française, les Antilles françaises, Madagascar, L’île de la Réu¬
nion, les établissements français en. Cochinchine, les établissements
français dans l'Océanie.
Ce livre, rédigé avec assez de soin et dans, un bon esprit, notam¬
ment lorsque l'auteur fait ressortir l'utilité et la pureté du rôle des
missionnaires, offrira, de l’intérêt à quiconque est désireux de se ren¬
seigner sur nos colonies.
SAGESSE ET BONHEUR oilLE. TOIT PATERNEL, par.J.-B.-L.G ha*-
pagnac. \ voL in-12. de 288 p. avec 4 grav, — Prix : 2 fr.
Ce livre a un but moral bien déterminé : montrer lès dangèrs de
l'ambition,, qui entraîne tant de] jeunes gens de la campagne vers
Paris*
C’est l'histoire d’une honnête famille d’Auvergne,.
Les*, trois enfants du père Delphin ont été élevée par lui dans L’a-
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— 220 —
mour du travail et du devoir. Cependant les deux plus jeunes ne ré¬
sistent pas à la tentation d aller chercher fortune à Paris, tout en pré¬
tendant rester travailleurs et honnêtes gens.
L aîné, Guillaume, demeuré seul près de son vieux père, ne tarde
pas à lui fermer les yeux, et fait prospérer le bien paternel. Les deux
autres ont une existence malheureuse.
Cet ouvrage, dont la forme a vieilli, est écrit dans un esprit sincè¬
rement religieux et peut être mis dans toutes les mains.
VEILLÉES D’UN VIEUX RÉPARTITEUR DE CAMPAGNE : PETIT
CODE RURAL DES CONTRIBUTIONS DIRECTES, par MM. Desm-
g ni ères et Lambert, contrôleurs à Orléans. 1 vol. in-18 de 270 p. — Prix ~
i fr. 50.
Ce livre s’adresse aux habitants des campagnes et aux petits pro¬
priétaires ; c’est un guide du contribuable, pour se mettre en règle vis-
à-vis de l’administration des finances et défendre ses droits s’ils étaient
lésés.
Un vieux répartiteur de campagne, ancien maire et ancien classifi¬
cateur de cadastre, n’a jamais cessé, dans l’exercice de ces diverse»
fonctions, de suivre et d’étudier toutes les questions ayant rapport aux
contributions directes. A l’aide de quelques ouvrages sur la matière*
il s’est efforcé de compléter une instruction dont il désire faire profiter
ses concitoyens, en les réunissant chaque dimanche soir à la mairie
pour écouter des leçons familières.
Les sujets de ces leçons successives sont : les contributions fon¬
cières, des portes et fenêtres, personnelle et mobilière, des patentes*
des voitures et chevaux, la taxe des prestations et la taxe sur les
chiens. Suivent des modèles de réclamations et le tarif général des pa¬
tentes.
(Pour les trois ouvrages précédents d 1 après le Bulletin des publica¬
tions populaires.)
LA VIE DANS L'ESPRlT ET DANS LA MATIERE, par le R. P. Méruv
prêtre de l'Oratoire, professeur à la faculté de théologie, en Sorbonne. 1 voL
in-12.— Prix : 3 fr. 50.
D y a cinq mois, Pie IX signalait aux catholiques de France le»
progrès de l’athéisme et du matérialisme dans les classes populaires-
Nos lecteurs savent aussi que l’évêque d’Orléans donnait, il y a pen
de temps, sa démission de membre de l’Académie française, pour pro-
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— 221 —
.tester contre les honneurs décernés au matérialisme dans la personne
de M. Littré. Nous sommes heureux de recommander d'une manière
toute particulière aux amis de la philosophie et à ceux qui appellent
de leurs vœux la régénération de la France, un ouvrage très-remar¬
quable, publié par le R. P. Méric, sur le matérialisme contemporain.
Cet ouvrage est divisé en deux livres. Une préface, écrite d'un styie
Ferme, rapide et d'une très-grande élévation de pensées, énumère les
principales causes de la décadence philosophique, de l'abaissement de
la raison publique et du triomphe honteux du matérialisme contem¬
porain. Le P. Méric étudie ensuite et réfute les représentants les plus
tristement célèbres du matérialisme : Moleschot, Buchner, Robin,
Taine et Littré. Deux chapitres d'une grande beauté, sur l'âme con¬
sidérée dans ses harmonies avec le corps et avec Dieu, terminent ce
premier livre. La dialectique de l'auteur est rapide, savante et très-
serrée.
Dans le second livre, le R. P. Méric étudie la vie du corps hu¬
main. H examine et discute les systèmes des vitalistes, des organi-
ciens, des animistes, et constate l’accord de la théologie et des sciences
sut la nature de la vie humaine.
Le R. P. Méric a su donner à son travail, que nous croyons destiné
A un grand succès, un caractère d'actualité qui en augmente l’intérêt.
On voit qu'il a lu les travaux les plus récents des physiologistes, des
chimistes, des physiciens, et que, s'il a médité S. Thomas d'Aquin, il
a étudié aussi MM. Claude Bernard et Houget.
Nous désirons que ce livre, ferme, savant et éloquent, soit entre les
mains des séminaristes, des prêtres et des laïques qui veulent défendre
Jeurs croyances spiritualistes et se tenir au courant des polémiques
-contemporaines. (D'après la France nouvelle.)
IX MANUEL DU ZOUAVE PONTIFICAL. 1 vol. Paris.
On vient de réimprimer le Manuel du Zouave pontifical , par le R. P. de
4»erlache. Pourquoi, dira-t-on, un manuel du zouave pontifical, puis¬
qu'il n’y a plus de zouaves pontificaux? On peut répondre d'abord que
ces vaillants soldats ont été obligés de se disperser, mais qu'ils existent
encore, prêts à se reformer, dès que l'Église aura besoin d'eux, dès que
la France les appellera à son aide. Le général de Cissey, ministre de la
guerre, leur a dit dans un ordre du jour, au moment, où il les a liccn-
.ciés: «t Je me sépare de vous avec la profonde conviction que la France
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— 222 —
pourra toujours compter sur votre valeur et sur votre dévouement
contre les ennemis du dehors et contre ceux du dedans. * Lorsque le
moment sera venu, ils viendront plus nombreux qu'auparavant sous
leur glorieux drapeau du Sacré-Cœur, et les nouveaux arrivés prendront,
comme leurs devanciers, pour compagnon et pour soutien de leurs fa¬
tigues, ce petit Manuel que Ton trouvait dans les mains glacées des
zouaves tués à Loigny.
Mais, si les zouaves pontificaux ne devaient plus reprendre les armes,
il y a d'autres soldats à qui Ton peut donner leur manuel. On peut le
distribuer aux ouvriers, à tous les jeunes gens qui vivent dans le
monde. C'est un excellent type de manuel, où le P. de Gcrlache, Jésuite,
aumônier des zouaves pontificaux, a réuni avec beaucoup de discerne¬
ment toutes les prières les plus utiles à un chrétien qui mène une vie de
travail et n'a pas le temps de faire des oraisons. Il ne faut pas de bien
longues prières pour gagner le ciel, le divin Maître nous Ta enseigné.
Ce qui recommande aux lecteurs pieux cette deuxième édition, c'est
qu'elle renferme une admirable consécration au sacré Cœur de Jésus,
composée par qui?... par ce vaillant, ce glorieux général de Sonis qui
tomba grièvement blessé en chargeant les Prussiens à la tête des zouaves
pontificaux, le 2 décembre 1870. Sur son lit de douleur, le héros chré¬
tien, à qui l'on venait de couper la cuisse, composa, pour les zouaves
pontificaux, une consécration au divin Cœur de Jésus. On sait que
ces soldats du Pape marchaient au combat avec une bannière où était
brodé le divin emblème du sacrifice et qu'ils s'étaient tous mis sous la
protection spéciale du sacré Cœur. Qu’on lise cette noble et touchante
prière du général de Sonis et on verra quel chrétien, quel saint, Dieu
avait donné pour chef, dans cette campagne de France, aux soldats de
Pie IX:
0 Jésus î vrai Fils de Dieu, notre Roi et notre Frère, rassemblés tous
ici, aux pieds de vos autels, nous venons nous donner jpleinement à vous
et nous consacrer à votre divin Cœur.
Vous le savez, Seigneur, nos bras se sont armés pour la défense de la
plus sainte des causes, de la vôtre, Seigneur, pùisque nous sommes les
soldats de votre Vicaire-
Vous avez permis que nous fussions associés aux douleurs de Pie IX
et qu’après avoir partagé ses humiliations nous fussions violemment sé¬
parés de notre Père.
Mais, Seigneur, après avoir été chassés de cette terre romaine où nous
montions la garde au tombeau des saints Apôtres, vous nous prépariez
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223 —
d’autres devoirs et vous permettiez que les soldats du Pape devinssent
les soldats de La France.
Nous avons paru sur les champs de bataille, armés pour le combat.
Votre Cœur adorable, représenté sur notre drapeau, abritait nos ba¬
taillons.
Seigneur, la terre de Franoea bu notre tang, et vous savez si nous
avons bien fait à la patrie le sacrifice de notre vie.
Beaucoup de nos frères sont morts. Vous les avez rappelés à vous,
parce qu'ils étaient mûrs pour le ciel.
Mais nous, nous restons et nous ignorons le sort que vous nous ré¬
servez.
Faites, mon Dieu, que la vie que vous nous avez laissée soit tout
entière consacrée à votre service.
Nous portons tous sur nos poitrines l'image de votre sacré Cœur: faites
que nos cœurs eu soieut l'image encore plus vraie. Rendez-nous dignes
du nom de soldats chrétiens.
Fdites que nous soyons soumis à nos chefs, charitables pour le pro¬
chain, sévères pour nous-mêmes, dévoués à nos devoirs et prêts à tous
les sacrifices.
Faites que nous soyons purs et de corps et d’âme ; qu’ardents dans le
combat, nous devenions tendres et compatissants pour les blessés.
0 Jésus! dans les dangers et dans les souffrances, c'est de votre divin
Cœur que nous attendons notre plus puissant secours. 11 sera notre re¬
fuge lorsque tous les appuis humains nous manqueront et notre dernier
soupir sera notre dernier acte d’espérance dans sa miséricorde infinie.
Et vous, ù divine Marie ! que nous avons choisie pour notre mère, à
vous aussi nous avons rendu témoignage.
Les champs de bataille ont vu le long cortège des mères, des épo«ses
et des sœurs en deuil, et, lorsque de pieuses mains remuaient la terre
qui recouvre les morts, on savait reconnaître les nôtres à votre scapu¬
laire.
Soyez donc notre protectrice et obtenez-nous la grâce de nous tenir
étroitement unis à vous dans le sacré Cœur de Jésus, durant la vie et à
l’heure de la mort, pour le temps et pour l’éternité.
Ainsi soit-il.
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bulletin sommaire des publications récentes
Bombardement de Paris (lo) *ab les
Prussiens en janvier 1871 avec 15 figures
et une ^rte de Paris bombardé, par le
2*rH~de Sarrepont. 1 vol. garni m£
raisin.
Conférence au profit des écoles pro-
feSeU^thoüW de jeunes jles
faite au Cercle catholique de Pans le
Î5 avril 1812, par Mgr MermiUod. Bro¬
chure in-8» de 28 page». Prlx • 1 ,r '
Démocrates et Iosobaktinb, par l’abbé
Eecallo . 1 vol. in-12 de 104 page». Prix . 1 »•
Deux bombardements de Mont-
médt (le»), Bouvenirs d’un témoin oculaire,
par Niolau» Simon. 1 vol. ut*£*<g*
Deux créations (le»), par Jules G îém.
1 vol. in-12 de 310 page». Pnx i 2 fr. 50
Enquête parlementaire sur l'insur¬
rection do 18* AM 1811, édition conte¬
nant in extenso les trou volumes distribué»
à l’Assemblée nationale. 1 ^
Enseignements et consolations atta-
CH^a A NOS DERNIERS DÉSASTRES, par
Mgr Plantier, évêque de Nîmes. 1vol. in-12
de 332 pages. Prix : 1 tr *
Etat sans Dieu (T), mal social de la
France, par Auguste Nicolas. 1 vol. m-8 0
de 240 pages. FriX * 6
Hébreux dans l'isthme de Suez (les),
par le docteur Constantin James. 1 vol.
In-12 de 102 pages. Prix : 1 tr.
Histoire anecdotique et illustrée
de la commune de Paris, par ^
de la Vausserie. 1 vol. m-4° orné de nom¬
breuses gravures. Pnx : ® * r *
Histoire anecdotique et illustrée
de LA GUERRE DE 1870-71, par le vicomte
de la Vausserie. 1 vol. in-4° orné de 70 gra
vures. Pnx : 3 fr. 50
Histoire des états généraux consi¬
dérés au point de vue de leur influence sur
le gouvernement de la France de 13a5 à
1614, par G. Picot, juge au tnbpnal de la
Seine. 4 vol. in-8<>. Pnx : 32 fr.
Homme-Femme (l’) f par Alexandre Du¬
mas, 1 vol. in-12 de 181 pages. Prix : 2 fr.
Isabelle aux blanches, mains suivie
de l'Anneau de la châtelaine, par Mlle^Ga-
brielle d’Ethampes. 1 vol. in-12 de 374 p.
Pnx : 3 fr»
Jeunes années de Sainte-Beuve (les),
suivies de Réflexions et jugements de son
père sur la Terreur, avec notices et notes,
par Fr. Morand, juge au tribunal civil de
Boulogno. 1 vol. in-8° de 152 pages.
Prix : 3 fr.
Miracles de Lourdes (les), défi public
à la libre pensée par Artus. 1 vol. in-12.
Prix : 0 fr. 25
Patrons de broderie et de lingerie
du XVI e SIÈCLE, fao-simile des éditions
originales, avec une introduction, par Hip-
polyte Cocheris, conservateur à la biblio¬
thèque Masarine. 1 vol. petit in-8°.
Prix ; 7 fr. 50
Pierre de lune (la), par Wilkie Collins,
trad. par Mme la comtesse de Clermont-
Tonnerre. 2 voL in-12 de 543 pages-
Prix : 2 fr. 50
Politique prussienne et le catho¬
licisme en Allemagne (la), considérations
sur la dernière guerre franco allemande,
par un catholique allemand. 1 vol. in-8°.
^ Prix : 3 fr.
Reine Planterose, par L. Dépret.
1 vol. in-12. Fri* : 3 fr.
Religion et patrie vengées de la
fausse science et de l’envie haineuse, par
l’abbé Moigno. 1 vol. in-12 de 138 page».
Prix : 1 fr. 50
Sainte Communion (la), conférence aux
dames du monde, par Mgr Landriot, arche¬
vêque de Reims. 1 vol. m-12 de 352 pages*
^ Prix ï 3 fr.
Théorie géogénique et la science
des ANCIENS (la), par l’abbé R. F. Ghoyer,
chanoine honoraire. 1 br. in-8° de 160 p.
Prix s 2 fr.
Vie de Copernic, ou histoire de ^décou¬
verte du système du monde, par Camille
Flammarion. 1 vol. in-12 de 245 pag®**
Prix : 1 fr. 50
Le Gérant . F. WATTEL1ER.
PARIS* - IMPRIMERIE JULES LE CLEEB ET C**, EUE CASSETTE, 29.
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Tome VII. — W. 8.
Août 1878.
REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
Aux Membres de l’Œuvre des Agrégations.
Nous pensions avoir expliqué clairement une distinction im¬
portante à faire, par rapport à l’acquisition des livres, pour les
personnes qui ne sont pas agrégées à notre œuvre : ces per¬
sonnes n’ont pas le droit assurément de recevoir ces livres aux
conditions des agrégés, mais elles peuvent très-bien nous de¬
mander ou nous faire demander d’acheter pour elles des livres
aux conditions ordinaires. Nous sommes pour elles un libraire
comme les autres. Nos agrégés peuvent donc, sans manquer
nullement à la délicatesse, se charger de nous transmettre, de la
part de leurs amis ou voisins, des demandes de livres, soit de
notre fonds, soit d’autres éditeurs, et nous les fournirons, non
pas au prix réduit qui est le privilège des agrégés, mais au même
prix que le feraient tous les autres libraires. De cette façon il est
avantageux de nous procurer le plus grand nombre possible de
demandes : ce mouvement d’affaires profite à notre œuvre.
PREMIÈRE PART s E
L
OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOU8 AVONS ACCEPTÉ
LA PROPAGATION SPÉCIALE.
APPEL A NOS AGRÉGÉS
IN PAVEUR DK
L’ÉCOLE PRIMAIRE
Revue des intérêts chrétiens dans renseignement, sous le patronage de S. Joseph.
Rédacteur en chef : E. Qoix. — Parait deux fois par mois et forme au bout de
l'année un très fort volume grand in-8 ü deux colonnes. — Prix, pour la France :
un an, 6 tr. ; pour la Belgique, la Hollande, la Suisse et ITtalie, 11 Dr. Cinq années
parues, chacune 6 Tr.
La question la plus grave en ce moment, comme le sentent très-bien
ceux qui se préoccupent des questions sociales, c'est renseignement ,
T. Vil. 15
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— 226 —
et spécialement renseignement primaire, qui doit former l'esprit des
masses. L'ardeur extrême avec laquelle les ennemis de l’ordre et de la
religion travaillant à nous imposer l’enseignement laïque, ce qui pour
eux signifie, comme» iis ^avouant dm resta, reusciguemeit sans Dieu,
suffirait pour montrer que là se trouve la question de l'avenir.
Mais s’il fallait une preuve directe, une proclamation solennelle de
cette vérité, nous la trouverions dans la sollicitude du chef suprême de
l'Église, qui a pressé les vrais fidèles de prendre une part active aux
élections communales, précisément pour empêcher que l'administration
de la cité ne tombât entre les mains des hommes pervers, capables d'im¬
poser aux enfants l’enseignement sans Dieu, c'est-à-dire l'enseigne-
imnt pratiquement athée.
Il y a longtemps, que ce mal a commencé à s’introduire dans la so¬
ciété; sans être offieieHemen4! proclamé, tout tendait, depuis 1880 sur¬
tout, à rendre renseignement aussi étranger que possible à î’édaeatien
religieuse, et trop souvent, ^t dans les livres, soit dans la pratique,
m iromveit des indices trop certains d’une opposition à la doctrine chré-
C*est pour cela que depuis six ans nous avons, au prix de grands sa¬
crifices personnels, soutenu avec persévérance un journal eTmstnwtïoH
franchement chrétien : I'École primaire.
Nous venons aujourd’hui faire appel à tous nos agrégés pour assurer
le succès de cet organe si important. Nous concevons fort bien qu’il con¬
vient, pour exciter leur zèle, de prouver par des témoignages irrécusa¬
bles que Y École primaire mérite d’occuper le premier rang parmi les
journaux du même genre.
D'abord,. pour établir la parfaite compétence du directeur de Y École
primaire, il nous suffira de rapporter le témoignage d’après lequel nous
nous sommes déterminés à adopter cet nrgane'en faisant tous les sacri¬
fices nécessaires pour le maintenir à ses débuts. Il fut répondu au
membre de notre comité qui alla prendre des informations au ministère
de l'instruction publique, • que M. Qulx était un praticien éminent,
que son mémoire sur la réforme de renseignement primaire avait été
remarqué entre tou m, et qa’il aurait obtenu le grand pria s’il n’avait
point été ai ouvertement clérical. »
9f. Buruj, alors ministre de l’instruction publique, confirma se té¬
moignage d'une manière éclatante; car, malgré Y esprit clérical, c’est-à-
dire le caractère franchement chrétien du rédacteur de YÈtole pri m air e,
esprit très-nettement exprimé à chaque page de son journal, M. Du-
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— s&i —
ray abonna d’effiæ à VÈcolt primaire toutes, tes. écoles nmnales de
Fouace.
Après cette appréciation date valeur pédagogique de notre journal
aux yeux rênes de l’Université* nous citerons un témoignage non
moins expüdle, mais bien plus précieux : l’approbation, longuement
motivée et te recommandation pressante de te Société générale d'éduca¬
tion eid'enseignement. On sait que cette société, qui s’honore de compter
parmi ses membres fondateurs un grand, nombre d’archevêques et
d’évêques, a pour objet te défense des intérêts chrétiens dans l’ensei¬
gnement, et qu’elle réunit les hommes les plus éminents de la h au te
société parisienne, des corps savants et du monde des lettres, et des
arts(l>.
Or, dans le bulletin de cette société, voici en quels tecmesYÊcak pri¬
maire u été appréciée après quatre années d’existence :
<« L'École primairty fondée depuis quatre ans, s’efforce de propager
les principes d’une pédagogie chrétiennne, basée sur la connaissance de
l'homme et sur celle de la vérité religieuse; elle fait pénétrer ces prin¬
cipes jusque dans les détails et les matières de l'enseignement, de ma¬
nière à nourrit sans cesse, dans les travaux de l’école, l’esprit des en¬
fants, des principes et des conseils qu’ils doivent connaître et pratiquer
pnr réaliser en eux L’œuvre capitale de l’instruction et de l’éducation
clirétiennes.
« Tel est, au point de vie chrétien, le rôle rempli par Y Ecole pri¬
maire. Son teâuence a’a pas. été moins.grande pour ce qui touche à l’en-
æigaeaienl proprement dit. Prenant avant tout pour mobile de ses ef¬
forts le progrès dans ce qu’il, a de légitime et de sanctionné par l’expé¬
rience, partant, en outre^ de ce principe que c’est par l'intelligence, et
(I) Le tares* ta te Société générale d’éducation et d’enseignement pour l’année
1871-1872 est oomposé ainsi qu'il suit:
Président : M. Cornu de t, ancien président de seotion an Conseil d*Êtsfr; — Rufel-
nxvv bonoraib®: AL d’A-xisU;. — Vick-Pbésidents : MM. le vicomte de Melun,
ancien député ; Michel, auteur de nombreux oavrages d'enseignement; Fabbé T&enon,
supérieur de l'École de» Cannes, aadla» élèoa à* décote d’Athèup».; Chmeteix^ Aggggn
dépité ; Baudéa. » Secbétajlke général : M. le comte E. de Germiuy r avocat. —
Secrétaire adjoint : M. Gaston de Senneville, auditeur h te Cbtrr des comptée» —
Tbéborier t M. Ch. Hamel, avocat. — Mkmrbbs : MM* Andky, ancien professeur au
eottége 4o Jaüiy ; BeoUy, avocat; Fr. Callyste, des Ecoles chrétiennes; Digard, avocat;
Ch. de Franqueville, ancien maitre des requêtes; rabbé (THulst; Kol b-Bernard, dé¬
puté ; Le Osmus, secrétaire général de la Société i’Êcanonae abartabte; H. P. Les-
cuyer, des Frères Prêcheurs, prieur de l’école Albert-le-Grand; Lefébure, député;
R. P. Lescœnr, de l’Oratoire; R. P. Matignon, de la Compagnie de Jésus7 teewfite
de Montessuj; le eente do Mortemart; ia oocil* dfi A. Raattefc ; te -comte
<te Ségtzr, aaotea conseiller d'État.
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— 228 —
par Pintelligence suffisamment développée, que l'enfant peut parvenir
à la connaissance et à l'amour de la vérité, VÉcole primaire s'est faite le
champion de la réforme des méthodes et s'est efforcée de vulgariser
toutes celles qui peuvent le mieux exercer l'esprit de l'enfant, déve¬
lopper ses facultés, tout en lui communiquant des connaissances. Cette
partie de son programme a été particulièrement goûtée par les institu¬
teurs, qui nont cessé d'y applaudir. Aujourd'hui cet enseignement pro¬
gressif et chrétien est reçu par plus de cent mille enfants. Nous faisons
des vœux pour qu’il se répande dans des proportions bien plus grandes
encore.
« Le cadre de VÉcole primaire est très-varié; chaque numéro con¬
tient au moins trois articles de pédagogie ou d'éducation, des leçons
d'éducation religieuse et morale, une partie agricole qui a pour objet
de progager, sous une forme classique et élémentaire, les progrès et
les principes de cet art, des exercices spéciaux d'intelligence, la matière
toute préparée des classes de français, d’arithmétique, d'histoire, de
géographie, une revue scientifique, le compte rendu méthodique des
ouvrages d'enseignement et de pédagogie qui doivent composer la
bibliothèque de l’instituteur, enfin une partie littéraire et morale qui
fait successivement passer sous les yeux du lecteur les plus beaux
morceaux de notre littérature au double point de vue du style et de la
doctrine.
« UÉcole primaire publie tous les documents administratifs qui
intéressent ses lecteurs, arrêtés ministériels ou circulaires, ainsi que
des consultations sur les difficultés qui peuvent s'élever dans la fonda¬
tion et dans la tenue des écoles. Elle porte à la connaissance de ses
adhérents tous les faits qu’il leur importe de ne pas ignorer. En un
mot, elle s’efforce d’être pour eux un recueil théorique, essentiellement
pratique et complet dans les questions d'enseignement et de jurispru¬
dence scolaire.
« L’École primaire a le droit d'attendre des catholiques qu’ils
la soutiennent et la propagent. Nous souhaitons particulièrement
que cette utile publication pénètre dans les écoles dirigées par les
Frères. En adoptant une publication franchement catholique, ces ex¬
cellents instituteurs ne feront pas seulement un acte de justice, ils se
donneront de plus un utile auxiliaire pour la pratique de l'en¬
seignement. »
Appuyés sur ces suffrages si nets et si compétents, nous croyons
pouvoir faire fc appel à tous nos agrégés pour que, par une propagande
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— 229 —
active ils assurent à notre journal le succès qu'il mérite. Nous le disons
avec confiance; car c'est cette respectable Société d'éducation et d'en¬
seignement qui, après mûr examen, la proclamé : l’École primaire a le
droit d'attendre des catholiques qu'ils la soutiennent et la propagent •
Comme moyen efficace, après avoir personnellement fait de très-
grands sacrifices dans la conviction du bien immense que cet organe
doit opérer, nous venons demander h nos agrégés de prendre chacun
au moins un abonnement : il leur sera facile de l’utiliser en faisant
cadeau de Y École primaire à une des écoles qui se trouvent dans leur
rayon.
De plus, nous sollicitons de tous ceux qui en ont le loisir et la facilité,
une propagande toute spéciale pour réunir chacun le plus grand nom¬
bre possible d'abonnements. Eu égard à la modicité du prix, cette pro¬
pagande est une des plus faciles; nous ne craignons pas d’ajouter, après
les suffrages cités ci-dessus, que c’est assurément une des plus effi¬
caces.
Pour donner à tous nos lecteurs un moyen plus direct encore
de se rendre compte de l’esprit dans lequel est dirigée Y École primaire ,
nous mettrons sous leurs yeux le sommaire et le premier article du
premier numéro de cette année.
Nous avons modifié légèrement le titre en exprimant, à partir de ce
premier numéro, toute notre pensée par le sous-titre : Revue des inté¬
rêts chrétiens dans Yenseignement. Pour attirer en même temps sur notre
œuvre une bénédiction plus abondante, nous l’avons placée « sous le
patronage de saint Joseph . » C’est à cette modification du titre qu'il est
fait allusion au début de l'article qu’on va lire :
SOMMAIRE. A nos lecteurs. — Première partie : Le gouvernement d'une classe ; lit¬
térature pédagogique ; dialogues pédagogiques ; l'art d’écrire. — Deuxième partie :
Education religieuse et morale; dictées intellectuels et morales. — Troisième par¬
tie : enseignement; langue française; méthode d’observation ; diotées intellectuelles;
cours de style épistolaire ; arithmétique des campagnes ; méthode d’observation._
Quatrième partie : Les doctrinaires philosophes; une école primaire sous la commune
de Paris ; le maître d’école irlandais.
PREMIÈRE PARTIE.
AUX INSTITUTEURS CATHOLIQUES.
Nous affirmons aujourd'hui un titre que nous aurions pu prendre
peut-etre avec juste raison il y a six ans, mais que nous avons voulu
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— < 2 »§—*
mériter avant d'en revendiquer l'honneur et fRemtarasser émts tarife
leur étendue les devoirs qu'il impose. A cette heure nos preuves sont
faites ; la confiance que nous ont témoignée tes nombreux souscnptoum
que nous avons trouvés dans renseignement chrétien, nous rassure sur
la valeur de notre œuvre, et Ton trouvera tout naturel que nous lui
donnions le titre qui hri appartient, d’après tes doctrines et les ensei¬
gnements qu’elle a pour objet de propager.
La nécessité des temps, et l’extension de plus en plus alarmante
d'un enseignement antichrétien et anticatholique, nous font d'ailleurs
un devoir d'affirmer avec plus de fermeté les principes de pédagogie
chrétienne dont cette publication s’est laite l'apôtre et le champcoa.
L’heure est solennelle et menaçante, fl est trop évident que Rensei¬
gnement primaire, et, par cet enseignement, la direction des esprits
sont exposés à un immense péril. Il se fait dans l’opinion un travail de
désorganisation morale, non plus sourd et caehé, mais public et éclatant,
qui menace de faire sortir la société tout entière hors des voies <ta
christianisme. L’explication de cet étrange phénomène moral n’est peut-
être pas bien difficile à trouver. A bien des égards, les hommes et leurs
œuvres ne sont que les fruits naturels et nécessaires de leur temps;
les esprits comme les idées se modèlent inévitablement sur les types
que l'opinion présente avec éloge aux imitations de tous. Si donc ces
types sont imparfaits, ou même odieux et détestables, les imitations se
ressentiront plus ou moins de leur vice originel. Les instituteurs sont,
sur ce point, dans le cas de tous les hommes : ils ne sont ni pires, ni
meilleurs que les doctrines qui forment le courant général dés opinions :
si cela ne justifie pas des tendances regrettables et des principes qui
ne sont pas toujours innocents, cela les explique au moins, et, en
signalant l'origine du mal, en indique heureusement le remède.
Ce remède est dans la publicité et dans la propagation de la vérité,
puisque Itemnr émane de l'immense diffusion qui en est faite.
Légitime ou non, heureuse ou funeste, l'Influence de la presse est
incontestable, et ctesi désormais une puissance avec laquelle doivent
compter ceux qui par devoir sont tenus de réfréner le mal. B faut suivre
le mal sur le nouveau terrain où il s’est placé, et pénétrer dans tous les
recoins où trop souvent il parle en maître, parce qu’il y parle seul.
Cet esprit du mal, il est actif, il est entreprenant, il est mercantile et
avide de gain, autant que de prosélytisme et de séduction, et poussé
par ces bas mais paissants mobiles, sur de réussir pan» qu’il se sent le
monopole de flatter les instincts pervers de te nature humaine, il entra
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— 231 —
hardiment dans la lice* prodiguant sans hésitation des sacrifices qui lui
seront largement rendus. Pourquoi ne le suivrait-on pas sur ce ter¬
rain! L'homme n'obéit-il donc qu'au m al» et appartient-il seulement
à l’erreur d’imprimer une direction à ses idées et à ses sentiments!
Est-ce que la conscienoe humaine» cette conscience naturellement
chrétienne , n'a pas ses revendications victorieuses, lorsque la vérité,
longtemps absente ou voilée, présente aux.regard s de l’âme ses beautés
divines et sa raison toute puissante ?
L 'homme, dit Joseph de Maistre* croit qui lui parle; il croît le bien
ou le mal, la vérité ou Terreur, selon que Tune ou l'autre se pré¬
sente à sa pensée et fait effort pour s’imposer à son âme. L'instituteur
en cela est comme tous les hommes : faut-il s'étonner que dans l’absence
à peu près complète de publications scolaires chrétiennes, tout entier
livré aux suggestions des journaux d'enseignement qui lui prêchent
l'indifférence, quant ils ne le poussent pas directement à Terreur et à
la révolte* il se laisse dériver au courant qui emporte les âmes vers le
mal et submerge les consciences! Ne sent-on pas Pimmensepéril qui en
résulte pour les âmes ! cet homme, que vous laissez ainsi tromper,
.égarer* pervertir peut-être, cet homme n'est pas seulement un disciple,
une individualité perdue dans la foule : c'est un maître qui demain aura
des disciples à son tour, et qui portera autour de lui, dans un vaste
rayon, les principes dissolvants qui ont d’abord séduit son esprit et
égaré sa conscience!
11 n'y a qu'un remède à apposer à ce danger redoutable : c’est de
venir fraternellement en aide à l'instituteur, homme de bonne volonté
le plus souvent et disposé à bien faire, de redresser ses convictions,
d'éclairer son esprit, de fournir à son activité les matières de cet ensei¬
gnement pratique qu’il est obligé de recevoir des journaux et des
livres ou l'esprit chrétien ne brille que par son absence.
Tel est l'objet principal de notre œuvre.
Que voulons-nous faire en réalité!
Avant tout, rappeler sans cesse les maîtres de Tenfance à la rectitude
des principes chrétiens, si facilement, si souvent emportés par le courant
des mauvaises doctrines, qui traîne dans sa fange tant d'hommes de
bonne fui, trompés et leurrés plus encore que pervertis;
. Réformer l'instruction dans la pratique en fournissant au maître
non-seulement les principes d’une pédagogie chrétienne, mais surtout
les matières toutes préparées d’un enseignement chrétien et moralisa¬
teur. Nous faisons en cela ce qui n'a pas été fait, et ce qui est plus que
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jamais d'une évidente nécessité : la pédagogie théorique et pratique d'un
enseignement primaire chrétien et catholique :
Lier dans l'enfant le développement de l'intelligence et de la pensée
à la vérité chrétienne et à tous les conseils qui peuvent éclairer la
conscience, lui donner des vertus intellectuelles qui règlent la marche
de l’esprit et assurent l'exercice régulier et normal de la raison;
Entourer l’enfant par le choix des matières et l'influence des idées
d'une atmosphère catholique où son esprit acquerra un tempérament
religieux qui maintiendra dans la vie la santé de son âme;
Emprunter à l'enseignement chrétien, à notre grande littérature
chrétienne et catholique, la quintessence de ses beautés, et enseigner
ainsi le beau avec le vrai.
Réformer les méthodes d'enseignement, trop arriérées dans bien des
écoles, et provoquer par là, avec une instruction plus solide, un plus
grand développement de l'intelligence en faveur de la vérité;
Enfin, fournir aux maîtres et aux maîtresses des leçons toutes pré¬
parées sur toutes les branches de l’enseignement. C'est là une des
parties les plus goûtées de notre publication et l'une de celles qui nous
ont valu le plus d'éloges. La parfaite compétence des rédacteurs de cette
partie a été proclamée par Je succès croissant de notre publication, et
par l'envoi d’office qu'en a fait spontanément l'autorité supérieure à
toutes les écoles normales de France,
Nous n’avons pas toutefois la prétention de tout faire ni de tout dire
en cette grave matière. Nous sollicitons, au contraire, les conseils et les
avis du corps vénérable auquel nous nous adressons, et qui, placé au
sein des choses, est le mieux renseigné sur les moyens qu’il conviendrait
d’employer pour réaliser le bien que nous voulons faire.
Nous sollicitons aussi son appui. Les bonnes publications ont contre
elles ce danger redoutable de rencontrer souvent l’indifférence de ceux
à qui elles pourraient êtres utiles, tandis que les mauvaises trouvent
d'inévitables connivences et un succès assuré dans les passions perverses
qui y cherchent une facile approbation et d'agréables encouragements.
La lutte serait trop inégale si les hommes de bien et les hommes d’in¬
fluence n’apportaient l’appui de leur autorité et de leur bon vouloir aux
œuvres chrétiennes qui ont inévitablement pour ennemis ou le parti
pris de l’ignorance, ou l'hostilité systématique de l'erreur. Nous espé¬
rons donc cet appui comme nous le réclamons au nom des grands intérêts
qui sont liés au développement et à l’influence de l’enseignement
chrétien.
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— 233 —
Tout le monde appelait depuis longtemps de ses vœux la création d un
journal à!Enseignement primaire catholique , le voici : nous le recom¬
mandons à toutes les personnes qui comprennent l’influence de 1 instruc¬
tion primaire et le besoin qu’elle a d'être réformée dans le sens chrétien
et catholique.
Au reste, ce n’est pas à titre gratuit que nous réclamons ce concours
et cet appui. Outre l'utilité que les maîtres de l’enfance peuvent retirer
de notre publication, les œuvres chrétiennes, à leur tour, y trouveront
un organe et un appui. Nous ferons en sorte de la rendre necessaire par
l’intérêt et la variété de sa rédaction ; nous ferons plus : nous en ferons
l’écho et le défenseur de tous les intérêts scolaires, particulièrement —
sans négliger les autres, — de ceux qui se rattachent de plus près aux
écoles catholiques. Nous sollicitons donc, à cet effet, de tous les chefs
d’écoles catholiques les communications qui auraient pour objet de
mettre en lumière les services de premier ordre que rendent en France à
l'Église et à la société les Ecoles chrétiennes de tous les degrés. Nous
espérons par là dissiper bien des préjugés et faire tomber bien des pré¬
ventions ; si les écoles chrétiennes, et spécialement les écoles congréga¬
nistes, sont parfois l’objet de la défiance d'une foule aveugle et égarée,
c’est qu’elles ne sont pas connues.
HISTOIRE DE NICOLE DE VERVINS , d'après les historiens contem¬
porains et témoins oculaires, ou le triomphe du Saint-Sacrement sur le
démon, à Laon, en 1566, par l'abbé J. Roger, directeur au petit séminaire
de Notre-Dame de Liesse. Ouvrage accompagné de deux brefs des souverains
pontifes S. Pie V et Grégoire XIII, et précédé d’une lettre de M. le chevalier
Gougenot des Mousseaux, auteur de la Magie au XIX e siècle . Un beau vol.
in-8 de 495 pages, orné du fac simile d’une grande gravure représentant
les exorcismes de Nicole de Vervins, avec légende explicative. — Prix : 6 fr.;
pour nos agrégés, t fr. 50.
Les malheurs de notre temps et la Yague appréhension de nouvelles
catastrophes ont tourné les esprits, plus que jamais, vers le merveil¬
leux. Des livres de prophéties plus ou moins authentiques ont eu un
succès vraiment extraordinaire. Des voix graves se sont élevées pour
prémunir les fidèles contre l’excès de cet engouement. S’il y a quelque
chose de téméraire à sonder l’avenir, il est toujours édifiant de contem¬
pler dans le passé les merveilles que la Providence a ménagées pour
affermir la foi et ranimer la ferveur. Entre tous ces prodiges, le plus
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remarquable, sans contredit, est celui dont nous offrons à nos agrégés,
dans des conditions vraiment exceptionnelles, l’histoire parfaitement
authentique.
Nos lecteurs, qui connaissent la vaievr dm témoignage du chevalier
Gougenot des Mousseaux, verront que notre appréciation n’a ne» d’exa¬
géré, par t'extrait suivant de la lettre que le savant auteur des Mè-
dtatenrs et Moyens de la Magie a adressée à M. l’abbé Boyer* «n le re¬
mercient de l’envoi de son bel ouvrage:
« Je vous remercierai tout à l’heure, dit JL le chevalier Gougenot
des Mousseaux, du profit et du plaisir que j’ai trouvés dans k lecture
de votre manuscrit, sur lequel vous avez eu l'extrême modestie de me
demander mon appréciation. —Je vous fat donne en toute simplicité*
mais tout haut, aussi haut qu’il vous plaira de la recevoir, et permettes
que je vous félicite de votre naïve et miraculeuse histoire. On peut l'ap¬
peler un trésor.
• Que dire de moins, en vérité, d’une œuvre originale qui se pré¬
sente sous le double aspect du mémoire historique et du récit surnaturel*
réveillant le lecteur an brait des pas de tout un peuple, de toute une
neWesse, et mêlant aux derniers retentissements de ce tumulte les
noms de Médicis et de Montmorency, de Charles IX et de Coudé? Que
dire de moins, lorsqu’au tissu des merveilles qui se pressent et s’entre¬
mêlent dans ces pages s’ajoutent les traits des mœurs de l'époque, les
ruses et les violences des sectaires qui déchirent à la fois le sein de
l’Église et le sein de lÉtat, la résistance timide et patiente des catho¬
liques, le courage calme et digne d’un clergé qui poursuit sa périlleuse
mission au milieu des cris de mort, les exorcismes publics et solennels
auxquels préside, avec une héroïque persévérance, le saint évêque de
Laon, et ces nuées de témoins qui, de toutes les provinces de la France,
viennent s'abattre sur le pittoresque escarpement que couronne de ses
tours l’une des cités les plus illustres dans notre histoire? Oh! c'est là
du mouvement, de la vie, du grandiose! Voilà de la haute et drama¬
tique poésie! Mais pourtant, dans quel style naïf, simple et modeste
elle se déroule !
« Et le héros de ce drame — peuples, ouvreaJToreille — quel est-il î
m chercher son lignage? Eh! mon Dieu, dans une simple boutique.
C’est une jeune fille de seize ans, mariée d’hier, de mœurs douces -et
pures, catholique fidèle, et médiocre d’intelligenoe ; on In nomme Nicole
Obry*
« Vous qui seriez curieux de la connaître, approchez; le temps ne
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— 2 » —
vous manquera point; prenez vos aises; voyez, voyez-la lutter, des
mois entiers, contre des puissances infernales. Voyez le démon possé¬
der son corps, et tout à coup, en un clin d'œil, transformer en monstre
cynique et hideux cette beauté pudique et frafche ! Voyez, en un din
d'œil encore, la sainte Eucharistie, aussitôt que l'élève une main sacer**
dotale, donner à ce monstre non plus la simple beauté de la femme,
mais l'éclat séraphique de la beauté céleste» Et ce coup de théâtre
veuillez pardonner ce terme à ma bouche laïque — se répète mille Sois*
Les bourreaux en frémissent, et, dans la foule des hérétiques témoins
de ces métamorphoses, les mis, bouleversés, reviennent humblement 4
Dieu, les mires se roidissent dans leur orgueil, boivent la honte de
leur confusion et laissent leur cœur se pétrifier.
« Ainsi parle, ainsi le veut l’histoire. Oh! que de charmes dans de
tels récits, Monsieur l'abbé! Gloire vous soit donc d'avoir su re¬
pousser du pied les écrits du mensonge, et suivre, en remontant
aux origines, le courant historique dans sa fraîcheur et sa lim¬
pidité, pour ne puiser qu’aux bouillonnements mêmes et aux issues de
là source! »
Cet éloge tout récent, qui atteste que l'ouvrage T>*a rien perdu de soit
intérêt primitif, s’accorde avec l’admiration que Y Histoire de Nicoktét
Yervins inspira dès son apparition. Les esprits tes plus graves, les
écrivains les plus renommés pour la sévérité de leur critique au xn*
siècle n’avaient pas été moins explicites que M. le chevalier Gougeæt
des Mousseaux, en exprimant leur pensée sur la réalité et L'importance
de cette manifestation miraculeuse de la puissance divine. Le célèbre
Cardinal Baronius, l'auteur des Annales ecclésiastiques, rapportant les
événements remarquables de Tannée 1566, s’exprime ainsi :
« Cette année, Nicole Obry, native de Vervins, en France, fat dé¬
livrée à Laon <Tune furieuse possession par la sainte communion que
lui donna l'évêque, en présence de dix mille personnes et des ««tairas*
qui mirent le tout par écrit. Les calvinistes eussent bien voulu que
cette histoire, qui parcourut toute la France, eut été supposée ; mais il
y avril trop de preuves pour la confirmer. «
Baronius écrivait en 1506.
GénébraTd (1590), docteur de la maison de Navarre, professeur
d’hébreu au Collège royal, puis archevêque d'Aix, - on des plus sa¬
vants hommes de son siècle, * dit Feiter, parie aussi, dans sa Cfcroo*-
logie sacrée, du miracle du Saint-Sacrement dans la possession de
Nicole.
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Le P. Delrio, jésuite (1599), après avoir rapporté, dans son ou¬
vrage sur la magie, une autre possession où le Saint-Sacrement avait
aussi chassé le démon, dit : « Pareil prodige s est vu à Laon. Les cal¬
vinistes ne l’ignorent pas : ils étaient là plusieurs milliers, ils en
étaient si furieux qu’ils ne se possédaient plus de rage (1). »
Une mention portée en marge nous apprend que plusieurs éditions
de Y Histoire de Nicole avaient été publiées à Paris et qu’une autre ve¬
nait de paraître à Liège en cette année 1598. Un témoignage bien plus
précieux, plus décisif que tous les autres, celui qui nous a particulière¬
ment déterminé à faire l’acquisition de cette Histoire de Nicole de
Yervins , c’est le bref élogieux du pape saint Pie V ; nous croyons
devoir mettre sous les yeux de nos lecteurs ce document remarquable:
« Pie V, pape, ànotre vénérable frère Fabius, évêque de Cajace, notre
nonce apostolique près de Sa Majesté très-chrétienne, Charles (IX),
roi de France, notre très-cher fils en Jésus-Christ.
« Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique.
« Notre bien-aimé fils, Jean Boulèse, prêtre, qui vous remettra ces
lettres, enflammé du désir d’augmenter la gloire de Dieu, plein de dé¬
vouement pour nous et pour la sainte Église romaine, nous a présenté,
il y a quelques mois, un volumineux manuscrit, contenant tous lés
actes d’un insigne miracle récemment arrivé dans la ville et diocèse de
Laon, sous l’épiscopat d’un prélat de grande piété; miracle que Dieu a
opéré sur une femme de la ville de Vervins, pour confondre la malice
des hérétiques et éclairer les cœurs des aveugles .
« Ce manuscrit, nous lavons confié à des hommes distingués par leur
probité, leur expérience, leur savoir et dont la sagesse^ nous est bien
connue. Nous leur avons commis le soin de le lire avec attention, de
Y examiner mûrement; sur leur rapport favorable, nous avons rendu
grâces au Dieu tout-puissant, qui, en ces temps malheureux, a daigné
faire éclater ses merveilles dans une province naguère encore si horri¬
blement déchirée par l’hérésie, ce qu’il a fait dans un dessein d’inef¬
fable miséricorde, pour la gloire de son saint nom, pour l’édification des
fidèles et pour le retour de ses enfants égarés.
« Et puisque ce prodige admirable de la sainte Eucharistie, qu'on ne
saurait assez célébrer , s’est accompli devant une multitude immense,
il faut travailler avec ardeur à le faire connaître à tous les peuples.
(1) Tarn norunt calviniste, quorum adorant multa millia, quam fremunt et rumpun
tur. (Lib. VI, cap. n, »eot. 3.)
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237 —
« A cet effet, après avoir fai t extraire de ce volume les faits les plus re¬
marquables et les plus propres à la manifestation du miracle, nous vous
envoyons cet extrait par le même Boulèse, et nous voulons que l’é¬
vêque de Laon, de concert avec le chanoine Despinois, qui ont été té¬
moins oculaires, examine de nouveau ces faits avec la plus scrupuleuse
attention. S’ils les reconnaissent conformes à la vérité, vous vous
présenterez en notre nom devant le roi très-chrétien, et vous deman¬
derez à Sa Majesté son agrément pour faire imprimer ce livre en
France, afin que le récit de ce miracle, à la plus grande gloire de Dieu,
se répande parmi toutes les nations. Et pour que cette tâche soit rem¬
plie avec plus d’exactitude et de fidélité, nous pensons qu’il importe
que Boulèse lui-même en surveille l’impression.
« Donné à Rome, à Saint-Pierre, sous l’anneau du pêcheur, le 8 oc¬
tobre de l’an 1571, de notre pontificat le sixième.
« Cœ. Glorierius. »
En exécution de ce bref, l’évêque de Laon et le chanoine Despinois se
présentèrent devant trois docteurs de la faculté de théologie de Paris,
et, après avoir entendu la lecture de tout le Manuel,
Le premier répondit : « Je désire que Dieu soit honoré par ce mi¬
racle, qui est très-vrai et vu par plus de cent cinquante mille hommes,
et que cela soit publié, non afin que j’en aie honneur, mais que ce soit à
Phonneur de Dieu. »
Le second répondit : « Je dis et déclare que tout a été fait comme
il est porté et contenu audit livre, bien brièvement toutefois, et qu’il
n’y a aucun mot contre la vérité, ce que je soutiendrai et délibère sou¬
tenir envers et contre tous, par tels tourments que l’on pourra me
faire endurer. »
En voilà assez pour justifier ce que nous disions en commençant sur
l’importance de cet ouvrage ; nous pouvons ajouter que l’exécution
typographique ne laisse rien à désirer, et la grande reproduction de la
gravure du temps avec ses légendes marginales complète ce monument
historique de l r un des faits les plus merveilleux et les plus édifiants
dont il soit parlé dans l’histoire.
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— 338 —
LES PABFUMS DU PATER, par M. l’abbé Peyssor, vicaire de Vincennes-
Un vol. in-18 de 244 pages. — Prix : i fr. ; pour nos agrégés, 60 c. Se vend
au profit des orphelins de ht guerre.
Nous recommandons à nos agrégés oe bon petit livre. Comme l'au¬
teur l'a fort bien compris, il était important de justifier ce travail nou¬
veau sur un sujet tant de fois traité. La préface, écrite avec une rare
simplicité, va au-devant de l'objection, et inspire pleine confiance en
celui qui l'a écrite; aussi croyons-nous que le mieux est de la placer
sous les yeux de nos lecteurs :
« Il existe un grand nombre d'explications du Pater. En essayer une
nouvelle semblera peut-être inutile. N'oublions pas cependant que la
parole de Dieu est toujours féconde : c'est une source à laquelle on peut
toujours puiser sans jamais la tarir, L’Oraison dominicale surtout, qui
est la parole divine par excellence, le modèle de toute prière, nous offre
un exemple de cette admirable fécondité. J’ai donc cru que, même après
tant d'autres, il serait encore possible de glaner quelques épis dans un
champ déjà, si largement moissonné.
« C’est aux orphelins des deux dernières guerres que je dédie et que
j'offre ce modeste ouvrage, en le mettant sous la protection de l’Enfant
Jésus. Puisse-t-il procurer quelques soulagements à ces innocentes
victimes de nos folies et de nos discordes ! «
Un recueil bibliographique important, les Études religieuses des
Pères Jésuites, parle avec éloges de cet ouvrage, tout en adressant à
l'auteur quelques observations^ fondées, mais qui n'ôtent rien au mé¬
rite de l’ensemble de son travail :
Voici ce qu'il y a de plus saillant dans l'appréciation des Études re¬
ligieuses : « En souhaitant à ce gracieux opuscule de ne pas s'arrêter à
la première édition, je me permettrai de conseiller à M. I'abbé Peys-
son quelques retouches; dans l’exposition soit du dogme, soit de la
morale, l’expression manque parfois de précision ; la pensée même n'a
pas toujours cette parfaite exactitude qu’exige l'inflexible théologie.
Aussi, pour donner quelques exemples, le contexte de la page 139, pris
selon la rigueur de la lettre, conduirait à penser que Ton cesse d'être
juste si l'on s'écarte de la volonté divine même en matière vénielle, en
négligeant l'observation de ce qui est simplement conseillé. Cette pro¬
position de la page 46 : « Entre le plus grand saint et le plus grand scé¬
lérat, il n'y a que la différence que la grâce a faite, * est vraie, sans
doute, pour le théologien; mais, en laissant dans l’ombre le concours
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— 239 —
de la Tûbnté humaine* elle suggérerait facilement à un esprit médio¬
crement instruit, cette induction, que le salut est l'œuvre exclusive de
la grâce et que le péché et i’impéniteoee finale trahissent une grâce in¬
suffisante. On lit, à la page 189, que * le pauvre a un droit à l'aumône » ;
ce droit suppose comme corrélative une obligation de justice ; or, l'au¬
mône n’est qu’un devoir de charité. Enfin, on ne saurait admettre
(page £72) que la triplicité jointe à l’unité dans certains cas de l’ordre
moral ou de l’ordre physique, fournissent une preuve à l’appui du mys¬
tère de la Sainte Trinité. L’assentiment à ce mystère ne repose que sur
la révélation. «
ACADÉMIE FRANÇAISE. — LE PRIX M BOSTON, pur A. Su »E
GAU-fftire. — Prix : 30 c.
LES FRERES A L'ACADÉMIE, par Abel George. Brochure de 3& pages»
Prix; 30c»
Voici deux opuscules qui traitent la même question au même point
de vue, mais sous une forme différente. Nous les recevons au moment
de mettre sous presse et nous nous empressons de les indiquer à nos
agrégés, qui y verront avec plaisir un fragment très-considérable de
l'éloquent discours de M. le duc de Noailles, dans la séance solennelle
de l’Académie française, du 7 de ce mois. Ils y trouveront en plus des
détails fort curieux et tout à fait intimes sur l’origine de la pensée de
décerner 0 l’institut des Frères le prix de Boston. On verra avec quelle
timidité d’abord cette idée fut présentée; comment peu à peu elle entra
dans tous les esprits, qui se trouvèrent enfin unanimes pour l’adopter.
Le suffrage public, traduit à la séance par use triple salve cF applaudis¬
sements, a montré que l'Académie, cette bis, s’était montrée réelle¬
ment française en revenant au sens chrétien. H y a là une manifestation
importante, une protestation solennelle contre les menées du radica¬
lisme en faveur de l'enseignement athée.
UNE DE NOS RÉCENTES PUBLICATIONS.
Nous sommes heureux de trouver dans la presse des témoignages
Mon spontanés sur l'opportunité et le mérite des ouvrages, que nous
éditons.
Dans notre dernière tivsMson nota avens agprodai* l’article rtmar-
Digitized b}
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— 240 —
quable de YUnivers sur le grand et savant ouvrage de M. de Mirville;
nous trouvons dans le numéro du 15 août du Messager de saint Joseph de
Beauvais une appréciation très-flatteuse de l'une de nos récentes bro¬
chures. Voici eu quels termes s’exprime le Messager :
« Il vient de paraître un bon et excellent petit livre ayant pour titre :
Saint Joseph, Patron de l'Église universelle . Comme nous le verrions vo¬
lontiers entre les mains de tous les lecteurs du Messager , nous allons en
donner une courte analyse.
« Cet ouvrage, dont le modeste auteur a voulu garder l'anonyme,
démontre avec une grande évidence, comme porte la lettre d’approba¬
tion de Mgr l’évêque de Versailles, que l’acte pontifical qui déclare cet
illustre patriarche protecteur de tous les chrétiens, répond à un besoin
de notre époque et apporte un remède efficace aux maux qui désolent
la société moderne. »
Suit l’analyse de cette brochure, dont la seconde édition est presque
épuisée. C’est à notre prière que l'auteur a consenti à mettre son nom
sur cette seconde édition. ( Saint Joseph , Patron de l'Église universelle.
— Conséquences pratiques et opportunité de cette déclaration, par
M. l'abbé Auguste Carion. Brochure in-12 de 46 pages. Prix : 40 cen¬
times; pour nos agrégés, 25 centimes.)
ÉLÉVATIONS POÉTIQUES ET RELIGIEUSES, par Marie Jehiu.
Un vol. in-18 jésus, 150 pages. — Prix : 2 fr. 50.
Nous n’avons rien à ajouter aux éloges bien mérités que toute la
presse catholique et nous-même avons accordés, à si juste titre, au
talent poétique et à l’inspiration vraiment chrétienne de Mlle Marie
Jenna. En annonçant la mise en vente de la seconde édition des poésies,
nous nous bornerons à reproduire les approbations suivantes, qu’on
trouve en tête du volume :
Lettre de Mgr Parisis , èvèque d'Arras.
Mon cher Monsieur,
Il y a ûne heure que je recevais votre lettre, et, quoique assiégé
par de nombreuses et graves affaires, attiré par le timbre de Bourbonne-
les-Bains, je l’ouvrais aussitôt; puis, l'ayant lue, je regardai si le petit
T
_
— 241 —
volume annoncé se trouvait dans le courrier du jour. Vraiment ie „•»
vais ni le temps ni la volonté de lire des vers. J t,J *"
Gependant jecoapai ] a prem i ère feuUle et je lus; puis je me laissai
P«nto .„ch.,n,ed e cette poésie simple * Lori, d’une *
J».., d un. dégage de bon goût, et surtout d'une foi pduéCe
effleure 4 peme le terre et » tient cenuue portée sur ZlZ ’Z
dirigent rere l'influi. Soue la séduction de celte jouissance r^**™
P “ P " C0UrU ' maisl ",de suit, cent deux pagesde ce délicieux ouvra, "
puis, quant a moi, en faire un plus complet éloge et ie mû
rouveheureux depouvoir enadresser mesfélicitations etàl’âutenr ■
en bénira Dieu, et à l'heureux père dont je partage le bonheur.
f P .-Louis Parisis,
Évêque d'Ann*.
. f Lettre du R. P. Félix.
..... Depuis longtemps il ne m’était arrivé de lire jnsan’au bout™,
ivi^de poésie. Comment expliquerez-vous qu’après avoir commencé lei
°J r ’ Je " ai . 6 PU m arrôter > et 1 u arr ivé au bout je n’aie éprouvé q^um
regret, celui de voir sitôt arriver la fin? C’est peut-être déjà trop^oiw*
dire que j aime vos Élévations poétiques et relieuses. Vos poésies sont
ce qu elles se nomment, des élévations, et je vous félicite de bien
wmprendre le rôle de la poésie, que je définirais volontiers : une éléva¬
tion des âmes par l’harmonie de la parole. V ®
; J. Félix, Jésuite.
Nous recommandons tout particulièrement à nos lecteurs la gravure
qui a pour titre : Le comte de Chambord et ses ancêtres K
Noua avoua sous fa, yeux cette belle composition; elle est d'une
exécution irréprochable; c'est une page d'histoire avec un très-beau"!
très-ressemblant portrait de M. le comte de Chambord. Le texte habi¬
lement disposé dans un ornement du meilleur goût, rappelle quels sont
•.JZ T5 8 * retTOe les *"“■*» «™s accomplies par
1 auguste maison de Bourbon. K “
Imprimée sur in-4» raisin, fond teinté, avec effets dé îmbière, elle ne
se vend que 10 fr. le cent, ou par fraction de cent, franc de port C’est
te ttS* d1 “ istoire à rtp “ dre * profus,on • * n» «r
____
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T. VII.
DEUXIÈME PARTIE
REVUE
ttttt
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
VOYAGE EN INDO-CHINE et dans l’empire chinois, par R. 'Louis de
Carné, membre de la commission d’exploration du Mé-Kong, précédé d’une
notice sur l’auteur» par H. le comte de Carné, de l’Académie française. Ou¬
vrage orné de gravures et d’une carte. 1 vol. in-12 de xx-528 pages.—Prix :
4 fr.
L’auteur de ce voyage était un jeune homme de grand avenir; il est
rpertà l’âge de vingt-sept sms, pendant la guerre contre la Prusse, à
l’heure de nos premiers désastres ; c’est pour cela que sonpère a dît se
charger d’éditer cet ouvrage. Sur une canonnière de l’État parfaitement
équipée, les voyageurs remontèrent le Mé-Kong jusqu’à son plushaut
parcoure ; le Mé-Kong, fleuve immense qui se déploie d’abord connue
un lac vaste.et tranquille, avant de révéler son courant de foudre, ses
rapides infranchiesables et l’horreur de ses gouffreB sans fond. L’expé¬
dition consacra d’abord quelques jours aux rames d’Angcor, aussi im¬
posantes et plus mystérieuses que les ruines de Thèbes et de Memphis.
Bientôt on atteignit le Laos, dont les émanations putrides avaient été
fatales à tous les missionnaires qui les avaient affrontées. U fallut alors
quitter la canonnière à vapeur et continuer sa route sur de frêles bar¬
ques maaoBuvfées par des indigènes. Navigation sans exemple qui con¬
duisait les voyageurs d’une nappe d’eau dont l'œil mesurait à peine
l’étendue à des gorges insondables, au-dessus desquelles surplombaient
dés roches géantes, et qui.les Faisaient passer des ardeurs d’un ciel de
feu à l’ombre des bois impénétrables, où s’engageait le Mé-Kong- dans
un méandre d’îlots, de lianes et d’arbres. L’hivernage de l’expédition
en Birmanie estune lutte de toutes les heures;.les voyageurs,
par laifièvre, les piedsnus etles jambes déchirées, tUsputententtore lès
restes d’un sang appauvri à des myriades de sangsues, vampires ffltn
redoutablesfqueiles tigres et les serpents du Laos. Ges souffrances n’é¬
taient rien encore comparées aux difficultés de toutes sortes que créaient
— 243 —
à «la caravane scientifique le mauvais vouloir et l'hostilité des petits
princes de l’Asie centrale. Nos voyageurs étaient soutenus par la patrio¬
tique espérance de faire du Mé-Kong la grande route maritime de
Tlndo-Chine, et de Saigon l’un des premiers ports du monde. En 1868,
sans s'y attendre, les hardis explorateurs se trouvèrent, après avoir
traversé des montagnes j usque-là inaccessibles, sur le sol du céleste
empire, le s .800 lieues .qui les séparaient de Pékin furent traver¬
sées presque sans obstacles, sauf le péril auquel nos voyageurs se
trouvèrent exposés en arrivant dans, le royaume de Tali, vice-royauté
dUvSu-Tchuen, dont le sultan était en révolte contre la Chine. Le dé¬
vouement de jios missionnaires catholiques sauva nos Français, qui,
sans eux, auraient péri.cent fois au milieu de ce paya de rebelles.
Les pages de M. Louis de Carné sont une véritable photographie où v
l’ion voitau naturel les mœurs, les usages, la religion, les superstitions
et Je degré d’intelligence des peuplades de J’Indo-Chine et de la Chine
occidentale. Il est fâcheux que la .main paternelle, qui a revu cette
œuvre, n'en aitpaa fait disparaître quelquesplaisanteries voltairiennes,
quelques réflexions de mauvais goût, qui nous'obligent de mettre.une
grande restriction à nos éloges, en faisant .remarquer que cet ouvragç,
d'ailleurs plein de mérite, ne peut être confié qu'à des lecteurs graves.
POMPÉI, les catacombes, l'Alh ambra, étude, à l'aide des monuments, de la
vie païennne à son déclin, de la vie chrétienne à son aurore, de la vie mu¬
sulmane à son apogée, par M. G.-B. de Lagréze, conseiller à la Cour d'appel
de 'Parts ; — ouvrage Illustré de 75 gravures dessinées par Racinet, Bénard,
etc. 1 voLû^Ô 0 ée(4S6 pages*—* Prix :42fr.
Pompéi, les catacombes, l’Alhambrâ : trois dates, trois civilisations.
Ce. n'est pas en antiquaire seulement que M. de Lagrèze les évoque,
mais en artiste, en historien, en moraliste et, ce qui vaut mieux que
tout cela, en chrétien convaincu et dévoué. Pompéi, exhumée de ses
cendres, nous {^pparait avec ses maisons, ses palais, les colonnades, les
peintures, les objets d’art, avec tout ce luxe de la vie publique et
privée, mais aussi avec la représentation de ces coutumes, ces mœurs,
ces mystères qui arrachaient à Juvénal cette parole flétrissante : « La
postérité n’ajoutera rien à notre dépravation (1 ). »
^1) il. est ir&-utile d’iyooter que de pareilles peintures, .non-seulement dans le style
mais les images vivantes que présentent les gravures, rendent est oxrvrugs, malgré
W%on esprit de Eu—sur ,fcouià fuît mepnv s mnt et impossible pour les jeu— gens et
«more {dus pouries, jeun— personnes. [Note dt ta rédaction,)
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— 244 —
La peinture des catacombes n’est pas moins pittoresque, et ici l'âme
respire avec bonheur cet air vivifiant de la foi chrétienne, qui remplace
les saturnales païennes par la vie évangélique et l’héroïsme des pre¬
miers chrétiens.
L’islamisme nous apparaît dans ses plus beaux jours, marquant son
passage par des chefs-d’œuvre. Quelle richesse artistique dans les
mosquées, les palais, les alcazars ! « Mais aussi comme ces Maures
unissaient la foi punique à la valeur guerrière, la cruauté à la volupté,
le mépris de la vie humaine à la prière, le fanatisme le plus féroce aux
plus sublimes idées sur l’unité et la miséricorde de Dieu! « L’édifice
qu'ils élevaient sur de telles bases devait s’écrouler, et ses débris,
quoique considérables encore, sont sans gloire, sans dignité, sans
avenir.
Des trois civilisations qui se reflètent dans ce livre, l’une aujourd'hui
est morte, une autre agonisante ; la troisième, toujours attaquée, reste
toujours pleine de vie; elle a tranforméle monde, régénéré les sociétés,
éonduit les arts à leur apogée, et l’avenir lui appartient comme le passé.
Selle conclusion d'un magnifique travail.
(Pour les deux ouvrages ci-dessus, d'après la Bibliographie catholique .)
DISCOURS ET CONFÉRENCES SUR D’ÉDUCATION, par le R. P.
Càptiér. 1 vol. in-18 jésus, de 544 pages. — Prix: 4 fr.
Le nom seul du P. Captier, si glorieux désormais, suffisait à recom¬
mander ce volume. 11 y avait pour le public un charme triste et doux à
retrouver, en des pages inconnues encore, le martyr du 25 mai 1871.
On n’ignorait pas non plus que l’éminent religieux, héritier des vues
du P. Lacordaire sur renseignement et de son courage, eût combattu
le bon combat. On savait ses luttes contre les tracasseries d’une auto¬
rité mal inspirée, lors de la fondation d’Arcueil, le prestige que lui
avaient valu ces luttes mêmes, le rang qu'il avait reçu dans les assem¬
blées de la Société générale d’éducation et d’enseignement, le succès
enfin de ses conférences au Cercle catholique du Luxembourg. Un tel
mélange de souvenirs douloureux et brillants donnait au livre un
exceptionnel attrait.
Nous l’avons lu et nous regardons comme un devoir d’en conseiller
vivement la lecture. C’est qu'en effet la particulière séduction venue du
personnage dont il rappelle la mémoire n’est pas la seule : il y a pour
une très-large part aussi celle des idées émises* des appréciations, des
:-^
— 245 —
sentiments. Le P. Captier, fondateur de l'école Albert-le-Grand, victime
des fédérés, est de plus un maître consommé dans cet art de l'éducation
auquel il a voué sa vie. Il a étudié de près, durant vingt années, ce
qu’il convient de faire pour l’enfant contemporain, l’enfant de notre
siècle; il communique avec une admirable sûreté, dans les discours qui
forment la première partie de l’ouvrage, le fruit de ses recherches pa¬
tientes et de son expérience. Un point sur lequel il insiste beaucoup,
vu qu’à ses yeux le collège chrétien se doit distinguer par là surtout des
autres institutions rivales, c’est de laisser à l’éducation publique autant
de ressemblance qu'il se peut avec l’éducation de la famille, de garder,
jusque entre les murs du collège, sans que, bien entendu, la vigueur ni
la discipline en doivent souffrir, ce que la famille a de suave, c’est-à-
dire l’inaltérable douceur des procédés, si bien que l'adolescent, solli¬
cité par toutes les influences à la fois, s’abandonne volontiers aux mains
chargées de le conduire. Les fines observations abondent, les expres¬
sions heureuses aussi; ce qui vaut mieux, il y a comme la révélation
incessante et la transparence d’une incomparable bonté.
Les conférences prononcées au Cercle catholique ont un autre carac¬
tère. C’est l’élude, la discussion des plus grands problèmes de l'ensei¬
gnement, au temps où nous sommes. Le P. Captier affirme hautement
la nécessité de l’élément religieux dans l’éducation. Je le crois bien!
Tant qu’on n’y reviendra pas, tant qu’on déshéritera le jeune homme
de ce qui doit être la meilleure part de son savoir, on ne fera qu’une
œuvre incomplète et dangereuse, parce qu’elle est incomplète. Il af¬
firme de même les services rendues à cet égard par l’Église dan^ le
passé, les droits qu’elle conserve à ne point abdiquer sa mission, les li¬
mites qui s’imposent à l’ingérence de l’État. Deux entretiens sont con¬
sacrés à l’Université, à sa fondation, à son influence ; on ne peut être
plus ferme à la fois et plus mesuré. Nulle fâcheuse inspiration, nulle
malveillance systématique, rien que la constatation d’insuffisances re¬
grettables et le désir de créer par le libre concours de toutes les forces
et de tous les dévouements un plus grand bien.
Le P. Captier s’était tracé un programme étendu qu'il devait déve¬
lopper devant son auditoire du Luxembourg. •< Dans l'avenir, disait-il
— l’avenir est à Dieu, mais Dieu nous permet de compter sur sa bonté,
—j’ouvrirai une seconde série de conférences... «Hélas! l’avenir pour lui
a été ce que nous savons. Ut quid perditio hœc ! Pourquoi cette perte,
sommes-nous tentés de répéter après le P. Perraud, son éloquent pa¬
négyriste, pourquoi ce noble cœur éteint, pourquoi cette voix silen-
à
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cieusel... « J'aurai donné l’exemple, disait-il encore, j’aaxai dansé
iîcaœmple, d’autres achèveront.. •<
Puissent se lever en grand nombre et bientôt ceux qui achèveront,
les continuateurs de l’œuvre du P. Captier et du P. Laoordaire avant
lui, et du noble Montaleiabert, ces fiers champions de l'éducation chté*
tienne ! Il n'est plus possible de douter que la régénération socialeaât
1 3k son principal appui, et qu'il y faille largement aviser.
BOUVEAU GUIDE historique, descriptif, religieux etindustriei de l'étranger
à Lyon, orné de plusieurs gravures et d'un plan de la. ville. 1 vol. in-18
raisin. — Prix : 1 fr. 25.
Fait à la dernière heure, au moment de l'ouverture de l'exposition
lyonnaise, ce Guide est certainement appelé à beaucoup de succès.
Plus complet, et, comme nous venons de le dire, plus récent que tous
ses devanciers, il l'emporte aussi de beaucoup sur eux par la variété,
l'exactitude et le grand nombre des renseignements qu'il contient.
Ce n'est pas une sèche nomenclature ; ce n'est pas un de ces indica-
teursqui ont toute l’aridité d'un dictionnaire ; c’est une sorte de pano¬
rama très-vif et très-piquant, dans lequel on voit, pour ainsi dire, dé¬
filer tout ce que Lyon a de remarquable et de curieux.
Pour notre part, nous l’avons parcouru avec autant de plaisir qu’un
roman.
Nous ajouterons que, comme exécution typographique, c'est un vrai
petit bijou.
(Pour ces deux ouvrages , d'après la Semaine catholique de Lyon.)
LA VIE FUTURE, par le R. P.Lescœur, de l’Oratoire. 1 vol. in-18 jésu*
(elzévir). — Prix : 2 fr. 50.
La France a été le théâtre d’événements bién terribles. Où doit-on
en chercher la cause? Les esprits superficiels croient la trouver dans la
nombre et dans la qualité des armes, dans l’état des préparatifs, etc.
Sans doute ce9 éléments ont eu une influence sur les effets produits;
mais ces causes accidentelles ont elles-mêmes une cause principale : la
manque de foi aux grandes vérités religieuses, et en particulier à l'exis¬
tence de l’âme, à sa. destinée immortelle dans la vie future.
Aussi remercions-nous le R. P. Lescœur de la bonne pensée qu'il a
eue de faire des conférences sur une vérité aussi fondamentale.
Comme le dit l'auteur, la vérité sur lame et la vie future se trouve:
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— 24* —
aujourd'hui en présence de trois contradiction^ ou plutôt de trois
grandes négations :
1° la négation rationaliste, qui se présente au nom de la science et
d& ses progrès,, et qui repousse, comme suranné, le dogme chrétien dé
kk vie future, avec ses récompensée et 9es peines étemelles ;
2° La négation superstitieuse, qui s’attache au dogme de l'Église,
moins pour le. contredire que pour le travestir. A oe système appar¬
tiennent ceux qui évoquent les esprits par dos tables eu par d’autres
moyens futiles ;
3° La négation brutale, celle qui ne raisonne pas, ne disserte pas,
mais se traduit par les actes le9 plus barbares.
Quel motif peut avoir celui qui est persuadé que tout* finit avec lia vie,
que son ventre est le seul Dieu à servir? N'a-t-il pas raison de cher-
cher les jouissances matérielles avant tout, et de briser, s'il lé peut, Tes
obstacles qui s'opposent à ce qu’il regarde comme sa fin suprême ! Si
tout finit avec la vie, pourquoi ne prendrais-je pas la fortune de mon
voisin avec tous les agréments qu'elle procure? N ayant que les gen¬
darmes à "redouter, je dois chercher à les mettre de mon côté, ce qui
arrivera infailliblement quand les hommes qui pensent comme mai
seront devenus les plus nombreux., U est évident que la croyaaee & la
vie future est une des conditions indispensables de la sécurité et de la
prospérité del'ordre sociaL Sans elle il' ne peut y avoir que ruine et
anarchie.
Après avoir exposé les trois erreurs dont nous avons parlé, le
R. P. Lescœur expose le dogme chrétien de la manière la plus exacte
et la plus intéressante.
La cinquième conférence traite de la mort éternelle, c’est-à-dire de
l’enfer. La sixième parle de la résurrection. Les deux dernières ont
pour objet le üen de l immortalité et la vie éternelle.
La: livre du R. F. Lescœur est un livre destiné à faire beaucoup* ët
bien à ceux qui le liront. Malheureusement les ouvrages de cette caté¬
gorie ne sont pasrecherchéspar ceux qui auraient le plus besoin de les
lire et de les. méditer. (D'après la Francs Nouvelle.}
HISTOIRE ANECDOTIQUE DE L'ARMÉE DU RHIN, par un officier
de cavalerie. 1 vol. în-12. — Prix : 1 fr. 50.
A oôté des études stmtégiques déjà nombreuses sur h guerre avec la
Prusse, il y a place pour les récits anecdotiques sur oette campagne.
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, Parmi ces récits, d’autant plus intéressants qu’ils affectent moins de
prétention, nous citerons Y Histoire anecdotique de l’armèe du Rhin . Ce
«ont des lettres qu’un officier de cavalerie avait écrites pour sa mère,
cet officier a été tué dans une des dernières affaires,et ses lettres, tom¬
bées entre les mains d’un de ses camarades, n’ont pu être remises à sa
mère qui était morte pendant le siège de Paris.
_ Ecrites au jour le jour ces lettres offrent de l’intérêt. L’officier raconte
pe qu’il a vu, ce qu’il a éprouvé, et son récit a un ton de bonne foi qui
convaincra le lecteur.
Quelquefois, surtout aux approches de la capitulation, il sort du ter¬
rain anecdotique pour apprécier les événements et juger le maréchal
Bazaine. Ici il ne nous paraît pas aussi bien inspiré, et nous n’accepte¬
rions pas tous ses jugements, explicables du reste èhez l'officier qui voit
Avec désespoir arriver le moment où il faudra se rendre.
; Cette petite réserve faite, nous ne pouvons que recommander cette
Histoire anecdotique , où se reflètent les sentiments d'une grande partie
de l’armée du Rhin. (D après la Revue du monde catholique .)
ORIGINES DE LA FOI CHRÉTIENNE DANS LES* GAULES, spé¬
cialement dans le diocèse d'Amiens, par M. l'abbé J. Corblet. I toi. in-8*
f de 100 pages. — Prit : 2 fr.
Observations critiques a mm. bourassé et cheval*
LIER sur la légende de saint Austremoine el les origines chrétiennes de la
Gaule, par M. l'abbé Arbbllot. 1 vol. in-8° de 48 pages. — Prix : 1 fr.
LES ORIGINES DE L'EGLISE DE TOURS, d'après l’histoire, avec une
étude générale sur l'évangélisation des Gaules et de nombreuses pièces justifi¬
catives, par II. l'abbé C. Chevallier. 1 vol. in-8° de xu-634 pages.—Prix: lOfr.
i
Le but spécial de M. l’abbé Corblet est d’arriver à fixer la date du
martyre de saint Frimin, premier apôtre de l’Église d’Amiens. Il fait re¬
marquer que jusqu’au xvii 0 siècle la tradition de l’évangélisation de la
Gaule au I er siècle n’avait pas été contestée. Aux objections des
réformateurs des bréviaires, et des modernes qui soutiennent la même
thèse, M. l’abbé Corblet oppose des preuves directes et indirectes, dont
l’ensemble est sans réplique. Il ne se contente pas d’établir solidement
sa thèse ; maître de son terrain, il va droit à ses adversaires et les dé-
8 arme.
Sulpice-Sévère et Grégoire de Tours sont lucidement expliqués ou
réfutés. Les objections tirées de l’état social de l’empire romain, celles
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— 249 —
qui font valoir les difficultés pour les missionnaires du i er siècle de parler
la langue celtique, l'absence d'inscriptions çhrétiennes sur nos marbres
funéraires du I er siècfe,etc., toutes ces raisons, plus spécieuses que fon¬
dées, sont serrées de près et détruites par une science nerveuse et concise.
1 Dans son cadre restreint l'opuscule de M. l’abbé Arbellot touche à la
plupart des points de la controverse et les éclaire. 11 vient entourer de
nouvelles preuves l'authenticité de la légende de saint Priest, évêque de
Clermont mort en 674, relative à la passion de saint Austremoine*
évêque de Clermont. L'auteur, remontant aux sources, répond victorieu¬
sement à toutes les contestations au sujet de cette légende, et il se
trouve amené par sa polémique à discuter les origines chrétiennes de
la Gaule. Il réfute l'assertion de MM. Bourassé et Chevallier d'après
laquelle le mouvement légendaire relatif à l’apostolicité de notre Église
aurait pour cause les fausses décrétales qui parurent vers l'an 800.
L’ouvrage de M. Chevallier est divisé en trois part es :
* Dans la première figurent, après une préface et un coup d’œil sur
l’évangélisation des Gaules, la physionomie historique et morale de
Grégoire de Tours, les événements religieux du règne de Dèce, le chro¬
nologie de Grégoire de Tours et ses sources, la mission des sept
évêques dont il parle, le catalogue authentique des évêques de Tours
prédécesseurs de saint Grégoire.
La deuxième partie est consacrée aux origines de l’Église de Tours
d'après la tradition historique, où sont énumérés les témoignages de la
tradition locale du vu® au x c siècle et les témoignages étrangers que
produisent la tradition et la critique historique du xi°au xix e siècle.
Enfin la troisième partie, toute de réfutation, pose d’abord les principes
de critique applicables aux légendes, puis s'élève contre l’esprit lé¬
gendaire, spécialement contre la légende de saint Gatien, dont elle ex¬
plore les sources et qu’elle juge au point de vue liturgique. Viennent
ensuite, après une conclusion générale contre l’opinion de l’apostolicité
de nos Églises, vingt pièces justificatives.
, Le livre de M. l'abbé Chevallier atteste de consciencieuses études et
une science véritable, mais son opinion peut être combattue et réfutée
avec succès.
NOUVELLES, par M« Vknbt. 1 beau volume in-12 de 400 pages. —
^ •» Prix : 3 fr.
•i Ces Nouvelles sont au nombre de quatre : les Gants de la Mendiante ,
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— 250 —
— Y Orme de Domptin, — le Crucifix du Dortoir ti — une Ame du Pur¬
gatoire*
Dans les Gants de la Mendiante , l’auteur mène de front deux chose*,
une histoire très-touchante, parsemée de scènes tantôt pittoresque*,
tantôt fortement dramatiques, et une étude chrétienne du. plus haut
intérêt sur la puissance particulière des pauvres.
L'Orme de Domptin est ce quon appelle une gaieté, mais une gaieté
fine et brillante, qui met aux prises la foi catholique, et les gros^
sièretés du monde nouveau dans un milieu campagnard; et toujours»
chemin faisant, la scène théâtrale, les aperçus originaux, Üesprit à
pleines mains.
Le Crucifix du Dortoir est, dans une étroite limite, tout le roman de
la vie d'un homme devenu chrétien tardivement, et qui se rappelle ses
fautes de jeunesse, qui en constate les effets et qui s'efforce de les ré*
parer. Point de ces conceptions de fantaisie qui promènent le lecteur
dans Les chemins mauvais de l'improbable ou de l’impossible; le réel,
le vrai poétisés au moyen d’une foule de petites choses charmantes qui
montent dans la grandeur par le seul concours de la législation provi¬
dentielle et qui n’aboutissent pas moins à des conclusions d’une saisis¬
sante énergie. La presse de la province a reproduit abondamment cette
nouvelle, comme aussi les autres, d'ailleurs.
Enfin une Ame du Purgatoire, c'est à la fois l'histoire d'une pieuse
servante et une manière d’étude sur les miracles. M» Venet semble
vouloir démontrer que la plupart des miracles ont leur développement
logique, correct, quoique inaperçu, et il en a pris un qui circulait à l'état
légendaire, pour en fixer le germe, l'arroser, le développer;, le mûrira
le cueillir. De cette étude curieusement dramatisée il résulterait que las
miracles nous enveloppent sans que nous nous en doutions», et que s’ils
ne mûrissent pas tous, c’est que la ferveur chrétienne nous manqua
pour les féconder, Après réflexion, on s’étonne que l’auteur ait pu atr
teindre sans la moindre apparence d’efforts deux buts si différents : ré¬
créer le lecteur par une historiette où fourmillent les détails plaisants,
et lui faire pressentir une vérité des plus fortes et des plus précieuses.
Nous venons d’indiquer rapidement les mérites divers de ce livre de
Nouvelles. Il peutjy avoir à critiquer comme partout; mais on se trouve
si agréablement conquis par la. lecture, que la critique a négligé-an
tâche à son propre insu. Et puis on sent si bien que l’homme qui a écrit
cela échappe à la critique à force de bonhomie chrétienne.
Nous estimons que les Nouvelles de M. Venet ne sauraient 1 entrer
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— Ml —
dans une; famillfe honnête et intelligente sans y obtenir un accueil amical,
sans y produire, les fruits les meilleurs, sans y demeurer même, comme
uir deces livresqu&l’on lit, quel'onrelit et qui deviennent l’hôte aimé
de la. maison. ( D’après la France nomalle. )
LE DÉSERT DE GLACES. Aventures du capitaine Hatteras, parM. Iules
Verne 1 vol. in-{2 de 318 pages, 8 e édition. — Prix : 3 fr.
On connaît le genre des ouvrages de M. Jules Verne : ce sont des
récits d’aventures imaginaires, reposant sur un fondement réel; c’est-
à-dire que si l'on pouvait se trouver dans les circonstances inventées
par l’auteur, les choses, d'après les données de la science, devraient se
passer de cette façon.
Le capitaine Hatteras avait conçu le hardi projet de s’élever jusqu'au
nord et de réserver à l’Angleterre, sa patrie, la gloire de découvrir le
pôle boréal du monde. La trahison, ou plutôt le découragement dé son
équipage usé par le» épreuves, la folie criminelle de quelques meneurs
le laissent dans une épouvantable situation. Des dix-huit hommes em¬
barqués à bord du Forward , il en reste quatre, abandonnés sans res¬
sources, sans navire, à plus de 2,500 milles de leur pays. L’explosion
du brick leur a enlevé les derniers moyens d'existence.
Enfin, après avoir suivi toutes les péripéties de leur séjour dans la
- désert de glace », nous voyons le capitaine Hatteras planter au pôle
même — sur un volcan — le drapeau de son pays. Mais c'est dans un
accès de sublime folie qu’il a ainsi réalisé, à la lettre le projet qui était
son idée fixe, et la raison ne lui reviendra jamais.
Ce récit, dramatique et attachant, est en même temps fort instructif.
De nobles caractères y sont retracés, et plusieurs témoignages sont
rendus à la divine Providence.
( D’après le Bulletin des publications populaires.)
MES HÉRITAGES, par Zénaïde Fleuriot. 1 vol. in-12. — Prix ; % fr.
Sous forme de mémoire, une jeune fille raconte dé la manière la plu»
1 ntéressante les divers événements de sa jeunesse. Elevée dan» de»
sentiments religieux qui lui aident A lutter contre les peines de la vie,
privée de sa mère, presque à sa naissance, elle reçoit d’abord les soin»
dtane belle-mère qui la délaissent la rebute dès qu’elle a eHe-même des*
enfants. Touché de sa triste position, un cousin, demeuré vieux garçon,
la-prend chez lui et la rend assez heureuse, mais il meurt sans lui léis-
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— 252 —
ser sa fortune comme il l'avait promis. Elle revient dans sa famille,
pauvre, mais formée à la piété par une vertueuse paysanne dont elle
avait fait son amie pendant qu elle était chez son cousin; enfin elle
entre chez une vieille tante infirme et paralysée qui ne lui laisse
non plus, après sa mort, qu'un héritage insignifiant et hors d’état de
la mettre à l’abri du besoin. Le récit se termine d’une manière assez
incomplète et qui fait supposer qu’il aura une continuation dans un
autre ouvrage. Divisé en trois parties, ce livre contient des scènes du
monde bien décrites, et des détails d’intérieur de famille bien racontés.
Il laisse son héroïne à vingt ans, ayant touché c.u néant des choses hu¬
maines, connu les déceptions, éprouvé bien des vicissitudes et merveil¬
leusement préparée aux luttes de la vie. Il plaira, nous n’en doutons
pas, à tous les lecteurs.
DU ZÈLE DE LA PERFECTION RELIGIEUSE, par le P. Batma, traduit
du latin parle P. Ouvaint, de la Compagnie de Jésus. Paris. 1 vol. in-18,
1872. —Prix : 80 c.
On se plaint quelquefois, non sans raison, du peu de nerf et de doc¬
trine des livres de piété qui se publient aujourd'hui. En voici un toute-
fois auquel il serait injuste d’adresser un semblable reproche; c’est
l’œuvre d’un religieux de la compagnie de Jésus. L’auteur, comme il
prend soin de nous en avertir, n’avait pas d’abord la pensée d’être utile
à d’autres qu’à lui-même; nous lui savons gré de ne s’être pas laissé
vaincre par son humilité et d’avoir mis au jour ses pensées et ses ré¬
flexions pieuses. Cet opuscule est destiné principalement aux personnes
qui embrassent la vie religieuse; néanmoins toutes les âmes chrétiennes
le liront avec fruit.
Le Zèle de la perfection religieuse comprend trois parties principales :
les encouragements, les secours nécessaires à la vertu et la pratique de
la vertu elle-même : telle est bien la marche que doit suivre le chrétien
lorsqu’il entre dans la voie des conseils évangéliques. De là ce petit
traité est divisé en trois livres qui répondent à chacune des parties prin¬
cipales que nous venons d’énumérer. Sa doctrine est celle des grands
maîtres de la vie spirituelle ; c’est assez dire qu’elle est aussi sûre que
profonde, aussi éclairée que solide; la forme en est simple et sans art;
l’auteur a suivi dans la distribution de son livre le cadre de Y Imitation
de Jésus-Christ, ce livre d’or, comme il l’appelle si bien lui-même.
Qu’on nous permette de recommander à l’attention du lecteur le cha-
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— 253
pitre intitulé : Des études utiles. On y verra la nécessité, pour le reli¬
gieux, pour le prêtre, d’unir dans une alliance indissoluble la raison et
la foi, la science et la sainteté. Cette lecture nous remettait en mémoire
un mot du cardinal du Perron au sujet de S. François de Sales. Quand
on proposait à l’illustre controversiste de lui amener des.calvinistes à
combattre, il ne manquait jamais de répondre : « S’il ne s’agit que de les
convaincre, je crois posséder assez de savoir pour cela; mais s’il est
question de tes convertir, conduisez-Ies à monsieur de Genève, quia
reçu de Dieu ce talent. «Voilà bien le véritable secret pour rendre
l’apostolat fécond et utile : il faut unir la science du célèbre cardinal à
la douceur, à la sainteté de François de Sales. Ce talent de convertir les
âmes, le prêtre doit lé demander à Dieu ; il doit chercher à l’acquérir
par un travail de tous les jours et par une vie sainte; car, pour em¬
prunter le langage de l’auteur, « les œuvres parlent plus éloquemment
que les lèvres; mais quand les hommes voient faire quelque chose, ils
croient pouvoir le faire; mais qu’ils en entendent seulement parler, fût-ce
même avec les plus bruyants éloges, ils ne se pressent pas tant d'agir. «
Ajoutons enfin une dernière remarque qui ne saurait manquer de
toucher les âmes chrétiennes : ce petit livre a été traduit du latin par le
R, P. Olivaint, victime des fureurs delà Commune révolutionnaire.
N’est-ce point là une dernière et éloquente recommandation? Ne serait-
ce pas dans la lecture et la méditation fréquente des vérités d’un ordre
si élevé que le saint religieux a trouvé la force de rendre à la vérité le
témoignage le plus précieux et le plus fécond, le témoignage du sang?
Aussi espéronsmous que cet opuscule, qui en est déjà à sa quatrième
édition, se répandra de plus en plus et fera germer les grandes et mâles
vertus si nécessaires à notre temps.
(Pour les deux derniers ouvrages , d'après la Semaine catholique
de Lyon.)
L’ABBÉ DE BEAUMONT, premier gardien du tombeau de saint Martin. —
Notice biographique . par le R. P. de THermitb, Oblat de Marie Immaculée;
Se vend au profit de l’œuvre de Saint-Martin.
Sous ce titre, le R. P. de l’Hermite, provincial des Oblats de Marie Imma¬
culée, vient de publier une pieuse et intéressante notice biographique sur
M. l’abbé de Beaumont, premier gardien du tombeau de saint Martin, décédé le
29 août 1867.
On pourrait intituler ce petit opuscule Yhistoire d'une âme. En effet, le
R. P. n’avait point à nous raconter des faits saillants et importants : la vie du
vieux chapelain de Saint-Martin n’est point sortie extérieurement des voies
communes et ordinaires. Il a d’ailleurs toujours apporté lui-même un grand
soin à fuir tout ce qui aurait pu lui donner de l’éclat ou le mettre en relief.
Aussi le biographe a surtout puisé dans les correspondances et les cahiers du
modeste abbé la matière la plus importante et la plus touchante de son travail.
"TMgïïîze
C’est là vérH&blanent le miroir d'>ane âme : dans l'épanchement intime de »
famille, le ooeur^e montre tel qu'il est, il ne cherche point à se déguiser ou à
se surfaire.
Quand l'abbé de Beaumont traçait sur le papier, an séminaire de Saint-
Sulpice ou pendant ses retraites, ses sentiments, ses résolutions, ses craintes
et ses espérances, il ne pensait pas qu’un jour les secrets de sa conscience
seraient dévoilés, et seul, en présence de Dieu, il n'éprouvait aucun désir ni
aucun besoin de se mentir à lui-même. On le voit, dès son petit séminaire,
préoccupé de la grandeur de sa vocation, et Ton sent une âme décidée à s’en
rendre digne par un grand amour du devoir et one grande fidélité. Sa vie en¬
tière ne dément point ses espérances, il fut toujours le même ; modeste, ai¬
mable, discret, aimant la maison de Dieu, les pauvres, le travail et la prière.
Le R. P. de l’Herihtte nous le montre toujours le même à Sainte-Maure, à
Saint Julien et au tombeau de Saint-Martin.
Nous croyons qu'on ne pouvait mieux faire revivre la douce physionomie du
bon abbé, qu'il était difficile de connaître sans se sentir en même temps porté à
Humer. Le P. de l'Hermite ne l’a point connu ; mais il a été admirablement
servi par ses amis et ses anciens élèves, et ceux-ci, à leur tour, trouveront
que la plume élégante de Pécriv&in ti*a point trahi leur affection.
Mgr Y archevêque de Tours et Mgr l’archevêque de Paris ont adressé à l'au¬
teur leurs félicitations, et nous ne saurions mieux faire que de les mettre sous
les yeux de nos lecteurs.
« Tours, 29 juin 1872.
v Mon révérend Père,
La mémoire du juste ue périra pas.
* Vous avez procuré l'accomplissement de cet oracle an publiant la biogra¬
phie de M. Albert de Beaumont. Les lecteurs de votre notice, que j'allais ap¬
peler hagiographique, qui n’ont pas eu lebonbeur de connaître ce jeune prêtre,
enlevé trop tôt à l'amour desa noble et chrétienne famille, à l'œuvre de Saint-
Martin et a l’édification du diocèse, comprendront les regrets profonds qu'il jl
laissés dans tous les cœurs. Ceux qui l'ont connu et aimé ie verront avec con¬
solation revivre dans vos simples et belles pages comme modèle de l'écolier
vertueux, du pieux séminariste et du prêtre digne de sa sainte vocation.
« A Y imprimatur que vous me demandez modestement, mon cher Père, j'a¬
joute mon approbation pour l'oeuvre, avec ^expression dé mes remerdmeuts
et de mes affectueux hommages pour l’auteur, f Félix, archev. de Tours. »
« Mon cher Père, * Paris, le 21 mai 1872.
« Je viens de recevoir, et j’en suis heureux, les épreuves de la notice que je
vous avais prié d'écrire sur la vie de l’abbé de Beaumont. Le souvenir de ce
jeune prêtre, trop tôt ravi à l’Église et à l'œuvre de zèle que je lui avais confiée,
ne doit jamais être oublié parmi le clergé delà Touraine.
« Malgré sa jeunesse, je l'avais cru digne et capable de seconder le mouve¬
ment religieux qui s'est produit autour du tomboauretrouvé de saint Martin.
U avait parfaitement répondu à mon dessein. Dieu se plaisait à bénir les effort»
de ce jeune chapelain, modeste et pieux comme saint Louis de Gonzague, t^est
de sa main que vous avez reçu la direction du sanctuaire de Saint-Martin, et
vots avez pu juger quels progrès (a dévotion avait faitSi en peu de temps sous
cette douce et sainte nnpuision.
« La perte de ce prêtre, que Dieu a appelé à lui dès les pnemiens jours oe
son sacerdoce, me causa la plus vive peine, car je l'aimais comme xm fils. Mon
chagrin ne fut un peu adouci que par la promesse que vous voulûtes bien me
feire alors de remplacer, avec quelques-uns de vos Pères, l'excellant prêt»
que la mort m’enlevait, et de continuer l’œuvre commencée pariuiproe du
tombeau de notre grand Saint.
« Agréez, mon cher Pire, avec mes remerdraemfes, l'assurance de sen¬
timents les plus'affectueux.
\ Semaine de 7hurs. ) % ^ Jr-fiHVOLVTE, archevêque d&fiaris.»
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ock; e
BULLETIN SOMMAIRE
DES
PUBLICATIONS RÉCENTES
X’énumération que nous faisons ici des ouvrages parus dans le mois n'emporte
nullement de notre part recommandation de ces ouvrages ; c’est une simple énu¬
mération bibliographique pour ceux de nos keteursqui veulent se tenir au courant
de œ qui parait.
ÂLLBMAGftB Et LA QUESTION d’Italib
(P), lettres adressées à M. Weiss. 1 vol.
iüM$o # Prix s 2 fr.
Application de la gîtologue a
L iAURlcuLTU&s, par Ju Burat, professeur
à4!éools oentrala. Se vend relié. 1 fr. 50
•lÀJBKXS MT LB6 OUTILS PRÉHISTORIQUES
emuonStoIUés (les), par le vioomte Lepic;
gland in— 4* ds <24 planches à eaux-fortes
avsoitexte explicatif. Prix : 12 fr. (
! Belfort -et les bataillons mobiles |
hs La Hautb*Saone, par J.-A. Rild. <
1 VOL in- IH. Pua : 3 fr. 40 1
Bombardement et la fortification |
moderne (la)» par Piroq, capitaine de
génie. 1 vol.<in-8<> accompagné de 7 plan¬
ches. Prix : 8 ir.
Chemin de la vérité (le), par le comte
de Champagny, de l’Académie française.
1 vol. in-12 de 400 pages. Prix ; 2 fr. 50
•Corse Lokbncez devant Puébla (le),'
retraite des cinq mille ,(5 mai 1862). 1 vol.
in-4K JPrix : 1 fr. 50
De Chois en chute, lettres d'an pas¬
sant, par Arthur de Boissieu. 1 vol. in-12
de â^pages. Prix : 3 fr.
Ds XtA RÉVOLUTION BT HB LA RSfl-
XAUBATION DBS VRAIS PRINCIPES SOCIAUX
à l’époque Actuelle, par l’abbé Auguste
Onolair. 2 vol. in-8° d’ensemble 1258
pages. Prix : 14 fr.
DlALOOÜES DES VIVANTS ET DES MORTS,
par Edmond Biré, préface par M. Armand
de Pontmartin. 1vol. in-12 de 344 pages.
Prix : 3 fr. 50
Dictionnaire de la langue française,
par E. Littré, de l'Institut. 28 e livraison
(Tendre-Trésor), Prix : 3 fr. 50
DlCTIONNAUm UNIVE RSEL D’ÉDUCATION
bt d’bnsbignement. 1 vol. in-8° à deux
eolonnes de.l373jpages. Prix : 24 fr.,
Documents relatifs au siège db
Strasbourg publiés par le général Uhrioh.
1 vol. grand in-8° avec une carte. 5 fr.
Cardinal de Retz (le), son génie et Bes
écrits, par M. Marins lopin. 1 vol. in-12
d© 106 pages. Prix : 1 fr. 26
Du natal au Zambèbb 1854-Î866, ré¬
cits de chasse pur W. B. Balèrin; traduits
par Mme Henriette Loreau. 1 vol. in-12 de
312 pages contenant une carte. 1 fr. 26
Du pain, des 'différents modes : et sys¬
tèmes employé» pour sa fabrication, parie
major Ckmtxy. 1 voL in~4 avec deux
planches. Prix : 3 fr.
Du privilège du PROPRIÉTAIRE, com¬
mentaire de la loi du W février 1872, par
Ernest Génevois. 1 vol. itn8. Prix: 3 fr.
Education sblon l’esprit du chrïb-
Tïahwme (1’), ptrr l’auteur des Méditations
d'outre-tombt. 1 vol. in-12 de 240 pages»
Prix : 1 fr. 60
FUfECtTRSMUR RT DOT2ATBUB.-DB
l*bspbtt moderne, étude suxua vie etson
œuvre,par H. Durand deLaur,uncian pra-
fesseur au lycée d» Versailles. 2*>rtsnroL
in-8. Prix : 15 fr.
Espagne contemporaine (P), jmmial
d’un voyageur, par Louis Teste, -1 vd.
in-18. Prix * 8 80
Etudes sur la question des peines,
oar E. Michaux, sous-directeur des colonies.
1vol. in-8. Prix : 8 fr.
'. Etudes stratégiques sur le théâtre
>E LA OUERRB ENTRE PARIS BT BERLIN,
>ar M. Fervel, colonel du génie. 1 voL In-8
>y eo grand nombre de gravures dansli
ex te. Prixî6fr.
Etudes sur les facultés mentales des
rnimaux comparées à celles de l’homme,
ar J. C. Houzeau, membre de l’Aoadémie
— 1256 —
de Belgique. 2 vol. in-8. Prix : 12 fr.
Foi vengée ffc), ou explication popu¬
laire de la Genèse selon la science et selon
Moïse, par J. M. Orin. 1 vol. in-8 de 268
pages. Prix : 3 fr.
Fortification a fossés secs (la), par
le colonel Brialmont. 2 vol. grand in-8
avec atlas grand in-folio. Prix : 45 fr.
Henriette, étude de mœurs, par M.
Henri de Croisy. 1 vol. in-12 de 356 pages*
Prix : 2 fr.
Incident diplomatique (un), par M. de
Catacary, ancien ministre de Russie aux
États-Unis. Grand in-8 # . Prix : 3 fr.
JoÛRNAL D’UNE MÈRE PENDANT LE SIÈGE
de Paris, par l’auteur de Rousou. 1 vol.
in-12. Prix : 3 fr.
Journal d’un aumônier infirmier au
Corps de Cathelimbau, par M. l’abbé
Prétot, chevalier de la Légion d’honneur.
1 vol. in-12 de 350 pages. Prix : 3 fr.
Journal d’un capitaine de francs-
tireurs, par le comte de Belleval. 1 vol.
in-18. Prix : 3 fr.
Littérature française des origines
AU XVII* 82ÈLE (la), par M. Paul Albert
maître de conférences à l’Écple normale pu!
périettre. 1 volume in-12 de 432 pages.
Prix : 4 fr.
. Loi sur le recrutement de l’armée,
annotée et expliquée, mise à la portée des
gens du monde, in-32. Prix : 0 fr. 50.
Manuel des conseils de fabrique,
par un vicaire général de Langres. 1 vol.
grand in-8° de 224 pages. Prix : 7 fr.
. Métaux (les); mines, mineurs et indus¬
tries métallurgiques, par Êmilè With, in¬
génieur civjl. 1 vol. grand in-8® raisin,
papier vélin, illustré de 167 gravures.
Prix: 10 fr.
Monsieur de Bérulle et les carmé¬
lites de France 1575-1611, par M. l’abbé
M. Houssaye, prêtre du clergé de Paris. 1
fort vol. in-8° enrichi de 2 gravures en taille
douce. Prix : 6 fr.
Paris et Province, deux histoires de
notre temps, par Hip. Audeval. 1 vol. in-
12. Prix ï 3 fr.
Plantes médicinales et usuelles de
nos CHAMPS (les), jardins et forêts; des¬
criptions et usages des plantes comestibles,
suspectes et vénéneuses, par H. Rodin,
membre de la Société botanique de France.
1 vol. de 450 pages avec 117 figures. Relié.
Prix : 3 fr. 60
Politique prussienne et le catho¬
licisme en Allemagne (la), considéra¬
tions sur la dernière guerre franco-allemande
par un catholique allemand, traduit de
l’allemand par un catholique annexé. 1 vol.
in*8°. Prix : 3 fr.
Récit d’HENRi aux jeunes genb, par
Henri de Croisy. 1vol. in-12, de 228 pages.
Prix : 2 fr.
Représailles du sens commun (les),
I par Xavier Aubryet.Volumein-12.3 fr. 50.
Roman intime (le), étude d’âme, par
M. de Croisy. Prix : 2 fr.
Rome souterraine, résumé des décou¬
vertes de M. de Rossi dans les catacombes
romaines ; trad. de l’anglais de MM. North-
oote et Brownlow, par P. Allard, avec
une préface de M. de Rossi. 1 beau vol.
in-8® illustré de 20 chromolithographies,
de vignettes, etc. Prix: 28 fr.
Siège »de farts (le), retraite des Alle¬
mands, souvenirs d’un contemporain ; \ jol,
roi. in-18. Prix : 2 fr.
Souvenirs de l’école Sainte -Gene¬
viève; notice sur les élèves tués à l’ennemi,
par le R. P. Chauveau. 1* partie, 1 vol.
in-12. Prix .: 3 fr. 50
Souvenir et portraits, tome nï et
dernier, par A.- de Lamartine. 1 vol.
m-12. Prix : 3 fr. 50
Traité de Topographie et de Recon¬
naissance militaires, par E. Bertrand,Da- 1
pitainê du génie. 1 vol. in-8°avec grand nom¬
bres de gravures dans le texte. Prix : 8 fr.
Traitement pratique des vtns spiri¬
tueux, liqueurs d’exportation, par Boireau.
1 vol. in-8® avec planches. Prix : 6 fr.
Voix deI’Alsace (la), par Emile Wend-
ling. 1 vol. in-8. Prix : 1 fr. 50
Volontaires du génie dans I’Est (les),
par Jules Garnier. 1 vol. in-12 avec cartes.
Prix : 4 fr.
Waterloo, étude sur la campagne de
1815, par le lieutenant oolonel Chesney.
1 fort vol. in-8 avec cartes. Prix ï 7 fr. 60
Le Gérant, F. WATTEL1ER.
__ I
PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE CLERB ET O 1 ®, RUE CASSETTE, 29.
Tome TU. — IV. ».
Septembre 1871.
REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
A NOS AGRÉGÉS.
Au moment où nous allons rédiger et faire imprimer notre
nouveau catalogue, nous engageons ceux de nos agrégés qui ont
publié des ouvrages sur lesquels ils ont gardé leurs droits, à nous
adresser sans retard, à titre de dépôt, quelques exemplaires de
ces ouvrages, avec les conditions de faveur qu’ils peuvent faire
pour notre œuvre. Nous les prions de nous adresser aussi une
note très-courte, expliquant suffisamment le but et le plan de
leurs ouvrages, afin de nous guider pour la rédaction prompte
de cette partie de notre catalogue : on comprend que le temps
nous manquerait pour faire lire et analyser chacun de ces nom¬
breux volumes. Nous sommes heureux de penser que nous pour¬
rons ainsi contribuer à faire connaître et à répandre d’excellents
livres, auxquels il ne manque que la publicité pour en assurer le
succès. Pour les ouvrages sérieux et de longue haleine, une fois
les lecteurs d’élite pourvus, nous savons fort bien que l’on ne
doit plus espérer qu’un placement limité ; mais cela suffit pour
écouler une édition et ménager à l’auteur les moyens d’en pré¬
parer une nouvelle, quand il y a lieu. Ce qui est certain c est que,
de toutes les œuvres qui tendent à propager les bons livres, la
nôtre est celle qui l’emporte de beaucoup par le chiffre de ses
affaires. Le concours persévérant et affectueux de nos agrégés
pourra encore développer le bien qui s’est fait jusqu’ici. Une
observation attentive de la marche des bonnes publications
démontre évidemment que ce n’est pas la production des bons
livres qui manque, mais la facilité et la promptitude de l’écoule¬
ment de ces ouvrages ; c’est donc à cela que doivent tendre prin¬
cipalement nos efforts.
T. TU.
17
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PREMIÈRE PARTIE
OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOU8 AVONB ACCEPTÉ
LA PROPAGATION SPÉCIALE.
LA SOUVERAINETÉ NATIONALE, par M. Léon Glas. 1 vol. in-12
de 150 pages.—Prix: 1 fr. ; pour nos agrégés : 60cent.
Nous reproduirons d abord Y Avertissement piquant placé en tête de
cet opuscule; la modestie de l'auteur inspire confiance dans le mérite
de l’ouvrage qu’il nous présente :
« Je ne suis pas l’auteur de cette brochure, nous dit M. Léon Glas.
Je n’en suis que le rédacteur et l’éditeur.
« Toutes les pensées m'en ont été inspirées par un homme qui vit
dans la solitude la plus profonde et dont je ne dirai rien, à mon regret,
parce qu’il désire rester inconnu.
* « Je l’ai toujours trouvé prêt à répondre avec une complaisance
inépuisable à mes questions multipliées. Il m’a convaincu, et, croyant
que ces idées pouvaient faire du bien, je me suis décidé à les publier.
Je puis assurer qu’elles sont le fruit d’une méditation sérieuse, inspirée
par l’amour seul de la vérité et indépendante de tout e9prit de parti.
» Qu’il reçoive ici mes vifs remercîments, et que l’honneur, s’il y
en a, lui revienne. Je n’ai pas d’autre mérite que celui d’avoir rédigé
aussi bien que je l'ai pu. *
Nous remercierons, nous, M. Léon Glas d’avoir recueilli avec un
sein religieux ces bonnes et fortes pensées, et nous le féliciterons
devoir si bien réussi à les faire valoir par une rédaction vraiment
remarquable. On sent id un jugement vigoureux et une plume exercée :
ce livre ne parait pas de notre époque, il n’a lien de la phraséologie
que le journalisme a mise à la mode : ce sont des principes philosophi-
quement posés, parfaitement définis, et d’où l’on tire avec justesse des
conclusions qui satisfont l’esprit. Dans aucune des brochures modernes
nous n’avons vu cette grande question de la souveraineté nationale
aussi nettement discutée; Jes hommes même les plus entendus dans la
politique profiteront à cette lecture. L’ouvrage est profond, mais il
n’est pas obscur, tant s’en faut : c’est de la philosophie, mais de la phi¬
losophie française, claire et lumineuse; on saisit parfaitement la pensée
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de l’auteur, et de cette pensée jaillit une lumière qui porte la clarté
dans nos propres idées, généralement un peu confuses sur cette grave
matière : c’est la question du jour, tout le monde en parle, mais on
discute sans s’entendre; parce que, le plus souvent, tout en criant bien
haut son sentiment, au fond on ne se comprend pas trop soi-même.
Nous pensons que le meilleur moyen de persuader de lire ce livre,
c’est d’en faire connaître le contenu ; voici le titre des chapitres :
De la souveraineté nationale. I. De la souveraineté, sa nature et ses
deux sortes. II. Après Dieu les pères seuls sont souverains par eux-
mêmes. Conséquences qui en résultent. III. Dans toute société poli¬
tique, il intervient un contrat, exprès ou tacite, entre le gouvernement
et les gouvernés. IV. Dans ce contrat, il faut primitivement l’unartî-
mité de ceux qui contractent. V. Le peuple est-il souverain"? La majo¬
rité est le principe de la décision de ceux qui participent à la souve¬
raineté. VI. Origine de la souveraineté politique. VII. Le pouvoir
politique vient de Dieu. VIII. Constitutions et pouvoirs légitimes.
Dieu n’autorise que ce qui est légitime. IX. Tout gouvernement légi¬
time est de droit naturel et divin. X. Comment s’acquiert le pouvoir
légitime. XI. Les pères peuvent s'engager pour leurs enfants et ceux-ci
doivent respecter les engagements de leurs pères. XII. La révolte n'est
jamais permise. XIII. La révolution. Ce qu’elle est : ses procédés,
ses résultats. XIV. Le souverain légitime de la France et la révo¬
lution. XV. MM. de Broglie et Guizot et la révolution de 1830.
Il ne nou9 est pas permis d’entrer ici dans la discussion de ces
matières : qu’il nous suffise de dire que tout cela est traité de main de
maître, avec une science solide, une fermeté de jugement rare et une
.modération peut-être aussi rare de nos jours. C’est une œuvre émi¬
nemment sociale que de répandre de pareils cuivrages : nous le recom¬
mandons tout particulièrement à nos agrégés.
AUJOURD'HUI ET DEMAIN, poème pehit et écrit par Pierre Lebbur*^*
Prix : 20 francs.
La dernière exposition a permis de constater la décadence, ou plutôt
la mort de l’art à notre époque : le positivisme a tué l'inspiration, et
cela devait être ; sans idéal il n’y a point d’artistes possibles ; la place
est tout entière aux photographes ; le calque de la nature, l’imitation
minutieuse d’une nuance et d’un reflet, le pastiche de la jfonne et de la
couleur ; en un mot, tout ce qui peut amuser ou flatter les sens, voilà
la futile perfection qu'ambitionnent les artistes, et la seule qui soit de
mode aujourd'hui .
Mais comme, en dépit de tous les sophismes et de toutes les corrup¬
tions, « l'homme est une intelligence servie par des organes, « un peuple
ne peut vivre dans cette atmosphère de matérialisme brutal ; il périt
infailliblement s'il y reste plongé. Est-ce là notre triste destinée!
Faut-il désespérer de demain ?
Non ! vient nous dire, avec l’autorité du talent et la verve d’une
noble inspiration, un véritable artiste qui interprète lui-même, dans
des vers marqués au bon coin, l’œuvre magistrale que son pinceau a
créée sur la toile : aujourd'hui la honte et les ruines, demain le réveil
à la gloire et à la prospérité; aujourd’hui la tyrannie de l’erreur,
demain le règne de la vérité.
11 y a un an, au moment où les incendies allumés par la Commune
fumaient encore, nous avions vu le premier jet de cette belle compo¬
sition. L'artiste généreux a compris la valeur de l'inspiration qu’il
devait à son patriotisme et à sa foi : laissant de côté tous les travaux
qui lui étaient commandés, ne songeant qu’à servir Dieu et sa patrie,
il s’est livré entièrement à l’accomplissement de son œuvre, qui a gardé
le trait de l’inspiration, en acquérant le fini de l'exécution et la perfec¬
tion des détails.
Pour ce bon Français, pour ce vrai chrétien, le premier besoin,
comme le premier devoir, c’est de combattre pour le triomphe de la
vérité, hors de laquelle il n'y a ni repos, ni bonheur, pas plus pour les
peuples que pour les individus. Quand la force des circonstances ré¬
duit à déposer les armes et à subir la loi de l'ennemi victorieux,
avec le pinceau et la plume on peut encore combattre l’erreur qui lui a
ouvert la porte et livré la patrie.
Ces nobles sentiments trouvent. Dieu merci, de l'écho dans bien des
coeurs : M. Lebrun les a traduits d'une manière saisissante. A première
vue, son tableau frappe et émeut; les connaisseurs proclament la
noblesse de la composition, le cachet de l'inspiration, la beauté harmo¬
nieuse de l'ensemble, la savante disposition des détails; on a vu des
hommes de cœur, ignorant les théories de l'art, faire de cette toile un
éloge plus éloquent : en la contemplant, leurs yeux se sont remplis de
larmes.
Sur le premier plan, dominant toute la composition, le prince, debout
dans le majestueux costume qui rappelle tout ensemble S. Louis,
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— 261 —
Henri IV et Louis XVI, tient d’une main ferme le glorieux drapeau
de nos pères ; il exprime, par un geste noble et fier, les belles paroles
de son manifeste. A la ressemblance frappante des traits, que les pho¬
tographes ont popularisés, se joint ici ce qui manquera toujours à la
photographie : l'expression, le souflBe vital, ce quelque chose d'indéfinis¬
sable qui ajoute la peinture de l’âme au dessin des contours duTisage.
Aussi est-ce là le portrait le plus vrai; car, suivant la vulgaire mais
juste et profonde expression, c'est un portrait parlant.
Au-dessus du prince, plane l’archange victorieux, protecteur de la
France; il répand une lumière sereine sur la partie de la toile où
domine le représentant de l’ordre et de l'autorité. En façe, dans l’ombre,
apparaît l’ange du mal, aux ailes épaisses et sinistres ; son profil est le
type frappant du cynique écrivain insulteur de Jeanne d'Arc et plat
adulateur du Prussien ; son corps hideux vient enlacer de ses derniers
replis une mégère qui respire la haine et la cruauté, et dont la bouche,
grande ouverte, vomit vers le prince Poutrage et la menace ; sa main
serre avec frénésie un poignard et une torche allumée : c’est bien là le
type de la révolution.
Au bas du tableau, sur le bord d'un abîme béant et sans fond, la
France, prosternée dans la poussière, la face cachée entre ses bras,
trahit tout à la fois, par sa pose, son anéantissement passager et la
sève de vie qui coule encore dans ses veines : on attend qu’elle prête
l'oreille à la voix de l’Église, qui, vêtue de deuil, dépouillée de tous
ses ornements, s’incline vers cette fille bien-aimée pour l’engager à
lever les yeux vers le prince qui, seul, peut la relever et lui rendre son
antique splendeur.
Dans le fond du tableau se déroule le panorama de Paris, où l’on dis¬
tingue, préservées au milieu des flammes, les tours de Notre-Dame et
la gracieuse flèche de la Sainte-Chapelle*
Voilà, tout décoloré et nécessairement décousu, le plan de cette
grande et noble composition ; la parole ne la donne que par morceaux ;
l’œil l’embrasse d'un seul coup, et la vigueur, l’élévation de la pensée
s’empare de l'ame et la ravit. Après avoir savouré cette jouissance
d'une grande conception, qui nous entraîne en quelque sorte hors de
nous-mêmes, pour nous élever avec l'artiste à la hauteur où l’inspira¬
tion l’a transporté, si nous venons à analyser chaque partie de la com- .
position qui est sous nos yeux, et si nous descendons aux détails les
plus minutieux, nous reconnaissons encore avec bonheur ce cachet des
vrais artistes qui, amoureux de leur œuvre et riches d’idées, ne
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négligent aucun accessoire, mais profitent de tout pour mieux traduire
leurs pensées. Que l'auteur est loin d'imiter ce genre débraillé des pro¬
ducteurs à la commande, de ces faiseurs d’illustrations, qui jettent,
comme au hasard, des couleurs heurtées ou des coups de crayon in¬
formes, sur une esquisse incorrecte l Pauvres barbouilleurs, ils s'ima¬
ginent qu’on les tiendra pour capables de terminer une œuvre a la façon
des grands maîtres, parce qu’ils singent maladroitement les traits hardis
et rapides du premier jet d'une pensée ; comme le bachelier frais émoulu
qui se croirait émule da Racine, parce qu'il aurait griffonné, en prose
plus ou moins correcte, le canevas d'une tragédie !
M. Lebrun, qui ne ménage ni t le temps ni le travail, après avoir
bien mûri son sujet et arrêté les grandes lignes de l’ensemble, ne
néglige rien dans l'exécution des détails, et le moindre accessoire porte
avec lui une idée, comme dans les bons vers chaque mot ajoute à la ,
pensée. Regardez, par exemple, cette cravate blanche largement étoffée»
suivant la forme historique du costume royal ; vue dans l’ensemble, on
n’y aperçait qu’une heureuse proportion qui s’hannoniseavec la noblesse :
de toutes les draperies du vêtement; mais examinez de plus près, et
dans cette délicate broderie, au lieu d’une suite de points insignifiants,
vous découvrirez une série ravissante d’ingénieux emblèmes, de souve¬
nirs historiques, qui charmeront votre esprit enoore plus que vos yeux.
Comme il voulait faire de son œuvre un moyen de propagande pour
l’idée d'ordre et d’autorité, opposée aux saturnales révolutionnaires,
l’artiste a renoncé aux ressources du coloris et il a peint sa toile avec le
noir et le blanc seuls; de cette façon la photographie a reproduit par¬
faitement le tableau : nous n’avons rien vu de mieux réusëi que oette
photographie, qui mesure 90 centimètres de hauteur sur 60 de large*
fendant les longues veillées des jours d’hiver consacrés à l'exécu¬
tion de son œuvre, l’auteur, qui ne pouvait, en déposant ses pinceaux,
se eoutraire à l’idée qui le dominait tout entier, a senti le besoin de la
traduire d’une autre manière. Bien qu’il ne s’y fût jamais exercé, il
confia a la poésie les élans de son âme si chrétienne et si éminemment
patriotique. Son essai, soumis à l’un de nos plus élégants poètes, à
un éerivain plus noble encore de cœur que de nom, fut trouvé digne de
l’Hopcessioa, et conquit à l’auteur l’amitié de celui qu'il avait choisi
comme critique. H y a longtemps qu'on l’a dit, et avec vérité, mtcwlur
pacte.
Ici nous ne serons pas réduit, comme pour la peinture, à une froide
analyse; nous aimons mieux citer; nos lecteurs nous en remercieront,
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sans doute. Comme il y a dans ce petit poëme une grande unité d’idée,
aussi bien que dans la toile dont il développe la pensée, les strophes, que
nous choisissons çà et là, s'enchaînent assez pour que nous n’ayons pas
besoin de les couper par des transitions.
France! reprends courage et calme ta douleur;
Tu reverras bientôt ton antique splendeur.
Ecoute de ton Roi les appels magnanimes,
Lui seul peut, sous tes pas, refermer les abîmes.
Confiant dans l'appui de l’archange vainqueur
Qui de l’ange rebelle enchaîna la fureur,
Ton prince ne craint pas la horde sanguinaire.
Allumant contre lui les feux de sa colère.
11 n’est point l’instrument d'un parti factieux,
Ni de l’impiété le jouet odieux.
De ses rayons divins la Vérité l'éclaire ;
Sans peur et sans reproche il marche à sa hnmène.
11 ne pactise point, pour briguer leurs faveurs^
Avec les histrions, les fourbes, les rhéteurs.
Il parle sans détoour; et sa ferme assurance
Aux cœurs vraiment français a rendu l'espérance.
Mais l'homme du progrès, ce héros de nos jours.
Croit que pour réussir il s’y prend à rebours,
Et que son noble cœur, auquel il rend hommage,
Est trop franc, trop sincère et n*est plus de notre âge.
Oui, bourgeois, tu l’as dit : depuis quatre-vingts ans,
Le Vrai n’est plus de mode au beau pays des Francs ;
La Sagesse à sa fête invite la Fotie,
Le Vice et la Vertu marchent de compagnie ;
Dans l’abject et l’impur le monde s’agitant
Regarde d'un môme œil l’Éternel et Satan.
Et pour comble de honte, ô tristesse! ô démence 1
Ou appelle progrès ce temps de décadence l
Avec un tel régime, adieu stable pouvoir 1
Le maître du matin est esclave le soir :
C'est la loi du plus fort, le règne de l'intrigue.
Et le sceptre est à qui dirige mieux sa brigue»
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— 264 ==
Des croyances du peuple infâmes ravisseurs,
Que lui donneront-ils pour prix de ses sueurs?....
Et s'il veut de leurs biens à son tour se repaître
Par la loi du plus fort il peut être le maître.
Mais toi, frêle soutien qui nous rends les témoins
« Du pouvoir qui, dis-tu, nous divise le moins, »
En vain, pour l'apaiser tu flattes la tempête;
L'ouvrage de tes mains s'arme pour ta défaite.
Toi qui parlas si bien du Souverain Pasteur,
Tu parais oublier que l'Élu du Seigneur
De l'autorité vraie est la source féconde.
Et que, sans ce flambeau, la nuit couvre le monde.
Ton infaillible voix, Pontife glorieux,
Fait entendre ici-bas le langage des deux.
Grâces à tes travaux, bientôt la sainte Église
A son bercail verra l’humanité conquise.
Ton œil a mesuré les profondeurs du mal ;
Tu fais toucher du doigt son prindpe fatal.
Oracle du Très-Haut, ton auguste parole
Appela les pasteurs de l’un à l’autre pôle.
Et la Ville Éternelle a pu voir dans son sein
Le père et les enfants, guidés par TEsprit-Saint,
Indiquer aux mortels la seule route sage
Dans le sombre dédale où l’erreur nous engage.
O cénacle divin, désespoir du méchant!
Ta voix a retenti de Y aurore au couchant.
Aussi de toutes parts l’impiété se lève,
Et livre ses assauts, sans repos et sans trêve.
Vainement, Subalpin, lâche spoliateur.
Ta révolte s’attaque au Béni du Seigneur :
Celui qui du tombeau se leva plein de gloire
Au Pontife suprême a promis la victoire.
Tu voudrais partager, ambitieux César,
La moitié de ta pourpre avec le saint Vieillard 1
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265 —
Sans doute, il te souvient que ton frère Pilate
Revêtit le Sauveur d’un lambeau d’écarlate ;
Qu'il lui donna pour sceptre un fragile roseau.
Qu'une épine à son front fit un royal bandeau,
Qu'il souffrit des valets les soufflets et l’outrage 1
Pilate couronné, pareil est ton ouvrage !
Conserve-les pour toi,-tes haillons dégradants,
Le Pontife demain t'enterrera dedans!!!
Dieu qui, pour te juger, prépare sa balance,
Réserve à tes forfaits leur juste récompense.
Tu m'apparais gisant dans l'oubli du cercueil,
La chute de ta race a payé ton orgueil.
• Il est encore un Roi qu'on aime et qu'on révère.
Il se nomme le Pape, et son règne est prospère !
Dix-huit siècles ont vu la barque du Pécheur,
Malgré tous les écueils et les flots en fureur,
Conduire les humains au port de la patrie
Où régnent à jamais la lumière et la vie.
Le Maître l'avait dit : a Les suppôts de l’enfer,
Aiguisant le sophisme ou maniant le fer,
N'arriveront jamais à prévaloir contre elle;
Le monde passera; seule, elle est immortelle.
Les Brutus, les Césars assiégeront en vain
L’indestructible roc, rempart du genre humain.
Le mortel insensé qui s’y heurte, s'y brise.
De la Prusse je vois le rapace vautour
S’abattre sur l’Église et périr à son tour :
D’un sacrilège orgueil instrument et victime,
il se creuse à lui seul un insondable abîme.
•
Quand ces enseignements, tant de fois répétés,
Des superbes humains seront-ils écoutés?
Toi qui de Bonaparte as retracé l'histoire.
As-tu donc oublié comment finit sa gloire?
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Et Napoléon Deux que le grand potentat
Chargea d’un nom qui, seul, était un attentat (1),
S’éteignant à Schœnbrun, dans l'appartement même
Où le vainqueur altier encourut l'anathème (2)
Et Napoléon Trois qui vit, au même jour,
Son abandon de Rome allumer Wissembourg,
Signal de ses malheurs!... Ignores-tu le reste?
Jamais le doigt de Dieu Tût* il plus manifeste?
Si la lumière vraie éclairait ton regard.
Que tu t’empresserais d’arborer l’étendard
Qui seul peut nous sauver du mal qui nous afflige.
Et nous restituer notre antique prestige !
Tu comptes sur la ruse et les savants détours ;
Avec de tels flambeaux l'on s'égare toujours.
Si tu veux t’inspirer, regarde Henri de France :
En un guide plus sûr il met sa confiance.
Le Seigneur est sa force et son Adèle appui.
Il l’adore, il le craint ; mais il ne craint que Lui,
Lui pour qui les puissants et les grands de la terre
Ne sont que vains jouets et que paille légère.
Pour confondre l’impie, il n’a qu'à le vouloir»
Dans la faiblesse il fait resplendir son pouvoir :
Sous un rustique toit il prend l’humble bergère.
Pour briser les efforts d’une armée étrangère.
Sous l’étendard sacré du croisé saint Louis,
Les braves surgiront’en notre*beau pays,'
Et du sol mutilé reculant les frontières,
Frères, nous reverrons la France de nos pères.
Vous donnerez Vélan, soldats du Sacré-Cœur!
Vous dont le monde entier admira la valeur,
Défenseurs convaincus de la Divine Cause,
Sur votre sainte ardeur notre espoir sc repose.
(1) Le titre de Bot de Borne.
(2) Napoléon II mourut dans la chambre même où son père avait signé le décret qui
supprimait les États de l’Église.
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— 267 —
Non, Bismarck, tu n'as pas le vrai drapeau des Francs!
ous une blanche égide, un jour, ses fiers enfants
A leur mère rendront deux filles bien-aimées :
L'Alsace et la Lorraine en tes mains opprimées.
Ou bien les plis sacrés du sublime étendard,
De notre antique honneur seul et dernier rempart.
Ne seront qu’un linceul!... Le monde entendra dire :
Le gentilhomme est mortl... la pauvre France expire!...
De ce triste spectacle, ah 1 détournons les yeux ;
L’illustre Rejeton de tant de rois fameux
Aura d’autres destins !... Notre France asservie
Va lui devoir bientôt la grandeur et la vie.
De l’excès de ces maux naîtront les jours bénis
Où la France acclamant le Fils de saint Louis,
Redeviendra du Christ le soldat et l’apôtre.
Et portera au loin et sa gloire et la nôtre.
*
Je vois flotter au loin de nombreux étendards;
Des guirlandes, des fleurs brillent de toutes parts ;
J’entends les chants joyeux des cités, des campagnes;
Des vallons, l'allégresse a gagné les montagnes.;
Les sereines clartés, dissipant les terreurs.
Ont chassé loin de nous les sinistres lueurs;
Le calme du foyer succède à l'incendie.
Et Pintégrité règne où fat la perfidie»
L'espoir, de ses rayons, colore l’avenir.
De nos siècles de foi revit le souvenir.
Et l’Église de Dieu revoit sa fille aînée.
Comme elle fut jadis, de gloire environnée.
•
Le Droit aura vaincu. Le grand peuple agité
S’affermira dans l’ordre et dans la liberté;
Et les fils des croisés, en retrouvant leur voie,
Béniront le Sauveur que le Ciel leur envoie.
Et le pins beau royaume après celui du ciel,
Héraut prédestiné du Monarque éternel.
Dans le juste et le vrai marchant avec franchise.
Sera plus que jamais le gardien de l’Église.
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— 266 —
L’éclat de sa splendeur ravira l'univers ;
Des mortels qu’on opprime il brisera les fers;
Les peuples à l'envi voudront, à son exemple.
Connaître le vrai Dieu, l’adorer dans son temple.
Les efforts incessants de l’enfer en fureur
Sont de notre triomphe un signe précurseur :
Il pressent que bientôt la France, sa victime.
Saura se réveiller sur le bord de l’abîme.
Son peuple écoutera la voix de ses douleurs,
Et, retrempant sa foi dans le sang et les pleurs.
Il redira bientôt la devise chérie :
Vivre et mourir pour Dieu, l'Église et la Patrie.
Chez les anciens, les poëtes s’appelaient vates (c’est-à-dire devins);
on leur attribuait le don de lire dans l'avenir : assurément, quand ils
ont des inspirations aussi chrétiennes, aussi patriotiques que M. Pierre
Lebrun, on désire que les poëtes soient toujours des prophètes (1).
A. C.
ROUE SOUTERRAINE, résumé des découvertes de M. de Rossi dans les
catacombes romaines et en particulier dans le cimetière de Calliste, par
J. Spencer Northcote, président du collège d'Oscott, et W. R. Browîclow, de
Trinity-College, Cambridge ; traduit de l’anglais, avec des additions et des
notes par Paul Allard, avocat, juge suppléant au tribunal civil de Rouen, et
précédé d'une préface par M. de Rossi. Ouvrage illustré de soixante-dix
vignettes, de vingt chromolithographies et d'un plan du cimetière de Cal.
liste. Paris, 1872. 1 magnifique volume grand in-8° de xvi-517 pages. —
Prix : 28 fr.
Nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs ce riche volume,
qui se placera aux premiers rangs cette année parmi les livres d’é-
trennes, pour les esprits sérieux et cultivés.
Comme le dit fort bien l’auteur de cette remarquable traduction,
notre époque « aime à remonter aux sources, » et la critique historique.
(1) Comme la grande composition de M. Pierre Lebrun se tire aveo les soins les plus mi¬
nutieux et par conséquent lentement, les exemplaires sont enlevés au fur et à mesure
que le photographe peut les livrer; il est donc utile dose faire inscrire au plus tôt. Le
prix devra être porté à 25 fr. ; mais pour nos agrégés il restera à 20 fr. Cette magni¬
fique^ photographie est une œuvre d’art sur laquelle il n'y a pas de spéculation, et quand
on la vue, on ne marchande pas. Le petit poëme se donne avec la photographie.
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— 209 —
« presque toujours moins impartiale qu’elle ne veut le paraître, » est
devenue la pierre de touche de l’histoire sincère. Que de choses autre¬
fois reçues comme des vérités ont été transformées, effacées, changées
de place par la critique! Il est vrai que ses jugements ne sont point
tous sans appel, et que trop souvent le parti pris et l'esprit de système
ont entraîné les auteurs contemporains dans un scepticisme ou dans
une méthode d’interprétation tout à fait arbitraires ; aussi peut-on
dire, avec l’estimable traducteur : « Heureuses les vieilles histoires
que la critique n’a pas démolies de fond en comble! » Celle du christia¬
nisme est de ce nombre. Depuis deux siècles, et surtout depuis trente
ans, le sol romain a été creusé avec une ardeur infatigable, et, quoi
qu’on en dise, une grande liberté d’esprit, dans le but d’y surprendre à
leur source les premières institutions chrétiennes. De ce travail souter¬
rain l’histoire des origines de l’Église est sortie complétée, rajeunie;
mais telle, en définitive, que la tradition écrite nous l’avait transmise,
confirmée sur un grand nombre de points, ébranlée sur aucun.
L’ouvrage dont nous parlons en ce moment initie à ce travail et à
quelques-uns de ses résultats, par un résumé rapide mais suffisam¬
ment complet ; ce n'est point un abrégé sec et décharné, mais plutôt,
selon l’heureuse expression de M. Paul Allard, une réduction de gi¬
gantesques travaux, d’abord les deux volumes in-folio de la Roma sot -
terranea italienne, ensuite les mémoires innombrables que M. de Rossi
a publiés dans les neuf années de son Bulletin d'archéologie chrétienne
commencé en 1863, et dans divers autres recueils savants.
Avec l’agrément et même les encouragements des deux savants
anglais, auteurs du texte original, aidé de leurs conseils et ayant le
bonheur d’avoir M. de Rossi lui-même pour critique et pour guide, le
modeste mais habile traducteur a fait un livre supérieur au texte
par sa clarté, son exactitude et son étendue (car M. Allard a ajouté les
découvertes faites dans les catacombes depuis 1869, époque de la pu¬
blication de l’ouvrage anglais.)
Dans la préface dont il a voulu enrichir cette publication, l’illustre
M. de Rossi nous apprend « qu’il a fait exécuter sous ses yeux l’atlas
des planches chromolithographiques qui décorent la Rome souterraine
publiée en France par M. Paul Allard. » C’est la meilleure garantie
d’une parfaite exactitude, qui est le point le plus important en pareille
matière. M. de Rossi fait l’éloge le plus complet du travail des savants
anglais, « très-versés dans la science de leur sujet, connaissant de visu
les lieux et les monuments, les ayant étudiés dans tous leurs détails.
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Ils ont refondu, dit-il, mon ouvrage, sans s’astreindre à suivre servi¬
lement les divisions; ils l’ont même augmenté de notions empruntées
à d’autres archéologues et à leurs études personnelles... « M. Allard a
suivi à son tour la même direction; il a précisé, sur un grand nombre
de points, des sujets que les premiers auteurs avaient seulement
esquissés, et a surtout ajouté à leurs places respectives les indications
des nouvelles découvertes... Malgré tant de remaniements, malgré les
additions empruntées à des sources étrangères, ces interprètes intelli¬
gents et fidèles ont su condenser dans leurs pages la substance de
mon ouvrage sans l’altérer; ils ont réussi dans l'entreprise littéraire
la plus délicate et la plus difficile, s’étant, pour ainsi dire, identifiés
avec un auteur qu’ils ont cependant transformé à leur gré et avec une
grande liberté. J’ai relevé de légères inexactitudes, qu’un examen
attentif de la Rome souterraine française m’a fait apercevoir; elles
sont le meilleur témoignage de l’exactitude générale, et quant à la
substance des faits, et quant à leur appréciation, qui règne en ces
pages si savamment rédigées. «
Après un pareil suffrage, tout éloge est superflu et toute critique
serait aussi inconvenante qu’imméritée. Le beau travail de M. Paul
Allard a sa place assurée dans la bibliothèque de quiconque aime la
science historique de bon aloi; pour tous les esprits cultivés, rien de
plus sain que la lecture de ces pages et la contemplation de ces monu¬
ments; en nous transportant dans les secrets de la vie de ces chrétiens
des premiers siècles, à la vue de leur piété et de leur courage indomp¬
table, les âmes se retrempent dans ces mâles vertus que demandent
les rudes épreuves, les persécutions nouvelles auxquelles l’Église est
soumise de nos jours.
COURS DE PHILOSOPHIE adapté au programme du baccalauréat, par
M. Farcis, i vol. in-i8 jésus de xvi-534 pages. Paris, 1872. — Prix: 4 fh
Après avoir eu l’honneur d’être choisi, en 1841, pour prendre pos¬
session, comme professeur de rhétorique, de la chaire illustrée par le
savant cardinal Pitra, à Autun, M. Farges fut chargé, en 1850, du
cours de philosophie.
Pendant vingt années, il s’appliqua, avec toute la puissance de sa
haute intelligence, à résumer et à coordonner les sentiments divers
des écrivains les plus célèbres qui ont traité des questions philosophi-
.que8. Depuis les philosophes les plus graves de l’antiquité jusqu'aux
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esprits les plus légers de notre époque, M. Farges a tout consulté et
tout exposé. Sur chaque question importante le lecteur trouve nette¬
ment résumé tout ce qui a été dit, avec l’indication des sources aux¬
quelles il lui est facile de recourir, s’il désire de plus amples rensei¬
gnements.
Ce cours ne doit pas être confondu avec les manuels classiques, qui
ne visent qu’à fournir des réponses pour les examens du baccalauréat.
C’est une œuvre sérieuse, un résumé large et lumineux des travaux
de l’intelligence humaine sur les questions philosophiques, pendant
une longue suite de siècles et parmi les nations les plus opposées par
leur génie et leur civilisation.
Une intelligence aussi forte et aussi élevée que celle de l’auteur ne
pouvait sans doute se borner à enregistrer ce qu’ont pensé les autres ;
M. Farges, après avoir, en quelque sorte, instruit la cause et donné
la parole aux divers écrivains, résume le débat et propose sa conclu¬
sion; mais il n'impose pas sa manière de voir, et le lecteur peut lui-
même reprendre toute la cause et réformer l’arrêt, s’il ne le trouve pas
équitable.
Cette marche, aussi scientifique que loyale, fera rechercher ce Cours
de Philosophie , non-seulement par les étudiants sérieux, mais encore
par tant de gens du monde qui sentent l’insuffisance de leurs études
philosophiques; ils seront heureux de combler une lacune si impor¬
tante par la lecture attrayante et facile du livre de M. Farges.
Comme l’a fort bien dit un des principaux rédacteurs de la Revue
Européenne , à la veille de nos désastres : • Une forte éducation phi¬
losophique est nécessaire pour faire contre-poids, dans les esprits
de la génération nouvelle, aux doctrines qui, sous le spécieux prés
texte de renfermer la science dans le cercle des idées positives, rajeu¬
nissent, à l’usage de notre siècle, les vieux dogmes de matéria-
isme (1). *
Un de nos plus éloquents professeurs de Sorbonne exprimait, d’une
manière plus vive, la même pensée : « La sophistique a repris son
empire parmi nous, parce que la philosophie a perdu le sien (2). »
Le Cours de Philosophie de M. Farges répond à ce besoin de notre
époque.
(1) M. Adrien Delondre, Revue Européenne , février 1869.
(2) Mgr Freppel, Origine, quatrième leçon.
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L’UNION DE LA PAIX SOCIALE, lettre à M. Le Play, auteur des Ou¬
vriers Européens et de la Réforme sociale , par M. le comte de Buttenval,
ancien ministre plénipotentiaire et conseiller d'État. — Mai 1872. — Prix :
20 cent.
Voici un opuscule bien modeste, mais du plus haut intérêt, et, nous
aimons à l'espérer, il aura plus de portée que bon nombre d'ouvrages
volumineux, prônés par la réclame ou la camaraderie. Nos lecteurs
sont trop au courant des publications sérieuses, pour qu'il soit né¬
cessaire de leur rappeler l'importance des ouvrages de M. Le Play :
ce sont les théories éminemment sociales et réparatrices, exposées et
démontrées dans ces ouvrages, qu'il s'agit de faire pénétrer dans les
classes dirigeantes, afin d'arriver au plus tôt à un résultat pratique.
A nos yeux, c'est la voie du salut pour la société, et c'est pour cela
que nous nous faisons un devoir de donner tout notre concours à
l’œuvre de l’Union de la paix sociale. U y a là un terrain solide sur
lequel, sans faire aucune concession de convictions religieuses ni de
principes politiques, les hommes de cœur peuvent et doivent s’en¬
tendre pour former, comme le dit excellemment M. le comte de But-
tenval, « une ligue de bien public, une ligue de réforme , qui tienne tête
à la ligue des révolutions; une armée pacifique, où chaque individua¬
lité, la plus humble comme la plus éminente, puisse prendre sa place
et avoir son rôle. » On trouvera, à la fin de cette brochure, les statuts
de VUnion de la paix sociale. Cette société au grand jour, qui affiche
ses conditions et son but, est le contre-pieds des sociétés secrètes qui
ont miné les fondements de .tout ordre social : puissent ses généreux
promoteurs réussir à grouper les hommes de bonne volonté ! Il est temps
de relever les ruines et de consolider le peu qui reste encore debout.
PÈLERINAGES ILLUSTRÉS, histoire des sanctuaires de la Mère de Dieu.
Cinquante-deux gravures en taille douce reproduisant, d'après des dessins
exacts et des photographies, les principaux sanctuaires et les images miracu¬
leuses de la très-sainte Vierge. Texte par J.-M. de Gaulle.
Nous avons entretenu nos lecteurs des premières livraisons de
cette belle publication : le réveil si louable de la dévotion des pèleri¬
nages nous fait pressentir qu'on sera bien aise d'apprendre que l'éditeur
s'est entendu avec l'auteur afin que l'ouvrage complet puisse être mis
en vente en temps opportun pour les étrennes. Toutes les gravures
sont tirées depuis assez longtemps pour avoir pu sécher, de sorte
qu'il sera facile de relier ce magnifique volume sans craindre de voir
ses fines gravures maculer les pages du texte.
Diqitized b\
DEUXIÈME PARTIE
REVUE
DBS
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
LE BEAU DANS LA NATURE ET DANS LES ARTS, par M. l’abbé
P. Gaborit, professeur au petit séminaire de Nantes. 2 vol. in-8 de xii-260 et
388 p. —Prix : 8 fr.
Dans une première partie Fauteur expose la théorie métaphysique
du beau ; il y indique la marche qu’on doit suivre pour trouver la vraie
notion de la beauté et de la laideur. Il examine comment nous consta¬
tons la loi de l’expression dans les objets, à savoir dans l’homme, dans
le règne végétal, dans le règne minéral ; puis, affirmant l’idée des pro¬
priétés expressives et des propriétés esthétiques, il énumère les con¬
ditions requises pour l’intelligence de l’expression des objets. Vien¬
nent ensuite des considérations sur les lois objectives , qui ont trait aux
caractères du beau proprement dit, du laid et du ridicule, du gracieux
et du sublime ; sur les lois subjectives , dont la formule est celle-ci :
« L’homme se prend lui-même comme mesure dans les jugements qu’il
porte sur les différents êtres dont il apprécie la beauté, et il ne saurait
prendre un autre terme de comparaison (p. 96-97). » M. l’abbé Gaborit
examine, à la lumière de sa théorie, le gracieux, le beau et le sublime
dans l’homme; la beauté et la laideur dans les animaux, dans le règne
végétal et dans la nature inanimée, et il voit le sublime dans les grands
spectacles de la création. Mais ce n’est pas tout : comment isoler le
beau de la nature divine ! L’estimable écrivain, s’élevant aux suprêmes
hauteurs de Festhétique, signale en Dieu la dernière raison du beau,
en Dieu qui a exprimé son Verbe dans le monde, et dont la beauté des
créatures reflète l’idéale beauté. Considérant donc le beau en Dieu, il
étudie à nouveau, sous le rayon de la lumière infinie, le gracieux, le
beau et le sublime, et il termine cette première partie par l’exposé des
théories anciennes et modernes dont le beau a été, comme on dit au¬
jourd’hui, Vobjectif. — La seconde partie développe cette théorie mo¬
rale : il y a une harmonie divine entre l'homme et la création ; magni¬
fique beauté, qui commande à lame de se conformer aux desseins
t. vu. 18
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— 274 —
supérieurs par sa libre union avec Dieu* L'amour du beau nous élève
jusqu’à lui, refait en nous le sens moral, pourvu que cet amour soit
légitime et conforme aux dispositions requises. — Une conclusion et
quelques notes achèvent le volume.
Le second volume, tout en attestant la parfaite compétence de l’au¬
teur en littérature, en musique comme en peinture, sculpture et archi¬
tecture, laisse cependant beaucoup à désirer, surtout snus te rapport de
la méthode. Il y a aussi des lacunes considérables : nos poèmes du
moyen âge sont à peu près délaissés ; l’art oratoire est omis ; pour la
magique, 1 auteur développe des considérations parement techniques sur
la partie scientifique de l’art musical, que les seuls initiés pourront com¬
prendre; mais il y a une étude savante, judicieuse et complète sur le J
plain-chant et une sortie vigoureuse contre la déchéance honteuse de la
Musique contemporaine. Excepté pour l'architecture, l’auteur ne traite
pas des condition» du beau dans les «rts ; ü se borne aux ressources
spéciales de k» pemtarc et aux procédés de la sculpture ; trop sobre
sa» 1» théorie, B se rejette sur l’btsfcffre raisonnée des périodes de là
peinture eu Italie et en Fiance, de la sculpture dons l’Inde, dans l’ɬ
gypte et en Grèce, purs eu Fiance, et enfin de l'architecture dans l'an¬
tiquité, su moyen âge et 4 la renaissance ; il finit par une appréciation
de répoque contemporaine et un- appendice sur les jardin». Se» juge¬
ment» en général sont très-surs ; M. l’abbé Gabarit fiiit preuve d’au¬
tant d'érudition que d’aptitude artistique. Toujours dirigé parles prin¬
cipes élevés du catholicisme, H ear imprègne tout ce qu*9 écrit.
Burrows D’AirCLiniES£E depuis les origines jusqu’à nos jours, par
M. I. CawnutÉt. 1 vol. tu-!2 de 244 pages.—frit : 2 fr. 80. ,
Dût périodes comprennent 1» Bretagne indépendante, la Bretagne
romaine, la» Anglo-Saxons, les Anglo-Saxon» et les Danois, les Nor¬
mands, les premiers Pl&ntagenets, les Tudors, le* Stuart» et la. ma i scc
de Hanovre. Chacune de ces périodes, dans lesquelles la chronologie est
particulièrement soignée^ se subdivise en chapitres et m termine par
un coup d’œil qui embrasse, suivant les exigences- diverses des temps,
les moeurs et coutumes, le gouvernement, l’administrattoa, la législa¬
tion, l’administration politique, les arts, les sciences et les lettres, 1
l’industrie et la commerce, l’agriculture, l’armée et la marine, les pvo- |
grès ou la décadence de la cèvibsatkm, les associations et les école», !
enfin l’état de la. satiété. Des tableaux généalogiques très-exacts, et j
«bvGoosle-— .
—-P-
— 275 —
qui auraient dâ être indiqués dans la table des matières, sont consa¬
crés à chacune des dynasties qui ont oceupé le trône d’Angleterre.
La méthode qu’a suivie M. Chantrel est excellente. Les divisions et
les subdivisions sont prises dans la nature même du sujet. Très-lucides
parce qu elles ne sont pas inutilement compliquées, elles orientent faci¬
lement le lectear dans les complications des événements, et les titres
nombreux des alinéa qui partagent les paragraphes des chapitres, sont
placés avec raison, non pas à la marge, mais dans le texte, pour saisir
plus vivement l’attention. Au bas des pages on trouve, suivant l’occa¬
sion, quelques citations de sources et plus souvent des renseignements
sommaires sur les principaux personnages de la Grande-Bretagne, sur
l’époque de leur naissance et celle de leur mort. De plus, rien n’est
trop long ni trop court dans les développements de chaque période ; les
proportions sont bien gardées ; la dernière période, celle qui concerne
la maison de Hanovre, suffisait à remplir un volume, et toutefois Fau¬
teur la connaissait tellement à fond qui! a su dire, sans dépasser les
limites qui lai étaient imposées, tout ce qu’il fallait apprendre à la jeu
nesse dans un tel abrégé.
L’esprit du livre n’est pas moins loua&e que sa méthode : nous
n'avons exclusivement ici ni une thèse ad probandum, ni un simple
récit ad narrandtm; nous avons l’un et Tautre dans la mesure com¬
mandée parla sagesse-L’auteurn'est pas un impassible témoin de ce
qu’il raconte, mais il ne disserte pas et ne déclame jamais, il caracté¬
rise d'un trait juste et rapide les personnages considérables et les faits
importants; c’est ainsi qu’il comprend son rôfe de justicier; partout la
modération l’accompagne ; ne qwid mmis paraît être sa devise. Ce qui
nous plaît surtout* ce qui mérite les sympathies de toutes les écoles et
de toutes les familles chrétiennes, c’est le point de vue catholique où
ii est toujours peur tout apprécier. Et ce point de vue n’est troublé ni
par l’exaltation du zèle ni par la défaillance des concessions aux pré¬
jugés. du jour Chantrel est invariablement catholique avec le pàpe,
rien'de moins* rian de pki- Jamais donc î! ne se désintéresse des des¬
tinées de la religion dans la longue route qu'il parcourt ; il en signale et
les grandeurs et les épreuves; il montre; en déroulant les vicissitudes
de cette rade Angleterre* qu’elle m’élève ou s’abaisse à mesure qu’elle
écoute l’Eglise on la renie ; sam se laisser séduire par le fallacieux
éclat d’une prospérité matérielle qu’a produite le génié terre-à-terre de
la pseudo^féfarme, il fait voir les plaies profondes que dissimule une
fausse globe; ptos* signalant le réveil du catholicisme sur cette terre
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qiïil illustra si longtemps, il place en regard de l’immense puissance
de l’Angleterre dans le monde, les légitimes espérances que suscitent,
pour le prochain triomphe de la vérité dans toutes les parties de l’uni¬
vers, l’énergie et l’activité de la race anglo-saxonne mises au service
des viriles croyances romaines, vers lesquelles se tournent les meil¬
leurs de ses enfants. On peut reprocher un jugement trop peu sévfere
sur Bacon le philosophe. Locke aurait mérité un trait plus vigoureux
et plus large; on désirerait une restriction à l’éloge de Shakspeare; il
y aurait aussi quelques modifications à désirer dans l’appréciation du
règne de Guillaume III et dans le jugement sur Dupleix.
(Pour ces deux ouvrages , d'après la Bibliographie catholique.)
LES MERVEILLES DE LOURDES, par Mgr de Ségur. Prix franco : 1 fr.
Qui diable s’avise de venir, en plein dix-neuvième siècle, nous parler
des merveilles de Lourdes? C’était bon au temps des premiers siècles
de l’Église ; mais, aujourd’hui, la plaisanterie est par trop forte !
Ainsi raisonne Bel-Esprit, et Bel-Esprit n’a pas tort : il est con¬
vaincu. La raison de sa conviction la voici : il ne croit que ce qu’il voit,
et comme il a souvent la vue courte... tirez vous-même la conclusion.
Depuis son enfance Bel-Esprit a protesté contre les miracles ; il pro¬
teste encore dans son âge mûr et protestera jusqu’à le fin de ses jours.
Que voulez-vous ? il faut lui pardonner : c’est une habitude.
Chacun a sa manie ici-bas ; ainsi, la mienne est de croire aux miracles
et d’y croire sincèrement. Dans ma simplicité, dans ma naïveté, dans
ma bêtise, comme dira Bel-Esprit, je m'imagine sottement que Dieu
peut quand il veut, par un acte de toute-puissance et de pure bonté,
rendre la santé à un corps malade ou nous accorder d’autres faveurs
spéciales.
Je m’imagine encore, toujours sottement, que c’est une marque de
sagesse de se ranger parmi les crédules quand ils sont en grand nombre.
Ainsi, par exemple, des milliers de témoins affirment avoir vu un
miracle, mais vu, ce qui s’appelle vu, de leurs yeux tout grands
ouverts ; alors je m'ajoute au nombre des croyants, par cette raison
toute simple qu’autant de personnes ne peuvent ni se tromper ni me
tromper à plaisir.
Je ne discute jamais les faits quand ils sont bien démontrés, bien
établis; tout argument doit tomber devant l’évidence d’un fait.
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— 277 —
C'est pourquoi, malgré le déplaisir que j'éprouve à contrarier mon
ami Bel-Esprit, je vais parler « des merveilles de Lourdes. »
Sous ce titre, Mgr de Ségur a rassemblé dans un petit livre bon
nombre de miracles opérés dans le sanctuaire béni de la Vierge Imma¬
culée.
L'auteur nous montre d abord les taquineries, les vexations, les per¬
sécutions de l'autorité municipale pour empêcher la pauvre petite Ber¬
nadette de venir prier au pied des rochers de Massabieille.
Il faut toujours que les gendarmes se mêlent de dévotion ; et, sous
l'Empire comme sous la République, M. le préfet les envoie mettre la
main sur les fanatiques . Puis bien vite on dresse un procès-verbal de
superstition et de jonglerie, et de là on vous conduit chez le commis¬
saire de police, qui, dans sa haute sagesse, vous fait subir un interro¬
gatoire en règle comme au premier voyou venu. — On n’en fait pas
autant pour les banquets républicains.
Ainsi arriva-t-il en 1858 à la petite Bernadette. Quand on eut
reconnu la simplicité de l'enfant, quand on se fut bien assuré que l'on
s’était trompé, on laissa la voyante prier tout à son aise, et la foule que
les merveilles des apparitions continuelles attirait, cria justement au
miracle.
Des guérisons extraordinaires eurent lieu en grand nombre au nom
de Notre-Dame de Lourdes. Et l'incrédulité, déroutée par ces marques
d'une puissance occulte dans sa cause, mais visible dans ses effets,
dut se retrancher derrière son éternel abri, les causes inconnues .
Ainsi, voilà qui est bien compris : si, après avoir prié la Vierge
Immaculée de vous accorder une grâce, vous obtenez cette grâce, vous
la devez à une cause inconnue 1 Si vous partez en pèlerinage étant
boiteux et que vous en reveniez tout droit, vous le devez encore à une
cause inconnue !
Il faut avouer franchement que ce système des causes inconnues est
assez bizarre, et la coïncidence entre une prière faite et l'obtention
d’une grâce demandée plus bizarre encore.
Pour mon compte personnel, quand je reçois un bienfait de Pierre,
je ne l'attribue pas à Paul. Bel-Esprit dira là-dessus ce qu’il voudra.
Mais que conclure de tous les miracles relatés dans le livre de
Mgr de Ségur, et attestés par les médecins mêmes de la docte faculté,
sinon que la foi peut transporter les montagnes, que les pèlerinages ne
sont pas inutiles, que Marie Immaculée est toute-puissante sur le cœur
de Dieu, et que l'Église catholique possède seule la vérité?
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— 223 —
Tous les enfants de Marie, petits et grands, aimeront à Vue les Mer¬
veilles de Lourdes. Leur amour pour leur bonne Mène grandira ma
récit fidèle et émouvant de ses bienfaits, et ils apprendront à joindre le
nom de Notre-Dame de Lourdes à leurs pieuses invocations.
XX LIVRE DES ABEILLES, ou Manuel d’apiculture, par M. l'abbé
Boisst, curé de Montbozon, chanoine honoraire de Montaubaa. 2 veL a«ec
planches. — Prix : 2 fr. 75. Le 2 e vol. seul, ou appendice, avecplaacbe.; 75 c.
de livre utile est connu main tenant dans les contrées de la Saône.
Grâce à la divulgation de cet ouvrage si éminemment pratique et
agréable à lire, l'apiculture prospère en Franche-Comté. C'est par cen¬
taines qu’on compte les beaux ruchers et les apiculteurs habiles.
On sait que le style de l’ouvrage est varié, dramatique, attachant.
Les dames aussi s’enthousiasment à la lecture du Livre des AbéiHes.
L’auteur avait déjà ajouté à sa seconde édition quelques articles
complémentaires d'un grand intérêt. Aujourd'hui c’est un second vo¬
lume ou appendice qu'il publie et qui ouvre une ère nouvelle dans Part
de traiter les abeilles. L'auteur nous fait marcher de découvertes en
(découvertes. Leur divulgation aura pour résistai de doubler la multi¬
plication des abeilles et les profits de l’apiculteur.
{Pour les deux ouvrages qui précèdent d’après la France Nouvelle.)
XKAXIE-A1VTÜ1NETTE, HEINE DE THANCE, .par James de Chàmbiueb.
2 vol. in-12 de 423-470 pages. 2* édition,revue. — Prix t 7 fr.
Quelle plus émouvante histoire que celle de Marie-Antoinette, cette
reine qui a passé par les vicissitudes les plus extrêmes, ^prouvé ce que
le bonheur a de plus enivrant, le malheur de plus déplorable, et fini
sur l’échafaud, au milieu des outrages de la multitude, une vie com¬
mencée sur le trône, entourée de l’encens des cours, aussi bien que des
hommages et de l’admiration populaires!
Vienne, — Versailles, — les Tuileries, — le Temple, —la Concier¬
gerie : ces cinq mots forment la division simple et large du livre de
M. de Chambrier. L’auteur a fidèlement représenté les phases-diverses
de cette existence, plus grande encore deyant d’infâmes juges et sous le
coup du dernier supplice que dans tout l’éclat de la puissance et delà
beauté. On suit, avec un intérêt que chaque incident grandit, la jeune
reine si fêtée à son entrée en France, si adulée à Versailles*,ai simpleet
si bonne à Trianon; puis, quand les jours des épseuves ae lèvent, éner-
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— 278 —
gique contre l’émeute, exerçant une puissance irrésistible sur Barnave
«t sur Mirabeau iui-ooême, femme dévoué* an Temple, mère sublime
devant le tribunal révolutionnaire, sainte et martyre sur la place de la
Révolution.
■Ceilwitt excetknt ne peut être oentié à la jeunesse qu'avec discrétion.
Pour justifier MarierAotomette, pour expliquer certains incidents,
«n auteur qui vent être complet est nécessairement obligé d’aborder
{fin» d’un sujet délicat-
1ZS AHB DIS OtTVHOEHS, par Fauteur de la Vie du B. Pierre Fourieu
i vol. in-6 de 238 p. avec 1 gravure. 1872. —Prix: 1 tr. 28.
Sous le titre à’Amis des Ouvriers, l'auteur réunit quatre personnages
qui, certes, ont bien le droit d’êtte ainsi nommés : l’abbé Joseph Alle¬
mand, fondateur de 1 ’Œicure de la Jeunesse à Maraeüie ; l’abbé KoV>
ping, fondateur des GeseU-Verein, «u associations des compagnons des
bords du Rhin; le Père Théobald MatJUew, franciscain, fondateur de*
Sociétés de Um&iraiwe, en Irlande, en AjagMoarc, -en Ecosse et auy
États-Unis ; enfin le Père van Caloen, jésuite, fondateur, en BdgSque,
de l'Association de Sa i nt- Frtmço is -Xavier,
R donne la biographie des .trois premier^» «t quant «u dernier, qui
est vivant, il parle seulement de lui au point de vue de son nrcfairam»
fcérie.
L’auteur présente sur la fondation et la constitution de leurs œuvres,
et même de celles qui s’y rattachent «u rapprochent, ieu détail*
les plus essentiels, de manière à pouvoir servir de guide à ceux qui
voudraient marcher sur les traces de ces amis des ouvriers.
Les biographies scs* euraes<ïun exposé des priurfpdtoa «roms et
sociétés ouvrières, et de considérations économiques et morales, qu’un
style simple et naturel .met à la portée de toutes les inteUigoeee».
Las hommes de .eœw qui possèdent une certaine influence et cer¬
tains moyens d’action trouveront dans ce livre d’utiles indications pur
le bien à faire. Lee ouvriers apprendront ce qu’ils doivent tenter
pour améliorer leur position, et à quels généreux efforts se sent livrés
et se livrent pour les soulager, des chaétiens, de* prêtres, desxeligieu#.
Tous y puiseront nu plus grand amour de la ce%iotv
b
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— 280 —
LA GUERRE DE CENT ANS, par U. Th. Bachblet, ancien élève de
l’Ecole normale supérieure, licencié ès lettres, etc. 1 voL in-8 de 271 pages
avec une gravure. — Prix: 1 fr. fiO.
La Guerre de cent ans est l’histoire de la délivrance de la France,
après son envahissement presque complet par les Anglais.
Au moyen d’une introduction considérable, eu égard à l’étendue de
l’ouvrage, M. Bachelet embrasse non-seulement ces cent ans, mais
une période de quatre siècles, à dater de la conquête de l’Angleterre
par Guillaume le Bâtard, en 1066, conquête qui créa une situation
difficile et pleine de périls, en faisant du duc de Normandie un vassal
plus puissant que le roi de France, son suzerain.
Dans cette lutte, nous n’avions pour nous que la bataille de Bou¬
vines, et les Anglais avaient pour eux celles de Crécy, de Poitiers et
d'Azincourt, lorsque Jeanne d’Arc vint ouvrir la série de triomphes
qui aboutirent à l’expulsion des Anglais de la Guyenne, après avoir
procuré la conquête de la Normandie et la reddition de Paris aux Fran¬
çais. A la suite de la bataille de Castillon et de la prise de Bordeaux,
en 1453, les Anglais ne conservèrent plus d’autre place que Calais.
Nous n’avons pas à affirmer l’intérêt de ce sujet si célèbre,
ni à faire ressortir les grands épisodes qui s’y rattachent, tels que la
guerre de la succession de Bretagne et la guerre de Castille. 11 nous
suffira de dire qu’il est traité ici avec savoir, avec clarté, et dans un
très-bon style.
(Pour les trois ouvrages ci-dessus , d'après le Bulletin des publications
populaires.)
LE DA RWI N IS ME ET L’ORIGINE DE L'HOMME, par l’abbé A. Le¬
comte, docteur ès sciences. 1 vol. in-8 de n-190 pages. Prix : 3 fr. 50.
Ce livre est la reproduction d’articles qui ont paru l’année dernière
et cette année dans la Revue catholique de Louvain. Dans la première
partie, l’auteur établit que le système de Darwin implique nécessaire¬
ment l’origine bestiale de l’homme ; dans la seconde, il fait l'exposé et
la critique générale du darwinisme ; dans la troisième, il expose et
discute les vues spéciales du système relativement à la généalogie de
l'homme et au développement de ses facultés mentales. La conclusion
qui ressort évidemment de cette savante étude est que la doctrine de
Darwin, si vantée par les matérialistes, conduit à des conséquences
invraisemblables, à de flagrantes impossibilités, et que son application
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— 281 —
à l'homme, qui en est une conséquence nécessaire, en est aussi l’écueil
le plus insurmontable. C'est une réfutation complète, et, par contre¬
coup, une éclatante démonstration de l'origine de l’homme telle que la
Bible Renseigne.
LES TOMBES EN BBONZE DES DEUX EVEQUES FONDATEURS
DE LA CATHÉDRALE D'AMIENS, par l’abbé J. Corblet, in-8 de 48
pages avec gravures.
Personne n'était plus capable d'écrire pertinemment cette monogra¬
phie, que le savant antiquaire qui dirige la Revue de l'Art chrétien .
M. Corblet ne s'est pas, du reste, borné à la description des tombes de
Geoffroy d'Eu et d'Evrard de Fouilloy ; il a profité de l’occasion pour
donner des notions générales sur les tombes en métal, et a dressé un
catalogue trè^-curieux des principales tombes de ce genre qui exis¬
taient ou qui existent encore en Europe. Il résulte de ce catalogue qu'il
n'y a plus en France que six tombes en métal : deux en cuivre émaillé
à l’église de Saint-Denis, deux en bronze à la cathédrale d'Amiens,
une plaque émaillée au musée du Mans, et une plaque ciselée à l’église
Saint-Junien, près de Rochechouart. Les archéologues liront avec beau¬
coup de plaisir la monographie du savant chanoine d’Amiens.
[Pour les deux ouvrages ci-dessus, d'après les Annales catholiques.)
L’ANNÉE TERRIBLE, par Victor Hugo.
Oh ! cette fois, c'est fini, bien fini I grelôt vide, où ne bruissent plus
que des rimes sonores ! Désert muet, traversé seulement par ces cris
sauvages : Mort aux rois ! mort aux prêtres ! Du plus grand de nos
poètes contemporains, grâce à la démagogie et à l'impiété révolution¬
naire, voilà donc ce qui nous reste I — On le sait, nous n'étions pas de
ceux qui avaient vu dans la satire un renouvellement du génie de Victor
Hugo, et les Châtiments, sans esprit et sans cœur, avec leurs vengeances
d'une personnalité mesquine et monotone, ne nous avaient paru qu’une
autre face de la décadence du poëte. Mais les Châtiments sont un chef-
d'œuvre si on les compare à l'Année terrible. Quel sujet pourtant que
cette année, où étaient livrés au jeu des batailles, au jeu plus terrible
des passions de la rue, l’avenir, l’existence même de la France et du
monde! Chantée presque au jour le jour, comme l'a fait Victor Hugo,
d'août 1870 à juillet 1871, de Sedan à la Commune, cette année, sous
la main d'un vrai Français et d’un vrai poëte, pouvait devenir un poëme
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— 282 —
comparable au poëme de Dante, puisqu'il y avait à parwurix et à des¬
cendre tous les cercles d'un autre enfer. Mais Victor Hugo n'est plus
Français; il 11 'est plus que Parisien, Parisien de la Commune, soumet¬
tant et sacrifiant le reste de la France à Paris démagogique, devenu
ainsi, non pas, comme il le ressasse, le berceau de notre avenir, mais le
tombeau de toutes les croyances, de toutes les institutions qui ont fait
et qui pourraient refaire encore la patrie si grande; il nîest plus même
Parisien, il est international et cosmopolite, conviant et provoquant
tous les peuples à cette république imaginaire qui ne serait bientôt que
le plus épouvantable et le plus abrutissant césarisme sous la pression
de la foule ou la verge d'un seul. Plus Français, il n'est plus même
poete, il n'est plus que lui,-toujours lui, Victor Hugo, non le vanté,
l’applaudi d'autrefois, mais le banni, le sifflé d'hier et d’aujourd'hui,
d’aujourd'hui et de demain, se retournant à toutes les étapes pour
lancer aux expulseurs un trait impuissant, se cabrant soûs les sifflets 9
comme sous l'aiguillon, et ne répondant que par les hoquets rimés d'une
colère sénileu La colère, ce serait sa seule muse, si elle avait assez
d’aile pour s’élever à l'indignation qui fait les beaux vers, c'ést-A-dire
si elle avait pour point d'appui et d'élan une idée, un principe, et non
pas seulement un égoïsme blessé ! Il a beau répéter : « Je n’ai point de
colère (p. 238)! « comme les trembleurs et les lâches qui répètent aussi
qu’ils n'ont point peur ; il n'a que de la colère, et de la colère la plus
ridicule et la moins avouable, de la colère prise sous ce képi désigné par
le général Trochu au rire du monde.De là tant de pièces contre Trochu,
« participe passé «d* veifoe trop choir (p. 270) ^ Voilà désormais l'esprit
de Victor Hugo, voüà sa vengeance ! Puis il renvoie Trochu à son cfcs»-
peiet moins ridicule çpuq le képi, et il évoque à sa place Garibaidi et
Gambetta. Rochefort et Flourens ! — Rien 4e plus, encore «ne Sois,
sinon 4e niais appels à .une lumière indéfinie qui 4ait dissiper l’ombra
4e notre nuit sombre', ûnm des cajoleries à ce Paris qui. en Louis XVL
a tué la royauté, au lieu que Londres, en Charles I er , n’avait tué q*e la
soi (p. 202)- sinon, par conséquent, des excuses, des circonstances
atténuantes, à défaut d'applaudissements impossibles, en faveur des
pétroleurs et des assassins de h Commune, 4 qui R ne reproche grebm
que le renversement delà colonne, renversement de sa fameuse ode
croulant avec elle.
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— 283 —
EXPUGATIOIV TOT CATÉCHISME DE CAMBRAI avec preuves, ré-
ponses aux objections et histoires choisies, par M. l'abbé Alphonse Bourgeois,
prêtre de Tarchidiocèse de Cambrai, gradué en théologie de lUniversité de
Louvain. 2 e édition revue et considérablement augmentée, 2 vol. in-12 de
yi- 508 et 540 pages. — Prix : 6 fr.
Cet ouvrage est la seconde édition de .la Théologie mise à la partie de
tout le monde; l’auteur, en modifiant son titre, a tait subir à son muvre
une révision importante et très-heureuse. En fortifiant ses preuves, en
ajoutant çà et là quelques traits, il a donné h son fiyre une perfeeton
relative qui le classe incontestablement parmi les meilleurs du genre.
Ce n’est pas un travail de haute théologie : c'est one simple explica¬
tion du catéchisme; mais cette explication a de précieuses et raies
qualités ; elle est courte, claire et en môme temps intéressante. N«*s
regrettons seulement que M. l’abbé Bourgeois, dans ses retouches, «e
lui ait pas donné, au point de vue scientifique un peu plus d’actua¬
lité. U est des attaques que l'impiété et la mauvaise foi font pénétrer
jusque dans le peuple, et auxquelles il serait bonde répondre, ne fût-
ce que par une phrase, un moi, et puis la multitude, grâce aux petits
journaux, est devenue si sotte et si prétentieuse, qu’il faut, en Yv&r
truisant, lui laisser croire qu’on l’estime savante.
[Pour ,les deux ouvrages qui précèdent, d'après la Bibliographie
catholique.)
HUGUES DE JQLATHSAMHAUSEK,pftr Maurice Détaxa. 1 vol. in-Jtt de
284 pages. — Prix ; 2 In.
Eoman historique ayant pour théâtre l’Alsace, et pour -ôiÿet un épi¬
sode de la guerre des rustauds, au XVI e siècle.
Hugues de Bathsamhausen, jeune chevalier appartenant à J une des
plus illustres familles du paysg se laisse séduire par des promesses qui
enflamment son ambition. Au lieu de soutenir la cause de sa famille et
de défendre le château de ses aïeux, il quitte, avec une révoltante tero-
talit4 ses parents qu’il «désespère et qu’il déshonore. Méprisant les
malédictions de son père et les larmes de sa mère, il passe dans te
camp des rustauds, dont il a Je fol espoir de devenir daeL
Avec sa fierté aristocratique, avec l’élévation d'Âme.qu’ÿ conserve
malgré tous ses écarts, Hugues ne pouvait manquer tout d’abord d’a¬
voir à se repentir de sa conpahle démarche. Tout ce qu’il voit, parmi
ses pajsans révoltés, n'est propre qu’à lui inspirer du dégoût; moeam
grossières, rivalités sanglantes, odieuses trahisons,orgies, scènes de
— 284 —
pillage, de meurtre, d’incendie. Aigri par ces désillusions, par les re¬
mords de sa conscience, par le mépris qu’il s’inspire à lui-même, par
celui que lui témoigne la noblesse dont il a lâchement déserté le cause*
le jeune baron de Rathsamhausen ne nourrit plus dans son cœur que
des désirs de vengeance.
Mais il apprend qu’une bande de ses hideux compagnons a envahi
le château de sa famille et assassiné son père.’ Sa malheureuse mère
n'a consenti à se soustraire aux forcenés que pour essayer de le
sauver. Elle réussit à arriver jusqu’à lui, elle parle à son cœur. II
quitte secrètement le camp des révoltés, et va recruter des combat¬
tants paçrai les fidèles populations des montagnes. Tandis que Tannée
du duc de Lorraine est aux prises avec les rustauds, il se précipite
sur eux, à la tête de ses recrues, se bat comme un lion, et réussit, par
son intervention, à décider du sort de la bataille en faveur des troupes
ducales. Réintégré dans son titre de chevalier, réconcilié avec sa mère,
assuré du pardon de son père, il rentre dans son château.
Ce roman, dont toute intrigue d’amour a été bannie, n’en est pas
moins attachant et animé. Il plaira surtout à ceux qui goûtent les récits
de batailles, les guerres de partisans. Sa moralité est de montrer le
crime poursuivi par le remords, la paix de la conscience obtenue par le
repentir et l’expiation. Il y a des scènes saisissantes, fort propres à
exciter le sentiment du respect et de l’amour filial.
LES CONQUETES DE L’INDUSTRIE, par E. Rosary. 1 vol. in-4
de 326 pages, avec 2 gravures. — Prix : 5 fr.
— L’industrie n’est autre chose que la manière dont l’homme aide
à la production des richesses de la terre, et les procédés par lesquels
il les transforme pour les appliquer à ses besoins. L’industrie agricole
ou l’agriculture a pour but la production, et l’industrie manufacturière
la transformation des richesses minérales, végétales et animales que
nous offre la nature.
L’énumération des matières exposées serait interminable, depuis la
charrue jusqu’aux aiguilles, depuis la pomme de terre et le vin jusqu’à
la gravure, depuis la faïence jusqu’au diamant, depuis le chanvre et te
lin jusqu’à la vapeur de l’électricité.
Il suffit de savoir que cet ouvrage est une encyclopédie sommaire,
agricole, industrielle, scientifique, assez élémentaire pour donner le»
premières notions à ceux qui ne savent rien, assez développée peur
instruire encore ceux qui savent déjà quelque chose.
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— 285 —
CAUSERIES AGRICOLES D’UN VIEUX CULTIVATEUR, par
F- Laujorrois. 2 vol. in-12 de 144-434 p., avec 13-7 fig. — Prix : 2 fr. 50.
Ces volumes ne forment point un cours d agriculture. Le titre de
Causeries agricoles est plus modeste et donne une plus juste idée de
la façon dont sont présentés les différents sujets : Culture , Machines
(tome I er ), Animaux , Laiterie, Œnologie, Recettes ménagères (tome II).
C'est un milieu entre les traités sérieux souvent arides, et les récits
servant de prétexte à l’enseignement.
Le but de M. Laujorrois est de faire connaître au petit cultivateur
différents moyens d’une application aisée et peu coûteuse, qui peuvent
l'aider dans son labeur, faciliter son travail et en même temps aug¬
menter ses produits. La plupart de ces moyens ont été essayés par
l'auteur, et il indique les résultats qu’il en a recueillis.
Une vingtaine de figures, réparties dans le texte, frappent les yeux
et facilitent la compréhension.
LE DOCTEUR AU VILLAGE, ENTRETIENS FAMILIERS SUR LA
BOTANIQUE, par Mme Hippolyte Meunier. In-12 de 275 pages, orné de
nombreuses gravures.— Prix : 1 fr. 25.
Ce nouveau livre de Mme Meunier, destiné à faire suite aux Entre¬
tiens sur Vhygiène, est également digne de recommandation. On y
trouve habilement résumées sous forme de dialogues intéressants, dans
an langage clair et dégagé de tout appareil scientifique, les premières
notions de la botanique et de l’histoire des plantes. Ajoutons que le vif
mntiment de la nature, qui se montre à chaque page et fait le charme
du livre, ne va pas sans l’idée de Dieu, rappelant celle du travail et
dn devoir.
(Pour les ouvrages qui précèdent, d'après le Bulletin des publica¬
tions populaires .)
DES MOYENS DE DÉVELOPPER PAR L’ÉDUCATION LA DI¬
GNITÉ ET LA FERMETÉ DU CARACTERE, par M. l'abbé Ginon,
curé de Sérézin-sur-Rhône (Isère). Ouvrage qui a remporté le premier prix
au concours de la Société nationale d’éducation de Lyon de 1871. Paris. 1872.
L'avenir dépend de l’éducation des jeunes générations ; tous le
comprennent. Tracer les règles de cette grande science,les emprunter à
la fois à la raison et [à l’expérience, c’est faire une œuvre louable
et éminemment utile. Cette œuvre a été accomplie avec bonheur par
BL l’abbé Ginon, dans un mémoire que recommande uné honorable
distinction. L’auteur y enseigne l’art difficile de développer la dignité
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et la fermeté du caractère* Ses- conseils sent pratiques et dénote*
une connaissance peu. commune des qualités et des défauts dfe l'en¬
fance. Parmi les moyens de formation qu'il énnraère, M. l’abbé G&ien
devait indiquer le travail comme un des plus efficaces : m rr*err saurait
trop rappeler la salutaire influence à la jeunesse, qns trop souvent la
méconnaît et se prive par sa faute des avantages les plus préciwnr.
Cet excellent mémoire sera lu et médité avec fruit par le* parents* et
par les maîtres qui ont à cœur de remplir dignement leur importante
mission. ( D f après- les Éludes Religieuses des SSL PP. Jésuites.}
LES SECTES ET LES SOCIÉTÉS SECRÉTES, POLITIQUES ESB*
RELIGIEUSES* Essai sur leur histoire depuis lés temps les plus reculés
jusqu'à la Révolution frangaUe. 1 voL in-S*
En attendant que nous puissions rendre compte, avec les dévelop¬
pements nécessaires?, der oette savante et vivante étude, dès aujour¬
d'hui nous lui ferons un .emprunt. Si Ion connaît, à peu près, les lois
et décrets qui ont organisé la garde nationale, oix ignore généralement
que cette institution^ si chère a la démagogie et que tant de m n8s
bourgeois ont longtemps admirée, est d’origine maçonnique. (Te st
d'une loge qu'elle est sortie. M. le comte Le Goutteux signale les
empiètements « du tiers «• en 89, et ajoute:
En vain le clergé et la noblesse prolesteni^la con j urés remportent ; mais ff
leur faut une force tirée du sein même du peuple qu'ils puisent diriger 3 feur
gré ou pour oq contre lui, suivant qu'ils le remué ou docile ou. rebefie àtero
voix, une force qui annule surtout celle du souverain.
Tout estpoévu^^aeanée c*l èéjk prêle dans le fond dès loges maçonniques, et
leur grand organisateur aérateur grand chef secret, Shvafiette de Lange, qui se.
présente alors aux municipes parisiens : « Messieurs, leur dit-il, voici dès cf-
« toyens que j'ai exercés à manier les armes peur la défense àe 1a pairie; je
« ne me suis point fait leur major ou leur général, nous sommes tous égaux,
a je suis simplement caporal, mais fai donné l’exemple ; ordonnez que tous les
o citoyens le suivent, que la nation prenne les arases* et la liberté est invSfc-
« cille. »
Savalette, en tenant ce discours, présente sept ou huit insurgés équipés en
soldats comme foi; leur aspect et les cris de : Samoa*lupairie 1 excitent l%n-
thousfasme. Un peuple immense entoure en ce moment les municipes; l&tm
tien de Savalette est à ttn stent changée en décret. Le lendemain l’armée des
gardes nationaux est fermée, et fctentff tes provinces en ont des milliers ; mais
Louis XVI hésite encore à reconnaître te. souveraineté du peuple; if est donc
temps qu'il éprouve la puissance des conjuré*
Le lecteur sait-il quel était m Sasraîefte de Lange! Non, sans doute,
car ce triste, gemmât#?, mort au début delà révolution, a été effacé
DigitizecLby.
Google._
— 287 —
par les scélérats plus retentissants qui l'ont suivi. Voici les rensei¬
gnements que nous donne sur lui M. Le Coulteux :
Les frères Savalette de Lange, Court de Gobelin, etc., fondaient aussi à ce
moment la fameuse Loge des Amis réunis? où ils établirent le régime des Phi-
lalèthes ou chercheurs de la vérité, loge spécialement fondée pour la corres¬
pondance étrangère, et qui eut une si grande influence sur la Révolution. Elle
reconnaissait pour chef un homme extraordinaire et peu connu, Savalette de
Lange, chargé de la garde du trésor royal et honoré de toute la confiance du
roi, et en même temps l'homme de tous les mystères* de toutes les loges, de
tous les complots. Il avait habilement mélangé tous les systèmes maçonniques
et martinistes pour créer son régime des Philalèthes; et il avait fait de sa loge,
pour calmer les soupçons, le rendes-vous des plaisirs et du luxe; tandis qu'à
son ombre et sous son habile direction grandissait inconnu le comité des Amis
réunis, oit étaient déposées toutes les archives de la correspondance secrète,
et où s'élaboraient toutes les instructions qui allaient préparer la révolution.
Savalette* de Lange n’était point le seul des hauts dignitaires et
fonctionnaires de la cour de Louis XVI qui appartînt à la franc-maçon¬
nerie et eût j wé la raina des institutions monarchiques. Beaucoup
d'autres étaient dans le même cas, et d'autres encore, sans être précisé¬
ment les ennemis dn trône, appartenaient trop complètement aux. loges,
pour ne pas travailler à l’œuvre de destruction. Plus on étudie cette
époque, plus il devient évident que le « grand mouvement national
de 1789 » a été l’œuvre des associations secrètes ci antichrétianie6.
Ce qu’il y avait à faire, — et c’était beaucoup moins qu’on ne l’a dit,
— eut été fiât par le roi, s’il avait su ou pu rester le maître. Mais la
« réforme * était le moindre souci des sectaires; ils voulaient la révo¬
lution* tû’apnès l'UuàMr*.)
CAUSES DE X08 DÉSASTRES, réflexions d'un prisonnier de guerre, par
un officier supérieur. Prix : 60 cent.; ta douzaine, fifr.; iecemt, 40 fr*
Cette brochure est due à un officier supérieur d’état-major, qui lavait
publiée d’abord sous le titre de : Réflexions d'un prisonnier de guerre .
C’est pendant les heures pénibles de la captivité qu’il a réfléchi sur
nos désastres et sur leurs causes, sur l'impiété et l’immoralité qui ont
tué le patriotisme, énervé les âmes et éteint les intelligences, sur notre
détestable éducation universitaire qui corrompt les générations nou¬
velles, sur Pabsenca de discipline et de ce qui est la base de toute dis¬
cipline.
On ne peut pas s’exprimer avec plus de netteté, de précision et de
chaleur, dans un style plus simple et plus clair ; on ne peut penser ni
plus sagement ni plus chrétiennememt. (D'après la France Nouvelle.)
— 288 —
BULLETIN SOMMAIRE
DES
PUBLICATIONS RÉCENTES
Vénumération que nous faisons ici des ouvrages parus dans le mois n'emporte
nullement de notre part recommandation de ces ouvrages ; c'est une simple énu¬
mération bibliographique pour ceux de nos lecteurs qui veulent se tenir au courant
de ce qui parait.
Almanach de là chasse illustre, et
CARNET DU chasseur ï 3“* année 1873;
brochure de 80 pages in-8° jésus Prix : 1 fr.
A M. Adolphe Thierb, président de la
République, par le vicomte de Lorgeril,
député ; brochure 4n-18. Prix : 1 fr.
Année d’expiation et de grâce de
1870-1871 (T), sermons et oraisons funè¬
bres, par M. l’abbé Besson. 1 vol. in-12.
Prix : 2 fr. 50
Arm orique et Bretagne, origines ar-
morico-bretonnes ; ouvrage accompagné de
documents rares et inédits, par le docteur
E. Halléguen. 2 vol. in-8°. Prix : 12 fr.
Catherine Hervet, par madame
Bourdon. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr.
Domestiques d’aujourd’hui, servi¬
teurs d’autrefois. 1 vol. in-12.
Prix t 1 fr. 50
Equilibre stable des charpentes en
fer, bois et fonte, par Eug. Cordier, ar¬
chitecte. 1 vol. grand in-4* de 300 pages
avec vignettes et tableaux numériques.
Prix relié *. 50 fr.
Esclave blanc (T), nouvelle peinture
de l’esclavage en Amérique par Hildreth ;
roman américain traduit par Félix Nor¬
mand. 1 vol. in-12 de 422 pages. ;
Prix : 1 fr. 25
Guerre franco-allemande {la), ou¬
vrage rédigé par la section historique du
grand état-m^jor prussien sous la direc¬
tion du feld-maréchal comte de Moltke;
traduction de E. Costa de Serda, capi¬
taine d’état-major français. l r * livraison, j
Prix : \ fr. J
(L’ouvrage formera 20 livraisons.)
Histoire de la guerre franco-prus¬
sienne et de ses origink ? par Alfred
Michiels. 1 vol. grand in-8° avec gravures.
' Prix : 10 fr.
Homme (1’) devant ses œuvres, par,
Jean l’Hermite. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr. 50
Homme (P) par Ernest Hello, précédé
d’une introduction par Henri Lasserre.
1 vol. in-8° de 448 pages. Prix ï 4 fr. 50
Homme (1’) pendant les âges de la
pierre dans les environs de Dinant-sur-
Meuse, par M. E. Dupont, directeur du
musée royal d’histoire naturelle à Bruxelles.
1 beau vol. in-8° avec 41 gravures,
4 planches et 1 tableau synoptique.
Prix : 7 fr. 50
Jeanne Hachette normande (la), par
G. La valley. 1 vol. in-12. Prix : 1 fr. 50
Louis XHI et le Béarn, ou rétablisse¬
ment du catholicisme en Béarn, par
M. l’abbé Puyol, chanoine honoraire. 1 vol.
in-8° de 588 pages. Prix : 7 fr. 50
Mémoires d’un journaliste, par H. de
Villemessant. 2“* série ; les hommes de #
mon temps. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr.
Monsieur de Montalembbrt en
Franche-Comté, par M. l'abbé Besson.
1 vol. in-18. Prix : 3 fr.
Nouveau Jardinier illustré, année
1873. 1 fort vol. in-12. Prix : 7 fr.
Origines de la civilisation; état
primitif de l’homme et mœurs des sau¬
vages modernes, par Sir John Lubbock,
membre de la société royale de Londres.
1 vol. in-8® de 571 pages avec figures.
Prix : 15 fr.
Pater (le), ou instructions sur l’Oraison
dominioale, par Mgr Piohenot, évêque de
Tarbes. 1 beau vol. in-12. Prix : 3 fr. 50
Le Gérant , F. WATTEL1ER.
PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE CLERE ET C 1 *, RUE CASSETTE, 29.
Tom« VU, — H. 11.
NoTMBbN 18 ?l«
REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
A NOS AGRÉGÉS.
Profondément convaincu de la nécessité d’un secours extra*
ordinaire de la divine Providence pour sauver la France dans la
crise actuelle, nous avons accepté avec empressement le titre de
zélateur de la confrérie de l’archange S. Michel, établie, comme
l’on sait, dans l’antique abbaye duMont-Saint-Michel en Norman¬
die, et appelée, & si juste titre, la merveille de l’Occident.
C’est au commencement du vin' siècle, après trois apparitions
de S. Michel, que ce rocher fut consacré au saint archange, par
S. Aubert, douzième évêque d’Avranches.
L’église bâtie en l’honneur de S. Michel devint bientôt célèbre
par de nombreux miracles, et on s’y rendait en pèlerinage de
toutes les contrées de l’Europe.
Charlemagne, et après lui presque tous les rois de France,
vinrent prier dans ce pieux sanctuaire.
C’est là que fut établi, en 1469, l’ordre illustre des chevaliers
de Saint-Michel, et jusqu’à la Révolution de 1789 on vit les pèle¬
rins venir en foule demander, par l’intercession du grand ar¬
change, force et patience dans leurs peines, fermeté et courage
dans les dangers de la patrie.
Cette année, on a remarqué un retour sensible de piété envers
le chef de la milice céleste; chaque jour des pèlerins sont venus
invoquer le secours du grand archange ou le remercier des grâces
obtenues par son intercession ; les registres de la confrérie se
sont couverts de noms.
Pour accomplir notre devoir de zélateur, nous venons engager
nos agrégés à s’associer à cette pieuse confrérie : dans cette in¬
tention nous plaçons ici l’exposé du but de la confrérie, des motifs
de s’y associer, des conditions requises et des avantages spirituels
qui y sont attachés:
T. T1I. SI
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— 382 —
I. But de la Confrérie. — Cette Confrérie, approuvée par
Mgr l’Évêque de Coutances et d’Avranches, le 16 octobre 1867, et
confirmée par un Bref de N. S. P. le Pape Pie IX, en date du 12 fé¬
vrier 1869, a pour but d'honorer les SS. Anges et particulière¬
ment S. Michel, et d’obtenir par leur intercession :. 1* une pro¬
tection spéciale du Ciel sur l’Église, sur le Souverain-Pontife et
sur la France; 2* la préservation d’une mort subite et imprévue,
et surtout la grâce d’une bonne mort; 3° la délivrance des Ames
du purgatoire.
II. Motifs de s'y associer. — Les principaux motifs de s’y asso¬
cier et d’en procurer F ex tension sont : 1* l’importance des di¬
verses fins ci-dessus indiquées ; 2° l’intention de N. S. P. le Pape
qui exprime formellement dans le Bref précité le désir de voir
* cette Confrérie prendre de jour en jour de plu6 grands accrois¬
sements, et qui, dans cette intention, l’enrichit de plusieurs in¬
dulgences plénières et partielles; 3° les secours nombreux et
puissants que la Confrérie assure, & l’heure de la mort, à toutes
les personnes qui en font partie, au moyen des prières qui se font
chaque jour dans ladite Confrérie, pour leur obtenir les gràces
nécessaires en ce moment suprême; 4° les prières et bonnes
œuvres faites par les membres de la Confrérie en faveur des Ames
du purgatoire; 5* les messes qui sont dites au siège de l’Associa¬
tion pour les fins de la Confrérie, le mardi de chaque semaine,
jour consacré aux SS. Anges (1).
III. Conditions requises. — La seule condition requise pour être
admis au nombre, des associés, c’est l’inscription du nom de la
personne au registre général du Mont-Saint-Michel. La remise de
la petite feuille qu’on a coutume de délivrer n’est pas nécessaire.
On fait partie de la Confrérie dès qu’on a fait inscrire son nom
par le directeur ou par un zélateur ou une zélatrice qui a reçu ce
titre du directeur, et l’on peut ensuite, au jourq e l’on aura choisi,
gagner l’indulgence plénière de réception.
.IV. Indulgences accordées aux Associés. — La formalité de
l’inscription une fois remplie, on peut gagner une indulgence
plénière: l°lors de la réception ; 2* A la fête principale de la Con¬
frérie; 3* le jour de Noël; 4° le jour de l’Assomption de la
(1)' L’offrande que l’on fait ponr les frais de la Confrérie est b la volonté et
selon les ressources de chaque personne.
— 323 —
Ste Vierge; 5° le jour de S. Michel; 6" le jour de S. Pierre et
S. Paul ; 7* à l’article de la mort. On gagne aussi les indulgences
de sept années et de sept quarantaines aux fêtes de la Confrérie,
ainsi qu’une indulgence de soixante jours chaque fois que V on fait
une oeuvre quelconque de piété ou de charité. Toutes ces indul¬
gences sont applicables aux âmes du purgatoire.
Le R. P. Robert, supérieur du Mont-Saint-Michel et directeur
de la Confrérie, a bien voulu nous accorder le pouvoir d’inscrire
sur un registre déposé chez nous le nom des personnes qui vou¬
dront s’agréger à la Confrérie. Voici en quels termes ce droit nous
est donné :
« En vertu des pouvoirs qui nous sont conférés par le Bref du
Souverain-Pontife, en date du 12 février 1869, nous nommons
zélateurs de la Confrérie de l’Archange Saint-Michel établie dans
l'ancienne abbâye du Mont-Saint-Michel (Manche), M. Wattelier,
19, me de Sèvres, et M. Gouverneur, 67, rue du Four, à Paris, et
toutes les personnes qui se feront inscrire sur ce registre, avant
le 25'de chaque mois, seront admises â partir du 1 er du mois sui¬
vant dans la Confrérie de l’Archange Saint-Michel et jouiront
alors des avantages spirituels attachés à cette Confrérie.
< Fait fe Paris, le 16 novembre 1872.
a Le Supérieur du Mont-Saint-Michel, directeur de ta Confrérie,
« Robert. »
Les pèlerinages accomplis cette année avec une ferveur si ad¬
mirable, et l’empressement de tous les fidèles pour se rendre à
l’invitation de NN. SS. les évêques qui les appelaient & des prières
publiques pour demander au ciel le salut de la France, nous
donnent la conviction que notre appel sera entendu et que sur¬
tout nos agrégés tiendront â se faire inscrire les premiers sur le
registre qui nous est confié.
Il suffit pour cela qu’ils veuillent bien nous faire connaître leur
intention.
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PREMIÈRE PARTIE
OUVRAGES ÉDITÉS PAR NOUS OU DONT NOU8 AYONS ACCEPTÉ
LA PROPAGATION SPÉCIALE.
LES MAGNIFICENCES DE LA RELIGION, recueil de ce qui a été écrit
de plus remarquable sur le dogme, sur la morale, sur le culte divin, etc., ou
répertoire de la prédication, parM. l'abbé Henry; cinquième série. Homélies
et prônes sur lcsépttres et les évangiles des dimanches de l'année, avec des
considérations et des instructions sur les différents temps de l'année ecclé¬
siastique.— Le temps de l'Avent. i vol. in-8 de 564 p. — Prix : 6 fr.; pour
E)aos agrégés : 3 fr. 50.
M. labbé Henry ne donne pas seulement dans ce volume un choix
très-judicieux d’homélies et de prônes pour tout le temps de l'Avent,
mais il commence par des extraits des principaux auteurs qui ont trai¬
té de cette première partie de l’année ecclésiastique. M. le comte de
Walsh expose le point de vue poétique de l’Avent; Mgr Gaume fournit
une instruction sur ce temps de préparation à la fête de Noël ; Godes-
card explique les motifs qui doivent nous porter à sanctifier l’Avent et
les exercices de pénitence et de prière propres à cette fin ; Dom Gué-
ranger développe le sens mystique de l’Avent, et l’abbé Gosselin nous
fait entrer dans l’esprit de l’Église pendant ce saint temps. Après une
instruction de Bourdaloue, c’est encore à Mgr Gaume que l’auteur em
prunte une dissertation très-instructive sur les Quatre-Temps de l’A-
vent, et M. Gosselin explique l'esprit de l’Église dans l’instruction
des Quatre-Temps.
Après cette introduction si remarquable, commence la série des ho¬
mélies et des prônes pour chaque dimanche de l’Avent. On trouve d’a¬
bord des sermons sur l’épître du dimanche; ensuite l’explication de l’é¬
vangile et une série d’homélies empruntées aux meilleurs Sermonaires;
enfin de courtes instructions pour chaque jour de la semaine. Voici le
nom des auteurs auxquels M. l’abbé Henry a emprunté les homélies,
les prônes et les instructions : le cardinal Bellarmin, Billot, Badoire,
de la Chétardie, Cochin, M. l’abbé Dauphin, Grisot, de la Luzerne,
Lambert, Monmorel, Reyre, Réguis, Thiebault.
Ce simple exposé suffit pour faire apprécier l’utilité de cet ouvrage :
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il épargne des recherches pénibles et économise les frais d'une biblio¬
thèque considérable.
Nous croyons pouvoir prédire un légitime succès à ce volume, si
digne de figurer dans les Magnificences de la Religion . A. Conari.
MON DISCOURS à l'Assemblée nationale si j'étais député, par Georges
Romain. Brochure de 61 p. —Prix : 30 c.; net pour les agrégés : 15 c.
M. Georges Romain est l'auteur de la piquante brochure intitulée :
rOpinion de Bismarck sur la République , VEmpire et les Bourbons en
France .
Pour tous ceux qui ont lu ce petit chef-d'œuvre du genre, il n'est
point besoin d'autre recommandation : ils seront avides de se procurer
le nouvel opuscule d’un auteur qui sait présenter sous une forme si vive
et si attrayante la réponse au problème de la situation actuelle. Sans
être jamais trivial, M. Georges Romain expose la vérité d'une manière
si simple, si claire, que les esprits les moins cultivés peuvent le com¬
prendre. Néanmoins, il y a de la profondeur dans ses aperçus, et pour
ceux qui sont habitués à écrire, il est évident qu’un travail sérieux et
lent a pu, seul, faire atteindre à l'auteur ce degré de clarté qui donne
tant de prix à ses remarquables brochures. Nous regrettons qu'il nous
soit interdit de traiter ici à fond les sujets si graves abordés par
M. Georges Romain dans son Discours . Afin que nos lecteurs puissent
s'en faire une juste idée, nous allons citer quelques-unes des der¬
nières pages.
Après avoir reproduit la lettre par laquelle M. le comte de Cham¬
bord explique à M. le comte de L.... pourquoi il tient énergiquement
au drapeau blanc, M. Georges Romain dit :
Il est inutile, je crois, de rien ajouter à cette lettre. Gomme le Prince, je
plains ceux qui ne la comprendraient pas. Mais qu'un homme d'Ét&t ne com¬
prenne pas l'élévation des pensées, des sentiments qu'elle exprime, cela me
passe.
Un membre a gauche. — Nous ne voulons pas du comte de Chambord; avec
lui il n'y aurait de liberté que pour les dévots. Il a les idées d’un autre âge; il
est étranger aux besoins de la société moderne, aux questions économiques et
sociales qui sont à l'ordre du jour.
M. Georges Romain. —Ce sont là autant d’accusations injustes et de pré¬
jugés sans fondement. Un républicain sincère, M. Charles Didier, qui avait eu
l’occasion de voir à Frohsdorf le comte de Chambord et. d’avoir plusieurs
entretiens avec lui, a rendu hommage, dans une brochure impartiale, aux qua-
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lités du Prince, à ses vues élevées, au soin avec lequel il se tient au courant de
toutes les questions qui intéressent son temps et son pays.
Un mot d’abord sur les préventions incroyables qu’on a au sujet des senti¬
ments religieux du Prince. Ces sentiments, je l’avoue, sont une des raisons qui
m’attirent vers lui. Peut-être ai-je sur le mérite de la religion des idées un peu
vieilles; elles étaient, en effet, celles de Bossuet et même de Platon. Les idées
des radicaux sur ce point sont plus neuves, ce sont celles de Mottu et Bonvalet.
Mais, soit préjugé d'éducation ou travers de jugement, je vois dans la reli¬
gion du Prince une garantie de probité et de vertu rares de nos jours, et qu'on
ne trouve guère en dehors de l’esprit chrétien. Aussi je serais protestant, juif,
ou voltairien que je serais encore pour le Prince, dans l’intérêt du relèvement
moral de mon pays. Je désirerais encore son avènement, parce que l’esprit tolé¬
rant, éclairé du Prince est connu. Je sais que sous son règne rien ne me con¬
traindrait à partager sa foi.
Ferme sur les principes, comme l'Eglise elle-même, il est d’une grande pru¬
dence, d’une grande mansuétude dans l'application. Il sait, comme Montes¬
quieu, que la force de la religion vient de ce qu'on la croit , tandis que la force
des lois humaines vient de ce qu*on les craint.
Si vous ne croyez pas à la religion, en effet, vous avez la triste faculté de
vous moquer d’elle, de l’insulter même, et assez de gens en usent, on en con¬
viendra. Le comte de Chambord sait que l'emploi de la force en matière de re¬
ligion ne ferait que des hypocrites. Il sait que l'Église, société exclusivement
spirituelle, n’a d’action sur l’homme que par la parole et la persuasion.
Un membre a gauche. — Elle a souvent employé la coercition et voudrait
nous y ramener.
M. Georges Romain. —Jamais l’Eglise, c'est-à-dire le corps ecclésiastique,
ne l’a employée et n’a pu l’employer. Ses ennemis ou leurs dupes n’ont pu le
dire ou le croire que par ignorance ou dans un but de calomnie. La nature
exclusivement spirituelle de l'Eglise s’y oppose. Jamais le clergé, jamais un
prêtre, en tant que prêtre et à moins qu’il n’ait eu, comme le Pape à Rome, un
pouvoir temporel en même temps que spirituel, n’a eu ni pu avoir entre ses
mains, non-seulement un glaive, mais les clefs d'une prison. Quand la coerci¬
tion a été employée en matière religieuse, ç’a été par la société civile, qui
croyait devoir mettre son bras au service de l'Eglise, dans Vintérêt de VEtat
intéressé au maintien de la religion et de la morale dont l’Eglise était la gar¬
dienne.
On dit que l’Eglise voudrait nous ramener là aujourd’hui. Franchement en
a-t-on peur? Est-ce bien là la tendance de la société actuelle? Le prétendre
ce serait crier au feu pendant le déluge. Il n’y a plus que les radicaux com-s
muneux qui emploient la coercition. Ils l’exercent sur les prêtres et le
otages qu'ils fusillent, comme à la rue Haxo ou à la Roquette, et sur les reli¬
gieux qui leur servent de cible, comme à Arcueil.
Tant mieux si le comte de Chambord est un chrétien sincère et convaincu.
La moralité de son règne y gagnerait. Nous en avons besoin. On ne verrait
plus sur le trône ou sur les marches du trône les scandales qui l’ont sali sous
l’empire, sous la monarchie elle-même, mais surtout sous nos trois Répu¬
bliques.
Quant aux incrédules, ils n’ont rien à craindre. Ils continueraient de man¬
ger de la charcuterie le vendredi-saint, comme le sénateur Sainte-Beuve, de
ne croire à rien qu’à la Bourse et à la cuisine, puis de se faire enfouir comme
D ig itt-zed isy- 1 O O Ç
les solidaires après leur mort. Ils pourraient continuer à mettre Garibaldi, qui
ne veut plus de la papauté, au-dessus de Charlemagne, qui l’avait faite indé¬
pendante.
Vous voyez qu’un républicain, qui doit vouloir la liberté pour tout le monde,
aurait la sienne assurée au point de vue religieux, même sous un roi dévot. Il
n’aurait pas, sans doute, le droit d’attaquer à chaque instant la religion des
autres et de les empêcher de la pratiquer ; mais il lui serait loisible de n'en
avoir aucune lui-même. C'est tout ce qu’il peut raisonnablement demander.
M. Georges Romain aborde alors la question sociale et économique ;
il distingue le côté égoïste et monstrueux, de la portion de justice et de
vérité à laquelle il faut donner satisfaction, et il démontre, par les
lettres de Mgr le comte de Chambord, que le Prince est parfaitement
au courant de ces graves questions et que lui seul peut en donner
la solution, sans secousse et sans bouleversement. Encore une fois,
nous regrettons de ne pouvoir suivre l’auteur sur ce terrain, mais
nous regrettons encore plus vivement qu’il n’ait pas le titre nécessaire
(et qu’il mérite) pour faire entendre à toute la France, du haut de
la tribune, des accents si patriotiques, des vérités si méconnues et
qu’il a le talent de rendre accessibles à tout homme de bon sens.
Nos agrégés s’empresseront sans doute d’assurer à la nouvelle brochure
de M. Georges Romain le même succès qu’à 1 3 Opinion de Bismarck:
éclairer les populations, c’est l’œuvre la plus utile en ce moment de
crise. A. Taunax.
LES ORATEURS SACRÉS A LA COUR DE LOUIS XIV, par
M. l’abbé A. Hurel. 2 vol. in-8.—-Prix : 45 fr.
M. l’abbé Hurel vient de nous donner un livre remarquable au
double point de vue de la religion et de l’histoire. En commençant
cette étude sur les orateurs sacrés à là cour de Louis ^QV, le savant
auteur se demande si on ne l’accusera pas de se détourner des préoc¬
cupations qui doivent agiter tous les cœurs et remplir toutes les
intelligences. Après avoir lu ce livre, nous disons que cette étude,
loin d’être un simple délassement pour des lecteurs oisifs, est avant
tout un service rendu à la société tout entière.
Dans cette étude d’un passé qui semble si loin de nous, que nous
n’avons souvent connu « qu’à travers ses romans, ses comédies, ses
correspondances et ses mémoires, » nous trouverons d’utiles leçons,
car le passé est un arsenal pour le présent. Cette société si brillante,
si animée, la plus noble de l’univers, ne nous apparaît plus au milieu
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— 328 —
de ses fêtes mondaines. Nous la voyons ici sous son véritable aspect.
Elle vient à la suite du grand roi, se presser autour de ces orateurs i
qui la majesté de Louis XIV n’ôte rien de la sincérité courageuse du
ministre d’un roi devant qui les rois de la terre ne sont rien.
M. l'abbé Hurel divise son cadre en trois parties : dans la première,
il nous fait connaître les prédécesseurs et les contemporains de Bos¬
suet. La seconde partie est consacrée tout entière à Bossuet mo¬
raliste, politique et panégyriste. Dans la troisième nous voyons appa¬
raître les successeurs de Bossuet, parmi lesquels Bourdaloue, Fléchier
et Massillon brillent d'un éclat particulier.
Jamais plus brillante étude ne nous a été donnée sur Phistoire
de la chaire chrétienne. Non-seulement M. Hurel se montre historien
impartial, mais il y joint une, élégante et sage critique dont la lumière
nous guide sûrement dans cette étude historique et religieuse.
Tout est beau dans ce livre, où, au milieu de tous ces orateurs,
comme un roi dans son empire, nous apparaît Bossuet. Sa figure
se détache et s'enlève sur toutes les autres avec un tel relief, qu'il
devient nécessaire de la maintenir au centre de ce mouvement d'élo¬
quence sacrée qu'elle domine et protège durant un demi-siècle.
C'est par une longue étude de ces maîtres que M. Hurel a acquis
cette distinction de style, cette élégance si rares aujourd’hui, et
qui rendent cette étude digne des sujets traités, digne surtout de
Bossuet. Nous souhaitons à ce livre tout le succès qu'il mérite si
bien, et nous remercions l’auteur du bonheur qu'il nous a procuré.
L'abbé P. C.
LC CHRÉTIEN SANCTIFIÉ PAR L’EUCHARISTIE, par M. l’abbé
Henry. 3« édition. 1 vol. in-18 de 718 p. — Prix : 2 fr. 50 ; pour nos agré¬
gés: Ifr. 25.
Comme l’explique l'auteur lui-même, le but de ce recueil est d'offrir un
moyen facile et même agréable de bien assister à la messe et de remplir
tous les autres devoirs envers Jésus-Christ au saint Sacrementde l'autel.
Dans la première partie on trouve des chapitres très-instructifs
sur l'institution de l’Eucharistie, la perpétuité du dogme, le pouvoir
donné par Jésus-Christ à ses ministres de changer le pain en son
corps et le vin en son sang ; des réflexions, des traits d'histoire corn*
plètent le premier chapitre.
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— 329 —
Le deuxième traite de la communion et de ses effets, et des traits
d’histoire viennent récréer l’esprit en confirmant ce qui a été développé.
Le troisième chapitre explique l’obligation de la communion annuelle
et les avantages de la communion fréquente; les conseils du pieux
auteur à ce sujet sont appuyés par le témoignage de S. François de
Sales, de S. Alphonse de Liguori, de Bourdaloue, de Fénelon et du
baron de Géramb. Les chapitres quatre et cinq indiquent les disposi¬
tions nécessaires pour la communion, et donnent des formules d’actes
et d’actions de grâces accompagnées de traits d’histoire.
Dans la deuxième section de la première partie l’Eucharistie est en¬
visagée comme sacrifice. Après des considérations générales, l’auteur
explique le saint sacrifice de la messe et la manière de bien l’en¬
tendre ; des traits d’histoire jettent de la variété dans la lecture de ces
chapitres.
La deuxième partie est un choix de réflexions et de traits d’histoire
empruntés au P. Maccarthy, à M. Auguste Nicolas, à Mgr Gerbet,
au baron de Géramb, à Bossuet, à Massillon, à Bourdaloue et à
Fénelon.
La troisième partie offre des pratiques diverses envers le saint
Sacrement : sept exercices pour la sainte messe ; sept exercices pour la
communion, enfin trente et une visites au saint Sacrement et un choix
d entretiens avec Jésus-Christ, de formules d’amende honorable et des
prières. Le volume se termine par les hymnes et les proses en l’hon¬
neur du saint Sacrement, les vêpres du dimanche et de la sainte Vierge.
Cette analyse du volume composé par M. l’abbé Henry fera
apprécier, mieux que tous les éloges, l’utilité de cet ouvrage pour
toutes les personnes qui ont le bonheur de comprendre les avantages
de la dévotion envers le saint Sacrement. Jules Quétand.
VIE MILITAIRE ET RELIGIEUSE AU MOYEN AGE ET A L'ɬ
POQUE DE LA RENAISSANCE, par Paul Lacroix (bibliophile Jacob),
conservateur de la bibliothèque de l’Arsenal. Ouvrage illustré de quatorze
chromolithographies exécutées par F. Kellerhoven, RegameyctL. Allard, et
de 409 gravures sur bois. 1 vol. in-4, broché 23 fr.; relié dos chagrin, plat
toile, tranche dorée 33 fr.
Nous recevons ce volume trop tard pour en parler aussi longuement
que nous le voudrions et qu’il le mérite ; mais, après l’avoir parcouru
attentivement, nous croyons devoir le recommander à nos agrégés
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— 330 —
comme un des plus beaux livres d'étrennes, et en même temps un des
ouvrages les plus intéressants et les plus irréprochables en ce genre.
La rédaction ne blesse nulle part le sentiment chrétien, et le choix des
gravures indique une attention délicate qui a fait disparaître tout ce
qui pourrait blesser les regards même de l'enfance : on sait combien il
est rare de rencontrer ces délicates précautions dans les ouvrages
illustrés, même quand ils sont inspirés par une pensée chrétienne. Les
deux volumes déjà publiés par le même éditeur sur le moyen âge, peu¬
vent donner une idée de la richesse des illustrations ; il nous semble
que ce volume l'emporte encore sur les précédents : il y a de vrais
chefs-d’œuvre presque inconnus, reproduits soit en gravure, Soit en
chromolithographie avec une perfection admirable.
Nous avons remarqué surtout parmi les chromolithographies la
reproduction de la miniature des Heures d’Anne de Bretagne, représen¬
tant cette reine entourée de ses patronnes, et plus encore l'admirable
groupe des élus, extrait du tableau du Jugement dernier de Fra
Angelico.
Voici ce que dit M. Rio, dans le second volume de Y Art chrétien , au
sujet de ce fragment du tableau du Jugement dernier conservé à Flo¬
rence, à l'académie des beaux-arts : « C'est sur ce groupe des élus que
se trouve concentrée presque toute la poésie du tableau. Toutes ces
têtes tendues avec amour vers le Rédempteur, source de la béatitude
promise, toutes ces effusions de joyeuse tendresse entre les anges
gardiens et les justes, cette danse mystique des uns et des autres sur
un gazon émaillé de fleurs, cette légère flamme sur le front des uns,
ces roses rouges et blanches sur la tête des autres, la ténuité croissante
de leurs corps sveltes et lumineux en approchant de la Jérusalem
céleste dans laquelle ils s'élancent deux à deux en se tenant par la
main, toute cela jette d'abord le spectateur dans une sorte d'ébahisse¬
ment, dont il faut qu’il revienne avant de pouvoir analyser tant de
beautés, si toutefois des beautés de cet ordre peuvent se prêter à
l'analyse, n
Malgré la réduction nécessaire des proportions de ce groupe, la chro¬
molithographie, exécutée d’après une photographie du tableau et une
copie de la peinture par un artiste habile, donne une juste idée de ce
chef-d'œuvre de Fra Angelico et justifie les éloges que lui décerne le
juge le plus compétent, M. Rio.
Quant aux gravures, nous ne savons réellement à laquelle donner la
préférence ; toutes offrent un vif intérêt sous le rapport artistique ou
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— 331 —
historique. Dans les six premiers chapitres, qui traitent : 1° de la
féodalité au point de vue militaire et religieux ; 2* des guerres et
armées; 3° de la marine; 4° des croisades; 5° de la chevalerie, des
duels et tournois; 6° des ordres militaires; on trouve une collection
admirable de fac-similé de gravures anciennes qui représentent les
costumes militaires, les armes, les plans et la perspective des châ¬
teaux forts et des villes fortifiées, les machines de guerre, la manière
d'attaquer et de défendre les places fortes, les formes des vaisseaux
aux différents siècles, entre autres les caravelles de l'expédition de
Christophe Colomb ; la tenue des tournois, les duels judiciaires, etc.
Dans la seconde partie du volume, qui traite de la vie religieuse, le
premier chapitre : Liturgie et Cérémonie, met sous les yeux les plus
curieux dessins extraits des catacombes, la vue des chefs-d’œuvre de
sculpture,de peinture, d'orfèvrerie, etc., à cette époque de foi. Le second
chapitre : les Papes , s’ouvre par deux gravures très-remarquables
d’après les sculptures de la cathédrale de Strasbourg ; ce sont deux
figures symboliques représentant la Religion juive et la Religion chré¬
tienne assistant à la mort du Christ. Ces sculptures du xm* siècle
sont correctes de dessin, pleines de noblesse et d'un symbolisme admi¬
rable. Dans la suite du chapitre on trouve la représentation de tenue
de conciles, de processions, le portrait remarquable de la grande com¬
tesse Mathilde, d'après une miniature contemporaine de la biblio¬
thèque du Vatican, le bouclier donné à don Juan d’Autriche par Pie V,
en récompense de son triomphe à Lepante, etc.
Le chapitre suivant, qui traite du clergé séculier, est rempli égale¬
ment de gravures historiques du plus haut intérêt. Nous avons remar¬
qué l'arrivée de S. Géry à Cambrai, avec ure vue de la ville et des
remparts, d’après un manuscrit de la bibliothèque de Bourgogne ; le
sacre de Philippe-Auguste à Reims ; le couronnement d’Henri d'Anjou
comme roi de Pologne, le traité d’Arras conclu en 1191 par l’entremise
de l’archevêque de Reims entre le comte de Hainaut et Mathilde de
Portugal. Mais ce que nous avons surtout admiré dans ce chapitre,
c'est le chef-d'œuvre de la calligraphie au moyen âge, le début de la
charte de Jean de Bourgogne, conservée aux archives du Nord à Lille ;
rien ne peut donner une idée de la richesse, de l’élégance, du fini, du
bon goût et de la pensée dont l’artiste a fait preuve dans les quatre
lettres ornées du premier mot de cette charte. La gravure, quoique
réduite au quart de l'original, reproduit fidèlement ce chef-d’œuvre de
calligraphie.
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— 332 —
Dans le chapitre des ordres religieux, un Saint Antoine photographié
d’après une statuette du xin® siècle, tranche la question, si controversée
dans Ticonographie chrétienne, sur les emblèmes caractéristiques de
l’image du grand solitaire : l’animal immonde, le tau triangulaire, la
clochette et le livre fermé. Plusieurs vues et plans d’abbayes, parmi
lesquelles celle de Saint-Germain des Prés, telle qu’elle subsistait
encore au xvu® siècle ; le petit cloître de la Chartreuse de Pavie, chef-
d’œuvre du xrv* siècle; le réfectoire du prieuré Saint-Martin des Champs
à Paris, le grand béguinage de Gand et une foule d’autres gravures
historiques : portraits, costumes, etc., donnent à ce chapitre autant
d’attrait qu’au précédent.
Nous sommes obligés pour les chapitres suivants ; institutions cha¬
ritables; — pèlerinages ; — hérésies ; — inquisition ; — sépultures et
funérailles, de nous borner à dire qu’ils offrent une illustration non
moins riche et peut-être plus intéressante encore. Il y a des curiosités
presque inconnues jusqu’ici, et la reproduction de chefs-d’ œuvres de l’art
chrétien. C’est là que se trouve cet admirable groupe des élus dont
nous avons parlé plus haut. Une gravure qui a presque autant de
mérite que cette chromolithographie, donne une idée parfaite de la
peinture à fresque de Simone di Martino, représentant la descente de
Jésus-Christ aux limbes : nous ne connaissons, comme gravure sur
bois, rien de plus fini et de plus expressif que les têtes du groupe des
justes qui reçoivent la visite du Messie.
Nos lecteurs verront par ce rapide aperçu que ce magnifique volume
renferme une sorte de musée archéologique et artistique, qui en fait,
comme nous le disions, le plus beau livre d'étrennes parmi les publica¬
tions de cette année. Quant à l’exécution typographique,il est superflu
d’en parler; les volumes précédents ont prouvé que l’on ne pouvait rien
concevoir de plus riche et de plus parfait. Ernest Aimé.
LA SAINTE BIBLE, contenant 1° le texte sacré de la Vulgate; 2° la traduc¬
tion française du R. P. de Carrières ; 3° la concordance des livres saints;
4 ° les commentaires de Ménochius ; 5° des notes historiques et théologiques
mettant perpétuellement le texte sacré en rapport avec les travaux et les
découvertes de la science actuelle, par M.l'abbé Drioux. 8 vol. in-8. —Prix:
36 fr. ; net pour nos agrégés : 27 fr.
On reconnaît généralement l’importance d’une Bible classique qui
offre, dans une étendue restreinte, ce qui est nécessaire pour l’intelli-
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— 333 —
gence facile du texte sacré. Nous croyons que les éditeurs de cette nou¬
velle édition d’un travail connu ont eu une heureuse pensée : il ne
manquait aux Commentaires de Ménochius qu'un supplément, pour
joindre à la science solide et sobre de cet interprète des livres sacrés,
les découvertes de la science moderne, qui ont jeté un jour nouveau sur
plusieurs points difficiles de l’Écriture. Quant à la traduction du
R. P. Carrières, elle est sans contredit la plus simple, la plus cor¬
recte, la plus claire que nous ayons. Comme nous le disions, il suf¬
fisait d’ajouter aux Commentaires ce que Hiistoire nous a appris, de¬
puis le xvn e siècle, sur l’Egypte, l’Assyrie et toutes les nations orien¬
tales, par la lecture des hiéroglyphes qui couvrent les monuments
égyptiens, et des caractères cunéiformes des bas-reliefs trouvés dans
les ruines de Babylone et de Ninive. D fallait aussi enregistrer les
découvertes de la géologie, science nouvelle qui a joint son témoignage
à celui de toutes les autres sciences en faveur des récits de Moïse.
M. l’abbé Drioux est assez connu par ses ouvrages, pour que son nom
garantisse l'habileté et la saine critique avec lesquelles ces additions
nécessaires seront rédigées.
Le premier volume, que nous avons sous les yeux nous permet de
louer sans restriction l’exécution typographique. Tout en étant com¬
pacte comme il le fallait pour ne pas arriver à un nombre de volumes
exagéré,, cette édition est parfaitement nette et lisible; le papier est
beau et de bonne qualité : c'est un ouvrage d’étude et de bibliothèque.
Jules Quétand.
LE CANTIQUES DES CANTIQUES, appliqué à l'Eucharistie, commen¬
taires des trois premiers chapitres, par Mgr de la Boüillerib, évêque de
Carcassonne. 1 vol. in-12de xxviu-393 p. 1872. — Prix : 3 fr.
Nous ne voulons pas nous permettre de juger l’œuvre de Mgr de
Carcassonne ; nos lecteurs seront à même d’apprécier l’esprit et la
forme de ce beau livre, par l’exposé du plan tracé par le respectable
auteur et par la citation d’un chapitre complet.
« On m’a souvent demandé, dit Mgr de la Bouillerie, un commen¬
taire du Cantique des Cantiques appliqué à l’Eucharistie.
« L’Eucharistie et les symboles ont pour moi beaucoup d’attraits. De
plus, les Pères qui ont commenté le livre des Cantiques n’ont eu garde
d'y laisser dans l’ombre les aperçus symboliques et eucharistiques qu’il
— 834 —
présente aux cœurs chrétiens. Je pouvais donc puiser dans leurs ou¬
vrages mille beautés de détail, qui venaient en aide à mon indigence.
« Enfin, je saisissais ainsi l’occasion d’essayer de faire goûter aux
âmes pieuses une lecture qui aujourd’hui leur manque beaucoup trop,
celle de l’un de nos livres saints intrerprété suivant la méthode des
Pères.
« Toutefois je ne me dissimulais pas, d’autre part, les difficultés de
l’œuvre que j'avais en vue.
- La première et la plus grave était la lettre même du Cantique .
« L’un des plus évidents et des plus curieux témoignages de l’in¬
fluence chrétienne sur les mœurs est à coup sûr cette délicatesse
exquise d'expressions, qui peu à peu est devenue le charme et l’honneur
de nos langues modernes. La langue française, pour être bien écrite,
doit être d’une pureté sans égale, et Boileau n’a peut-être pas suffisam¬
ment compris le sens chrétien de ces deux vers :
Le latin, dans les mots, brave l'honnêteté ;
Mais le lecteur français veut être respecté.
« Ce respect, je le répète, si légitime et si chrétien, devenait néces¬
sairement une gêne pour un commentaire français du Cantique.
* Voici la règle que je me suis tracée ; je pars de ce principe, una¬
nimement admis par les Pères, que le vrai sens du livre des Cantiques
en est le sens figuré. Je m’attache donc à ce dernier sens, et c'est lui
que je traduis en français. C’est également à lui que mes interpréta¬
tions se rapportent.
« Je crois avoir éludé ainsi le péril que pouvaient me présenter quel¬
ques expressions du Cantique . »
Nous choisissons comme citation le chapitre huitième :
LE SOMMEIL DE L’ÉPOUSE.
Adjuro vos, filiœ Jérusalem, per capreas cervosque camporum, ne suscitelis,
neque evigilare facialis dilectam , quoadusque ipsa velit.
« Je vous adjure, û filles de Jérusalem : n'éveilles pas et ne troubles pas dans son
repos celle que j'aime, tant qu'elle voudra dormir. » ( Cant . Il, 7.)
Quand l’âme chrétienne s’est abandonnée entre les main9 de son divin
Époux, elle s'écrie avec l’apôtre Pierre : « 11 est bon d’être ici ; » et avec le Ro
psalmiste : « Je dormirai en lui et je me reposerai dans la paix ».
Doux sommeil que le Seigneur protège contre les bruits et les clameurs du
monde! Le monde est toujours en éveil. Ses yeux, qui s’ouvrent à toutes les
convoitises, ne se ferment jamais ; ses pieds se lassent à courir dans les voies
de l’iniquité. £t lui-même, cherchant en vain le repos, s'indigne contre les
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— 335 —
âmes qui l’ont trouvée dans le sein de Dieu!.... Mais, semblable à une mère
tendre qui, de ses mains vigilantes, écarte tout se qui peut nuire au sommeil
de son enfant, ainsi agit le Seigneur à l'égard de son épouse.
Il s'adresse à toutes les âmes mondaines et frivoles : « Filles de Jérusalem,
tous que la vanité a séduites et qui vous fatiguez à suivre le mensonge, ne
troublez pas du moins celle qui préféré la paix. Tant qu'elle voudra dormir,
appuyée sur mon cœur, ne réveillez pas celle que j’aime. »
Le repos de cette âme est si cher au Seigneur qu’il le préfère, pour elle, aux
œuvres extérieures les plus saintes.
Tandis que, dans la maison de Béthanie, Marthe servait son divin Maître
avec tant d’ardeur et de zèle, Marie, prosternée à ses pieds, y dormait du sommeil
de l'amour. Marthe osa bien accuser sa sœur <fune indolence coupable et de¬
mander à Jésus que sa sœur lui vînt en aide pour partager ses soins hospita¬
liers. Mais le Sauveur la reprit et se montra sévère : « Marthe, Marthe, vous
avez trop de soucis et vous vous troublez pour trop de choses. Celle qui dort à
mes pieds a choisi la bonne part!... Ne réveillez pas celle que j’aime. »
Mais qui dira ce qu'est le sommeil de Pâme, lorsqu’elle s’endort entre les
bras de son Dieu?..* Ce n'est pas ce vain sommeil des sens qui livre notre es¬
prit à des songes trompeurs : l’âme ici est dans la vérité.
Ce n’est pas le sommeil de la mort; car l'âme n’a pas brisé les liens qui
l'unissent à la vie, & moins que, avec S. Paul, vous ne disiez que ceux-là
sont morts, dont la vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu ! Heureux
morts qui, même ici-bas et dans des corps mortels, possèdent déjà une vie
meilleure!... Non, le sommeil de l’âme n’est ni celui des sens ni celui de Ja
mort. L’âme, ainsi endormie, vit et veille plus que jamais ! Ce sommeil, bien
loin de la jeter dans les ténèbres, l’illumine; et, loin d'assoupir notre esprit, il
le ravit jusqu’aux régions célestes!... Ce sommeil n’a plus le souvenir des faux
biens et des fausses joies du monde!... Ce sommeil ne laisse plus de place à la
tentation qui séduit; car, dès lors qu’on ne se sent plus vivre, comment senti-
rait-on ce qui est pour la vie un péril !... Ce sommeil est une douce oraison
où, sans mouvement, sans bruit, tans paroles et sans actes, l’âme s'unit à Dieu
et se repose en lui!... Ce sommeil enfin, c'est l’extase, où ce n'est plus l'âme
qui vit, mais Jésus-Christ qui vit en elle!... O délicieux sommeil qui ne
doit pas être interrompu, parce que le Seigneur le veut ainsi ! Fantômes im¬
purs qui troublez les sens, pensées frivoles qui dissipez l’esprit, désirs confus
qui agitez le cœur, ne vous approchez plus de cette âme que le Seigneur a en¬
dormie, ne réveillez pas celle qu'il aime.
Mais en quels lieux, Seigneur, l’âme goûtera-t-elle ce sommeilsi enviable?...
Tant qu'elle habite les basses régions du monde, tant qu'elle respire une atmos¬
phère pesante et malsaine, elle ne peut pas s'endormir en vous! Il faut qu’elle
gravisse la montagne, là où l’air est plus pur et où le ciel est plus proche!...
Serait-ce pour la guider vers ces hauteurs sublimes que le Seigneur invo¬
querait à son aide les cerfs et les chevreaux des champs ? a Par les cerfs et les
chevreaux, » dit-il. 11 semble confier l'âme qu'il aime, et à leurs pieds agiles
pour la précéder dans le chemin, et à leurs yeux perçants pour la diriger vers
la cime !... Si ce sommeil de l’âme était déjà celui du ciel, elle demanderait les
ailes de la colombe, elle volerait et se reposerait.
Mais le sommeil n'est encore que sur la montagne. Elle suivra les chevreaux
et les cerfs, ou plutôt elle suivra les bons anges dont ceux-ci ne sont que la
figure, elle suivra les bons anges qui, plus rapides et plus fidèles, la conduiront
jusqu'au sommet!... Là, le Seigneur demeure seul avec elle !... Il congédie les
anges et les députe vers d’autres lieux! 11 congédie les chevreaux et les cerfs»
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— 336 —
Fuyez maintenant, dit-il; éloignez-vous; n’entraînez plus dans vos élansi'âme
qui dort sur la montagne!... Ne réveillez pas celle que j'aime.
Le sommeil est sur la montagne !... Et cependant j’ose demander encore
quelle montagne ! C’est le Roi psalmiste qui me répond : « Quel est celui, dit-
il, qui habitera votre tabernacle, Seigneur, ou se reposera sur votre sainte
montagne?» Le tabernacle et la montagne ne font qu'un !... Si Dieu vous a fait
naître au fond de la vallée, ne quittez pas votre humble demeure, n’essayez pas
de monter plus haut. La véritable montagne, c'est l’autel ! C’est là aussi que
les anges vous portent et que le Seigneur vous attend! O âme heureuse, rece¬
vez d'abord en vous-même le Dieu du tabernacle ! puis, vous remettant entre
ses mains, endormez-vous en lui! Dormez, mais que votre cœur veille; dormez,
mais, après le sommeil, levez-vous avec plus de courage pour accomplir cha -
cun de vos devoirs!... Le Seigneur, dans sa bonté, ne vous mesure pas le
temps du repos; car il est prodigue de ses dons!... Ecoutez sa douce parole :
« Aussi longtemps qu’elle le voudra, dit-i), ne réveillez pas celle que j’aime. »
L’ANNÉE D’EXPIATION ET DE GRACE 1870-1671. Sermons et oral
sons funèbres, par M. l’abbé Besson, supérieur du collège de Saint-François-
Xavier. 1872. 1 vol. in-12. — Prix : 2fr. 50.
Les discours que nous offre M. Besson ont été prononcés la plupart
dans l’église métropolitaine de Besançon, pendant que la Prusse assié¬
geait nos places fortes et examinait si le moment psychologique était
venu de bombarder les ambulances et les monuments publics. La ville
de Besançon elle-même était entourée par l’ennemi. L'auteur novs dit
lui-même que c est au milieu du tumulte des armes, et comme pour
raffermir les cœurs dans les Appréhensions d'un siège ou d'un blocus
qui n’ont pas duré moins de cinq mois, qu'il a prononcé ces discours.
Il était naturel, au milieu d’un si grand malheur, d’en rechercher les
causes et d'en étudier les remèdes. C'est ce que fait M. Besson, en nous
montrant le péché des nations. Nous sommes punis, parce que nous
avons oublié Dieu et sa justice, c’est le premier degré du mal ; nous
avons fait la guerre à Dieu et à son Église, voilà le comble et le dernier
terme. Oui, notre siècle avait oublié Dieu, c’est là le signe caractéris¬
tique de cette misérable civilisation tant vantée et dont nous sommes
les victimes. Nous avons banni Dieu de notre intelligence et de notre
cœur. Dieu alors a obscurci notre intelligence et endurci notre cœur.
Non content d’oublier Dieu, nous avons voulu lui faire la guerre ; ne
pouvant pas l’atteindre, nous nous sommes tournés contre son Église.
Ici l’auteur nous rappelle tous les scandales dont nous avons donné
l’exemple au monde.
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,o°gI
— 337 —
En attaquant TEglise, la France s’est montrée infidèle à sa vocation :
elle avait été créée et mise au monde pour servir l’Eglise. C’est pour
cet oubli qu'elle a été châtiée. L'envie enfin, ce monstre qui a causé la
chute de nos premiers parents, nous a précipités nous aussi dans cet
abîme, d’où nous ne sortirons que si nous reconstituons la famille, si
nous nous adressons à nos vrais alliés, qui sont ici-bas les justes qui
prient, qui souffrent et qui s'immolent pour la patrie, et dans le ciel
tous les bienheureux et les anges préposés à notre garde.
Dans un sixième discours, l’éloquent conférencier nous rappelle le
plus grand de nos devoirs, le courage chrétien et patriotique : il faut
pr.er et agir nous-mêmes.
La seconde partie renferme des oraisons funèbres et des discours rap¬
pelant à ceux qui survivent le courage des soldats chrétiens pendant
cette fatale mais héroïque campagne de l'Est. Ici c’est de l'histoire, une
histoire sanglante mais glorieuse pour l’armée française. En lisant ces
pages éloquentes il semblait que nous nous retrouvions encore au mi¬
lieu de nos soldats accablés par le froid, la fatigue et la faim, se battant
quand même, et mourant en demandant pardon à Dieufet en invoquant
Marie. L’abbé P. C.
LIVRE DANGEREUX
L'INSTRUCTION DU PEUPLE, par Emile de Lavelete.
L’auteur est un partisan fanatique de l’instruction obligatoire et laïque
surtout; il a horreur de l’intervention du clergé catholique et des cor¬
porations religieuses dans renseignement. Nous respectons, nous, sin¬
cèrement, la liberté des opinions et surtout la liberté de conscience ;
aussi nous n'aurions pas à stigmatiser ce livre, si M. Emile de Lave-
leye se bornait à exprimer ses opinions et à développer ses théories.
Mais quand l’histoire est dénaturée, quand la calomnie est employée
comme arme de guerre, notre devoir est de flétrir ces procédés inspirés
par la haine et un fanatisme aveugle.
L’auteur ose dire : - Dans les pays catholiques le clergé veut se ser¬
vir du suffrage de la foule pour supprimer les libertés modernes. » fl
est faux que le clergé soit ennemi de la liberté : c’est lui dont l’action
puissante a aboli Pesclavage, c’est lui qui a fait triompher le grand prin¬
cipe de l’égalité des hommes devant la loi comme devant Dieu; les Ca-
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— 838 —
hiers du clergé, rédigés pour l'Assemblée des Etats généraux de 1789,
attestent l'esprit vraiment libéral dont ce corps respectable a toujours
étéanimé. Enfin la constitution belge, rédigée sous l'influence de l'es¬
prit clérical (selon le style de l'auteur), est, de l'aveu de tous, la plus
franchement libérale qui existe ; l'histoire et les faits contemporains
protestent donc contre la calomnie par laquelle l'auteur s'efforce de
rendre le clergé catholique suspect et odieux.
M. Émile de Laveleye dit ailleurs (p. 70) : « Le prêtre catholique
puise la réprobation des libertés modernes dans les études du séminaire,
dans ses lectures, dans toute l'histoire ecclesiastique depuis que S. Au¬
gustin, vers la fin de sa vie, a déchaîné l'intolérance. Le mouvement des
idées l’effraye ; les progrès de la science critique et des sciences natu¬
relles lui inspirent une sourde inquiétude et une répulsion invincible .
I! voudrait en arrêter l'essor, comme Jadis on supprimait les hérésies,
en mettant le glaive de l'État aux ordres de l’Église. »
H fhut vraiment compter sur l’aveuglement et l'ignorance de ses lec.
tours : pour oser énoncer une contre-vérité si choquante. Eh! qui ne sait
qu'on enseigne (et avec autant de succès que dans les lycées) les sciences
naturelles dans les petits séminaires et les collèges ecclésiastiques! Les
pillards de -la Commune n'ont-ils pas trouvé un magnifique cabinet de
physique chez les Pères Jésuites de la rue Lhoraondî N'y a-t-il pas des
religieux et des prêtres nombreux dont les ouvrages tiennent un rang
distingué parmi les publications les plus récentes sur la Paléontologie
et la Géologie! N'est-ce pas Bossuet qui a écrit le premier traité d’ana¬
tomie en français! portant là, comme partout, les lumières de son
génie, il a, du premier coup, atteint une telle perfection, que toutes les
corrections amenées par deux siècles d'études peuvent se renfermer
dans deux ou trois pages. N’est-ce pas Dabbé Hauy, qui a créé la
science de la cristallographie! N'est-ce pas l'abbé Nollet, qui sous
Louis XV, a vulgarisé la connaissance de la physique et surtout des
phénomènes de l’électricité! De nos jours qui tient le premier rang dans
le monde scientifique? Un religieux jésuite, le R. P. Secchi, que l'ex¬
position universelle a fait connaître, même aux lecteurs du Siècle . Enfin
le journal scientifique fbndé à Paris par le respectable abbé Moigno et
le cours public de science vulgarisée qu’il vient d’ouvrir cette année
même dans la capitale, n*On voilà-t-il pas plus qu'il n'en faut pour con¬
vaincre tout homme de bonne foi de la fausseté évidente de cette accu¬
sation d’obscurantisme jetée, avec tant de cynisme, au clergé catholique ?
A}la page 227 f nous trouvons encore une assertion aussi impu-
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* 39 .—
dente : « Dans tous les Etats italiens successivement, réunis, au
Piémont, le nouveau gouvernement trouva l’enseignement abandonné
à la direction du clergé séculier et régulier, et il est à remarquer que
l’ignorance était d’autant plus générale et plus épaisse que cette do¬
mination de l’Église était plus ancienne et plus exclusive. »
Évidemment Rome est bien la ville de l’Italie où - la domination de
l’Eglise est la plus ancienne et la plus exclusive. » Eh bien I l’auteur
qui traite, avec tant d’étalage de statistique, cette grave question de
renseignement primaire, ignore-t-il donc ce que le Piémont a trouvé
dans cette capitale de la chrétienté? Ignore-t-il ou veut-il dissimuler
sciemment que Rome tenait le premier rang entre toutes les villes du
monde, pour la diffusion de l’enseignement primaire gratuit? Indépen¬
damment des écoles ouvertes pendant la journée, les écoles du soir
fondées à Milan par S. Charles Borromée et introduites à Rome par un
pauvre sculpteur, rassemblaient plus de 1,500 jeunes gens. Une asso¬
ciation pieuse fournissait gratuitement les plumes, l’encre et les livres-
A toutes les écoles gratuites se joignaient 242 écoles où les enfants ne
payaient que un ou deux francs par mois. Enfin, d’après la statistique
de 1856, la population des écoles primaires s’élevait à 23,000 enfants,
ce qui est beaucoup plus que la huitième partie de la population
fixe de la ville. Or, d'après les enquêtes anglaises, ce chiffre de la
huitième partie de la population est le maximum qu*bn puisse espérer
^atteindre. Ce maximum était dépassé â Rome et l’auteur ose écrire :
« L’ignorance était d'autant plus générale et plus épaisse que la domî-
« nation de l’Église était plus générale et plus exclusive. »
Si les bornes de cet article nous le permettaient, nous prouverions,
Phistoire en main, avec des statistiques officielles, que l’instruction a
toujours été la plus grande préoccupation du clergé ; nous montrerions
partout les couvents, les abbayes ouvrant des écoles gratuites, et
comme il s’agit du développement intellectuel, de la supériorité pour
la science, nous établirions, par des chiffres incontestables, que l’en¬
seignement secondaire et les hautes études étaient dans un état bien
plus prospère avant 1789 que de nos jours. Certes, notre dévouement
à la réforme et au progrès de l’enseignement primaire est une garantie
de l’importance que nous y attachons; mais il nous paraît puéril de
juger de la supériorité intellectuelle d’une nation par le nombre d in¬
dividus qui savent écrire leur nom et lire plus ou moins correctement.
C’est par la perfection des œuvres littéraires, par une science pro¬
fonde, par le génie des inventions et des découvertes, en un mot, c’est
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— 840 —
par la diffusion du haut enseignement qu’un peuple se place à la tête
du mouvement intellectuel et de la civilisation : rôle sublime et glo¬
rieux de la France à travers les siècles.
Mais ce ne sont pas là les préoccupations de l’auteur et des hommes
de son école; leur fanatisme'les aveulge, ils n’ont qu’un but : éteindre
la foi dans le cœur des énfants par le moyen de l’enseignement.
M. Émile Laveleye dit clairement qu’à ses yeux la seule religion pure
c’est le déisme, et son rêve pour l’avenir c’est de voir, à la place de
l’Eglise, « la religion pure, humaine, morale, la religion politique, qui
ne doit faire qu’un avec l’État » (p. 68). Voilà donc le but de l’ensei¬
gnement gratuit, obligatoire, laïque, c’est de replonger notre nation
sous le joug abrutissant du César pontife, c’est de détruire la civilisa¬
tion et la liberté chrétienne, pour restaurer le despotisme de l’État.
Voilà comment les ennemis de la religion entendent le progrès.
E. Qurx.
Un ecclésiastique de nos agrégés, directeur à Paris d’un cercle
d’Alsaciens-Lorrains, nous prie d’offrir à celui qui voudra bien lui
venir en aide dans son Œuvie, un exemplaire de l 'Histoire religieuse,
politique et littéraire de la Compagnie de Jésus, par L. Crétineau
Joly, en six volumes in 8°, brochés et non coupés.
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DEUXIÈME PARTIE
REVUE
DES
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
GOMME ON SERVAIT AUTREFOIS. — Le marquis de Montcalra; le
maréchal de Bellefonds, par le P. Sommervogel, de la compagnie de Jésus.
1 vol. in-i2de260. 1872. — Prix : 2 fr.
Deux biographies qui n’ont pas d’autres liens entre elles que la va¬
leur militaire et l’esprit chrétien de deux grands capitaines.
Le marquis de Montcalm naquit près de Nîmes en 1712, et vécut
moins de cinquante ans. Il prit part aux différentes guerres que la
France soutint contre l’Allemagne, de 1733 à 1742. Les cinq ou six
années suivantes, il fit échec aux Espagnols et aux Italiens dans nos
provinces méridionales. Rarement mis en évidence par ses emplois et
ses grades, il trouva moyen cependant de se distinguer partout. Mais
les trois dernières années de sa vie furent de beaucoup les plus bril¬
lantes et suffirent à l’immortaliser. Nos possessions du Canada étaient
alors menacées par les Anglais, Il y fut envoyé comme général en chef
pour secourir et seconder le gouverneur M. de Vaudreuil. C'est là
qu'après des succès étonnants et d’inévitables revers, il fut frappé sur
le champ de bataille, quatre jouçs avant la reddition de Québec, une
année avant la perte définitive de la colonie. Il mourut comme il avait
vécu, heureux de servir la France, mais plus heureux encore de servir
Dieu. Son nom a pri3 possession de l'histoire « entouré de la double
auréole du succès et du malheur. »
Le marquis de Bellefonds joua un rôle sinon plus glorieux, du moins
plus éclatant. H était originaire du Berry. Né en 1630, il entra de
bonne heure au service et prit part à toutes les campagnes qui illus¬
trèrent les premières années de Louis XIV. Nous le voyons, sauf le
temps de ses exils, occuper presque toujours quelque emploi à la cour.
Il est mêlé à tout le mouvement politique de l'époque. Ses relations
sont très-étendues, les sympathies qu’il recueille, fort nombreuses.C’est
un des grands seigneurs le plus en vue; c’est aussi un des plus chré-
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tiens, car au milieu de ses agitations, de son luxe, de ses folles dé¬
penses, signe caractéristique du memeat* il pousse la foi jusqu’à la
piété, la piété jusqu’à la mortification la plus édifiante. Il entretient
une correspondance avec le P. Le Vallois, son directeur, avec Bossuet,
avec Thumble religieuse qui fut Mlle de la Vallière. Il mourut au châ¬
teau de Vincennes, dont il était gouverneur, en 1694. - Si sa noble
physionomie, dit très-bien le biographe, emprunte quelque éclat aux
personnages illustres pannilesquelsila vécu, 3 n'en est pas moins vrai
que c'est à l'élévation de son caractère et à ses mâles, vertus qu'il en
doit les plus beaux rayons (p. 257). *
HISTOIRE ANECDOTIQUE et illustrée de la guerre de 1870-71 et de la
Commune en 1871, parM. le vicomte de la Vaucerie. 2 vol. iu-4 devn-232
£ pages chacun. 1872. — Prix : 7 fr.
« Les quelques histoires générales de la guerre que nous connais¬
sons, dit l’auteur, sont -écrites dans un tel esprit de parti, avec des
idées républicaines si avancées, et une haine si prononcée contre tout
ee qui touche de près ou de loin à la religion, que de semblables livres
ne peuvent être admis dans les familles chrétiennes. U nous a semblé
cependant que nous ne pouvions abandonner à la démagogie et à I’irré-
ligkxi le soin de parler seules au peuple de ses maux et de son avenir,
de ses désastres et de ses espérances (p. 5). » De tels sentiments ho¬
norent un écrivain et sont; assurément la meilleure recommandation de
son travail, auquel d’ailleurs n’en manquent point d'autres. Ainsi un
de ses avantages pour les lectures de famille, pour l'amusement des
enfants, pour l'instruction de tous, ce sont les nombreuses gravures
qui accompagnent le texte et mettent sous les yeux les portraits des
principaux personnages, les champs de bataille, les scènes de l'enrôle¬
ment, du bivouac et de rambulanoe, et pour ce qui concerner©dîeu9eet
sacrilège Commune, les prisons ou elleenferma nos martyrs, les barba¬
ries qu'elle exerça sur les personnes, les ravages sur les monuments, et
aussi les séances des tribunaux jugeant ces criminels ; au résumé, un
musée où rien d'intéressant n’a été oublié, et qui deviendra plus pré¬
cieux à mesure que le temps nous éloignera de ces tristes événements.
On n’attaid pas de nous sans doute que nous refassions, même en
abzégé, toute cette histoire à la suite de M. de la Vaunerie. Ce serait
besogne superflue ; sans écarter de l'enchaînement régulier des faits*
il incline du coté anecdotique, ainsi que l'annonce le titre.
Dans notre dernière guerre, dans les excès de la Commune, une
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— 343 —
lettre écrite par un des acteurs du drame, un article de journal inspiré
par les faits de la journée, une note prise sous une impression du mo¬
ment, peuvent donner au récit général une physionomie de vérité que
les grandes allures de l’histoire fournissent bien rarement* L'auteur
l’a senti, et nous en félicitons lui et son œuvre. — Il recueille surtout
ce qui honore la religion. — « La France militaire a été vaincue,
disait naguère un homme politique, mais non la France chrétienne. »
Parole pleine d’exactitude, puisque aucun péril, aucune persécution, ni
la mitraille ni le mauvais vouloir ni les outrages n'ont pu éloigner du
champ de nos désastres le dévouement admirable des frères, la charité
des sœurs, l'intrépidité des religieux et des aumôniers. M. de Bismark
l'a dit : l’ennemi le plus inflexible qu'il ait rencontré sur notre sol, c'est
le clergé ; témoignage que recueillera l'histoire, et qui répondrait suf¬
fisamment aux calomnies jacobines, si d'ailleurs les exploits des soldats
catholiques de Charette, de Cathelineau, de de Sonis, n’étaient là pour
démontrer que le patriotisme le plus généreux, le plus ardent n’est
point dans les hurlements de ïa.Éarsextlaîie^otx dans les phrases des
avocats, mais au fond du cœuf chrétien." C ^ ^ %
Le volume de la Guerre se divise en den parties^ ÎÀ première, qui
renferme douze chapitres et dix-sept gravures, décrit la camji)agAedu
Rhin depuis la déclaration de guerre jusqu’à la bataille (la capitulation
plutôt) de Sedan, qui devait être Voccasion de la chute de l’empire;
nous ne disons pas la cause.
La seconde partie raconte l’installation de la république au 4 sep¬
tembre, et le siège de Paris, qui, disons-le avec orgueil, fut héroïqtie
dans ces circonstances et dans cette crise de l’investissement par les
Allemands. Sans la démagogie qui l’assiégeait à l’intérieur, divisait et
paralysait ses forces, il n’eût peut-être pas succombé.
Quant au volume consacré à la Commune, il a dix-sept chapitres et
trente-trois gravures. M. de la Vaunerie expose les faits avec une
grande netteté, beaucoup d’ordre, et donne sur les persécutions dirigées
contre l'Eglise un ensemble de détails plus complet, ce nous semble,
qu’on ne l'avait fait encore.
« Prenez-y garde pendant qu’il est temps encore, s'écrie en terminant
M. de la Vaunerie, tout peut être sauvé si vous le voulez. Pourquoi
l’édifice social menace-t-il de s’écrouler! parce que vous avez retiré son
grand fondement, qui est Jésus-Christ, Rendez Jésus-Christ à la so¬
ciété, et vous replacerez tout dans son ordre. » (T. tl, p. 22 fl.)
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— 844 —
LLTÏuES DE S. IGNACE DE LOYOLA, fondateur de la compagnie de
Jésus, traduites en français, par le P. Marcel Bouix, de la même compa¬
gnie. i vol. in-8 de xn-644 p. 1870.—Prix : 7 fr. 50.
A coté d’une admirable énergie, on découvre dans S. Ignace cette
tendresse de cœur, cette douceur aimable envers les personnes, cette
compatissance évangélique pour toutes les misères, morales surtout,
qui sont l’apanage universel des parfaits et des saints. Nulle part ces
belles et surnaturelles qualités ne se font mieux jour que dans les
lettres intimes du serviteur de Jésus-Christ, épanchant son âme dans
celle de ses frères, prodiguant les consolations, multipliant les avis,
s’inquiétant, comme une mère, de l'état spirituel de ses enfants, et
s’efforçant d’étendre sur tous les maux le baume de sa charité, sur
toutes les ténèbres la lumière de ses inspirations et de ses conseils.
Ces lettres, perdues dans nombre d'ouvrages devenus assez rares,
écrites ordinairement en espagnol ou en latin, restaient en quelque
sorte inaccessibles aü public. En 1804, il en parut à Bologne un recueil
^publié par le P. Menchaca, mais en langue latine, recueil qui ne pou¬
vait être complet, car celui-ci même ne l’est pas, quoiqu’il soit beau¬
coup plus riche. « A notre grand regret, nous dit le P. Bouix, nous
n'offrons au public qu'une minime partie de la correspondance de
; S. Ignace. Nous publions ce que nous avons pu recueillir, mais nous
avons l’espoir d’augmenter notablement ce recueil en puisant à de
nouvelles sources que notre publication nous ouvrira sans doute,
“(p. C.) « Il est à propos d’avertir que bon nombre des pièces contenues
dans ce volume considérable, bien que rentrant dans le sujet pour les
explications historiques, appartiennent à des personnages autres que
S. Ignace : S. François Xavier, le cardinal Polus, Pierre de Leyde,
S. François de Borgia, dona Juana de Cardone, le cardinal de Sainte-
Croix, le P. Michel deTorrès, le P. Laynez, S. Thomas de Villeneuve,
le roi de Portugal Jean III, Marguerite d’Autriche, Ferdinand, roi des
Romains, etc. L’ouvrage n’en souffre pas, loin de là. Ces lettres même,
se rattachant par tous les points à la correspondance du saint, étaient
nécessaires à connaître, et, dans tous les cas, sont des monuments
qu’il est utile de reproduire et de conserver.
' Le traducteur le fait observer à bon droit en commençant son tra¬
vail : séculier, religieux, membre de la hiérarchie ecclésiastique, quel
que soit le rang, la place ou le caractère que l’on ait dans l’Eglise de
Dieu, pour peu que l'on possède le goût des choses saintes, il est
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345 —
impossible de n'être pas ému à la parole d'un saint dont le regard est
constamment fixé sur la majesté infinie de Dieu.
« Avec quelle joie, écrit S. François Xavier à S. Ignace (en
janvier 1552, et du Japon), avec quelle joie j'ai Iules nombreuses sen¬
tences que renferment vos lettres, et qui respirent votre douceur et
votre piété ! Je les lis, relis, les médite avec extrême profit pour mon
âme, et je ne cesse d’y trouver, pour ainsi parler, un goût toujours
nouveau. « Cette appréciation d’un si grand saint et d’un tel homme
de goût est la meilleure recommandation du présent livre.
L’exécution en a été faite avec soin. On y suit l'ordre chronolo¬
gique ; en tête de chaque lettre est placé un sommaire qui en donne
l'analyse. Outre les lettres publiées déjà par le P. Menchaca ou par
les divers historiens du saint, le P. Genelli entre autres (1848) et
Cienfuegos (1754), le traducteur en imprime, pour la première fois,
quelques-unes provenant soit des archives du Gésuà Rome, soit d'un
manuscrit de la bibliothèque de la rue Richelieu, et de diverses autres
sources. Ces sources sont, d’ailleurs, indiquées à chaque lettre.
Quant au mérite de J a traduction, on sait quel est le genre du
P. Bouix, bien connu pour ses travaux sur Ste Thérèse : clair, mais
un peu pesant, n’ayant pas toujours le sentiment ni le respect des
nuances délicates; ce qui, dans ses publications précédentes, l'a con¬
duit à plus d'un contre-sens, à plus d'une erreur grammaticale. N'ayant
ici ni les textes latins ni les textes castillans sous les yeux, il nous est
impossible de répondre de la fidélité de la version ni de la critique ;
ce que nous pouvons dire, c'est que le volume se lit avec charme.
Si l'étude des origines de la compagnie de Jésus y trouve de très-
précieux éléments, si l'histoire générale même peut en profiter pour
mieux faire connaître le caractère de certains personnages célèbres,
Philippe II entre autres, la piété s'en nourrira plus avidement encore.
Le parfum de la sainteté l’embaume de la première ligne à la dernière.
Et quels exemples ! outre l'héroïsme de François Xavier, c'est le
P. Laynez, cet homme si puissant en œuvres et si haut placé dans la
vénération de son siècle, suppliant qu’on le punisse d’une faute légère
en le jetant jusqu'à la mort dans les bas offices de la maison et en le
regardant « comme l’ordure du monde » (p. 432). Dieu seul et la diffu¬
sion de son royaume sur la terre, voilà ce qui préoccupe exclusivement
ces grandes âmes, plus ardentes au bien à mesure qu’elles lui font
plus de sacrifices et qu’elles en multiplient davantage l'épanouissement.
(Pour les ouvrages qui précèdent d'après la Bibliographie catholique.)
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LE DROIT AU CRIME ou la morale d'un athée, pur le docteur ftotî.
I vol. in-JL—Prix: 1 fir. 50.
Durant la Commune, I athéisme pratique s’est étalé sans pudeur aux
yeux de la France indignée; il s'est montré dans toute sa nudité, et
sous cette forme brutale il a conquis les sympathies des intelligences
dépravées.
Mais qu’a donc l’athéisme de si grand, de si sublime, de si incompré¬
hensible?...Voltaire I*aurait-il prouvé? Écoutons le père de l'incrédulité :
« Je ne voudrais pas, dit-il, avoir aflaire à un prince athée qui trou¬
verait son intérêt à me faire piler dans un mortier ; je suis bien sûr que
je serais pilé. Je ne voudrais pas, si j’étais souverain, avoir affaire àdes
courtisans athée3 dont l’intérêt serait de m’empoisonner; il me faudrait
prendre au hasard des contre-poisons tous les jours. »
L'athéisme est donc une doctrine nuisible et avilissante. Avilissante
au point de ne reconnaître en nous que le jeu des organes : « Héroïsme
ou bassesse, abnégation ou lâcheté ne sont que les effets d’impulsions
machinales. Vous êtes égoïste ou dévoué comme vous êtes brun ou
blond: affaire de tempérament. «
Tel est le langage des positivistes .
D’autres ajoutent que - l’homme tombe dans le vice comme le caillou
tombe dans un gouffre, sous l’empire fatal de lois irrésistibles.. *
— Que deviennent alors le code pénal et ses jugements, si l’assassin
tue fatalement et nécessairement!
Il importe donc de protester hautement contre l’athéisme. D faut dé¬
raciner cet arbre pourri dont les fruits sont des fruits de mort. Il faut
mettre la cognée au tronc et arracher les racines.
Mais les thèses philosophiques sont peu goûtées de nos jours. On
court après la distraction, et les pourquoi? et les comment? et les donc
des philosophes ou des docteurs sont peu propres à nous distraire.
M. Roux l’a fort bien compris.
Dans son livre du Droit au crime, il nous donne, sous une forme
dramatique et intéressante, une démonstration rigoureuse des perni¬
cieux effets de l’athéisme. H nous peint « la figure d’un athée spécu¬
latif et pratique, réalisant dans ses maximes et sa conduite les der¬
nières conséquences de son affreux système.
“ Je fais comparaître, dit l’auteur, l’impitoyable et parfait égoïste,
qui, avec préméditation, fût-ce dans la boue et dans le sang, marche
droit à son but, en disant au fond du cœur : « Pour me gratifier d’un
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— 947 —
- bénéfice ou m’épargner un dommage, périsse, s’il le faut, tout le genre
« humain ! »
Le personnage d’Antonio est en effet un triste héros de roman, triste
par sou caractère vil et repoussant. C’est une abjecte figure, mais elle
frappe d'autant plus qu’elle est plus Tare, heureusement pour l’hu¬
manité
Loin de ménager les teintes et de graduer les couleurs, l’auteur noos
montre Antonio tout <f« ne pièce, avec sa bassesse et sa scélératesse.
« A la délicatesse du pinceau il a préféré ta brutalité du scapel. »
En faisant l’atrtopsiedu cadavre de l'athéisme, il a réussi à dégoûter le
lecteur. Et si sa modestie l’a empêché de se déclarer un habile romancier,
la critique le déclare un habile observateur des passions humaines.
La critique dira aussi que la description de Venise, de ses palais,
de ses monuments, est un beau morceau de littérature.
Le style de l’ouvrage a quelque chose de la fraîcheur, de la grâce,de
la beauté des rivages de Tltalie, et il règne partout, dans ce roman,
comme un reflet du ciel de Naples et du soleil de l’Adriatique.
{D'après la France nouvelle.)
LES TROIS RÈGNES DE LA NATURE. Simples récits sur l’histoire
naturelle, par E. Cortambert et Richard Cortambert. i vol. in-12 de 318 p.
avec 213 gravures dans le texte. 1870. — Prix : i fr. 50.
Comme on peut le présumer d’aprè3 le titre, cet ouvrage se divise
tout naturellement en trois parties :
Règne minéral : des montagnes, des pierres et des terres, des
matières minérales combustibles et fossiles.
Règne végétal : distribution générale et composition des végétaux ;
plantes phanérogames ; plantes cryptogames.
Règne animal : organisation des animaux ; distribution géographi¬
que des animaux ; classification des animaux : zoophytes, animaux
articulés, mollusques, animaux vertébrés (poiæons, reptiles, oiseaux,
mammifères).
Les mêmes matières sont exposées dans un grand nombre de petits
traités élémentaires. Mais celui-ci mérite d’être signalé, comme bien
fiait dans ses étroites limites et bien écrit dans sa simplicité.
D se recommande en outre par la grande quantité de vignettes
répandues dans le texte : plusieurs sont très-bonnes, et toutes sont
d’une valeur suffisante.
La vue de ces vignettes apprendrait, à elle seule, quelque chose à
des gens complètement illettrés. Chez ceux qui ont reçu des notions
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même très-médiocres, elle excitera le désir de lire le texte, et d'avoir
l'explication des « images « qui auront frappé tout d'abord.
LA SCIENCE AtJ VILLAGE, par E. Rosary. 1 vol. in-8 de 236 p. avec
gravure. 4870. — Prix : 1 fr. 50.
Sous la forme de lettres à sa sœur, une jeune fille, en vacances à la
campagne, raconte ce que lui apprend son oncle, sur la pluie, la neige,
le brouillard, les étoiles, le tonnerre et l'électricité, l'arc-en-ciel, en un
mot sur les principaux phénomènes de la nature, et ce que sa grand'
mère lui dit sur la vie et l’organisation des plantes. Cette science, fa¬
milièrement exposée, est à la portée de la jeune élève, et la conclusion
tirée de chaque leçon est toujours un hommage au Créateur.
Le livre de M. Rosary donne l'instruction suffisante pour écarter
les préjugés si généralement répandus sur les faits naturels dans le
village.
Quoique ces notions en elles-mêmes soient utiles pour tout le
monde, on comprend que l'enveloppe dont elles sont ici revêtues, les
fera surtout agréer aux jeunes filles.
(Pour ces deux ouvrages , d'après le Bulletin des publications popu¬
laires.)
CHANT DE LA SIBYLLE HÉBRAÏQUE, document le plus ancien, le
plus important et le moins contesté des livres sibyllins, texte grec et tra¬
duction française, par M. l’abbé Blanc, curé de Domazan (Gard), avec notes
deM. Alexandre, membre de l'Institut, de M. l’abbé Blanc et de M. Bon
netty, directeur des Annales de philosophie chrétienne. In-8de 82 p. 1869.
Un fait domine toutes les questions soulevées par les oracles sibyllins
et leur donne une véritable importance, c'est le reflet de la révélation
pénétrant presque constamment leurs plus mystérieuses obscurités.
S'ils ont été composés avant l'ère chrétienne, s'ils s’accordent avec notre
manière d'interpréter la Bible, s'ils confirment quelques-uns des
dogmes catholiques, leur importance devient incontestable.— Le petit
poëme connu sous le nom de Chant de la Sibylle hébraïque , traduit en
latin et enrichi de commentaires par M. Alexandre, remonte au n* siècle
avant Jésus-Christ. C’est un mélange un peu confus de vérités et
d’erreurs, d’événements historiques et de fables, de traits originaux et
d'emprunts sacrés et profanes; mais au milieu de ce tissu incorrect, l'au¬
teur, qui était un juif helléniste de l'école d’Alexandrie, devine d'une
manière assez nette la grande figure du Rédempteur à venir et la scène
émouvante du jugement dernier. Ce document, très-remarquable d’ail-
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— 349 —
leurs par le style, peut être recommandé aux savants comme un
morceau de choix.
LA SELON LE CŒUR DE DIEU, ou devoirs de la mère chré¬
tienne envers ses enfants par un missionnaire de N.-D. de la Salette. 1 vol.
in-12 de xvi-522 p. 1870. — Prix : 2 fr.
« C'est ordinairement, a écrit le P. Ventura, la femme qui fait le
bonheur ou le malheur de la famille, et qui est le grand instrument, le
grand levier de sa moralité ou de sa corruption. Souvent la famille tout
entière n'est que ce que la femme la fait; elle n’est que le miroir fidèle
de ses bonnes qualités ou de ses défauts, de ses vertus ou de ses vices. »
Le P. Lacordaire remarque quelque part qu'une mère admirable se
trouve presque toujours au berceau des saints. « Vous concevez très-
bien, dit-il encore dans une de ses lettres, que le fils d'une mère pieuse
a plus de grâces que le fils d'une mère mondaine, uniquement occupée
de ses vanités, parce que, le fils étant le sang de la mère, Dieu regarde
l’un dans l’autre. « Il en est même ainsi généralement des hommes qui
se sont fait un nom honorable. BufFon l'avait remarqué. On lit dans les
Mémoires et Souvenirs de M. de Candolle, publiés en 1862 : - J'ai ouï
dire à M. Dupont (de Nemours) que tous les hommes distingués qu'il
avait connus avaient eu des mères de mérite et d’esprit. Je n'ose me
mettre dans ce rang, mais je puis dire que les aimables encouragements
de ma mère ont eu une grande part au développement de mon enfance
et de mon adolescence. » La première éducation importe extrêmement ;
elle déteint sur l'existence entière, et cette éducation, c'est la mère qui
la donne ; une image très-exacte nous représente la suçant avec le lait.
Dieu s'est servi des mères, dans notre malheureuse patrie, pour sauver
la foi du naufrage de la révolution. La secte antichrétienne le sent
bien : il est effrayant de constater avec quel ensemble elle agit partout
contre nos communautés religieuses enseignantes ; elle sent parfaite¬
ment que là est le nœud de l'avenir. Ne nous endormons donc pas,
nous qui voulons conserver l’héritage de Dieu sur la terre. Il nous faut
des mères chrétiennes, des mères selon le cœur de Dieu . L'apostolat qui
se dirige de ce côté est peut-être de tous le plus urgent, le plus indis¬
pensable, comme il sera le plus salutaire et le plus fécond.
Or voici sur ces matières un ouvrage profond, qu’on vient de réim¬
primer et qui méritait cette distinction, car il est plein de choses, de
choses excellentes; il justifie complètement son titre, et, grâce aux
prières dont on l’a enrichi, il peut servir encore de manuel de piété pour
l'assistance aux saints offices et la réception des sacrements.
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— s«o —
Soins corporels, soins spirituels, c'est la division naturelle et juste de
ces vingt-six chapitres, suivis de vingt et quelques autres, qui en amt
comme la continuation et le développement pour la vie entière tant de
la mère que de l’enfant, et même de toute la famille : tels les chapitres
sur la vocation (p. 254), sur la prière en commun (p. 305), sur les de¬
voirs envers les domestiques (p. 336), devoirs si facilement oubliés, si
rarement accomplis dans leur plénitude. — Les idées de l’auteur,
émises dans un bon style, sont non-seulement justes et exce 1 lentes,
mais très-faciles à mettre en pratique; les éclaircissements et les con¬
seils qu’il donne à la mère sur chacun des points qu’il traite, ne sont
point de nature à effrayer les personnes engagées dans le monde actif,
ou même dans les affaires, et ils offrent un. faisceau d’instructions que
nous ne saurions trop recommander.
La mère qui chercherait habituellement auprès d’un tel guide la di¬
rection de ses pensées et de sa vigilante action se sanctifierait elkr
même d’abord, et sanctifierait, non moins certainement» les êtres si-
chers que Dieu lui a remis un jour pour qu’elle les lui ramène au ciel
après le pèlerinage de l’épreuve ; l’institutrice s’y formerait à plusieurs
des vertus essentielles de sa vocation.
LE CŒUR EUCHARISTIQUE, ou le Cœur de Jésus dans le Saint-Sacre¬
ments, par le P. Blot., missionnaire. 2 vol. in-i2 de 424 et 400 p. 1872.—
Prix. : 7 fr.
Le culte du Sacré-Cœur en général, c’est le cultede l’amour de Jésus
pour nous, « amour créé, dit le F. Blot, amour incréé, amour humain
et amour divin, à cause des deux natures que Notre-Seigneur unit en
sa personne. » Le culte du Cœur eucharistique, c’est le culte de œt
amour rayonnant, pour ainsi dire, du tabernacle, et pénétrant nos
âmes plus particulièrement encore dans la sainte communion.
Le sacrifice du Calvaire est déjà loin dans le passé; les douces com¬
munications du ciel ne sont qu’une espérance; l’Eucharistie, c’est le
bienfait présent et en quelque sorte palpable, et répondant d’une ma¬
nière merveilleuse à toutes les aspirations de notre âme. Posséder le
cœur d’un Dieu, savoir qu’il bat pour nous, qu’il veille sur nous, qu’il
se livre pour nous continuellement, sans se lasser des tiédeurs, sans
reculer devant les ingratitudes et les profanations, y a-t-il quelque
chose au monde qui puisse nous émouvoir davantage, nous encourager
plus fortement, nous fournir dans nos luttes un secours plus efficace?
Y a-t-il quelque chose qui puisse mieux nous pénétrer de nos devoirs?
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Goosle
— 351 —
Car un si grand honneur et une aussi grande miséricorde appellent un
retour et nous imposent des obligations. Ces obligations se résument
en quelques mots : amour, reconnaissance, honneur, réparation, prière ;
mais ces quelques mots renferment la religion tout entière. Donc
point de dévotion plus belle ni plus douce ni plus féconde.
Assurément un tel sujet pouvait bien fournir la matière d’un livre :
le P. Blot lui a consacré deux volumes. Dans le premier, ce que le
Cœur eucharistique de Jésus fait pour nous; dans le second, ce que
nous devons faire pour lui. Nous en avons donné l’abrégé au courant
des lignes précédentes. C’est, malgré quelques faiblesses, une œuvre
importante et très-digne d’éloges. Le plan est heureux ; les détails abon¬
dent; le style correct. Le Saint-Père en a approuvé l’idée; plusieurs
évêques en ont loué l’exécution.
(Pour le s d-dessus, d’après la Bibliographie catholique.)
BULLETIN SOMMAIRE
*K3
PUBLICATIONS RÉCENTES
l'énumération qm a nous faisan s ici des ouvrages parus dans te mais n'emporte
nullement de notre part recommandation de ces ouvrages ; c'est une simple énu¬
mération bibliographique pour ceux de nos lecteurs qui veulent se tenir au courant
de es qui parait.
Duqubssx. et la marina de son
tûmp&,par A. Jal, officier de ia Légion d'hon-
«eqr. 2 voL grand in-8° orné» de nom¬
breux fac-similé d’autographes et de deux
gravures sur bois. Prix : lGfr.
Antoine Goldow ou un jeune croisé de
18 ans, par le B. P. Franco, de la compa¬
gnie de Jésua. 1 vol. in-12 de 380 pages.
Prix : 2 fr.
Axr DE* PROJECTIONS (T), par l’abbé
Moigno. 1 vol in-12de 154 pages avec 103
gravures sur bois. Prix;2 ir. 50
Blanche et Noise, par Mme de Stolz.
1 vol. iu-12 de 320 pages,orné de 5é vi¬
gnettes. Prix : 2 fr. 25
Chateau de Chanttllt pendant la ré¬
volution (le), pas A. SoreL 1 vol. in-8® Ae
300 pages. Prix : 5 fr.
Cœub eucharistique (le), on le Cœur de
Jésus dans le Saint-Sacrement par le P.
Blot, missionnaire apostolique. î vol. in-12
d’ensemble 880 pages. Prix : 7 fr.
Dictature de cinq mois, mémoire pour
servir à l’histoire du gouvernement de la
défense nationale, par Al. Glais-Bizoin.
1 vol. in-12. Prix : 3 fr. 50
Education libérale (1*), l’hygiène, la
morale, les études, par Victor de Laprade,
de r Académie française. 1 vol. In-12 de
300 page*. Prix : 3 fr. 50
Éléments de thermodynamique, par
J. Moutier, ancien élève de l’école poly¬
technique. 1 vol. de 104 pages. Prix :
2 fr. 50
Esprit db l'imitation (T), étude ponr
servir d’introduction à l’Imitation de J.Ch
iy-Gooc
— 352 —
méditée par l’abbé Herbet, missionnaire
apostolique. 1 vol. in-12 de 220 pages.
r Prix : 1 fr. 50
Evangéline, poëme de Longfellow, ou¬
vrage traduit de l’anglais par Ch. Brunei.
1 vol. petit in-8 orné de nombreuses vi¬
gnettes. P r ' x •' 3 fr.
Filleul de Beaumarchais (le), par A.
de Pontmartin. 1 vol. in-(2 de 308 pages.
Prix : 3 fr. 50
France a Lourdes (la;, compte rendu of¬
ficiel publié par le comité de la manifesta¬
tion. 1 vol. in-12 de 192 pages. Prix: 1 fr. 50
Harmonies providentielles (les), par
Ch. Levêque. 1 vol. in-12 accompagné
de 4- eaux-fortes. Prix : 2 fr. 25
Histoire du gouvernement parle¬
mentaire en France (1814-1848), par
Duvergier do Hauranne, tome 10 et der¬
nier. 1 vol. in-8 de 710 pages. Prix : 7 fr. 50
Histoire romaine, par Théodore Momn-
sen, traduite par C. A. Alexandre, prési¬
dent à la cour d’appel de Paris; tome 8.
1 vol. in-8 de 340 pages. Prix : 5 fr.
Humbles (les), par François Coppéo, 1 vol.
in-12 de 160 pages. Prix : 3 fr.
Instruction du peuple (T), par Emile
de Laveleye. 1 vol. in-8 de 493 pages.
J Prix : 7 fr. 50
Jeunes francs-tireurs (les), par C. A.
Henry, traduit de l’anglais par Mme L.
Rousseau. 1 vol. in-8 orné de 20 gravures.
Prix : 5 fr.
Lumière (la), notes d’un cours de neuf
leçons sur le rôle scientifique de l’imagina¬
tion, par M. John Tyndall; traduit par
l’abbé Raillaud. 1 vol. in-12 de 180 pages.
Prix : 2 fr.
Madame Récamier, les amis de sa jeu¬
nesse et sa correspondance intime, par l’au¬
teur des Souvenirs de Mme Récamier. 1 vol.
in-8 do 411 pages. Prix : 7 fr. 50
Mémoires d’un journaliste, par H. do
Villemessant; 2 e série: les hommes de mon
temps. 1 vol. in-12 de 344 pages. Prix :
3fr.
Menaces et promesses de N.-D. de la
Salette, par F. Delbreil. 1 vol. in-12 de
440 pages. Prix ; 3 fr.
Merveilles de l’héroïsme, par Armand
Renaud. 1 vol. in-12 orné de 30 vignettes.
Prix : 2 fr. 25.
Mon discours a l’Assemblée natio¬
nale si j’étais député, par Georges Ro¬
main, auteur de l’Opinion de Bismarok.
I brochure in-32 de 64 pages. Prix : 25 c.
grand in-8 orné de nombreuses gravures
sur bois et de 7 cartes en couleur. Prix ;
9 fr.
Musée des archives nationales, do¬
cuments originaux inédits de l’histoire de
France depuis l’époque mérovingienne jus¬
qu’à la révolution française; ouvrage enri¬
chi de 1,200 fac-similé des autographes les
lus importants. 1 magnifique vol. in-4
e 800 pages. Prix : 40 fr.
Naufragés de l’ile de Bornéo (les),
par Mayne Reid. 1 vol. in-8 orné de belles
gravures hors texte par Ferat. 1 vol. in-8.
Prix : 7 fr.
Petite et Grande, par Mlle Julie Gou¬
raud 1 vol. in-12 de 330 pages, orné de
51 vignettes. Prix : 2 fr. 25
Photomicographie en cent tableaux,
pour projections, par M. Jules Giraud. 1 vol.
in-12 de 56 pages. Prix : 1 fr. 50
Plantes étudiées au microscope, par
J. Girard.1 vol. in-12 orné de 100 vignettes.
Prix : 2 fr. 25
Politique d’un soldat (la), par Saint-
Genest. 1 vol. in-12 de 300 pages. Prix :
3 fr.
Récréations dramatiques des pension¬
nats et des familles pour jeunes gens. 1 vol.
in-8 de 580 pages. Prix : 5 fr.
Religion (la), la patrie et la famille
dans l’éducation de la jeunesse, trois dis¬
cours prononcés en 1871-72 par le père
Lecuyer, prieur de l’éoolo Àlbert-le Grand
à Arcueil. 1 vol. in-12 do 68 pages. Prix :
1 fr.
Restauration française, par A. Blano
de Bonnet. 1 vol. in-8 de 480 pages. Prix :
5 fr.
Soirées a la maison (les), par Mme la
comtesse de Sannois. 1 vol. m-12 orné de
42 vignettes. Prix î 2 fr. 25
Souvenirs de la maréchale princesse
de Beauveau, suivi des Mémoires du ma¬
réchal de Beauveau. 1 beau vol. gr. in-8
de 350 pages. Prix . 10 fr.
Souvenirs et correspondance tirés
des papiers do Mme Récamier. 2 vol. in-8
d’ensemble 1040 pages. Prix : 15 fr.
Travaux publics des Etats-Unis d’A¬
mérique en 1870, rapport de mission par
M. Maléz.ieux, ingénieur en chef. 1 fort vol.
grand in-4 aveo atlas de 61 planches.
Prix : 70 fr.
Vapeur (la), par M. Guillemin. 1 vol.
in-12 orné de 95 vignettes. Prix : 2 fr. 25
Vie sauvage (la), par F. de Lanoye.
1 vol. in-12 orné de 35 vignettes. Prix î
2 fr. 25
Montagnes (les), par Albert Dupaigne
professeur au collège Stanislas. 1 fort vol.
Le Gérant, F. WATTEL1ER.
PARIS* — IMPRIMER!® JULES LE CLEKR ST C 1 *, RUE CASSETTE, 29.
i orne VII. — X. 12.
Décembre 2 892.
REVUE
BIBLIOGRAPHIQUE ET LITTÉRAIRE
A NOS AGRÉGÉS.
La bienveillance soutenue avec laquelle nos agrégés veulent
bien accueillir nos communications nous inspire la confiance
d’appeler de nouveau leur attention sur une de nos publications
les plus importantes, surtout en ce moment. Nous voulons parler
de V Ecole primaire, qui va commencer au premier janvier sa
septième année. Nous avons expliqué, dans notre livraison du
mois d’août de cette année, le plan de cette publication, destinée
surtout aux instituteurs, et l’on aura remarqué l’esprit franche¬
ment catholique qui préside & la rédaction. Nous rappellerons ici,
en quelques mots, les motifs qui doivent déterminer nos agrégés
à nous venir efficacement en aide pour la propagation de cet
excellent recueil. Nous n’avons pas hésité & faire d’immenses sa¬
crifices personnels pour le maintenir dans les circonstances si
difficiles des malheureuses années que nous vénons de traverser :
nous avons senti que la ligue des ennemis de la religion et de
l’ordre social s’attachant spécialement & corrompre l’enseigne¬
ment primaire, c’était là qu’il fallait concentrer nos efforts, afin
de résister à une propagande redoutable, dont le triomphe serait
la ruine irrémédiable de la société. Pour réussir il faut une ré¬
daction vraiment supérieure et surtout pratique. Le suffrage
éclatant arraché à H. Duruy, malgré ses préventions anticatho¬
liques, est la meilleure preuve que cette première condition a été
remplie.
11 faut de plus le bon marché, parce que l’instituteur est réel¬
lement pauvre : le prix de 6 francs par an, y compris les frais de
poste, est assurément le plus bas possible.
Nous ne craignons pas de nous faire illusion sur l’importance
et le mérite de cette publication, car nous avons pour nous le té¬
moignage éclatant rendu, après mûr examen et délibération, par
T. vu. 53
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— 354 —
l’éminente Société générale d’éducation et d’enseignement, qui
a pour président M. Cornudet, et pour vice-présidents MM. de
Melun, Michel, l’abbé Thenon, Cbesnelong et Baudon. Or cette
Société, dans son Bulletin, a bien voulu consacrer une note très-
explicite, dans laquelle, après «voir analysé plusieurs années de
Y Ecole primaire , on conclut par ces mots : V Ecole primaire a le *
DROIT d’attendre DES CATHOLIQUES QU’lLS LA SOUTIENNENT ET LA
PROPAGENT.
Appuyé sur un si éclatant témoignage, nous osons espérer que
nos agrégés voudront bien soutenir et propager Y Ecole primaire ,
en faisant prendre les abonnements les plus nombreux possible
pou l’année qui va s’onvrir, et au besoin en payant eux-mêmes
ce* abonnements, afin de faire pénétrer plus sûrement et plus fa¬
cilement cbeo les instituteurs oe guide catholique, antidote néces¬
saire centre les suggestions auxquelles ils sont exposés par la
propagande antisociale et antichrétienne.
Nous avons reçu de très-nombreuses réponses & notre appel en
faveur de la confrérie de Saint-Michel. Nous espérons avoir en¬
core à inscrire sur notre registre un très-grand nombre de noms;
nous prions nos agrégés de vouloir bien indiquer exactement les
adresses des personnes qui voudront s’affilier à cette confrérie.
PREMIÈRE PARTIE
ouvrages édités par nous ou dont nous avons accepté.
LA PROPAGATION SPÉCIALE.
EXPOSÉ RAISONNÉ DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE , par M. l'abbé
Laneyrie. 1 vol. in-i2de yiu- 460 p.—Prix : 3 fr.;pour nos agrégés : i fr. 25.
Sous ce titre modeste, voici un opuscule précieux pour le» catho¬
liques de nos jours r obligés à défendre continuellement leur foi contre;
les subtilités des dissidents ou de» incrédules instruits, et contra
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— 3B5 —
l'ignorance, les préjugés et les préventions dû plus grand nombre.
Comme le dit Fauteur dans son avant-propos, les catholiques pourront
trouver dans ce petit livre très-substantiel la preuve « que toute» leB
croyances catholiques sont fondées sur la parole de Dieu; sur la foi
de la primitive Église, et souvent même ne sonf que de simples con¬
clusions du bon sens. »
Àrchiprêtre de Colmar, l'auteur nous avertit encore que ce livre
n'èst rien autre chose qu'un court résumé de se» instructions pasto¬
rales : c'est donc le fruit d'une longue expérience dans le saint
ministère. Il porte, d'ailleurs, le sceau d'une respectable et éminente
approbation ; voici en quels termes l'archevêque cardinal de Bordeaux
recommande ce pieux ouvrage : « Dans sa brièveté savante* il est plus
complet qu'une foule d’ouvrages analogues. Les chapitiressur Y usage
dé la langue latine dans les offices, sur le célibat ecclésiastique,
Y abrégé de PHistoire de la religion ; sont dè belles- pages et d'une
utilité incontestable, même dàns lès paroisses qui ne renferment pas
de protestants. *
Outre ces questions qui ont, à bon droit, attiré d'une, manière
toute spéciale l’attention et mérité les éloges d'un éminent cardinal,
il en est une foule d'autres à P ordre du jour> pour parler le langage de
l'époque, et que le pieux et savant auteur a traitées avec autant de
précision que de lucidité; telles que : Yinfaillibilité de l'Église, la
lecture de V Écriture sainte , \$t pouvoir temporel du Pape, le protestan¬
tisme , Y immortalité de Pâme, V éternité des récompenses et des peines^
1 e célibat ecclésiastique* »
Nous dëvotts nous borner à ces indications sommaires. Ce livre est
un résumé succinct qui ne se prête pas aux citations textuelles II faut
lire soi-même cet enchaînement serré d'arguments et de preuves
fortifié de l’autorité des textes et des auteurs les plus respectables..
Pour rendre notre pensée par une image, nous dirons que, dans ces
jours de combat, Y exposé raisonné delà doctrine chrétienne est 1$
bouclier et le glaive dont tout bon soldat catholique ne doit jamais
se 1 séparer. Au Taunay.
LA FRANCE INDUSTRIELLE, par M. Paul Poiré. Grand iu«&de v-800 p<
1873.—Prix: 10 fr.
Voilà un ouvrage dont Pétude, je ne dis pas seulement là lecture,
nous a vivement intéressé. Style clair, précis, méthode simple et
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— 866 —
sûre sont les qualités qui recommandent tout d’abord ce livre à la
jeunesse studieuse et que les personnes plus instruites ne dédaigneront
pas de consulter. On y trouvera à chaque pas des aperçus intéressants
et surtout très-pratiques. Aujourd’hui que l'industrie a pris un tel
développement que toute la richesse de la France s’y trouve con¬
damnée, il n’est permis à personne d’ignorer les procédés dont elle se
sert pour produire ces immenses ressources, qui sont le salut de notre
patrie pour le présent et l’espoir de son avenir. Malheureusement
fétude de l’industrie en France et ailleurs n’occupe qu’une place
insignifiante dans l’instruction, d’ailleurs si variée, de nos lycées et
de nos institutions. La plupart des élèves achèvent leurs études sans
même avoir un aperçu de la manière d’ont l’homme transforme les
matières premières pour les faire servir aux différents besoins de
la vie II n’y a pas jusqu’à la vie de ces hommes simples et laborieux,
dont le génie inventif dota l’humanité de procédés qui ont révolutionné
l’industrie, qui ne soit souvent complètement inconnue, meme de la
nation qui leur a donné le jour. Cependant il y a là tout un ensei-
^Noujb appelons donc de tous nos vœux le succès de cet ouvrage destiné
à relever l’industrie dans l’esprit de bien des gens qui n’y voient, la
plupart du temps, qu’un ensemble de procédés empiriques et soumis
à aucune loi. Il n’est plus permis d’ignorer qu’à notre époque la
physique et la chimie surtout ont porté la lumière partout, et
ont fait de l’industrie une véritable science. Nous regrettons seulement
que l’ouvrage deM.Poiré ne soit pas à la portée de toutes les bourses,
et nous demandons à l’auteur qu’il en fasse un abrégé substantiel qui
puisse pénétrer jusqu’au fond de l’atelier le plus humble.
Disons maintenant un mot du plan général de l’ouvrage, pour que
le lecteur puisse s’en faire une juste idée.
L’auteur a divisé son œuvre en six livres, dont chacun correspond
à un besoin particulier de la vie de l’homme sur la terre.
1* L’homme, vivant en société, doit d’abord tirer de la terre les
matériaux qui lui sont nécessaires pour ses besoins multiples. Le
sol sur lequel il vit renferme, à des profondeurs souvent considé¬
rables, des richesses qu’il faudra d’abord lui arracher; c’est là le
but des industries extractives :
2» Il faut transformer ces matériaux et les approprier a nos différents
usages • mais alors l’homme a besoin d’instruments de nature diverse,
d'outils’, de machines, de produits chimiques, de là les industries prépa-
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— 357 —
raloires , que Fauteur divise en industries préparatoires mécaniques, et
en industries préparatoires chimiques;
3° Les matières premières, qui servent à l'alimentation de l'homme
et que celui-ci transforme pour son industrie en farines, conserves,
sucres, etc.
4° Le quatrième livre renferme les industries du vêtement et de la
toilette, qui comprennent toutes les filatures, teintures, chaussures, et
en un môt tout ce qui se rattache au vêtement et à la toilette.
5° Mais les vêtements ne suffisent pas à l'homme, il faut qu'il se
loge, qu’il s'abrite, qu^il embellisse ses demeures, j’allais dire ses
prisons, qu’il les rende plus commodes et plus confortables : de là les
industries du logement et de Vameublement et tout ce qui s'y rattache.
6° Enfin, dans le sixième livre, l'auteur décrit les industries qui
donnent satisfaction aux besoins intellectuels , telles que la papeterie,
l'imprimerie, la gravure, etc.
Tel est, en résumé, le but que s'est proposé M. P. Poiré. Nous
croyons que non-seulement il l'a atteint, mais qu'il a rendu un grand
service aux études en les dotant d’un bon et excellent traité sur la
matière; aussi apprenons-nous avec la plus grande satisfaction que
le public lui fait l’accueil qu’il mérite. L’abbé L.-M. Piogbr.
LES MAGNIFICENCES DE LA RELIGION, ou recueil de ce qui a été
écrit de plus remarquable sur le dogme, sur la morale, sur le culte divin, etc.,
et répertoire de la prédication, par M. l’abbé Henry. Cinquième série : le
temps deNoël. 1 vol. in-8 de 607 pr.—Prix : 5 fr.; pour nos agrégés : 3 fr. 50.
Nous avons expliqué dans notre numéro du mois de novembre le
plan suivi par M. l'abbé Henry dans ce travail remarquable, si bien
intitulé : Magnificcnces'de la religion . Comme les considérations et ins¬
tructions sur le temps de Noël se trouvent dans la dix-huitième série
avant la fête de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le volume
dont nous rendons compte aujourd’hui commence par les extraits et ci¬
tations pour le dimanche dans l’Octave de Noël. Il y a pour les prédica¬
teurs et pour les pieux fidèles une abondance admirable de considé¬
rations et d'instructions relatives à ce dimanche : Une homélie de
Thibault développe lepître du jour, en montrant dans le mystère de l'In¬
carnation le profond abaissement du Verbe étemel et la sublime élé¬
vation de l'homme; — un prône de Cochin nous explique comment, en
devenant enfant de l’homme, Jésus-Christ nous rend enfants de Dieu;
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— 358 —
les privilèges ineffables de cette glorieuse adoption et la coupable
indifférence de ceux qui négligent d’en apprécier le bienfait; — nous
trouvons de plus, un projet de prône sur la même épître, par Grisot; —
enfin un autre sujet tiré de cette épître.
Pour l’Evangile du jour, nous avons l’explication des prophéties de
Siméon et d’Anne sur Jésus-Christ, par de la Luzerne ; — une homélie
de Thiébault sur l'accomplissement de la loi, les dispositions avec
lesquelles nous devons l'observer et les motifs que nous propose
1 Evangile pour nous y porter; — une autre homélie de Lambert , qui
explique comment Jésus-Christ est venu pour la ruine et la résurrec¬
tion de plusieurs; — une troisième homélie de Reyre, expliquant le
même Évangile. Puis trois prônes de Réguis , de Badoire , de Monmorel,
1° sur la connaissance de Jésus-Christ; 2® sur la naissance de
Jésus-Christ considérée comme sujet de crainte salutaire; 3° sur
l’usage que nous devons faire des contradictions. Enfin de courtes ins¬
tructions sur chaque jour de la semaine par Monmorel , et l’indication de
quatre autres sujets tirés de l’Évangile, complètent les matériaux
fournis pour cette première semaine après Noël.
Pour le dimanche ientre la Circoncision et l’Epiphanie, on trouve une
instruction sur l’épître et un prône sur l’évangile, par Guillois) de
plus, un prône de Réguis sur notre vie considérée comme un voyage
vers la patrie céleste.
Le dimanche dans l’Octave de l’Épiphanie et les trois dimanches
après l’Épiphanie sont traités avec autant d’ampleur et d'intelligence
que le dimanche dans l’Octave de Noël : M. l'abbé Henry a été modeste
en donnant à son recueil le titre de 'Répertoire ; il aurait pu l’intituler
sans exagération : Trésor de la prédication . Nous ne pouvons que nous
associer aux témoignages si flatteurs reçus par le Jrespectable auteur
et former des vœux bien sincères pour que ce trésor enrichisse la bi¬
bliothèque non-seulement des prêtres, mais des familles chrétiennes.
A. Conari.
1/AUTOPSIE DE Z/HOMME-rEOaSE, par M. Pàbbé P. Moniquet, du
clergé de Paris, i vol. de 200 p.w Prix : 2 fr.
Nous féliciterons d’abord l’abbé Moniquet de s'être fait l'avocat
philosophe et chrétien, contre M. Dumas, de cette pauvre femme,
tant avilie par cet écrivain dans son roman VHomme-Femme.
T3ien que les erreurs du romancier aient été promptement relevées
par des écrivains catholiques, une réfutation directe et quasi-officielle *
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389 —
par un apôtre de la vérité, nous a paru bien convenable et [pleine
d'à-propos.
H fallait clairement démontrer à M. Dumas, que si « la démangeai¬
son Ta pris-» de nous prouver avec autres choses « paradoxales, in¬
convenantes, monstrueuses » que la femme « est l'éternelle messaline
avant comme après le Christ », il s est grandement trompé.
C est ce que l'abbé Moniquet s'est chargé de lui apprendre, en
répondant à ce curieux roman, par la dissection des idées mêmes du
roman qu’il approuve ou qu'il réfute, suivant qu’elles sont justes ou
erronées. Son argumentation est claire, facile, variée et remplie d’in,
térêt. En polémiste habile et courtois, il a donné à son ouvrage une
forme qui plaît au lecteur, et qui, par ses prévenances, est bien de
nature à convaincre un contradicteur de bonne foi. Nous oserions
presque dire que la plume de cet excellent défenseur de la femmese
rapproche trop de la souplesse des phrases du romancier. D'autres
peut-être»trouveront là un mérite de l'ouvrage; mais pour nous,dès
l'instant que nous avons sous sous les yeux une réfutation d'erreurs,
il nous semble qu'un argument plus .serré eût mieux démontré la
valeur des opinions de M. Dumas.
L'auteur de Y Autopsie de V Homme-Femme nous permettra de re¬
gretter d'avoir oublié dans son ouvrage de rappeler à,M. Dumas et de
lui prouver au besoin que, quoi qu'il en dise, la femme n'a pas une
origine et une fin moins nobles que l’homme : pas plus que ce dernier,
elle ^'appartient à la race simique et n'eut une guenon pour mère™
Si nous n'étions convaincu que l'auteur a visé à la brièveté dans
aon ouvrage, nous ferions remarquer encore que ses preuves auraient
grandi de force et de persuasion, si, dans ses réfutations, il avait
plus longuement exposé nos dogmes catholiques. M. Dumas et ses
lecteurs ignorent ou méconnaissent nos saintes vérités; il importait
donc de les instruire ou de les confondre. C’était d'autant plus le cas,
que les lecteurs de M. Dumas étaient naturellement curieux de con¬
naître le livre de Y Autopsie et s'attendaient moins à prendre un remède
ai efficace, après avoir avalé un poison si violent.
A ces quelques observations près, nous ne craignons pas d'affirmer
que Y Autopsie de V Homme-Femme est un excellent et intéressant
petit ouvrage d’actualité, véritablement utile aux lecteurs de M. Du¬
mas, et enfin assez instructif pour quiconque veut avoir une idée du
roman de M^Dumas sans se donner la jpeme de.le lire.
L. B., prêtre agrégé à l'œuvre des Agrégations.
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360 —
LA SAINTE COMMUNION, conférences aux dames du monde, par
Mgr Làhdriot. 1 yoI. in-12 de vi-448 p. — Prix : 3 fr.
Nous n'avons rien à apprendre à nos lecteurs sur la tendre piété et
le talent du vénérable auteur dont nous venons de citer le nom. Pour
ce livre, nous dirons qu'il semble écrit avec la plume de l'aile d'un sé¬
raphin. C'est un chant plutôt qu'une dissertation. On n'analyse pas
l'harmonie; il faut la répéter telle qu'on Ta entendue pour la faire com¬
prendre.
D'un autre côté, les bornes de cette Revue ne permettent pas les
longues citations, auxquelles nous nous laisserions facilement en¬
traîner après avoir lu le livre..., nous allions dire le poëme, du pieux
et éloquent prélat. Il faut donc nous restreindre à citer la conclusion de
ce poétique traité de l'Eucharistie présenté aux gens du monde :
« L’âme cherche le repos, la paix et la tranquillité ; elle fait même
tout pour arriver à cet heureux état; car la paix et le repos c'est l'ini¬
tiation de l'étemelle béatitude dans un repos sans fin. Ici-bas l'âme
n’a guère de repos; tout l’agite, la bouleverse; elle est ballottée par
les choses, les hommes, les événements. Le cœur de Dieu seul peut
nous donner un vrai repos, qui n'est qu'une étape avant l’arrivée dans
la patrie. Le cœur de Dieu seul peut nous protéger efficacement contre
les angoisses du dehors et du dedans. L'âme a besoin d’huile, de sua¬
vité et de parfum ; car il y a tant de froissements sur la terre, tant
d'engrenages qui vous heurteraient violemment! L’âme se briserait
sans cette douceur intime qui calme et assouplit. L’odeur qui nous ar¬
rive des choses de ce monde soulèverait parfois le cœur de dégoût ;
l’âme a besoin des parfums du ciel ; elle a besoin de nourriture contre
les défaillances, de refuge contre les assauts du dehors, de secours contre
les périls et les tentations, et de sagesse pour se diriger au milieu des
écueils. Fille du ciel, il lui faut un héritage céleste, même en ce monde;
il lui faut un trésor, et comme elle est saintement ambitieuse, il lui
fautDieupoursa possession et une possession pour ainsi dire exclusive.
H faut qu’elle puisse dire : « O Dieu, vous êtes ma propriété; vous êtes
mon Dieu, mon Dieu à moi. * Car Dieu est si bon, si puissant et si
riche, qu'il peut se donner et se donne en effet à chaque âme comme s'il
n’existait que pour elle, comme s'il était seul en ce monde avec cette
âme bien-aimée. Et dans les moments les plus doux de la plus intime
union, il se fait autour de Dieu et de cette âme comme une solitude
d’amour, et la jouissance divine a tous les charmes de l'amour exclusif.
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301 —
«.Enfin Famé s’écrie : 0 Dieu , vous êtes celui dans lequel mon
âme est fixée avec fermeté , celui dans lequel mon esprit et mon cœur sont
toujours enracinés d y une manière immobile. Voilà bien le dernier effet
deFEucharistie! lime semble voir un arbre majestueux dont les ra¬
cines sont enfoncées dans un terrain solide et fécond. Les racines vont
chercher la vie à des profondeurs que l’homme ne soupçonne pas d'a¬
bord. Get arbre se couvre de fleurs, de feuilles et de fruits. Ceux qui ne
connaissent pas les secrets de sa végétation peuvent croire que le tronc
vigoureux et les branches trouvent leur vie en eux-mêmes; ils ne savent
point que la vie leur arrive des racines, et que ces racines plongent
dans un sol arrosé par des eaux souterraines.
« Ainsi l'Eucharistie est le sol divin des âmes sérieusement chré¬
tiennes, et ces âmes se développent comme un grand arbre. Elles ont
des feuilles et des fleurs, c'est-à-dire toutes les grâces et les charmes
delà vertu; mais surtout elles amènent en abondance des fruits sa¬
voureux, qui paraissent en leur temps. Le secret de cette végétation
divine est dans ces paroles de S. Bonaventure : « Ces âmes ont l'esprit
« et le cœur enracinés dans le sol eucharistique. » Aussi elles ont toutes
les propriétés des grands arbres, elles résistent aux orages; elles
donnent de la fraîcheur aux passants ; elles sont l'ornement du jardin
de l'Église ; elles s’épanouissent comme les belles fleurs des pays
orientaux, et produisent comme elles de ces fruits succulents dont l’in¬
térieur renferme une délicieuse liqueur.
« Je termine ces entretiens sur la sainte communion. Je les ai com¬
posés dans un moment de tristesse et de grande douleur, alors que mon
pauvre diocèse était écrasé, et que les ruines de la patrie étaient encore
fumantes. Je les ai écrits en ces longs jours d'hiver, qui semblaient
marcher encore plus lentement qu'à l'ordinaire. Cependant ce travail
m'a procuré de douces émotions; il a charmé ma tristesse et relevé
mon courage abattu. Il m'a fait du bien aussi, parce qu'il m'a constam -
ment rapproché de Dieu, et, comme dit S. Thomas, quand l’âme s'at¬
tache à Dieu, elle sent un très-grand plaisir, et ce plaisir chasse la
tristesse et la diminue. »
i
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— 362 —
CHOIX SE DÉVOTIONS EN EHONNEUR SE LA TRÈS-SAINTE
VIERGE, par M. l’abbé Henri. 1 vol. in-18 de 721 p. — Prix : 2 fr. 50 ;
pour nos agrégés : i fr. 25.
Nous avons beaucoup d’ouvrages sur la très-sainte Vierge ; mais
nous ne craignons pas de dire que celui-ci est des plus complets, des
plus solides et des plus édifiants. L’auteur commence par des ré¬
flexions préliminaires dans lesquelles il explique la puissance de Marie
et sa bonté pour nous secourir ; il entre, ensuite dans l’exposition des
dévotions et des pratiques en l’honneur de la très-sainte Vierge, toutes
recueillies dans les auteurs les plus estimés et enrichies, pour la plu-
.part, de nombreuses indulgences.
Beauooup.de fidèles seront heureux de trouver sur ces pieuses pla¬
stiques, qui leur sont chères et familières, des notions historiques, de
pieux commentaires, des méthodes sûres pour en tirer de plus grands
«fruits. .Naturellement le chapelet et le scapulaire tiennent le premier
trang parmi les dévotions en l'honneur de la très-sainte Vierge. L’ar-
chiconfrérie de Notre-Dame des Victoires, le dogme de l!Immaculéç-
jConception et les pratiques qui s'y rattachent, les fêtes de la Nativité,
de l’Annonciation, de la Purification et de l’Assomption; — sept for¬
mules de neuvaines; — la dévotion des quinze samedis; — le mois de
Jdarie ; — la dévotion à Notre-Dame des sept douleurs ; — le culte du
saint cœur de Marie; — plusieurs formules de consécration à la
aainte Vierge; — des considérations sur le saint nom de Marie; — la
Salutation angélique ; — ïAngélus; — le Petit-Office; — le Magnificat;
— le Salve Regina; •— le Regina cœli ; — VInviolata; — les messes en
l’honnneur de Marie; — les cantiques; — les congrégations; —les
pèlerinages; — les indulgences de la PortioncuLe; — un choix de
prières empruntées aux saints ; — les hymnes et les litanies en l’hon¬
neur de la sainte Vierge : tels sont les principaux sqjets.traités dans
ce volume; cette énumération suffit pour justifier ce que nous disions
en commençant.: ce recueil est l’un des plus complets sur les dévorions
en l’honneur de la très-sainte Vierge.
Suivant la méthode des autres volumes dont nous avons rendu
compte dans nos livraisons d’octobre et de novembre, M. l’abbé Henry
soutient l’attention du lecteur par des traits d’histoire heureusement
choisis ; qu’il nous suffise de citer, pour l’ouvrage dont nous parlons
aujourd’hui, les récits si émouvants et non moins édifiants des ba¬
tailles de Muret et de Lcpante, la victoire prodigieuse de Sobieski,
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— 3 ï3 —
les sièges de Belgrade et de la Rochelle, les anecdotes relatives à
M. Gaulthier de Claubry et aux artistes Haydn et Mozart; la con¬
version de M. Alphonse de Ratisbonne et quelques guérisons remar¬
quables et authentiques; quant à l'orthodoxie, qui est la première con¬
dition d'un ouvrage de ce genre, elle est suffisamment garantie par la
science et la piété de l'auteur ; elle est d’ailleurs attestée par l'approba¬
tion de Mgr l'évêque de Saint-Dié, qui recommande la lecture de ce
charmant volume aux fidèles de son diocèse. Jules Quétand.
QUELQUES MOTS SUR LTNSTRUC.TION PUBLIQUE EN FRANGE,
par Michel Buéal, professeur au collège de France. 1 vol. in-12. — Prix :
3 fr. 50.
J.-J. Rousseau, un jour, dans une conversation avec Bernardin de
Saint-Pierre, contredit par ce dernier sur je ne sais plus quelle
question de science, lui fit cette réponse : « Vous avez tort, mais
j'aime mieux vous donner raison, car il me faudrait six mois pour vous
réfuter. »
C'est l'argument dont on serait tenté de se servir chaque fois qu’il
vous tombe entre les mains une de ces productions malsaines de la
libre pensée, qui remettent sans cesse en question, avec une audace
infatigable, les vérités les plus évidentes et les principes les mieux
établis. Il faudrait en effet, pour les réfuter, reprendre par le détail
toute la chaîne des arguments fournis par nos grands écrivains
catholiques, la démonstration étant parfaitement faite et péremp¬
toire, il serait aussi téméraire qu'inutile de l’entreprendre de nouveau;
il suffit d'y renvoyer le lecteur.
C'est ce que nous ferons en*peu de mots.
Le livre de M. Bréal est un livre écrit par un homme très-lettré,
très-universitaire, qui connaît à fond les choses dont il parle et qui a
acquis d'ailleurs l'autorité d'une voix quasi officielle, grâce aux larges
emprunts qu'une circulaire ministérielle lui a faits tout récemment;
mais c'est une raison de plus pour signaler le danger des doctrines
qu'il tend à faire prévaloir.
Faisons d’abord une juste part à l’éloge. L'auteur parle en homme
compétent, tant qu'il ne s'agit que d’instruction, et surtout d'instruction
primaire. Sa qualité de professeur de faculté ne lui a pas dérobé le
sens de l’enseignement élémentaire ; il connaît bien les défauts de
notre enseignement primaire; il a d'excellents chapitres sur l'ensei-
gnement de la langue française, de la géographie et des autres parties
du programme ; les réformes provoquées par les pédagogues allemands
ne lui sont pas inconnues; il voudrait, comme tous les hommes qui
connaissent bien les vices de notre système scolaire, voir l'école sortir
de l'ornière des abstractions et employer une méthode moins artifi¬
cielle. Tout cela est excellent, quoique peu neuf; mais il n'est pas
inutile de le redire, et Ton doit savoir gré à l'auteur, tout en faisant
un plaidoyer pro domo sua, [de n'avoir pas hésité à signaler les côtés
défectueux de l'édifice universitaire.
Les remèdes qu'il a indiqués sont-ils suffisants, et sont-ils de nature
à rétablir ce grand malade qu’auscultait d'une manière si originale,
il y a peu de jours, M. L. Veuillot? — Hélas! nous craignons bien
que le malade, même galvanisé par cette électricité négative, ne se
lève dans sa fureur et dans sa misère, soutenu par cette force factice,
pour aggraver sa maladie par de nouveaux excès.
M. Bréal veut l'école laïque, c'est-à-dire l’école sans enseignement
religieux; pour lui l'instituteur est un professeur de science, rien de
plus; il est chargé d'instruire, il n'a pas mission d 'élever. Nous
aurons des enfants, instruits, nous n'aurons pas d’enfants élevés. Dans
cinq ans, dans dix ans une force terrible et multipliée à l'infini
sera jetée dans la mêlée sociale ; contre quoi va-t-elle se tourner? Ne
le niez pas, car c’est là votre espérance : elle se tournera contre la
société chrétienne, et logiquement enfin contre toute société orga¬
nisée. L'homme est une force fatalement agissante; il agit en raison
de ses appétits ou de ses croyances. Vous lui avez ôté les croyances
chrétiennes; il s'en est fait d'autres au gré de ses instincts pervers
et de ses passions : et vous voulez que, tout-puissant par le nombre
et par l'intelligence, il ne marche pas avec un formidable ensemble au
sac d’une société qui fait obstacle à toutes ses convoitises?
Le sophisme de Venseignement laique vient de Rousseau, à qui nous
devons la plupart des grandes erreurs qui troublent et menacent ce
' siècle. L’auteur de Y Émile ne voulait pas qu'on parlât à l’enfant de
Dieu avant douze ans. Etait-ce là une erreur fondée sur ce défaut de
jugement dont le philosophe de Genève a donné tant de preuves, ou
bien n'était-ce pas plutôt le parti pris d'un déiste qui voulait modeler
l’enfant à son image? Je ne résous pas la question. Mais ce qu'il y a
de certain, c'est que les sectes socialistes et athées et l'Internationale,
ses héritières, ne se cachent nullement pour donner à ce faux les prin¬
cipales conséquences logiques qu'il renferme. Ils ne veulent pas de
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— 365 —
Dieu dans l'éducation, parce qu'ils ne veulent pas de Dieu dans
l'homme, ni plus tôt ni plus tard. Certains écrivains, obligés par posi¬
tion à une certaine décence, peuvent essayer de voiler ce but in¬
avouable, mais il n’en est pas moins l'objectif de leurs efforts.
Et ils savent bien ce qu'ils font, en effet. C'est l'enfant qui met
l'homme debout, bon ou mauvais, qui donne le branle à toute sa vie,
et ce n'est que par exception que peut sortir un homme de foi d'une
jeunesse incroyante et impie. Les sectaires veulent d'abord soustraire
l’enfant à la famille par l'instruction obligatoire, afin de le soustraire
par là même au souffle du christianisme, qui subsiste encore dans cette
antique et vénérable institution, créée par Dieu lui-même. Ils s’en
empareront donc par la force toute-puissante de la loi, et ils comptent
achever leur œuvre en le plongeant jusqu'à 1 âge adulte dans l’école
sans Dieu. Il en sortira marqué de leur empreinte, n'en doutez pas;
l'expérience le prouve. L'enfant n'apporte pas la vérité en naissant;
il en a la capacité , il n'en a pas la notion; si vous ne la lui donnez
pas, il Tignorera donc. Mais ce n'est pas tout : la vie humaine est
fondée sur des habitudes; si l'enfant n’a pas V habitude de la vérité, il
prendra celle de l'erreur, car il faut bien qu’il pense quelque chose et
que quelque chose vienne alimenter son esprit; il pensera donc mal;
pensant mal, il agira mal aussi, il aura des habitudes de mauvaise
conduite dont héritera sa vie entière. Par la double influence des idées
et de l’habitude, voilà donc un être humain conquis à l’incrédulité et
à la haine, ou tout au moins à l'indifférence de la vérité et du bien ;
voilà une unité de plus ajoutée à l’armée des niais et des pervers dont
les sectaires ont besoin pour accomplir leur œuvre de démolition.
Si encore ces prétendus réformateurs, après avoir détruit, pouvaient
mettre au jour au moins une idée présentable un véritable principe pé¬
dagogique auquel on pût donner une application utile ! Mais ils sont
condamnés à l'impuissance, parce que rien n'est applicable ni fécond
que le vrai.
Veut-on savoir comment notre auteur entend réaliser l'éducation
intellectuelle et morale des enfants î Ce sera à l'aide de Robinson Crusoé
et des Contes de Perrault , ni plus ni moins. Voilà le fond d'enseigne-
gnement destiné à remplacer tout le christianisme et toute la littérature
chrétienne. Ces deux livres seront le texte principal des explications
du maître; c'est à l’aide des idées et des exemples qu'ils renferment
que l'école développera l’intelligence et la moralité de l'enfant. Cela
d'ailleurs, ineptie à part, mène bien au but que l'on poursuit : on
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— 366 —
veut faire le vide dans l’âme de l’enfant ; on veut en chasser les idées
chrétiennes, afin qu’il échappe à leur influence. On amuse son intelli¬
gence par un jouet : le moyen n’est, en effet, pas mal choisi.
Ce qui épouvante surtout les ennemis de la religion, ce qui leur donne
des craintes sur le résultat final de leurs efforts, voulez-vous savoir ce
que c’est? C’est la crainte de la grâce divine; ils la nient, ils la mépri¬
sent tout haut, mais ils y croient ; voilà pourquoi ils cherchent à la
bannir de l’éducation, car elle est l’antidote tout-puissant du poison
qu’ils veulent inoculer : sûrs que, par l’école laïque r l’enfant échappera à
la connaissance et à l’influence de la vérité, ils ne se promettent pas
moins de le soustraire par ce moyen à la grâce de Dieu. Ils auront en
quelque sorte enchaîné sa bonté, ils se seront vengés de lui. Cela est
monstrueux, cela est satanique, mais c’est vrai. 11 n’y a pas d’incrédule
dans la véritable acception du mot : l'idée de Dieu s’impose irrésisti¬
blement à toute créature humaine* Les incrédules ne sont que des ré¬
voltés ; à l’exemple de leur ancêtre, ils blasphèment Dieu, mais ils ne
peuvent méconnaître son existence.
Nous ne prêtons ni à M. Bréal ni à son livre ces effets détestables,
mais ils y conduiraient logiquement ceux qui en embrasseraient les
doctrines.
Au reste, si l’auteur n'affiche pas ouvertementces doctrines extrêmes,
sa haine contre l’Eglise et la vérité n’en est pas moins très-réelle, et elle
le conduit, comme elle en a conduit beaucoup d’autres avant lui, à nier
les vérités et les faits les plus éclatants, parce qu’ils l’offusquent.
Ainsi, selon M. Bréal, l’Église a toujours cherché à étouffer l’instruc¬
tion, les écoles ont été établies en dehors d’elle et malgré elle ; le pro-
- testantisme seul, inspiré par Luther, est le véritable créateur des écoles;
les écoles tendent à se séparer de l’Eglise, parce qu’elles sont nées
sans elle, etc. A toutcela on a répondu mille fois, preuves en main, que
les écoles du moyen âge ont conservé les lumières au milieu
d’une société barbare, que les écoles ont toujours existé à coté des
églises et des cathédrales, que dans chaque village même une école
tenue par un clerc, le magister , sous l’inspiration du curé, n'a jamais
laissé le peuple dans l’ignorance, que ces grandes institutions ont pris,
au xvii® siècle, sous l’influence du vénérable de la Salle, une forme
et reçu une impulsion définitives qu elles conservent encore, etc.
RT. Bréal sait probablement tout cela, mais il désire que son public
l’ignore, et même croie le contraire, et c’est pourquoi il n'a pas honte
de faire une aussi grave offense à la vérité.
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367
B fout conclure. Le livre de M. Bréal est écrit avec talent et il rerc-
férme, nous lè répétons, un certain nombre d'observations utilès
au point de vue dé la réforme dans lè mode d’enseignement ; mais si
nous le considérons au point de vue des doctrines sur Tédueation
publique, nous devons le signaler comme un livre pernicieux, dont on
doit fuir la lecture comme on fuirait une source limpide mais em¬
poisonnée, E. Qtnx.
QUESTIONS SCOLAIRES, à propos du livre de M. Bréal, par M. Baudet.
4 vol. in-12.
Ce livre est une apologie et comme une paraphrase du livre de
M. Bréal. H fait l’éloge des quelques idées vraies qui s’y rencontrent,
et du plus grand nombre d'erreurs qui s'y pressent. Les deux auteurs
sont protestants, à la manière de M. le pasteur Coquerel fils, ce
semble. Ce renseignement suffit.
Un mot cependant sur une phrase caractéristique qui est de M. Bréal,
et que le Pylade de cet Oreste universitaire cite avec admiration :
« Toutes les qualités du cœur ne nous sauveraient pas : une expé^
rience vieille comme l’humanité nous apprend que lè succès ici^bas
n’appartient ni aux âmes aimantes ni aux cœurs les plus généreux;
c'est AUX INTELLIGENCES LES PLUS AI9UISÊES ET LES
PLUS ACTIVES qu'est dévolu x’empire du monde! U... »
Non pas! s’il vous plaît, Messieurs. Une « expérience vieille comme
inhumanité et l’histoire de tous les temps prouvent au contraire que
le succès réel et définitif appartient à la justice, qui tient dans les
amples plis de son manteau la grandeur d’âme et la charité.
Les pharisiens,. qui ont fait mourir le Christ, étaient des esprits
aiguisés; aiguisées aussi étaient les intelligences des philosophes et
des sophistes qui ont continué à travers les âges la périlleuse entrer
prise des pharisiens ; ils ont souvent eu le dessus, il est vrai ; ils
ont pu pousser à bout leurs haines sataniques et goûter l'âpre joie du
triomphe. Mais après? Après avoir servi d’instrument à la justice
divine, ils ont disparu, eux et leurs œuvres, devant le courroux formi¬
dable du grand Dieu qui « précipite dans la mer le cheval et le
cavalier et qui les y engloutit comme une pierre. » Esprit aiguisés*
verges vous êtes, verges, vous serez jetées au feu! E. Q.
\
L’ARMORIAL OU BIBLIOPHILE,
Les livres ont leur histoire, et il n’est indifférent à aucun lecteur dè
savoir qui, avant lui, a travaillé, ri, pleuré, pensé sur les pages qu'il
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— 368 —
feuillette. M. Bachelie, Deffonne, réminent libraire, répond donc i
un vœu des bibliophiles en leur offrant un recueil des marques em¬
preintes sur la reliure; certificats d’origine qui donnent tant de prix
aux livres sortis de collections renommées.
**Le soin [avec lequel ont été reproduits ces fers, fait une œuvre d’art
de VArmorial du bibliophile, titre assez impropre d’ailleurs, car
l’amateur y trouvera non un recueil de blasons, mais les signatures et
marques héraldiques ou non des collectionneurs d’autrefois, depuis
le semis d'abeilles du roi Louis XII jusqu’aux monogrammes deM. le
duc d’Aumale et de M. Léménic.
Les notices dont M. Joannes Guigard a accompagné chaque fer sont,
dans les trois premiers cahiers, sinon toujours intéressantes, au moins
convenables et conformes à l’objet de l’ouvrage. Pourquoi, dans le
quatrième, a-t-il changé de ton et de chanson!
« Quoiqu’il n’eût aucun de ses ancêtres, que nous sachions, ayant
participé à ces carnavals armés qu’on appelle croisades, Charles
Nodier n’en timbrait pas moins ses livres d’un sceau d’une charmante
simplicité qui montre l’homme tout entier : ni or, ni gueules, rien
d’héraldique. Ex musœo Caroli Nodier; c’est tout. *
« François de Toumon, selon les biographes, passe pour une des
gloires de la France. Nous ne nous y opposons pas. En somme, voici
son bilan.
« Fonde l’imprimerie royale; — crée la chambre ardente; — établit
un collège à Toumon; — introduit chez nous Vengeance de Loyola. »
Et à propos des livres de Mme de Pompadour: « Ainsi parlait
la belle courtisane au petit-fils de S. Louis. — Au fait était-il bien le
fils de ce pieux monarque , celui qui entretenait pour son usage
particulier
Maints troupeaux de jouvencelles
Toutes jeunes, toutes belles.
« Il faudrait voir. Une messaline peut seule vicier toute une dynas¬
tie. »
Ces appréciations historiques, qui traînent depuis Dulaure dans les
bas-fonds de la littérature à bon marché, ne sont pas dignes du public
auquel elles s’adressent. M. Guigard sacrifie au goût du jour,
comme il eût, il y a cent ans, brûlé de l’encens aux pieds de la
Pompadour. Il aura beau faire; il ne fera pas un goût démocratique
et radical du noble goût des livres, si bien nommé par un illustre
bibliophile, le marquis de Paudray, la passsion des honnêtes gens.
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DEUXIÈME PARTIE
REVUE
DES
REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES
LE LIVRE DES FAMILLES, ou précis d'enseignements moraux sur les
maximes de l'honnête homme, par M. Le Sage, avocat et ancien maire de
la ville de Dinan. 4* édition. 1 vol. i-n8 de 304 p. — Prix : 2 fr.
Il existe un petit poëme fort connu attribué à Fénelon, bien que
nous n’ayons pu le trouver dans la collection de ses œuvres, et qui
commence ainsi :
Craignez an Dieu vengeur et tout ce qui le blesse,
C'est là le premier pas qui mèue à 1a sagesse.
Trente-cinq préceptes semblables, chacun composé de deux vers
élégants et corrects, résument tous les devoirs de la vie religieuse,
politique, sociale et de famille, sous le titre général de Maximes de
rhonnête homme . Le P. Blanchard, professeur de rhétorique à Meti;*
mort en 1797, en avait fait le sujet d’un ouvrage extrêmement intéres¬
sant, que plusieurs fois il remania et comme titre et comme fond, et qui
enfin est resté sous le nom à 1 École des Mœurs; trois ou six volumes, sui¬
vant l’édition. Rarement on a écrit un livre plus attrayant, plus com¬
plet, plus utile; l’anecdote s’y joint au précepte, la finesse des re¬
marques au bon sens solide que le présent ne paraît guère avoir hérité
de nos pères, et tout cela dans un style familier, mais vivant et char¬
mant. VÉcole des Mœurs a presque disparu sous l’avalanche de traités
à peu près semblables, édités depuis trente ans, et qui sont loin de la
valoir.
Ç*a donc été une excellente pensée de tirer de l’oubli un tel ouvrage
et de l’offrir non-seulement à la jeunesse, mais aux pères et aux mères
aux maîtres et aux maîtresses, à toute personne en état de lire et de
porter intérêt à la direction de sa propre conduite. Le succès a répondu
pleinement aux espérances de M. Le Sage, puisque nous voici en pré¬
sence d’une quatrième édition. — Au reste, ce n’est pas l’ouvrage pri-
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— 370 —
mitif, tel quel, qu'on a reproduit ; outre qu'il est notablement abrégé,
on l’a complètement remanié, afin de le mettre mieux en rapport avec
les besoins de la société et des mœurs actuelles. On a jugé également
utile d’emprunter aux auteurs catholiques les plus célèbres de notre âge
quelques-uns de leurs plus beaux passages, à mesure que la matière
y amenait; c’est, toutefois, la jeunesse principalement que l’écrivain a
en vue; il estime, à bon droit, qu a elle surtout il est urgent de penser
si nous avons souci de la régénération du monde, si nécessaire, hélas!
« Le Livre des Familles mérite son nom, écrit Mgr l'évêque de Saint-
Brieuc (4 octobre 1867). On peut le mettre avec confiance entre les
mains des parents et des enfants : chacun y trouvera d’excellents avis,
de saines et utiles pensées, de nobles sentiments. Pour moi, en le
lisant, j'ai senti à chaque page l’accent d'un cœur pénétré d’un vif
amour du bien, p. 7. « Cet éloge est tout à fait mérité, et rend, mieux
que nous ne l’eussions pu faire nous-même, notre appréciation per¬
sonnelle. La dernière partie de l’œuvre du P. Blanchard, où se con¬
dense dans un tableau final l’esprit de tout l'ouvrage, a été reproduite
intégralement, et M. Le Sage y joint des notices sur les divers auteurs
cités par son prédécesseur ou par lui. loi, il nous semble par trop inco¬
lore; certains noms, ceux, par exemple, de Duclos-Pineau (et non
Pinot, p. 295J* de Casimir-Delavigne, de MM. Thiers, Dupin, Lamar¬
tine, exigeaient, selon nous, quelques mots destinés à prémunir le lec-
teu^çontre leur esprit et beaucoup de leurs écrits. Les citations ne
sont justifiées par aucune indication de nature à faciliter la recherche
du texte dont on peut désirer d’avoir la suite; quelquefois même,
comme à la page 32, elles suivent sans guillemets et se confondent
avec le travail propre de l’auteur. Nous osons à peine signaler quelques
autres négligences très-légères; ainsi, Maupertuis a perdu depuis long,
temps le Monsieur , et quand on nous dit qu’il accompagnait le roi de
Prusse à la guerre, ne devrait-on pas apprendre au lecteur peu instruit
qui était ce roi, à quelle époque et à qui il faisait la guerre ? Une demi-
ligne y suffirait (p. 73), et c’est une occasion d’agrandir sans fatigue le
petit trésor des connaissances de l’enfant.
( D'après la Bibliographie’catholique.)
UE COBPS HUMAIN, par M. A. Le Pileur, docteur en médecine. 1 vol.
in-12, de 342 p,, avec 45 vignettes. — Prix : 3 fr. 00.
Après avoir rappelé l'idée que les anciens se faisaient du corps hu-
mqîn, M. Le Pileur donne, dans son introduction, des notions sommaires
— 371 —
d'anatomie générale, et les renseignements préliminaires qui mettent
le lecteur à mêine de comprendre ce qui doit suivre.
11 parle ensuite de la forme du corps, de sa beauté. 11 étudie sa struc¬
ture, consacre un chapitre à la colonne vertébrale, au thorax, au
membre supérieur et au membre inférieur, un autre au mouvement, un
autre à la tête. Viennent alors trois études sur la digestion, la respi¬
ration, la circulation ; une sur le système nerveux ; une sur chacun
des cinq sens ; une sur la parole, et une enfin sur la physionomie.
Au point de vue scientifique, cet ouvrage ne fournit que des données
sûres. On a évité d'y aborder les parties de la physiologie qu'il vaut
mieux ne pas mettre sous les yeux des jeunes lecteurs. L'auteur met
en relief tout ce qu'a d'admirable, d'ingénieux, de merveilleusement
combiné la structure du corps humain ; mais il est à regretter qu’il ne
fasse pas remonter l'admiration, la gratitude jusqu'à Dieu. Il s'arrête
à ce mot derrière lequel il n'y a rien : la nature .
RECUEIL GÉNÉRAL ET ALPHABÉTIQUE DES LOIS ET DÉCI¬
SIONS SUR LA CHASSE, par L. Bruno* 1 vol. in-i* de 74 p. — Prix :
i fr. 50.
Ce recueil fait connaître les circonstances dans lesquelles le chasseur
est ou n'est pas en délit, et lui apprend, en conséquence, ce qu'il doit
éviter pour sa sécurité.
En*outre on y trouvera un travail dû aux soins des professeurs du
Muséum d’histoire naturelle, à savoir, la classification par région des
oiseaux sédentaires et des oiseaux de passage, et la désignation des es¬
pèces qui peuvent être considérées comme nuisibles. Le tout est suivi
d'un tableau des époques et amorces pour chaque espèce de poisson.
GUERRE DE 1*70-71 ; CAUSES ET REMÈDES DE NOS DÉSASTRES,
par M. Batiffol. 1 vol. in-12, de 352 p. — Prix : 2 fr.
L’auteur s’élève dans un esprit éminemment conservateur contre le
culte du succès quand même, c'est-à-dire du succès qui ne s'appuie pas
sur la justice et la légalité. Ainsi il représente la guerre d'Italie comme
le point de départ de la décadence de l'empire. Il flétrit aussi la politique
astucieuse du roi d'Italie, quoique favorisée jusqu’ici par les événements.
Il apprécie enfin l'insurrection et la révolution du 4 septembre comme
actes illégaux et criminels. Une réflexion est la conclusion endtre his¬
toire depuis quatre-vingts ans : « Grâce à toutes nos révolutions, nous
— 372 —
avons amoindri notre territoire depuis trois quarts de siècle, tandis
qu'autour de nous presque tous les peuples qui nous avoisinent ont
agrandi le leur. »
ÇPour ces trois ouvrages , d'après le Bulletin des publications populaires.)
LE R. P. EUDES, ses vertus, par le R. P. Héramboubg. T vol. —Prix :
Au nombre des grandes figures chrétiennes qui ont honoré le xvn e
siècle, il en est une qui, pour être moins connue, n’en est pas moins
belle : c’est la noble et douce figure du P. Eudes, fondateur de la con¬
grégation de Jésus et de Marie. La vie de cet homme de Dieu, ses ver¬
tus, ses missions, ses travaux de tous genres sont relatés avec soin
dans l'ouvrage du P. de Hérambourg. Le style est d'une remarquable
simplicité; mais des actions qui brillent par elles-mêmes de l'éclat de
la sainteté n'ont pas besoin des ornements de l’éloquence.
AUX SOUVERAINS DE L’EUROPE. L’unité italienne est-elle possible,
par M. Moens. I vol. — Prix : 3 fr.
Cet ouvrage aura certainement un grand et légitime succès : le nom
seul de l’auteur en est une garantie. On se rappelle les poursuites ju¬
diciaires dont l’ambassadeur d’Italie menaça, il y a trois mois à peine,
le jeune publiciste belge pour sa courageuse défense de la Papauté.
M. Moens n'a pas reculé devant les menaces; son livre le prouve. Il
porte haut et ferme le drapeau de la foi, du devoir et de l'honneur. Il
flétrit énergiquement le spoliateur; il preuve que, si le monde court à sa
perte, c'est par l'unité italienne, unité fondée sur le parjure.
Le roi d'Italie est réduit, pour soutenir son trône chancelant, à tendre
la main aux sociétés secrètes, à les implorer, à vivre de leur vie. Il a
ouvert au socialisme les portes de l’Europe. Le flot démagogique monte,
et nul, en c^ monde, ne peut le retenir. Un homme peut s'y opposer
encore, un homme peut nous ramener le calme et la paix. Mais il est
captif, il est prisonnier du roi parjure. Pie IX sauvera la société sur le
bord de l’abîme; mais, pour entreprendre cette grande œuvre et cette
noble tâche, il faut qu’il soit libre et indépendant. L’Italie cependant
avance à grands pas dans la voie du déshonneur et du crime : le drapeau
de l’Église ne saurait mêler ses plis glorieux à l’étendard maçonnique
devant ]pquel Victor-Emmanuel est forcé de s’incliner.
A chaque ligne de ce remarquable écrit, se dégagent ce tact exquis,
cette élévation de sentiments auxquels on atteint rarement. D’un style
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— 373 —
élégant et facile, le sujet, quelque aride qu’il soit, prend une grâce par¬
ticulière qu’on ne rencontre guère dans les ouvrages de ce genre.
La discussion en est claire et la logique impitoyable. L’auteur prend
les ennemis de la religion et de la papauté corps à corps. Il montre
l'abîme qu’ils préparent et où s’engloutiront irrévocablement trônes et
dynasties.
Sous le rapport de l’exécution, ce volume est un chef-d’œuvre typo¬
graphique. ( D'après la France nouvelle.)
DU TABAC, son histoire, ses propriétés, son usage nuisible à la santé, à la
morale et aux grands intérêts sociaux, par A. Gaffard, d’Aurillac. 1 vol.
in-18 de 184 p. — Prix : 1 fr. 50. .
L’association française contre l’abus du tabac et des boissons alcoo¬
liques avait ouvert un concours pour le meilleur ouvrage sur cette ma¬
tière. Dans sa séance du 6 juin 1872, elle a décerné le premier prix à
M. Auguste Gaffard, d'Aurillac.
Ce petit livre, écrit avec conscience, également recommandable au
point de vue de la science et de la morale nous paraît digne en effet de
la distinction particulière dont il a été l’objet. Nous n’hésitons pas à
recommander cette étude sur le tabac comme la plus complète et la
plus utile qui ait paru jusqu’à présent. C’est une bonne œuvre que de
travailler à la faire connaître.
HONNEUR ET PATRIE, par G. Fallet. 1 vol. in-8 de 190 p., avec une
gravure. — Prix : 1 fr.
Sous ce titre, ou plutôt sous cette devise, M. Fallet a groupé de
courts récits empruntés à l’histoire de France.
On a suivi l’ordre chronologique. Aux combats soutenus par Charles
Martel contre les Sarrasins, et par les comtes de Paris contre les Nor¬
mands, succèdent des épisodes de la guerre de cent ans, des expédi¬
tions d’Italie, de la lutte contre la maison d’Autriche, des dissensions
religieuses de la fin du xvi° siècle. Pour le règne de Louis XIV, des
notices spéciales sont consacrées à Vauban, Catinat, Villars et Féne¬
lon ; pour le xviii* siècle, à la défense héroïque du Canada par Mont*
calm, ainsi qu’aux campagnes victorieuses du bailli de Sufiren dans
les mers du Nord. Cette publication est faite dans un esprit religieux
et patriotique et les jeunes gens pourront y puiser de salutaires inspi¬
rations. (D'après le Bulletin des publications populaires .)
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— 374 —
LE SERMON SUR LA MONTAGNE, avec des réflations dogmatises et
morales, par Mgr Ginoulhiac, archevêque de Lyon. 1 beau voL in-18
Jésus, vélin. — Prix : 3 fr.
Le nom du savant archevêque de Lyon est la meilleure iiecommanda-
tion pour ce livre auprès du public auquel il s’adresse. L’ouvrage se
divise en trois parties, dans lesquelles le respectable auteur étadie
successivement les préceptes de la loi chrétienne, son esprit, la manière
de l’accomplir, et enfin son autorité et sa nécessité absolue. C’est un
commentaire lumineux et précis des paroles du divin Maître ; c’est un
résumé substantiel de la morale évangélique, dans ses grands traits,
dans ses principes les plus purs et les plus élevés. Qu’on lise surtout
les chapitres qui torchent aux points les plus délicats, aux préceptes
de la charité, de l’amour des ennemis, et Ton verra avec quelle sagesse,
avec quelle sûreté de coup d’œil, l’illustre théologien sait déterminer les
obligations du chrétien, et discerner la limite qui sépare le devoir du
simple conseil.
Que d’illusions ne se fait-on pas à cet égard! Que de subtilités! que
de vains prétextes pour échapper à l’austérité de la loi chrétienne ! On
se sent devenir meilleur à la lecture de ces pages fortifiantes ; on suit
pas à pas, pour ainsi dire, le développement de la conscience et le pro¬
grès de Taine, sous l’inspiration toute-puissante de la grâce.
Et puis ce livre ne vient-il pas à son heure ? Ne nous berçons pas
d’illusions : la conscience vraiment chrétienne, la conscience qui de¬
mande un changement absolu ne se contente pas de moins ; celle qui
progresse au lieu de décroître, et dont les exigences augmentent au lieu
de diminuer ; celle iqm demande -d une manière positive, et non pour la
forme seulement, l'exécution du devoir ; celle qui ne fait grâce à aucune
injustice, à aucun mensonge, à aucune lâcheté; oeUe- <jui inspire des
résolutions viriles et qui dicte parfois de douloureux sacrifices'; cette
conscience-là, on la rencontre rarement de nos jours» Il importé donc
de relever la conscienoe; mais elle ne se redressera qu’à la condition de
redevenir fortement chrétienne. Le beau livresque nous an&onço&econ¬
tribuera puissamment à cette grande œuvra.,
{D'après îa Semaine catholique de Lyon.)
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— 376 —
NOUVELLES ANDALOUSES, scènes de mteurs contemporaines, pàr
Feman Caballero, traduites de l’espagnol, avec l’autorisation de l'auteur,
par M. Germond de Lavigne. 1 vol. in-12 de xvi-370 p. 1869. —Prix : 1 fr.
Il n’y aurait qu’à applaudir à cette Bibliothèque des romans étran¬
gers, publiée dans d’extraordinaires conditions de bon marché et qui
est déjà fort riche, si tous ses volumes ressemblaient à celui-ci. Mal¬
heureusement on y prend de toutes mains comme de toutes nations,
et toutes les mains qui offrent ne sont pas également propres et pures.
Ici quelle fraîcheur, quelle honnêteté, quel parfum de bon goût,
quels tableaux aimables et charmants I Rien qui offense la conscience
et la morale ; rien qui ne soit plein de respect pour la religion et qui
n’apprenne à détester ce qui est mal, ce qui pervertit, ce qui abaisse,
le • tout sans prédication, simplement par le jeu des personnages et
dans l’entraînement du dialogue. St quelle finesse aussi ! quel crayon
délicat 1 comme on arrive sûrement aux sentiments intimes des
acteurel
Tontes les règles de l’art n’y sont pas observées sans doute 5 lés
épisodes he s’enchaînent pas toujours avec habileté ; les récits se ter¬
minent trop brusquement, souvent à l’endroit même où le coeur refuse¬
rait de s’en détacher et s’attend à jouir encore ; mais ces défauts (tout
compensés par des qualités trop rares pour qu’on s’y arrête. Feman
Caballero est un maître dans l'école dés gracieux conteurs; la réputa¬
tion qu’il s’eit acquise- en Espagne et en France le montre assez ;
il est peu de nonm plus populaire» dans la saine littérature du joAr.
Le seôrèt de pseudonyme n’en est plus un, et puisque les indiscré¬
tions du Dictionnaire des Contemporains ont ouvert'la porte de cette
paisible retraite de l’Akttzar de Sévillè, Où l’auteur cultive avec tant
de succès la littérature de son pays d’adoption, Maté Bohl de Alton,
fille du cornai de Hambourg à Cadix; ne peut trouver mauvais qùe
nous la saluions sous son vrai nom, en glissant nos humbles félicita¬
tions parmi miles qui lui arrivent chaque jour, et de .tous les points du
monde ou se sont répandus ses livres délicieux. Ce sont des scènes
d’amour que Mme Bohl aime à reproduire, —■ du moins y en 4-bàl
partout, — mais d’amour honnête, au but avouable. Parfois même On
s’étonnera qu’une femme y prenne si parfaitement le rôle de l'homme»
et décrive seahéroïnes avec une touche achnirative qui semblerait devoir
être étrangère à son sexe. L’indication seule, que nous faisons en
ce moment avertit assez que les Nouvelles Andalousie, sans présenter
— 370 —
de mauvais en elles-mêmes, ne sauraient être lues indifféremment
par tous, encore moins par toutes. Il y faut quelque âge et point
d'imagination facile à prendre feu. Les personnes trop jeunes ne se
défendraient guère d'une émotion qui a ses périls.
Quant à la pensée, nous l’avons dit, elle est franchement chré¬
tienne ; les héros ont Dieu présent, et leurs discours savent l’honorer.
Les proverbes, qui abondent, ainsi qu'il convient dans la patrie de
Sancho Pança, n’ont pour objet que le culte de la vertu et les leçons
d'une sage et morale expérience. « Je t’ai donné la croyance chrétienne
qu3 j’avais reçue de mon père, et cela suffit pour faire d’un homme
un homme de bien. C’est là le premier but en ce monde, et ceux qui
ont la croyance chrétienne peuvent aller la figure découverte, et non
le chapeau rabattu sur les yeux. Ne crois pas, mon enfant, ce que
te diront plus de quatre imbéciles qui ont appris leurs doctrines dans
le français et dans l'anglais, que les faits de Dieu ont vieilli. Ils
ne vieilliront jamais, attendu que Dieu naît à chaque heure ; il ne
mange ni ne boit, mais il juge ce qu’il voit. Le mensonge ne gagne
rien à être jeune, et la vérité ne perd pas pour être vieille (p. 345). «
C’èst un simple paysan qui tient ce noble langage à son fils adoptif
prêt à se lancer dans les grandes villes. Et cet autre encourageant le
repentir : « Ne parlons plus du passé : lorsque le lièvre est parti, les
pièges sont inutiles. Je ne suis pas de ceux qui mettent en morceaux
l’arbre tombé, ou qui doublent la charge de la mule qui s’agenouille. Le
repentir est un baptême, il rouvre la porte du bercail (page 148). »
Ailleurs, contre les horreurs de la guerre : « Quand donc Dieu per¬
mettra-t-il à la civilisation de se jeter dans les bras du christianisme,
son père, et de s’entendre avec lui pour que les hommes n aient plus à
prendre les armes que volontairement, dans le seul but d’entourer
le trône pour lui faire honneur, et la justice pour la faire forte (p. 30) î »
Ailleurs encore (p. 88) : ** Un homme bienfaisant ne comprendra pas
qu’on se plaigne de l'ingratitude, qu’il a trouvée plus rare qu’on ne la
fait, et qui importe si peu. « Ici (page 120), c’est un hommage à laPro-
vidence, renouvelant chaque jour le miracle de la multiplication des pains
en faveur des familles pauvres et laborieuses. Là (page 127) on voit
fidèlement noté ce sentiment amer surgissant, chez l'homme de petite
vertu, chaque fois que, dans ses relations avec un autre, il a avec
la supériorité matérielle l'infériorité morale : « De ce sentiment naît
une hostilité qui nécessairement dégénère en despotisme. »—L'auteur
aime à revenir aux belles cérémonies de l'Église, aux touchantes ma
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— 377 —
nifestations de la foi dans les campagnes andalouses, car c'est le
village qu'elle visite de préférence, et son talent s'y délecte. Nous ne
connaissons pas de plus poétique peinture d'une soirée de printemps
que celle de la page 168. — Quant à la gaieté, elle fait irruption
par moments : l'histoire du paysan enrichi, Don Judas Tadeo Barbo, est
un modèle de bouffonnerie et de situation grotesque, où le bon goût,
du reste, n'a jamais d'épreuves à subir. La scène en diligence
(p. 190 et suiv.) n'est pas moins réussie. Pour ceux qui ont fré¬
quenté les vieilles diligences d’Espagne, attelées quelquefois de vingt-
deux mules, quelquefois de huit ou dix bœufs, la vérité devient
saisissante. En toute occasion, et nous l’en félicitons, Mme Bohl
flétrit, comme il le mérite, ce type hideux du parvenu ladre, libérâtre et
impie, qui de France a traversé les Pyrénées pour s’installer jusque
dans les montagnes de ce pays dont M. d'Arlincourt a judicieusement
écrit : « A une époque où toutes les empreintes s'effacent sous le double
marteau de la civilisation et de l’incrédulité, il est touchant et beau de
voir une nation conserver un caractère stable et des opinions immua¬
bles. » Quant à la traduction de M. de Lavigne, si elle est exacte, nous
l’aurions voulue plus élégante en maint endroit. Le volume est, toute¬
fois, d'une lecture courante et agréable, et précédé d’une excellente
introduction du traducteur.
SCIENCE ET FOI, par le docteur Damoiseau, d'Alençon. 1 vol. in-8. de
380 p. — Prix : 6 fr.
Introduire pratiquement l’idée de Dieu dans la science, telle est la
préoccupation constante de l'auteur de ce livre. Science et Foi , deux
sœurs en effet essentiellement inséparables : ce qui a fait dire à un
savant prêtre de l’Oratoire, que pour arriver à la science il faut la foi.
Certes il a fallu du courage au P. Gratry pour jeter à la face du savoir
contemporain une vérité si étrange; mais il en faut encore plus, ce me
semble, au docteur Damoiseau pour entrer dans la même lice.
Un savant qui montre une telle puissance de principes est certes
bien autorisé à aborder certaines questions interdites à des médecins
athées ou matérialistes, telles que la question capitale du bien et du
mal, et celles qui traitent de Vesprit, de la vie et de la mort . Celui-là
est bien propre à nous tracer le vrai idéal du médecin, à faire justice
du matérialisme contemporain, à stigmatiser l'enseignement médical
dans ses conditions actuelles, enfin à relever la dignité professionnelle
du médecin en France.
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— 378
Au surplus, le nom de l’auteur n'est pas nouveau dans le monde
savant : il est attaché à plusieurs découvertes qui ne sont pas sans
importance. Son lit chirurgical , sa loi des courbes qui circonscrit les
épanchements pleurétiques, sa terabdelle, le plus puissant des aspira¬
teurs qui, depuis vingt ans, sauve dans le département de l’Orne,
chaque année, un certain nombre de personnes frappées d’apoplexie,
et qui aurait conservé tant d’hommes précieux à la science dans notre
capitale, n’était la jalousie, cette vieille sotte de tous les ans, qui ne
pardonne pas à celui qui l’offusque.
Urit enim fulgore suo qui prægravat artes
Infra sepositas. (Hor.)
A ces travaux utiles ajoutons le dernier service rendu à la science par
l'auteur de ce livre essentiellement rénovateur.
La science médicale a infiniment plus de rapports qu'on ne pense
avec le divin. D’où cet axiome : le vrai médecin ne doit considérer le
corps de l’homme que dans la lumière de l’Homme-Dieu, qui seul le
rend intelligible. Nous devons à la * foi scientifique * la meilleure part
de nos progrès. Ce qu’il faut, c’est que ceux qui ont des convictions se
lèvent pour les affirmer. ( D'après le journal intitulé V Union médicale .)
LE MUSÉE DES ARCHIVES NATIONALES, documents originaux
inédits de l’hisloire de France, avec 4200 fac-similé d’autographes, i vol.
in-4° de 800 pages. — Prix : 40 fr.
Dans les jours mauvais que nous traversons, c’est une consolation
de pouvoir relire avec orgueil les noms de nos rois, de nos hommes de
guerre ou d’État, qui avaient fait de la France la première nation du
monde ! Eh bien ! entre tous les dépôts où nous aimons à nous res¬
souvenir du passé, il faut placer en premier ligne les archives nationales.
On a, depuis environ cinq années, extrait des riches oollections de
toutes sortes conservées à l’hôtel Soubise les pièces les plus importantes
et les plus rares, pour en former un musée paléographique. C’est une
vraie galerie d’histoire de France composée à l’aide d'autographes. Il y
a là des diplômes qui remontent jusqu a Clotaire II et à Dagobert I er ,
et cette série se déroule à travers douze siècles et .amène le visiteur
jusqu a la Révolution et au premier Empire. C'est un autre musée de
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— 379 —
Versailles; mais les tableaux, an lieu d’être l'oeuvre de pinceaux
modernes, ont été tracés par des contemporains.
MM. les archivistes des archives nationales ont eu l’heureuse et
toute patriotique idée de donner au public comme une sorte de photo¬
graphie du musée Soubise. Pour accomplir cette œuvre difficile, ils ont
fait appel à l’habileté et au talent bien connu de M. Henri Plon. L’ou¬
vrage est fait et admirablement réussi. Toutes les pièces exposées au
nouveau musée y sont décrites, analysées par ordre chronologique et
accompagnées de 1,200 fac-similé des autographes les plus précieux.
La curieuse publication de M. Plon abonde aussi en signatures de
personnages célèbres, reproduites avec une scrupuleuse fidélité.
Ce volume du Musée des Archives nationales a sa place marquée
dans la bibliothèque du savant, comme aussi dans le cabinet del’a-
mateur qui aime son pays. (D'après la France nouvelle.)
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PUBLICATIONS RÉCENTES
L'énumération que nous faisons ici des ouvrages parus dans le mois n'emporte
nullement de notre part recommandation de ces ouvrages ; c'est une simple énu¬
mération bibliographique pour ceux de nos lecteurs qui veulent se tenir au courant
de ce qui parait.
Ans spirituels pour les âmes qui
aspirent à la perfection; tome III. 1 vol.
in-18 de 490 pages. Prix : 2 fr.50
Belport, Reims, Sedan ; le 7« corps de
Tannée du Rhin ; par le prince Georges
Bibesco, officier supérieur de l’armée fran¬
çaise, attaché du 7* corps. 1 vol. in-8° ac-
oompagné de six cartes et tableaux.
Prix : 6 fr.
Dictionnaire littéraire et histori¬
que de la Grèce, de Rome, et du moyen
âge, enrichi de tableaux synoptiques em¬
brassant l’histoire de tous les siècles avant
et après Jésus-Christ, par T. Mello. 1 beau
vol. grand in-8°. Prix : 10 fr.
Doctrines positivistes en France (les),
par M. l’abbé Guthlin, professeur de phi¬
losophie. 1 vol. in-8°. Prix : 6 fr.
Etats-Unis de l’ Amérique septentrio¬
nale (les), leurs origines, leur émancipation
et leurs progrès, par Ad. Frout de Font-
pertuis. 1 vol. in-8°. Prix : 8 fr.
Eve et ses filles, par l’abbé Petitalot,
1 vol. in-12. Prix : 3 fr.
Forts par la Foi, par Marie Guerrier
de Haupt, lauréat de l’Académie française,
1 vol. in-12 de 380 pages. Prix : 3 fr.
Histoire de Grégoire VII, par M. Vil-
lemain. 2 vol. in-8°. Prix : 15 fr.
Idées subversives de notre temps
(les), étude sur la société française de
1830 à 18?i,par Charles Louandre. 1 vol.
in-12. Prix : 1 fr.25
Jeunes francs-tireurs (les), par C. A.
Henty; ouvrage traduit de l’anglais avec
l’autorisation de l'autour, par Mme L. Rous¬
seau. 1 vol. in-8° de 300 pages orné de
20 vignettes. Prix î 5 fr.
Journal d’une mère pendant le
siège de Paris, par Marie Lebran. 1 vol.
in-12 de 380 pages. Prix : 3 fr.
Lourdes, pèlerinages et pèlerins, par
Jean Loyseau. 1 vol. in-18 de 100 pages.
Prix : 1 f r .
Méditations chrétiennes, par l’abbé
Bautain, précédées d’une introduction par
Mgr Hacquard, évêque de Verdun. 1 vol.
in-12. Prix î 3 fr.50
Merveilles de l’art hollandais ,
exposées à Amsterdam en 1872, par
Henry Havard. 1 vol. in-4° jésus grandes
marges, avec cinq photographies.
Prix : 35 fr.
Notre-Dame du Pont-Main, avec un
aperçu pes pèlerinages en général et des
apparitions de la sainte Vierge jusqu'à nos
jours, par M. l’abbé V. Postel, anoien vi¬
caire général. 1 vol. in*12 de 500 pages.
Prix ï 3 fr.50
Œuvres de François de Pange
(1789-1796), recueillies et publiées avec
une étude sur sa vie et ses œuvres, des
notes, et une table analytique, par L. Beeq
de Fouquières. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr.50
Pierre le Peillabot (1789-1795), par
Aug. de Barthélemy. 1 vol. in-12 de
352 pages. Prix : 3 fr.
Révolutionnaires (les) (1789-1795), par
Jules Courtet, ancien sous-préfet. 1 vol.
in-8°. Prix î 6 fr.
Russie libre (la), ouvrage traduit de
l’anglais par Emile Jonveaux. 1 vol. in-8°
de 490 pages, orné de 75 gravures sur bois.
Prix : 10 fr.
Science et Foi, études par le docteur
Damoiseau, président de la société locale
des médecins de l’Orne. 1 vol. in-8° de
380 pages. Prix : 6 fr.
Sœur Eugénie, ou la vie et les lettres
d’une Sœur de charité, trad.de l’anglais par
M. l’abbé Abel Gaveau, 1 joli vol. petit
in-8°. Prix : o fr.
Théâtre chez sot, par Mlle Zénaïde
Fleuriot. 1 vol. in-12. Prix : 2 fr.
Tour du Monde (le), nouveau journal
de voyages publié sous la direction de
M. Edouard Charton et illustré par nos
plus célèbres artistes, année 1872 (treizième
année). 2 vol. in-4° de 432 pages chaoun.
Prix: 25 fr.
Vie militaire et religieuse au moyen
âge et à l’époque de la Renaissance, par
Paul Lacroix (bibliophile Jacob), conserva¬
teur de la Bibliothèque nationale de l’Ar¬
senal . 1 vol. in-4° de 575 pages, orné de
14 chromolithographies exécutées par F.
Kellerhoven et de 409 gravures sur bois.
Prix : 25 fr.
Voyage aux pays bouges, par un con¬
servateur rédaoteur du Français . 1 vol.
in-12. Prix: 3 fr.
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TABLE ALPHABÉTIQUE DES OUVRAGES
*
DONT IL A ÉTÉ RENDU COMPTE DANS LES DOUZE NUMEROS DE L’ANNÉE 1872
A
Abbé de Beaumont (P), par le P. de
l'Ermite. 253
A ceux qui souffrent. Consolations par
MgrdeSégur. 187
Action individuelle dans l'éducation chré¬
tienne, par l'abbé Courtade. 48
Amis des Ouvriers, par l'auteur de la vie
du bienheureux Pierre Fourrier. 279
Ancienneté de l'homme (P). 52
Année (P) d'expiation et de grâce 1870-
1871, par M. l’abbé Besson. 336
Année de Marie, par M. Pabbé Beaulieu.
119
Année terrible (P), par Victor Hugo. 281
Antonio Perez : Philippe 11 et le royaume
d'Aragon, par le marquis de Pidal.
A quoi sert un chapelet. 140
Armée de Mac-Mahon (P) et la bataille
de Beaumont, par Pabbé Defourny. 210
Articles organiques devant l'histoire, le
droit et la discipline de l'Eglise, par
l’abbé Hébrard. 4 8
Assemblées municipales sous Louis XVI.
par M. le vicomte de Luçay. 120
Aujourd'hui et demain, par Pierre Le¬
brun. 2T
Autorité et liberté. Conférences de Mgr
Landriot. 212
Autopsie fl) de Phomme-femme, par
M. l'abbé Moniquet, du clergé de Paris.
Armorial (P) du bibliophile. 367
Aux souverains de l'Europe, par Moens.
372
B
Beau (le) dans la nature et dans les arts,
E ar Pabbé u abolit. 273
le (la) sans la Bible, par M. Goinet.
310
Bienfaiteurs de l'humanité. 155
Bombonnel le tueur de panthères, par
lui-même. 60
Bourdaloue. disposé en sujets de lecture,
par l'abbé Herbet, 30
Bourgeois et ouvriers. 82
Boutades, clergé et politique, par Elie
Redon. 115
C
Caissier (le) Peters ou la Némésis chré¬
tienne, par Charles de Travenet. 91
Calvaire (le), par Pabbé A. Henri. 295
Cantique des Cantiques, par Mgr de la
Bouillerie. 333
Captivité h Ulm (la), par le P. Joseph.
ISO
Cardinal de Bérulle (le), par M. Nourris-
son. 51
Causes de nos désastres; réflexions d’un
prisonnier de guerre, par un officier
supérieur. 287
Causeries agricoles d'un vieux cultiva¬
teur. par F. Laujorrois. 285
Ce qu*il nous faut; lettres aux paysans,
par un de leurs frères. 118
Chapelle Saint-Hyacinthe, souvenirs du
catéchisme de la Madeleine. 184
Charles le Téméraire, par Walter Scott.
51
Choix d’un état (le), par Desormes. 57
Chrétien sanctifié par l'Eucharistie (le),
par t'abbé Henry. 328.
Cœur Eucharistique (le), ou le Cœur de
Jésus dans le Saint-Sacrement, par le
P. Biol. 350
Cœur de Jésus, par le P. Desjardins. 187
Cœur de Jésus (le) et nos souffrances.
Colonies françaises, par de Longeville.
219
Comme on servait autrefois,par le P. Soin-
mervogel. 341
Comte de Chambord (le) et ses ancêtres.
„ « 241
Conférences et lectures, par Augustin
Cochin. 148
Confession d’un ouvrier, par E. Sou-
vestre. 183
Conjuration antichrétienne contre l'Ame
des enfants. 156
Connaissance du Cœur de Noire-Seigneur
Jésus-Christ percé par la lance. 143
Conseils aux jeunes gens sur l'étude de
l’histoire, par Mgr Dupanloup. 296
Conquête (la) de Constantinople, par
Geoffroy de Villehardouin. 297
Corps (le) humain, par M. A. Le Pileur,
professeur en médecine. 370
Conquêtes de l’industrie (les), par E. Ro-
sary. 284
Cours élémentaire de droit usuel. 155
Cours de littérature poétique, par un
professeur de littérature. 37
Cours de philosophie adopté au pro¬
gramme du baccalauréat, par Farges.
Critiques et réfutations, par Henri de
Lépinois. 40
Croisés (les) de Saint-Pierre, par le
P. Franoj.
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382
Culture (la) en billons, d’après la mé¬
thode de H. Oecrombecque. 149
Choix de dévotions en l’honneur de la
Très-Sainte Vierge, par M. l’abbé
Henry. 362
D
Danger et salut. 300
Darwinisme et l’origine de l’homme, par
l’abbé A. Lecomte. 380
De la condition légale des communautés
en France, par Cn. Jacquier. 181
De la souveraineté nationale, Léon Glas.
288
De l'éducation chrétienne, par M. l’abbé
Verniolles. 134
De 1'fispritrSaint et du miracle. 134
Désert de glaces, par Jules Vernes. 2ÊH
Des moyens de développer par l’éduca¬
tion la dignité et la fermeté du carac¬
tère, par l’abbé Ginon. 285
Deux ans dans l’Afrique orientale, par B.
Jouveaux. t *29
Deux dindons et un Champenois. 213
Deux mois de prison sous la Commune,
par P. Perny. M 35
Deux orphelins, par Hme4e Sainte-Marie.
Devoirs des chrétiens devant finftdllibi-
lité. 133
Dieu et l'esprit humain, par l’abbé Fer¬
rée 38
Dieu d’autrefois (le), par Conrad de Bo-
* lande ü. 131
Dieu et l’ouvrier, par de Plasman. 209
Dieu nouveau (le), par Griser. 913
Discours et conférences sur l’éducatiou.
244
Distributions de prix (livres pour). 204
Docteur au village (le) ; entretiens sur la
botanique, par Mme Hippolyte Meunier.
285
Droit au crime (le), par le docteur Roux.
346
Droit chemin (le), par M. F. Lemarié-
Dechamptenay. 31
Duc de Broglie (le), par M. Guixot. 84
Du devoir dans les épreuves de l’Eglise.
125
Du drapeau blanc et de la proclamation
de Chambord. 137-293
Du tabac. 373
Du zèle de la perfection religieuse, par
le P. Bayma. 252
Ecole polytechnique (1’), par un ancien
officier. 217
Ecole primaire (1*). Revue des intérêts
chrétiens de l’enseignement. 225
Eglise patronale de Sainte-Geneviève,
par M. l’abbé Bonnefoy. 29
Election de M. Littré h l’Académie, par
Mgr Dupanloup. 25
Elévations poétiques et religieuses, par
Marie Jenna. ' 240
Eu route pour la grande Chartreuse. 135
Entretiens théologiques, par le P. Marie-
Antoine. 55
Epilogue de l’art Chrétien, par Rio. 130
Episodes et souvenirs de la guerre de
Prusse, par Max de Montrond. 312
Episodes du temps de la Commune. 159
Eut (1’) sans Dieu, par A. Nicolas. 301
Etude des fleurs, par M. l’abbé Cariot. 186
Etude sur Jean Bart, par Lebleu. 152
Excursion (une) en Espagne, par Reinhold
Baumstack. 316
Explication du catéchisme de Cambrai,
par l’abbé Alphonse Bourgeois. 283
Exposé raisonné de la doctrine chré¬
tienne, par M. i’abbé Laneyrie. 354
F
Falsification des substances sacramentelles
(de la), par le R. P. de Gard. 59
Fastes et légendes du Saint-Sacrement,
par J.-M. de Gaulle. 167
Femme chrétienne (la), par l’abbé Oza-
nam. 180
Femmes pieuses de la France (les). 27
Filleul de Beaumarchais (te), jpar A. de
Ponlmartin. 313
France armée (la) : le soldat, sa position,
son devoir. 15
France sans Dieu (U), par F. M. 55
Frères (les) des Écoles chrétiennes, par
d’Arsac. §17
France (la) industrielle, par M. Panl
Poiré. 355
G
Guerre de cent ans (la), par M. Thomas
Bachelet. 280
Guerre de 1870-71. Causes et remèdes
de nos désastres, par M. Batiffol. 371
H
Harmonies de la nature, par Teulières.
81
Hébreux dans lïsthme de Suez (les), par
le D r James. 205
Heures de loisir, par M. l’abbé Gounelie.
29
Histoire anecdotique et illustrée de le
guerre de 1870-71 et de la Commune en
1871, par le vicomte de la Yaussarie.
342
Histoire anecdotique de l'armée du Rhin.
247
Histoire complète de S. Paul, par l’abbé
Maistre. . . 77
Histoire d’Angleterre depuis les origines
jusqu’à nos jours, parJ.Chantrel. 274^1
Histoire de l’église Notre-Dame des Vic¬
toires, par Lambert. 214
Histoire de Nicole de Vervins. 332
Histoire des évêques de Marseille. 153
Histoire de Sle Catherine de Sienne. 151
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— 333 —
Histoire des premiers siècles du christia¬
nisme. 28
Histoire générale de la guerre 1870-71,
par L. Dussieux. 189
Histoire nationale des naufrages, par
Charles d’Héricourt. M
Histoire populaire de la Prusse, par La¬
mothe. 94
Histoire populaire des garibaldiens. 209
Histoire populaire des zouaves pontifi¬
caux, par Maillard. 208
Histoire du grand et admirable S. Jean,
par M. l’abbé Maistre. 101
Homme ( 1 ), par Ernest Helio. 317
Homme (n et la béte. 21
Honneur et patrie. 373
Hugues de Rathsamhausen, par Maurice
de Hégem. 283
I
Instruction du peuple, par M. Emile de
Laveleye. 337
Internationale (V) et la guerre de 1870-71,
par Desdouits. 54
Isabelle aux blanches mains, par Ga^
bnelle d’Etbampes. 188
Isabelle de France et la cour de S. Louis,
par Mme de la Riçhacdays. 90
Ivan le Terrible, par ToUtoy, 916
Jean de Namnr, par Mlle Pichard. 150
Journal de ce qui s’est passé h la tour
du Temple pendant la captivité de
Louis XVI, par Cléry. 36
Journal d’un aumônier militaire. 81
Joqrnat d’un diplomate en Italie, par
n. d’Ideville. 306
Journal du siège de Paris, par Michel
Cornudet. 190
Jour du Seigneur, par Ernest Hello. 57
Légendes historiques de Ste Geneviève,
parDelalain. 315
Lendemain de la mort. 24
Lettre de S. Ignace de Loyola, par le père
Marcel Bouix. 344
Lettres sur les prophéties, par M. l’abbé
Chabaut*. 122
Libéralisme (le), franc-maçonnerie (la\
Eglise catholique (F), par le chanoine
Labis. 65
Livre des abeilles (le), par M. I’abbé
Boissy. 278
Livre des figures prophétiques, par l’abbé
Maistre. 292
Livre des familles, par M. Le Sage. 369
Louis XIII et le Béarn, par l’abbé Pujol.
311
Madame Agnès, par Dubois. 87
Magnificence de la religion, par M. Tabbé
Magnificences de la religion. Temps do
Noël, par M. l’abbé Henry. 357
Ma^on forestière, par Mlle Bomotte. 151
Maître Michel le Nobletz, par Perdrigeon.
57
Manuel de Gymnastique, par G. Vergnes
93
Manuel de l’amateur des jardins, par
Decaisne. 82
Manuel de la science pratique du prêtre
par l’abbé de Rivière. 203
Manuel du zouave pontifical. 221
Marie-Antoinette, reine de France, par
James de Chombrier. 278
Marie-Caroline d’Autriche, par Pierre
Ulloa. 147
Ma sortie de Mazas, par Joseph de Nargal.
116
Mémoires de Turenne,par Napoléon. 314
Mémoires du R. P. de Bengy. 127
Ménilmontant sous la Commnne. car
M. l’abbé Tassy. ’ 104
Mère selon le cœur de Dieu (la), par un
missionnaire de Notre-Dame de la Sa-
lette. 348
Merveilles (les) de Lourdes, par Mgr de
Séaur. 276
Mes héritages, par Zénalde Fieuriot. 251
Miracles de If.'-D. de Lourdes, par Artus.
206
Miracle de 6 . Dominique à Soriano, par
le R. P. Rouard de Gard. 186
Modèles de charité, ou vie de Mme de
Méjanes. 58
Mœurs pittoresques des insectes, par Vic¬
tor Rendu. 25
Mois de Marie, par le R. P. Coste. 158
Mois de Marie des églises et des cha¬
pelles. 99
Mois du Sacré-Cœur. 142
Monarchie légitime et monarchie bâtarde.
* 138
Monde moderne (le), par Henri de Rian-
cey. 207
Mon discours h l’Assemblée nationale, si
j’étais député, par Georges Romain.
325
Mgr Darboy, esquisses familières, par
A. Pierron. I 84
Morts héroïques pendant la guerre 1870,
par C. Daulnoy. 170
Musée des archives nationales, par H.
Plon. 378
N
Neuilly sous la Commune. 55
Ni fanatiques ni lâches, par l’abbé Ber¬
nard. 87
Nouveau guide historique de l’étranger h
Lyon. 24 «
Nouvelles, par Venet. 249
Nouvelles andalouses, par M. Germond
de la Vigne. 375
Opinion de Bismarck sur la république
par G. Romain. P. 10
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— 384 —
Orateurs sacrés (les) h la cour de
Louis XIV, par l N abbé Hurel. 327
Origines de la foi chrétien ne dans les
Gaules, par l’abbé Corblet. 247
Pape et le roi d’Italie h Rome, par Nuny.
Parfum du Pater , par l’abbé Peyson. 238
Paris et ses organes, ses fonctions, par
Maxime du Camp. 308
Paul Seigneret, séminariste de Saint-
Sulpice, fusillé h Belle ville, par un di¬
recteur du séminaire de Saint-Sulpice.
68
Pèlerinages illustrés, par J.-M. de Gaulle.
43
Pèlerinages illustrés, par J.-M. de Gaulle,
avec 32 gravures. 272
Pensées chrétiennes sur les événements,
par Mgr Landriot. 118
Petit catéchisme politique, par de Ker-
naeret. 219
Philon Binôme, et le jeu de la fortune,
par G. de la Landelle. 188
Pitcrain ou les suites d’une révolte, par
Mme de Gaulle. 116
Pompéi, les Catacombes, l’Alhambra, par
Delagrèze. 248
Pouvoir et liberté, par Jean Lovseau.
146
Prairies et plantes, fourrages, par Ed.
Vianne.
Prédiction d’un prophète qui n’en est pas
un. 152
Prêtres et nobles, par Mgr de Ségur. 49.
Pr sonniers français h Kalk et au Grem-
berg, près Cologne, par l’abbô Déblayé.
117
Prix de Boston (le), par Graffigny; les
Frères h l’Académie, par Abel George.
239
Protestants revenus h la foi catholique,
par l’abbé. Henri. 7 y
Quatre saisons,
par Paulin
Teulières.
^ , 213
Question des. pnnces d’Orléans, par le
chevaligtGotfgénot des Mousseaux. 100
Quelaues mois sufj’jnstruction publique
en France, par Michel Bréal, professeur
au collège de France. * 363
Question (la) ou^père.-par Mgr Mermillod,
302
Questions scolaires, par M. Baudry. 367
R
Ravageurs (les), récits de l’oncle Paul
sur les insectes nuisibles h l’agricul¬
ture, par Henri Fabre. 121
Récits évangéliques, par l’abbé A. Cheval-
lier.
Recueil général et alphabétique des lois
sur la chasse, par L. Bruno. * 371
Régénération du monde, par Joseph de
Félicité. . 39
Reine de mai, par M. Ecrevisse. 124
Reine d^s mers fia), par Mme Barcé. 208
Reine Marie Leckzinska, par la comtesse
d’Armaiilé. 28
Religion en Ubleaux (fe), par le P. La¬
coste. 92
Remède suprême, par de Girardin. 317
Renaissance, chansons du peuple, par
Achille du Clésieux. V 9 fie
Révérend Père Eudes, ses vertus, par le
R. P. Hérambourg. 372
Rendez-vous de famille (le), par A. De-
veille. 191
Richesses du globe (les), par Faller. 182
Rome souterraine, par J. Spencer North-
cote. 2 ij 8
S
Sagesse et bonheur, par Cbampaguac.
210
Sainte Bible de Carrières, par l’abbé
Drioux. 332
Sainte (la) communion. Conférences aux
dames du monde, p. Mgr Landriot. 360
S. Cloud, patron des doutiers 92
S. Joseph, patron de l’Église universelle.
71
Science au village, par E. Rosrary. 348
Science et foi, par le docteur Damoiseau,
o . 377
Sectes et les sociétés secrètes, politiques
et littéraires. 286
Sixte-Quint, par M. le baron Hubner.
119
Sodome, Ninive, Jérusalem, par Mme de
Godefroy Mesnilglaise. 18
Solidaires (les), par Jean Grange. 114
Solution aux questions sociales, par le
vicomte d’Anlhenaise. 168
Souvenirs de ma jeunesse au temps de la
Restauration, par le comte L. de Carné.
305
Souvenirs des ambulances, par A.-S. de
Doncourt. 172
Souvenirs du fort de l’Est, par l'abbé
Bonhomme. 83
Souvenirs d’un otage de la Commune,
par un Frère des écoles. 175
360
Sermon (le) sur la montagne, par Mgr Gl-
rouilbac. 374
T
Théâtres des évènements racontés dans
les divines Écritures, par le docteur
Gratz. 85
Théorie (la) géogéhique, par l'abbé
Choyer. 312
Tombeau glorieux de J.-M.-B. Vianney,
par l’abbé J.-H. Olivier. 46
Le Gérant , F. WATTEL1ER._
PARIS. — IMPRIMERIE JULES LE CLERK Er C ,# , RUE CASSETTB, 29.
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